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Les Livres

Dictionnaire fou du corps, Katy Couprie

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 30 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Thierry Magnier, Jeunesse

Dictionnaire fou du corps, novembre 2012, 243 pages, 33 € . Ecrivain(s): Katy Couprie Edition: Thierry Magnier

 

 

Projet incroyable et indispensable, le Dictionnaire fou du corps de Katy Couprie va étonner et séduire les lecteurs. Ce bréviaire du corps n’est ni absurde ni délirant, il jongle avec facétie avec la science et la morale, à la façon du fou qui divertit et instruit son public de ses énigmes et de ses devinettes. Il ouvre l’esprit en surprenant et en renversant les idées toutes faites. La diversité des techniques d’illustration employées fait de chaque page un véritable bijou tantôt réjouissant, tantôt insolite : dessins en couleur ou en noir et blanc côtoient gravures à l’ancienne, photographies et photomontages. Saluons en particulier les sublimes planches de la collection anatomique, tableaux tout en nuances et en contrastes.

L'étrange destin de Katherine Carr, Thomas H. Cook

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 29 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Seuil

L’étrange destin de Katherine Carr (The Fate of Katherine Carr, 2009), traduit (USA) Philippe Loubat-Delranc janvier 2013, 296 p., 19,80 € . Ecrivain(s): Thomas H. Cook Edition: Seuil

Thomas H. Cook est un habitué des intrigues retorses aux constructions complexes qui font émerger les non-dits, les cadavres bien rangés dans les placards, la difficulté et parfois l’hypocrisie qui régentent les relations familiales et en particulier la complexité des rapports père-fils.

L’étrange destin de Katherine Carr ne déroge pas à la règle mais Cook y pousse bien plus loin les traits qui caractérisent son œuvre.

Quelque part, sur un bateau, George Gates, journaliste pour une feuille locale d’une petite ville provinciale, raconte à un homme dont on ne saura rien d’autre que le nom l’histoire de sa vie après la mort de son fils enlevé puis assassiné et dont on a repêché le corps en décomposition dans une rivière. Il raconte comment, après cette perte insoutenable, il a ressassé pendant des années chaque minute de la journée fatale. Et les vieux souvenirs. Il raconte aussi comment un ancien policier lui a parlé de la disparition, vingt ans plus tôt, de Katherine Carr, une poétesse et romancière qui a laissé derrière elle un étrange manuscrit qui pourrait aussi bien être une fiction que le récit des mois précédant le jour où elle s’est volatilisée. Il raconte enfin comment, pour Alice, une enfant passionnée d’énigmes policières et sur le point de mourir de la progeria, il s’est lancé sur les traces de Katherine Carr.

La chasse au renne de Sibérie, Julia Latynina

Ecrit par Grégoire Meschia , le Mardi, 29 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Russie, Roman, Babel (Actes Sud)

La Chasse au renne de Sibérie, trad. du russe Yves Gauthier. 2008, 665 pages, 11,50 € . Ecrivain(s): Julia Latynina Edition: Babel (Actes Sud)

 

 

Moins connue pour sa production littéraire que pour son journalisme politique, Julia Latynina s’intéresse tout particulièrement aux relations (souvent compliquées) entre crime et politique, entre économie et mafia. Quoi de mieux, pour parler de ces thèmes, que la Russie, pays fascinant et troublant s’il en est ? A travers l’histoire d’un combinat métallurgique de Sibérie qui trouve des implications jusqu’à Moscou, Latynina nous propose une description de la situation sociale en Russie, pays inégalitaire qui met en opposition les nouveaux riches du secteur de la banque et les pauvres prolétaires.

L’enjeu de cette intrigue majoritairement financière n’est pas réductible à une dénonciation politique du gouvernement de Poutine (l’instance politique est le grand absent du roman). Dans ce roman noir, on observe plutôt un empire en désintégration. Mais plus qu’aux aspects politiques et économiques (affaires bien souvent de spécialistes et Julia Latynina en est une), intéressons-nous prioritairement à des considérations littéraires.

Coppélia, Claude Clément et Daniela Cytryn

Ecrit par Olivier Verdun , le Mardi, 29 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Seuil Jeunesse

Coppélia, octobre 2012, 40 pages, 18 € . Ecrivain(s): Claude Clément et Daniela Cytryn Edition: Seuil Jeunesse

 

 

Cet album de très belle facture, écrit par Claude Clément et illustré par Daniela Cytryn, prouve une fois de plus la vitalité de la littérature jeunesse en France. Le lecteur est plongé dans un bain de couleurs chatoyantes, mordorées, onctueuses, qui tapissent généreusement la page grand format (26*38 cm) et qui puisent leur inspiration dans le folklore d’Europe centrale.

L’histoire est inspirée d’un ballet célèbre dans le monde entier (lui-même tiré d’un conte d’Hoffmann),

« dansé par de nombreuses petites filles d’hier et d’aujourd’hui, qui conte avec gaîté l’amour vrai au-delà des illusions » (quatrième de couverture).

Franz et Swanilda s’aiment et font des projets de mariage lorsque arrive à bord d’une roulotte un étrange savant du nom de Coppélius.

Richard W., Vincent Borel

Ecrit par Anne Morin , le Lundi, 28 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Sabine Wespieser

Richard W., 308 pages, 22 € . Ecrivain(s): Vincent Borel Edition: Sabine Wespieser

 

Richard W, et non R. Wagner… le « parti pris », l’allure du roman sont posés : c’est autour de l’homme, par le côté familier de son prénom, de son « petit nom », que tout tourne. C’est l’intimité, presque la familiarité du personnage qui va donner le ton à ce roman, la petite histoire, la petite musique qui interagit avec le nom, connu, re-connu, qui met l’accent sur le côté méconnu du personnage Wagner. Comme si le nom n’était qu’un avatar, comme si le prénom lui donnait toute sa force, l’éclairant, le déviant, le montrant sous un jour différent, souvent sans doute l’exagérant.

Bon nombre des anecdotes de la vie de Richard Wagner émaillant le livre sont sinon imaginées, du moins étirées à l’extrême, mais servent de révélateur, de soubassement à l’exploration de la naissance de l’œuvre. Nées de l’interprétation de l’auteur, mélomane, musicien, prompt à faire réagir comme une composition chimique vie et œuvre, l’œuvre comme prolongement de l’homme ou, plus exactement, projection : « ici l’espace et le temps se confondent », ainsi que le dit Gurnemanz à Parsifal. Tout attend, se condense pour mieux éclater, se résoudre dans une envolée.