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Les Livres

Demain, demain, Laurent Maffre

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mardi, 06 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Actes Sud

Demain, Demain, Laurent Maffre, Actes Sud BD/ Arte Editions, avril 2012, 140 pages, 23 € . Ecrivain(s): Laurent Maffre Edition: Actes Sud

 

1962, la guerre d’Algérie touche lentement à sa fin. Comme beaucoup de femmes, Soraya et ses deux enfants débarquent à Orly pour retrouver Kader Safiri, le chef de famille, venu rejoindre la métropole afin de contribuer par son travail au redressement de la France et au miracle des Trente Glorieuses. Happé par le miroir aux alouettes d’une vie meilleure, Kader, à l’instar de milliers d’autres immigrés maghrébins, espagnols et portugais, a rejoint les vastes chantiers du bâtiment et de l’automobile, sans savoir qu’il quittait son village natal pour la boue parisienne.

Car si les industriels des années 50 avaient sauté sur l’aubaine d’une main d’œuvre très bon marché, ils n’avaient en aucun cas songé au logement de ces nouveaux venus et de leurs familles, qui rapidement se retrouvent confinés dans des baraquements en périphérie des grandes villes, non loin des usines. Demain, Demain nous emmène au cœur du bidonville de La Folie, à Nanterre, au 127 rue de la Garenne, où se terrent sans eau courante, sans électricité, dans le pire des dénuements, plusieurs milliers d’immigrés d’Afrique du Nord.

Dissonances N°23 : Superstar

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Lundi, 05 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Revues

 

Dissonances trace sa route. Non, la métaphore ne colle pas. Dissonances trace son chemin vicinal, sa voie – une voix – décalée et salutaire. En ces temps de rentrée littéraire et de prix déprimants, lire les étoiles, enfin les « superstars » de ce numéro 23, fait un bien fou. Au moral, à l’intelligence, aux zygomatiques aussi car on sourit, on rit, souvent.

Superstar, ça déménage. Imaginez seulement : il y a Johnny bien sûr, et Elvis, et Lou, Et Bob, et Mick, et James. Il y en a même pour les footeux, avec Marco, Alain, Sylvain. Vous pourrez vous amuser à refaire le chemin de Petit Poucet qu’on vient de vous suggérer. Et vous pourrez trouver d’autres cailloux à semer au long de cette piste aux étoiles.

 

Par chemin encore plus détourné, on a même la joie suprême – et l’immense honneur -  de croiser François. Oui LE François, le premier des Français. Sous forme d’un rap en anaphores. « Moi président de la république, je préfère me faire me faire sucer au bord de l’eau ». Oh pardon. Le choix n’est pas des plus élégants. Difficile de faire plus convenable cependant.

L'autre vie de Valérie Straub, Stéphane Padovani

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 05 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Quidam Editeur

L’autre vie de Valérie Straub, 2012, 60 p. 5 € . Ecrivain(s): Stéphane Padovani Edition: Quidam Editeur

Valérie Straub « n’aspire plus qu’à la tranquillité des pierres ». Elle a passé plusieurs dizaines d’années en prison pour des idées mises en application de la manière la plus violente. Elle a tué pour ces idées-là, pour un idéal de justice, pour un monde meilleur, elle était jeune, rebelle, déterminée. « Ce combat, il t’a fallu quand même le mener jusqu’au bout, jusqu’à la mélancolie, jusqu’à une certaine forme de folie, au fond d’une prison ». Et quand elle en sort, c’est pour entrer dans un monde qu’elle ne reconnaît plus.

« Les gens t’ont oubliée. Ne reste vaguement que le bruit superficiel de tes éclats, d’armes ou de voix, dans un espace social replié comme un linge dans une armoire de réfectoire ».

Une ancienne compagne de cellule, Isa, va l’accueillir et l’aider à faire ses premiers pas, et la femme de son petit frère qu’elle avait à peine connu et qui est décédé, vient lui confier un journal qu’il n’a écrit, tout au long de ses années, que pour elle. Un journal plein d’amour mais aussi de questionnements, face au vide, que cette sœur inaccessible et constamment en révolte avait laissé suite à son arrestation. Valérie ne sait pas trop ce qu’être libre pourra bien vouloir signifier dans une société qui a poursuivi son cours vers quelque chose qu’elle et ses compagnons d’armes avaient combattu de toute leur âme.

La grande et fabuleuse histoire du commerce, Joël Pommerat

Ecrit par Marie du Crest , le Dimanche, 04 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Théâtre, Actes Sud/Papiers

La grande et fabuleuse histoire du commerce, Actes Sud-Papiers, 72 p. 13,50 € . Ecrivain(s): Joël Pommerat Edition: Actes Sud/Papiers

Entre 1967 et 1969, Michel Vinaver écrivait Par-dessus bord, pièce dans laquelle il était question d’une entreprise française menacée par la concurrence américaine. Vinaver ridiculisait les méthodes du marketing triomphant. Joël Pommerat en 2012 s’attache à peindre le monde de la vente, de la prospection à domicile. Le titre est ironiquement grandiose et épique : la grande et fabuleuse histoire du commerce sera incarnée par un groupe de commerciaux, de V.R.P. de base, de vendeurs comme l’annonce la liste des personnages. Ils sont au nombre de cinq, ils écument une région définie en quête de clients. Ils n’ont pas d’intimité : ils n’apparaissent sur le plateau que dans des chambres d’hôtel impersonnelles et qui constituent l’unité de lieu (unique et multipliée). Ces chambres sont des territoires de transit où les personnages vont et viennent (entrée et sortie). Elles peuvent d’ailleurs devenir des scènes de théâtre improvisées.

Pommerat construit l’action selon un diptyque chronologique et historique. La première partie de la pièce couvre les années 60, parenthèse enchantée de l’économie française. Les vendeurs expérimentés ont entre cinquante et soixante ans. Franck lui, est une jeune recrue qui devra faire ses preuves dans le métier de la vente en suivant les conseils de ses collègues. L’apprentissage relève d’un jeu théâtral dérisoire, de travestissement. André l’ancien endosse le rôle de la cliente et Franck lui donne la réplique en jouant son propre rôle de débutant. Le jeu s’accompagne d’une didascalie de mise en scène : il ferme une porte imaginaire et va s’asseoir.

Je sauve le monde quand je m'ennuie, Guillaume Guéraud

Ecrit par Cathy Garcia , le Dimanche, 04 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Le Rouergue

Je sauve le monde quand je m’ennuie, illustrations nb de Martin Roméro, collection zig zag, octobre 2012, 96 p. 7 € . Ecrivain(s): Guillaume Guéraud Edition: Le Rouergue

 

Voilà un petit livre bien drôle et plein d’énergie qui prend le parti des rêveurs, des têtes en l’air, des touchent pas terre. Le pouvoir de l’imagination versus les tables de multiplication. Eugène, alias le Capitaine Sans-Gêne, s’est donné pour mission de sauver le monde des méchants, et de protéger tout particulièrement Lisa.

« Lisa est la plus jolie fille de toute l’école. Elle est forte en tout. Et tout le monde est amoureux d’elle. Même moi ».

Hélas, même Kévin, qui est « le gros costaud de la classe. Tout le monde veut être son ami. Sauf moi ».

Et en réalité, ou plutôt de l’autre côté de la réalité, en vérité, Kévin a été mis à terre et massacré bien plus d’une fois, par le capitaine Sans-Gêne, alias le cavalier le plus intrépide, le chevalier plus fort que les Jedi, le meilleur joueur de foot de la galaxie…