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Les Livres

La bibliothèque idéale de Michel Host et de la mère Michel. Eté 2012

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 29 Juin 2012. , dans Les Livres, La Une Livres, La bibliothèque idéale

Il faut des poèmes au Jardin de l’été. Lisons, de :


1)   Jean Maison, Le premier jour de la semaine, éd. Ad Solem, 67 pp., 19 €.

« Jean Maison me renouvelle…  son « verbe » magnifiquement dense, exact, sans afféteries, le fera pour tous ses lecteurs : « Nous voici renouvelés sur cette terre difficile, par d’épaisses ramures. Baptêmes à la vie… » Je veux bien être baptisé dans les eaux de cette rivière fraîche dont je parlais au début, qui coule au travers du Jardin de Jean Maison. » -La Mère Michel


2)   Max Pons, Vers le silence (Itinéraire poétique), éd. de La Barbacane, 2011, 83 pp.

« Quand il (le poète) bâtit, il prévoit aussi bien la demeure que la ruine de la demeure. Il va son chemin et ne s’afflige pas de l’imparable. Il sait les cycles, les périodes, les trésors invisibles, les vraies pauvretés. Disons : la voilà sa raison. » - Michel Host

Noyade en eau douce, Ross McDonald

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 29 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

Noyade en eau douce, (The Drowning Pool, 1950), traduit de l’anglais (USA) par Jacques Mailhos, Mai 2012, Gallmeister, coll. Totem, 278 p. 10 € . Ecrivain(s): Ross McDonald Edition: Gallmeister

 

Deuxième épisode des aventures de Lew Archer qui paraissent dans une nouvelle traduction chez Gallmeister, Noyade en eau douce entraîne une nouvelle fois ce détective dur à cuire mais qui cherche à tout prix à éviter la bagarre dans la bonne société de Californie du Sud. Contacté par Maude Slocum, femme adultère d’un riche héritier dont la mère veille jalousement sur la fortune en même temps qu’elle repousse les offres des compagnies pétrolières qui ont trouvé un gisement sur sa propriété, Lew Archer doit initialement mettre la main sur un corbeau. Très vite, avec la mort de la vieille Madame Slocum, retrouvée noyée dans la piscine, c’est après un meurtrier qu’il va se mettre à courir.

Nul doute que dans ce deuxième volet, Ross Macdonald commence déjà à prendre son rythme de croisière. Lew Archer gagne en épaisseur en même temps qu’il apparaît encore plus cynique et incisif, et l’intrigue se complexifie encore. Macdonald multiplie les fausses pistes et surtout les faux-semblants, laissant son lecteur errer aux côtés d’Archer d’un suspect à une éventuelle victime, tous n’étant pas forcément ce qu’ils paraissent être et tout le monde ayant au fond quelque chose à se reprocher.

Connivence avec l'ennemi, Elmore Leonard

Ecrit par Yan Lespoux , le Jeudi, 28 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/Thriller

Connivence avec l’ennemi (Comfort to the Enemy, 2009), traduit de l’anglais (USA) par Johanne Leray, juin 2012, 240 p. 18,50 € . Ecrivain(s): Elmore Leonard Edition: Rivages/Thriller

Troisième volet de la série de romans consacrés au marshal Carlos Webster publié en France après Le Kid de l’Oklahoma et Hitler’s Day, Connivence avec l’ennemi apparaît comme un livre un peu à part. D’abord parce qu’il a été publié aux États-Unis entre les deux romans cités ci-avant. Ensuite parce qu’il est initialement paru sous forme de feuilleton dans le New York Times. Ceci explique ce qui peut apparaître comme des incongruités aux lecteurs fidèles de Leonard : des chapitres (qui apparaissent comme des nouvelles) qui reprennent presque mot pour mot certains passages du Kid de l’Oklahoma pour poser les personnages de Carl Webster et de son père qui contrastent avec l’absence de références à l’intrigue de Hitler’s Day, si ce n’est la présence de Jürgen Shrenk, que Carl poursuit justement dans ce roman.

Shrenk, donc, fait normalement son apparition dans Connivence avec l’ennemi, même si le lecteur français a déjà eu l’occasion de le croiser. L’intrigue, ici, tiendrait sur un timbre poste : nous sommes en 1944 et, dans le bled paumé de l’Oklahoma où demeure et travaille Webster, se trouve un camp de prisonniers allemands. L’un d’entre eux a été exécuté par un groupe qui chercherait à organiser une évasion massive, et Carlos Webster entend se servir de Jürgen Shrenk, qui a la fâcheuse habitude de faire le mur du camp pour aller retrouver la belle Shemane, pour les confondre.

La dernière vague, collectif Ipagination

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 28 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles, Ipagination

La dernière vague, collectif, nouvelles, mars 2012, 116 p. format papier 7,98 €, en iBook 4,99 € Edition: Ipagination

Très bonne idée que celle de iPagination : ouvrir un concours de nouvelles ; 30 candidats ; 10 élus ; un thème imposé (cru 2011 ; La dernière vague).

Résultat : Petit opus serré, sans fioritures inutiles ; chaque nouvelle ouvre sur le pédigrée de l’auteur, simple, et démarre immédiatement, pour nous, le plongeon dans l’écriture, honorée, ma foi, avec réussite et métier, dans ces belles pages qui vous feront passer une poignée d’agréables heures.

La nouvelle ; qui ne le sait, ne le sent, c’est peu de pages et toute la difficulté du monde, pour y faire tenir – dans un univers miniature – une histoire, son déroulé et sa chute, des personnages, un cadre, si ce n’est une époque, une atmosphère. Il me semble, quant à moi, que, plus je lis, plus j’aime les nouvelles. Peut-être une question d’âge ; un besoin d’aller à l’essentiel, de rassembler au creux de la main tout le bonheur de la lecture, en peu de temps… un goût pour les « ravissantes petites choses » qui, souvent, font plus de bruit en vous, que le gigantesque.

Encore faut-il savoir cuisiner la chose, ne pas se limiter à un vague quota de pages ! Le nouvelliste est un écrivain à part entière ; le genre – nouvelles, un atelier de haut risque. Demandez donc un peu au pape : Hubert Haddad !

Oxymore mon amour !, Jean-Loup Chifflet

Ecrit par Christian Massé , le Jeudi, 28 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

Oxymore mon amour ; dictionnaire inattendu de la langue française, Jean-Loup Chifflet, Editions Chifflet et Cie, 2011, 316 pages, 24,95 € . Ecrivain(s): Jean-Loup Chifflet

 

A trop jongler avec les mots… bateler, escamoter, histrionner, voire cabotiner avec eux, Jean-Loup Chifflet se décide à les dompter. Vanité des vanités ! Ne sachant plus dans quel état j’erre, ce que serait fur sans mesure, il constate que cette vieille dame qu’on appelle grammaire… a toujours ses règles et qu’un dictionnaire est un livre dont le mot est le héros.

Mais ce n’est pas tout. OXYMORE vient du grec oxumôron, de oxux, aigu et môros, sot, fou. Ce mot féminin établit une relation de contradiction entre deux mots qui dépendent l’un de l’autre ou qui sont coordonnés entre eux. Fort de cette définition, Jean-Loup Chifflet nous entraîne, de A à Z, dans un dictionnaire unique où la drôlerie agit en trompe-l’œil.