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Les Livres

Protest song. La chanson contestataire dans l'Amérique des sixties, Yves Delmas et Charles Gancel

Ecrit par Olivier Verdun , le Vendredi, 11 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Le Mot et le Reste

Protest Song. La chanson contestataire dans l’Amérique des Sixties, août 2012, 456 pages, 26 € . Ecrivain(s): Yves Delmas et Charles Gancel Edition: Le Mot et le Reste

 

Le livre que signent Yves Delmas et Charles Gancel aux Éditions Le Mot Et Le reste, Protest Song. La chanson contestataire dans l’Amérique des Sixties, se définit d’emblée non comme un livre d’Histoire mais d’histoires, non comme un documentaire, mais un concert. Il s’agit, au fil des morceaux de l’époque, depuis l’arrivée de Bob Dylan à New York en 1961 jusqu’au concert de Joan Baez en 1972, chantant sous les bombes américaines à Hanoï, de retracer, à travers le prisme de la chanson contestataire américaine, la révolution musicale et sociale des années soixante.

Un parcours de plus de dix ans, qui plonge le lecteur dans les tribulations de l’Amérique d’alors, traversée par trois grands mouvements : la lutte pour les droits civiques des Noirs, le triomphe de Dylan et du protest song traditionnel (1961-1964) ; la naissance du folk-rock, la guerre du Viêtnam, la radicalisation noire et la contre-culture (1965-1968) ; la troisième est marquée par l’opposition à la guerre du Viêtnam, puis par le reflux du protest song. Le livre, très érudit, retrace donc une décennie de turbulences qui ont amené de profondes transformations tant sur les plans économiques, sociaux et culturels.

Pourquoi je hais l'indifférence, Antonio Gramsci

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 10 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Italie, Rivages poche

Pourquoi je hais l’indifférence, traduit de l’italien, préfacé et annoté par Martin Rueff, 2012, 205 p. 8,65 € . Ecrivain(s): Antonio Gramsci Edition: Rivages poche

 

Lire Gramsci est naturellement un moment important pour la compréhension de l’histoire de la pensée au XXème siècle, de l’histoire du mouvement social et du communisme européen. Et pourtant le bonheur que procure la lecture de ce livre particulier n’a pas grand-chose à voir avec cela. On y trouve rassemblés des textes divers, portant sur les sujets de prédilection d’Antonio Gramsci : les valeurs humaines, la fonction de la culture, les vertus de l’homme privé, la grandeur des humbles. On y trouve surtout une écriture stupéfiante comparée aux grands textes du genre : à la fois très belle et totalement décalée par rapport aux « écrits politiques ». Loin de Lénine, de Mao, du Che, la petite chanson d’Antonio Gramsci fait entendre sa différence radicale.

Point de leçon de socialisme, point de credo révolutionnaire, point de méthode de prise de pouvoir ni de dictature du prolétariat ! Non. Des textes qui parlent de l’amour des hommes et le cœur de Gramsci se confond magnifiquement avec son intelligence. Gramsci aime le genre humain, authentiquement, pas comme « masse » de manœuvre. Il aime les hommes, les femmes du peuple un par un, dans leurs qualités personnelles, leur dévouement, leur labeur, leur humilité. Il aime la morale individuelle, la capacité des humbles à s’entraider, à se soutenir dans la misère, malgré la misère.

J'ai fait l'amour avec la femme de Dieu, Serge Gonat

Ecrit par Patryck Froissart , le Jeudi, 10 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Récits, Québec, Myriapode

J’ai fait l’amour avec la femme de Dieu, octobre 2012, 204 p. 18 € . Ecrivain(s): Serge Gonat Edition: Myriapode

 

 

Récit fantastique ? Ecriture poétique délirante ? Conte de la folie peu ordinaire ?

Il y a un peu de tout cela dans cette histoire déroutante.

Bernardo, pieux puceau, vit à Quérouville, une société hors du temps où les règles du Bien et du Mal sont édictées par le mystérieux chef spirituel manichéen de l’Armée De Salut, un certain Lazard, qui s’évertue à détourner ses ouailles du péché de luxure.

Le Mal, le sexe en l’occurrence, est incarné, clame ce saint homme, par Madame Gilbert, la tentatrice, qui, en incitant Bernardo à lui faire la lecture des Onze mille verges d’Apollinaire, œuvre indexée comme satanique par Monseigneur Lazard, a pour dessein de le dévoyer et de l’amener à perdre avec elle son pucelage et davantage.

Nouvelles orientales, Marguerite Yourcenar

Ecrit par Célia M. Grzegorska , le Mercredi, 09 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles, Gallimard

Nouvelles Orientales, 143 p. 7,55 € . Ecrivain(s): Marguerite Yourcenar Edition: Gallimard

 

Les Nouvelles Orientales : un petit coffre doré qu’il faut manier et ouvrir avec précaution. A l’intérieur, brodées d’une étoffe stylistique sans égale et de joyaux d’un Orient mystique et perdu, dix nouvelles uniques en leur genre : Comment Wang-Fô fut sauvé, Le sourire de Marko, Le lait de la mort, Le dernier amour du prince Genghi, L’homme qui a aimé les Néréides, Notre-Dame-des-Hirondelles, La veuve Aphrodissia, Kâli décapitée, La fin de Marko Kraliévitch, La tristesse de Cornélius Berg. Dix nouvelles à découvrir peu à peu, jamais d’une seule traite.

Car ce petit volume paru dans la fabuleuse collection l’Imaginaire de Gallimard ne laisse pas indifférent. Il provoque malaise, fascination et trouble, parfois dans la même nouvelle. Toutes contiennent un mystère qui semble impossible à résoudre, à la limite du fantastique ou du merveilleux. Souvent les histoires mêlent les thèmes les plus oniriques de la littérature : l’amour, la mort, le rêve. Elles sont souvent prétextes au voyage divin et à la réflexion philosophique.

Tes yeux dans une ville grise, Martin Mucha

Ecrit par Guy Donikian , le Mardi, 08 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Amérique Latine, Roman, La rentrée littéraire, Asphalte éditions

Tes yeux dans une ville grise, 10 janvier 2013, 16 €, 192 p . Ecrivain(s): Martin Mucha Edition: Asphalte éditions

 

 

Martin Mucha offre avec ce roman singulier et attachant un panorama kaléidoscopique d’une époque et d’une ville. L’époque est la fin du vingtième siècle, la ville est Lima, une ville qu’il traverse chaque jour et qui lui donne l’occurrence d’une perception plurielle du monde urbain. Si Jeremias, le narrateur, nous fait voyager dans la capitale péruvienne de long en large, Lima est le personnage principal du texte. Deux moyens de transport sont privilégiés en raison de la modicité du coût, le bus et le combi. « A voir les gens derrière les vitres du bus, on dirait qu’ils sont attrapés dans un écran ». Vision du monde urbain qui n’offre aucun attrait, sauf à considérer les populations comme canalisées par une force qui les contraint. Jeremias n’aime pas sa ville, d’autant moins qu’elle sécrète des « prophètes », tel ce « cinglé qui monte dans le bus pour disserter sur la société et la folle religion qui est la sienne ».