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Les Livres

Un homme jetable, Aude Walker

Ecrit par Sophie Adriansen , le Vendredi, 13 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Editions du Moteur

Un homme jetable, Editions du Moteur, 5 janvier 2012, 96 p. 12,50 € . Ecrivain(s): Aude Walker Edition: Editions du Moteur

Jules a vingt ans, le diable au corps et une envie pressante de quitter le nid où sa mère change d’homme comme de robe. Il veut trouver un boulot, n’importe quoi qui l’emmène loin et lui fasse gagner un peu d’argent à envoyer à sa petite sœur – n’importe quoi, quitte à se brûler les ailes ; n’importe quoi, et c’est encore mieux si cela lui brûle les ailes. Jules est en quête d’adrénaline, et c’est en se faisant embaucher en intérim dans les centrales nucléaires qu’il va en trouver, en approchant du plus près qu’il peut « la radioactivité, ce mal invisible, inodore, inconnu » (page 49).

C’est un univers que découvre Jules, et le lecteur avec lui : les centrales réparties dans l’Hexagone, les hommes qui font ce que d’autres ne se risquent pas à tenter, les amitiés qui naissent entre ces gens qui se retrouvent d’un site à l’autre, les différences entre les agents EDF et les intérimaires – ces différences, il finira par en faire un combat quand l’injustice frappera à la porte de la caravane.

« Cette matière humaine qui avance comme un seul homme vers la centrale, ça m’impressionne. Je me rends compte que je n’ai lu que des choses sur la configuration technique de la centrale et sur les légendes noires du nucléaire : les bombes H et A, Tchernobyl, les incendies, les accidents, les explosions, mais j’ai oublié les hommes. Sur les hommes, je ne sais rien » (page 18).

Revue Rue Saint Ambroise N° 28

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Vendredi, 13 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Revues

Rue Saint Ambroise N° 28

Elégant, clair, aéré, le N°28 de « Rue Saint Ambroise » semble à l’image de l’entreprise de ses créateurs et animateurs. Il faut au moins ces trois qualités pour s’aventurer dans la publication de micro-nouvelles issues de la plume d’auteurs aussi différents que possible !

Le genre en effet, la nouvelle très courte, est des plus exigeants. Toute médiocrité, imitation ou faiblesse d’écriture y est impitoyablement visible, comme le nez dans la figure ! La brièveté amène naturellement le lecteur à une attention qui n’a pas le temps du relâchement.

L’équipe de « Rue St Ambroise » l’a parfaitement compris. Elle l’écrit d’ailleurs dans la présentation de sa revue : « Attention aux auteurs, temps pour lire ». Et la plus belle qualité pour réaliser pareil projet est, assurément, la curiosité d’esprit, la certitude que des auteurs ont quelque chose à raconter, à apporter, et pas forcément des auteurs connus.

19 petites nouvelles, joyeuses ou tristes, graves ou pas sérieuses, classiques ou innovantes. Avec une qualité en commun : la … qualité ! Une vraie rigueur de choix, tant dans les trames narratives que dans l’élégance de l’écriture. Avec une palette d’auteurs – d’auteures – qui présente aussi bien des plumes déjà reconnues et d’autres … pas encore !

Le retour de Silas Jones, Tom Franklin

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 11 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Albin Michel

Le retour de Silas Jones (Crooked Letter) Traduit de l’américain par Michel Lederer. 390 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Tom Franklin Edition: Albin Michel


Bienvenue au cœur du Mississipi. Sa végétation luxuriante, sa faune de serpents et rats, et ses habitants guère plus avenants.

Le retour de Silas Jones nous plonge droit au cœur d’un pays où il ne fait pas forcément bon vivre. En tout cas où on regarde où l’on met les pieds en marchant, mais aussi en ouvrant sa boîte aux lettres. On ne sait jamais, un serpent à sonnettes pourrait y avoir été glissé…


Larry Ott a 41 ans. Depuis des années, il vit seul dans la maison de ses parents devenue la sienne. Larry est mécanicien automobile. Il a un garage, mais aucun client, sinon quelques personnes perdues en chemin. Tous les habitants du coin l’évitent. Plusieurs années plus tôt, il a été impliqué dans la disparition d’une jeune fille, Cindy. Ils étaient allés ensemble au drive-in, et à l’issue de la soirée, elle a disparu. Son corps n’ayant jamais été retrouvé, Larry n’a pu être prouvé coupable, mais pour tout le monde, il l’est. Ainsi, il est devenu « Larry le Pourri ».

Le Chapeau de Mitterrand, Antoine Laurain

Ecrit par Alexandre Muller , le Mardi, 10 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Flammarion

Le Chapeau de Mitterrand, 212 pages, 18 € . Ecrivain(s): Antoine Laurain Edition: Flammarion

Daniel Mercier entra dans une brasserie parisienne, adresse prestigieuse, se vit installer à une table dressée d’une nappe d’un blanc vif, presque bleuté, se fit servir une bouteille de Pouilly-Fuissé et un plateau royal de fruits de mer dont les prix dépassaient sensiblement ce qu’il avait imaginé. Soudain le maître d’hôtel accueillit trois nouveaux clients. L’entrée de ces trois personnages dans la brasserie donna un tournant exceptionnel à la soirée peu ordinaire de Daniel. A la table d’à côté viennent de prendre place, François Mitterrand, Roland Dumas (son ancien ministre des Relations extérieures), et un troisième homme, un dénommé Michel, gros trapu à lunettes et cheveux frisés.


« Je dîne à côté du Président de la République, se dit Daniel à plusieurs reprises afin de pouvoir donner une forme de réalité à ce fait récent, nouveau, irrationnel ».


Daniel finira son repas doucement, le plus doucement du monde, buvant les paroles présidentielles, rêvant d’être le quatrième homme de la table présidentielle. François Mitterrand était si près qu’il aurait suffi qu’il approche sa main pour le toucher.

Paperboy, Pete Dexter

Ecrit par Yann Suty , le Lundi, 09 Janvier 2012. , dans Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Points

Paperboy (The Paperboy), 374 p., traduit de l’anglais (USA) par Brice Matthieussent, 7,50 € (1995) . Ecrivain(s): Pete Dexter Edition: Points

1965. Floride, comté de Moat.

Le Shériff Thurmond Call a été retrouvé mort, éventré. Dans l’exercice de ses fonctions, il avait tué bon nombre de personnes, mais des Noirs, ce qui, dans la Floride des années 60, n’était pas si grave que ça… Un jour, un peu trop éméché, il tue à coups de pieds Jérôme Van Wetten. Un vendeur de voitures. Et un blanc.

Une semaine plus tard, l’un de ses cousins, Hillary Van Wetten était arrêté et reconnu coupable du meurtre du représentant de l’ordre et il est condamné à la chaise électrique.

Son cas va intéresser deux journalistes d’investigation d’un journal de Miami,  le frère du narrateur, Ward et son collègue Yardley Acheman. Les deux hommes ont, grâce à leurs premiers articles, acquis une certaine notoriété et ils comptent sur le cas d’Hillary Van Wetten pour emmener leur carrière vers les sommets et le Prix Pulitzer. En effet, le procès s’est déroulé de manière un peu hâtive, beaucoup de zones d’ombre n’ont pas été explorées.

Ils pensent pouvoir sortir le prisonnier du couloir de la mort.