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Les Livres

L'inconscience, Thierry Hesse

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 20 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, L'Olivier (Seuil)

L'inconscience. 325 p. 19 € . Ecrivain(s): Thierry Hesse Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Il y a , souvent pour le plus grand bonheur des lecteurs, ces romans qu'on dit de «  littérature française  actuelle». Ils raflent souvent haut la main, les grands prix littéraires, ceux qui font la «  une » du 20 H, et ce n'est pas rare de les retrouver «  transformés » sur nos toiles, valorisés, du coup par ces acteurs, français, eux aussi, qui habitent nos imaginaires familiers... French touch, à leur manière,  ces livres ; franchouillards, jamais.

Le décor est premier, mais un peu estompé, pour ne pas faire dans du Balzac ronflant. Province, le plus souvent ; pas forcément versus-vacances. Ici, c'est de Lorraine qu'il s'agit ; celle d'avant les «  Fleurance en partance de Mittal ». Face bourgeoise et particularismes locaux : Metz ; un peu plus loin, Toul. D'un Nord aussi, sans les lumières flamandes et riches de Lille, qui résonne grande précarité du fin fond des provinces, jadis portant haut le drapeau de la classe ouvrière : Roubaix, pas moins !  «  Carl et lui continuaient à marcher sur le sol aux trois quarts gelés de cette ville où tous deux étaient nés au milieu du siècle dernier. Ils avaient sous les yeux la flèche en béton de l'église Sainte Thérèse dans un ciel bleuâtre clouté d'étoiles... »

L'amour de Phèdre, Sarah Kane

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 19 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Théâtre, L'Arche éditeur

Amour de Phèdre, traduit de l’anglais Séverine Magois, 76 p. 10 € . Ecrivain(s): Sarah Kane Edition: L'Arche éditeur

Les débuts de Sarah Kane sur la scène théâtrale anglaise furent retentissants ; sa première pièce Blasted (Anéantis) montée au Royal Court theatre en 1995 provoqua le scandale en raison de sa violence supposée. Sa dernière pièce, 4.48 Psychosis, fut une œuvre posthume publiée en 2000 après son suicide au King’s college hospital. Œuvre foudroyante aux sept pièces radicales.

S. Kane est née en 1971 dans l’Essex et étudie le théâtre à l’université de Bristol. Son œuvre est aujourd’hui lue, traduite et jouée dans le monde entier.

 

Phèdre est le théâtre. Phèdre est le tragique, l’humanité tragique, la féminité tragique. Tragédie grecque d’Euripide, tragédie latine de Sénèque, tragédie classique de Racine, opéra baroque de Rameau, opéra de Massenet…

Le tragique de la tragédie redit et transforme la question de la violence du désir et de la parole de ce désir. Il faut arriver à avouer. Les anciens écrivent de la poésie mythologique : Hippolyte sert Artémis contre Vénus chez l’auteur grec. Racine met en vers les cris de ses personnages toujours rattrapés par le destin et les dieux. Les modernes n’ont plus recours à la tragédie, l’homme est encore plus livré à lui-même, tragiquement nu.

La demeure éternelle, William Gay

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 19 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Seuil

La demeure éternelle (The Long Home) traduit de l’anglais (USA) Jean-Paul Gratias, septembre 2012, 339 p. 21 € . Ecrivain(s): William Gay Edition: Seuil

Dans les années 1940, dans une région reculée du Tennessee, Dallas Hardin règne par la terreur sur Mormon Springs. Après avoir fait son nid dans la demeure de Thomas Hovington, s’arrogeant son commerce d’alcool clandestin et sa femme, Hardin apparaît comme intouchable, multipliant menaces, vengeances et meurtres en toute impunité. Jusqu’à ce que le jeune Nathan Winer croise sa route et celle d’Amber, la fille de Hovington. C’est que si Nathan n’a jamais su ce qu’était devenu son père, disparu dix ans plus tôt, Hardin, lui, le sait bien, puisqu’il l’a tué de ses propres mains.

Dans ce premier roman (deuxième publié en France), William Gay joue la partition classique de la lutte du Bien contre le Mal. Sous le regard de William Tell Oliver, vieux voisin qui l’a pris sous son aile et cache bien mal ses blessures et son remords de n’avoir jamais affronté Hardin, Nathan, malgré son apparente innocence, va peu à peu prendre conscience de l’inéluctabilité du combat qui l’opposera à celui qui règne sans partage sur ce bout de Tennessee abandonné par la loi des hommes, et où seule la volonté de Dieu, du diable ou de quelques forces ambivalentes de la nature (le gouffre, symbole central, qui apparaît sur le terrain de Hovington en ouverture du livre sert autant à dissimuler les méfaits qu’à les faire ressurgir) peut instaurer un certain ordre.

Les aventures d'Alexandre le Gland, Olivier Douzou

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Lundi, 17 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Le Rouergue

Les aventures d’Alexandre le gland, septembre 2012, 112 pages, 24,80 € . Ecrivain(s): Olivier Douzou Edition: Le Rouergue

 

Il était une fois un roi, un grand conquérant et un fier guerrier qui unit la Macédoine et soumit la Perse et d’autres terrifiants empires d’Orient. Voici l’épopée d’Alexandre le Gland. Déclamée par un conteur affublé d’un gênant défaut d’élocution ? Et bien non. Alexandre le Gland est bien un gland, ou un akène si vous préférez. C’est-à-dire le fruit du chêne. Et le dernier album d’Olivier Douzou retrace avec tendresse et cocasserie le parcours d’un petit gland qui va devenir grand.

S’inspirant des romans d’apprentissage de la période classique, l’auteur, à la manière de Fénelon, nous propose un Télémaque d’un genre bien particulier. Du fruit suspendu à sa branche nourricière, dont il refuse de se séparer, à la pousse plantée en terre, Alexandre vivra moult rencontres plus insolites les unes que les autres. Comme il se doit, l’enfant (comment appeler sinon un « jeune gland » ?) est pétri de défauts, n’écoute pas ses aînés et tirera – parfois – des leçons de ses mésaventures.

Le pont des assassins, Arturo Perez-Reverte

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 17 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Espagne, Seuil

Le Pont des Assassins (El Puente de los asesinos), traduit de l’espagnol par François Maspero, octobre 2012, 349 p. 19,50 € . Ecrivain(s): Arturo Pérez-Reverte Edition: Seuil

 

Voilà qui ravira les amateurs des romans de cape et d’épée, et en particulier, ceux dont l’enfance a retenti des cliquetis d’épée et des éclats de mousquetons des Pardaillan, de Lagardère, ou de nos mondialement célèbres Trois Mousquetaires.

Tout comme celles de Pardaillan ou de d’Artagnan, les aventures du Capitaine Diego Alatriste y Tenerio, le mercenaire espagnol que nous retrouvons en ce volume, se déclinent en plusieurs tomes. Celui-ci en est le septième.

Partageant la vision, tantôt critique, tantôt dubitative, souvent admirative, toujours respectueuse que porte le narrateur, le jeune spadassin basque Iňigo Balboa, sur les faits, les dires et les gestes du Capitaine Alatriste, dont il est à la fois le serviteur, le disciple, l’assistant, le sbire et le compagnon dévoué, nous suivons jour après jour le récit d’un complot visant à renverser, pour le compte de l’Espagne, le doge de Venise, Giovanni Cornari, trop lié avec la France au goût de Philippe IV.

L’objectif une fois annoncé, le décor se met en place, le complot s’ourdit, la stratégie se dessine, les protagonistes se rencontrent, font connaissance, s’organisent.