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Les Livres

Entre père et fils. Lettres de famille, V. S. Naipaul

Ecrit par Theo Ananissoh , le Vendredi, 07 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Grasset, Correspondance

Entre père et fils. Lettres de famille, traduit de l’anglais Suzanne Mayoux, novembre 2012, 486 p. 22,90 € . Ecrivain(s): V. S. Naipaul Edition: Grasset

 

« L’homme ne s’improvise pas », a dit Ernest Renan ; un grand écrivain certainement encore moins si l’on peut dire. C’est ce que démontre Entre père et fils, le recueil des lettres que V. S. Naipaul a échangées avec son père (et sa sœur aînée) essentiellement entre 1950 et 1953. Ces trois années sont à la fois les dernières de la vie du père et celles qu’a passées à Oxford le futur prix Nobel de littérature. On frémit presque à l’idée que ces lettres, au dire de Naipaul lui-même dans la préface, auraient pu être égarées au cours des multiples déménagements dus aux conditions de vie longtemps précaires des correspondants. C’est que, par la qualité d’écriture, des sentiments et des informations qu’elles présentent, ces lettres complètent d’une manière nécessaire toute l’œuvre de V. S. Naipaul. Ces écrits d’un père qui meurt à moins de cinquante ans et d’un fils qui a autour de vingt ans évacuent les malentendus tenaces et même les détestations que valent à l’écrivain tout à la fois d’indéniables provocations de sa part et le malaise que suscite son regard fermement critique. Ils sont publiés à propos (par son agent littéraire), en fin de carrière, comme une conclusion qui rappelle qu’une promesse a été magnifiquement tenue.

Starling. Programme, Eric Arlix

Ecrit par Marie du Crest , le Vendredi, 07 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Théâtre

Programme, Arlix Starling, éditions MAC/VAL collection fiction, non paginé, 3 € . Ecrivain(s): Eric Arlix

Le texte Programme est d’abord un joli petit volume qui tient dans la main, peut-être comme un programme (de théâtre). Il est édité par le musée d’art contemporain du Val-de-Marne. Un auteur et un artiste se répondent. L’auteur s’appelle Arlix (son prénom a disparu) et l’artiste s’appelle Starling (lui aussi sans prénom). D’une certaine manière, leurs deux patronymes donnent naissance à un nouvel individu. La première de couverture du petit livre blanc de la collection fiction est illustrée par un dessin simple, peut-être des poutres de gymnaste, des bancs les uns derrière les autres, des haies d’athlétisme… que l’identité du duo rompt. A l’intérieur du livre, nous retrouvons en page simple ou en double page, en face du texte, une série d’échelles ou d’échafaudages, renvoyant à des installations de Starling. Ces architectures redoublent le parcours que doit suivre TU, parcours constitué d’escaliers, de rambardes, de coursives, de pont suspendu. Le texte dialogue encore avec les œuvres de Starling : Tu doit à un moment s’asseoir sur une chaise en aluminium du designer Eames, allusion implicite à la chaise que Simon Starling transforma en vélo. Tous deux adhèrent à la célèbre citation de Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme (épigraphe du texte d’ailleurs). Nous sommes donc dans un entre-deux visuel et textuel. Pourtant nous devons entrer dans Programme. Le texte s’organise autour de 5 balises de mail qui sont autant de jalons dans la progression et du texte et de l’itinéraire-programme. Quelque chose comme un jeu vidéo avec ses niveaux. Ainsi de 1 à 2 :

La mariée mécanique. Folklore de l'homme industriel, Marshall McLuhan

Ecrit par Victoire NGuyen , le Jeudi, 06 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Canada anglophone

La mariée mécanique. Folklore de l’homme industriel, trad. Anglais Canada Emilie Notéris, Editions ERE, 2012, 172 p. 30 € . Ecrivain(s): Marshall McLuhan

 

L’autre histoire de l’Amérique


Il est évident que cet ouvrage, La mariée mécanique. Folklore de l’homme industriel, est un essai extrêmement pertinent et intéressant pour l’étude de la communication et de la manipulation de notre temps moderne. Marshall McLuhan a institué une méthodologie pour décrypter et décoder les effets et impacts de la communication de masse. Partant du principe que « Le message c’est le médium », il entend par là que le contenu n’affecte pas réellement le public comme on a coutume de le penser. Pour lui, c’est le canal de transmission qui orchestre l’impact émotionnel, psychologique et visuel sur les consommateurs potentiels. Il donne une place prépondérante aux médias. Ces derniers « éduquent » la masse et lui insufflent « un ordre » de pensée de type subliminal.

Nox, Ici-bas (1), Yves Grevet

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 06 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jeunesse

Nox, Ici-Bas (1), Editions Syros, 4 octobre 2012, 420 p. 16,90 € . Ecrivain(s): Yves Grevet

Yves Grevet va combler les ados et les adultes amateurs de dystopies. Dans ce roman d’aventures trépidant, il dépeint un monde scindé en deux parties irréconciliables : dans la ville basse, on subit la nox, un brouillard qui répand l’obscurité et on survit comme l’on peut ; dans la ville haute, on vit bien, sans souci du lendemain. Lorsque les deux univers se rencontreront, cet équilibre se verra bouleversé.

Lucen réside dans la ville basse, il aide son père « rafistoleur » de métier. Pour espérer survivre, il faut marcher avec des capteurs d’énergie aux pieds ou pédaler pour produire la lumière si rare. Affaiblis, fragiles, les êtres humains de cette zone sinistrée doivent aussi se marier très jeunes : il faut avoir un enfant avant dix-sept ans ! Or, Lucen a un problème : son amoureuse Firmie ne veut pas se plier à cette règle et ses parents décident de lui imposer une autre fiancée, plus docile. En outre, ses amis de toujours sont en train de devenir de véritables ennemis : Gerges suit l’exemple de son père et s’engage auprès de la milice des Capsistes (Chacun A Sa Place), un groupe de soudards ultra-violents qui terrorisent la population, alors que Maurce prend parti pour les résistants, les Coivistes (Chacun Où Il Veut) qui militent pour l’ouverture des frontières entre les zones et le juste partage des richesses. Lucen va devoir choisir son camp : choisir entre Firmie et un avenir sans problème, choisir de soutenir l’un de ses amis contre l’autre.

Les trois vies d'Antoine Anacharsis, Alex Cousseau

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Jeudi, 06 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jeunesse, Le Rouergue

Les trois vies d’Antoine Anacharsis, septembre 2012, 336 p. 15,70 € . Ecrivain(s): Alex Cousseau Edition: Le Rouergue

 

Etrange récit que ce roman d’Alex Cousseau qui nous entraîne sur les traces de Taan, né en en 1831 au milieu des flots déchaînés du Cap Horn. Etrange parce qu’inclassable dans une catégorie bien définie ; il est tout à la fois, se transformant au fil des pages, transcendant les genres, parcourant le monde et croisant l’Histoire. Etrange, parce qu’au bout de la lecture, une mélodie indéfinissable nous reste en tête, parce qu’on est heureux de ce moment passé avec ces mots d’un optimisme rémanent.

Le roman se découpe en trois parties correspondant à trois vies différentes d’un même personnage ; trois identités d’un héros tendu vers un but unique, voire obsessionnel : découvrir le trésor de son arrière-grand-père, le célèbre pirate Olivier Levasseur, dit La Buse. Ce secret fabuleux est dissimulé sur un fin parchemin codé d’une symbolique complexe. Entre les tentatives de décryptage, les rencontres dangereuses dans les Caraïbes, les fissures rocailleuses emplies de pierreries, on retrouve toute la mythologie du récit de corsaires. Alors, Les trois vies d’Antoine Anacharsis, roman de flibuste ?