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Les Livres

C'est moi qui éteins les lumières, Zoyâ Pirzâd

Ecrit par Laetitia Nanquette , le Lundi, 05 Septembre 2011. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Zulma

C’est moi qui éteins les lumières, traduit du persan par Christophe Balaÿ, 2011, 400 pages, 20 €. . Ecrivain(s): Zoyâ Pirzâd Edition: Zulma

 

Clarisse mène une vie paisible de femme au foyer dans l’Iran du Shah, jusqu’au moment où de nouveaux voisins s’installent. Au fil de ce livre tout en nuances, le regard de Clarisse se transforme, sans aller pour autant jusqu’à la rupture ; nous sommes témoins de l’éveil à la conscience d’une femme, qui accepte sa condition tout en exigeant le respect de sa liberté de pensée. En plus d’être un très beau portrait, ce roman décrit à merveille l’atmosphère de la ville pétrolière d’Abadan et l’emprise de la compagnie du pétrole sur ses employés et leurs familles. Il dépeint également la communauté arménienne à laquelle appartiennent les personnages. Ce roman est sans conteste la plus belle réussite de Zoyâ Pirzâd.


Laetitia Nanquette


Le bon, la brute, etc., Estelle Nollet

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 02 Septembre 2011. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Albin Michel, La rentrée littéraire

Le bon, la brute, etc. 350 pages, 20 € . Ecrivain(s): Estelle Nollet Edition: Albin Michel

Le bon, la brute, etc. Un titre de western pour un livre qui n’en est pas un.

Le western est l’une des passions de Bang. Il aime en regarder, car, devant l’écran les choses se passent différemment que dans la vie.

« Car il ne regardait pas juste un film, il regardait des gens, oui, il pouvait les regarder à loisir et planter ses yeux dans les leurs, rien ne se passait rien ne s’interrompait rien ne basculait, tout continuait, et ça c’était magique. Il n’avait pas d’emprise sur leur vie. Le héros ne se tournerait pas vers la caméra pour dire qu’il préférait les bottes roses, pour dire que sa selle lui faisait mal aux fesses et qu’il mettait du coton dans sa culotte, pour dire qu’il avait pissé dans les bottes du joueur de poker. »

Bang a un problème. Il suffit qu’il croise une personne dans les yeux pour qu’elle lui révèle ses secrets les plus honteux, des secrets qu’elle n’aurait jamais dits à personne. Mais ce don n’en est pas vraiment un pour Bang, c’était plutôt une malédiction. Ou un coup de pas de bol.

Ses parents les premiers l’avaient abandonné à cause de ça. Nombre de gens qu’ils croisent et qui lui avouent leurs secrets veulent ensuite lui refaire le portrait.

Rouler, Christian Oster

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 02 Septembre 2011. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, L'Olivier (Seuil), La rentrée littéraire

Rouler, 176 pages 15 euros . Ecrivain(s): Christian Oster Edition: L'Olivier (Seuil)


Rien que le titre, et la première phrase : «  j'ai pris le volant un jour d'été, à treize heures trente, j'avais une bonne voiture et assez d'essence » ; j'ajouterais le tableau /image de la couverture, magnifique, derrière son pare brise mouillé ; tout ça fait courir vers le livre, vite, avec l'appétit qu'il faut : un road-novel à la française, chouette ! Quelque chose qui nous sorte des sempiternelles routes américaines, des étapes au sud de Memphis, des pannes au large du tréfonds des bleds d'Arizona. Enfin, un « Telma et Louise » en Auvergne - car c'est de Cantal en Lozère profonde, pour finir en Provence Alpilleuse qu'il s'agit ici...

De ce «  quelqu'un qui roule », qui s'enfuit, qui s'évade - on s'en doute vite - on ne sait quasi rien ; s'appelle Jean (on l'apprend seulement à mi livre), il y a un fils quelque part, un portable qui sonne peu... Mais on le suit, subjugué, (légende allemand de Hamelin, du petit flûtiste et des rats ?) dans sa ligne de fuite qui ne cesse de faire reculer l'horizon, comme d'ailleurs, sur le tableau de couverture ; de départementale en draille vicinale, en perdant le chemin, souvent - le but, peut-être de ce curieux itinéraire initiatique ? -, d'arrivée sur Saint Flour en étape à Saint Chely d'Apcher : «  je roule comme ça, je me déplace, je n'ai pas d'à priori » dit-il.

Le système Victoria, Eric Reinhardt

Ecrit par Paul Martell , le Jeudi, 01 Septembre 2011. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Stock, La rentrée littéraire

Le Système Victoria, 526 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Eric Reinhardt Edition: Stock

 

En sortant d’un magasin où il vient d’acheter une peluche pour sa fille, David Kolski croise une femme. Il est fasciné. D’abord, il n’ose pas l’aborder, d’autant plus qu’il est attendu pour fêter l’anniversaire de sa fille et qu’il n’a pas de temps devant lui. Mais il décide de la suivre, d’abord dans un café, puis dans un bowling et au bout de trois heures passées à la regarder, il l’aborde enfin.

Elle lui tend une carte de visite. Elle s’appelle Victoria de Winter, elle est la responsable des ressources humaines d’une très grosse entreprise. Ils se donnent rendez-vous quelques jours plus tard dans un grand restaurant. Une liaison torride s’engage.

David n’a aucune envie d’avoir une maîtresse, mais il ne peut pas résister à l’idée de ne plus jamais revoir Victoria. Pourtant, elle représente tout ce qu’il déteste. Elle est même son contraire, mais il est subjugué et devient complètement dépendant.


Tortuga, Valerio Evangelisti

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 01 Septembre 2011. , dans Les Livres, Recensions, Bassin méditerranéen, Roman, Payot Rivages

Tortuga, traduit de l’italien par Sophie Bajard, 2011, 426 pages, 24,50€. . Ecrivain(s): Valerio Evangelisti Edition: Payot Rivages

Si vous avez rêvé, aux côtés de Jim Hawkins, de trésors fabuleux, frémi au passage de la jambe de bois de Sir Long John Silver, si vous savez que les honnêtes hommes peuvent cacher de terribles pirates comme le Petit-Radet de L’Ancre de miséricorde, ou même si vous avez pris plaisir aux aventures cinématographiques d’un excentrique flibustier, capitaine du Black Pearl, Tortuga est pour vous.

Non seulement ce roman d’aventures va vous plonger, comme aucun autre, au cœur des Caraïbes et de la confrérie des Frères de la Côte, mais il renouvelle la vision de la piraterie, déprise de son verni exotique et souvent édulcoré. Dans Tortuga, on n’enterre pas de trésor sur une île inconnue et on ne perd pas de temps avec des cartes rongées par l’eau de mer, non bien au contraire, on dépense tout et on fait flamber sa vie comme du rhum. Les récits des scènes d’auberge valent celles des abordages où pareillement se déchaînent l’animalité, la cruauté, le plaisir. La définition de l’âme pirate donne lieu à de splendides joutes oratoires entre capitaines, chirurgiens et autres invités au carré.

« Sur le Conqueror, vous avez assisté à la phase intermédiaire de l’évolution d’un pirate. À ce stade de sa carrière, il a redécouvert la nature animale qui se cache sous les apparences humaines et a commencé à s’y abandonner. […] La dernière phase est celle où la férocité naturelle se traduit en philosophie. L’égoïsme le plus effréné est présenté comme une liberté, le manque absolu de toute pitié devient une norme de conduite, une morale même ».