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Les Livres

Ce qu'il advint du sauvage blanc, François Garde

Ecrit par Alexandre Muller , le Mardi, 17 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Gallimard

Ce qu’il advint du sauvage blanc, 21,50 €, 327 p. Janvier 2012. . Ecrivain(s): François Garde Edition: Gallimard

Extrait des bulletins et mémoires de la Société d'Anthropologie de Paris, du 20 Avril 1911 :


« Quoi qu'il en soit, malgré son éloignement de toute civilisation moderne pendant dix-sept ans, et malgré qu'il eût vécu de la seule MENTALITE NÉOLITHIQUE de quatorze à trente et un ans, dès qu'il fut de retour dans son pays de Vendée, Pelletier reprit vite le niveau intellectuel des marins de son âge, n'ayant été qu'à l'école primaire jusqu'à dix ans. Et rien ne dit que son intelligence, nullement atrophiée, n'aurait pas pris un plus grand développement, si sa Patrie, au lieu de le reléguer dans une geôle, ouverte au milieu des flots, l'avait, par exemple, installé en plein Paris, aux Ministères de la Marine ou des Colonies : ce qu'il méritait bien autant qu'un autre ! »

Ce qu'il advint du sauvage blanc est un récit librement inspiré par l'histoire d'un matelot vendéen. Au milieu du XIXème siècle abandonné sur une plage d'Australie, Narcisse Pelletier vécut 17 ans parmi les natifs avant d'être récupéré par un navire anglais, le John Bell, et de rentrer en France où il devint gardien de phare.

Monstres et dragons, Encyclopédie mythologique, Matthew Reinhart et Robert Sabuda

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 17 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Seuil Jeunesse

Monstres et dragons, Encyclopédie mythologique, traduit de l’anglais par Marjorie Bourhis, 2011, 30€. . Ecrivain(s): Matthew Reinhart et Robert Sabuda Edition: Seuil Jeunesse


Monstres et dragons est le dernier volet d’une Encyclopédie mythologique enchanteresse et regorgeant de culture et de surprises. Vous y serez assaillis par une tête de Méduse terrifiante, par un vampire sortant de son cercueil ; des dragons rugissant y dansent dans le ciel ou s’affrontent à des chevaliers ; le fabuleux Kraken y précipite un navire au plus profond des abysses ; un loup-garou y hurle la douleur de sa métamorphose ; un cyclope s’y transforme en fossiles préhistoriques…

Vous l’aurez deviné, il s’agit d’un pop-up ; où par de savants jeux de pliages et d’imbrications, les auteurs proposent un voyage ludique et savant, une féerie pleine de frissons, aux curieux de tous les âges. Chaque page offre une première apparition accompagnée d’explications claires et précises, les fenêtres gigognes apportent des compléments sur des mythes similaires.

Les averses d'automne, Tuna Kiremitçi

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mardi, 17 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman, Galaade éditions

Les averses d’automne, traduit du turc par Jean Descat, octobre 2011, 224 p. 17 € . Ecrivain(s): Tuna Kiremitçi Edition: Galaade éditions

Pelin, jeune turque envoyée étudier en Suisse par son père, répond à une petite annonce trouvée au hasard dans un journal : Rosella Galante, Juive née à Berlin, qui a fui pendant la guerre l’Allemagne pour Istanbul, cherche quelqu’un avec qui converser en turc.

Le turc est la langue de ses souvenirs, d’un amour perdu, d’une part entière de son existence.

Au fil des rendez-vous au domicile de Rosella, une étrange amitié se noue entre les deux femmes. Car la discussion n’est évidemment pas à sens unique, et il est très vite établi qu’elles parleront chaque fois à tour de rôle.

« Vous découvrirez avec consternation que vous vivez désormais dans un monde qui appartient aux autres. Du temps de votre jeunesse, il ne restera plus un seul homme, une seule femme, pas même un chat, un chien ou un enfant… Et je vous assure, mademoiselle, qu’il est beaucoup plus difficile de vivre dans un temps étranger que dans une ville étrangère. Même si vous êtes dans un pays lointain, vous gardez l’espoir de rentrer un jour au bercail. Mais tant qu’on n’aura pas inventé la machine à remonter le temps, il n’y aura aucun moyen de fuir le temps présent et d’échapper à la nostalgie du passé… » (pages 149-150).

Calligraphie des rêves, Juan Marsé

Ecrit par Anne Morin , le Lundi, 16 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Récits, Christian Bourgois

Calligraphie des rêves, traduit de l’espagnol par Jean-Marie Saint-Lu, 412 p. 20 € . Ecrivain(s): Juan Marsé Edition: Christian Bourgois


Une lettre à l’adresse indécise, mal adressée, un messager hésitant entre la littérature et la musique, deux manières d’exprimer la moelle d’une réalité qu’il préfère placer à côté, ou mettre de côté. Un mal entendu, le doigt manquant, celui qui échappe à Ringo, l’empêchant de devenir pianiste et/mais l’obligeant à s’appliquer à tenir le stylo entre pouce et majeur, ne pas écrire n’importe quoi, repasser la phrase dans sa tête, avant de jeter les mots : chacun aura sa place comme les notes sur une portée : « (…) l’autre (main) s’obstine à cacher, avec pudeur, la première annotation, quand, attentif à d’autres échos et à un autre rythme, il décide de corriger et de préciser davantage. (…) Il croit que ce n’est que dans ce territoire ignoré et abrupt de l’écriture et de ses résonances qu’il trouvera le passage lumineux qui va des mots aux faits, endroit propice pour repousser l’environnement hostile et se réinventer soi-même » (p.207).

L’ « art de bien écrire », la transmutation. Fixer des rêves comme des vertiges, les laisser s’imprégner de réalité : « (…) C’est peut-être la première fois que ce garçon pressent, ne serait-ce que de façon imprécise et fugace, que ce qui est inventé peut avoir plus de poids et de crédit que la réalité, plus de vie propre et plus de sens, et par conséquent plus de possibilités de survie face à l’oubli » (p.19).

Croc Attack, Assaf Gavron

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 15 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Payot Rivages, Israël

Croc Attack, traduit de l’hébreu par Sylvie Cohen et Marta Titelbaum, 2011, 377 p. 23 € . Ecrivain(s): Assaf Gavron Edition: Payot Rivages

Eitan Enoch, dit Croc, vit et travaille à Tel-Aviv. Sautant dans le 9 bis comme tous les matins, il réchappe à un attentat… et bientôt à deux autres. Devenu le miraculé, symbole de la résistance à la violence terroriste, Eitan devient le « Croc des Attentats ». Mais Croc n’est pas le seul « héros » du livre. Son histoire alterne avec celle de son alter-ego palestinien. A Jérusalem, Fahmi nous parle depuis son lit d’hôpital où il lutte pour survivre à ses blessures. Il n’est pas une victime comme Croc mais un terroriste.

Croc se fait alors interviewer par une star de la télé, donne son avis à la radio, joue le jeu sans le vouloir de la propagande officielle. Il se trouve à présent propulsé au rang d’expert et peut prêcher la bonne parole à tous ceux qui veulent l’entendre. « Et puis tout est rentré dans l’ordre, comme il se doit quand on est vivant ». Mais le crac du temps capitalisé de Time’s Arrow, le héraut de la vie à cent à l’heure, s’avère bien plus bouleversé qu’il ne veut bien le croire, et cela se traduit par le fait qu’il se croit investi d’une mission : dans le minibus qui a explosé, un homme lui a parlé, et Croc se retrouve avec le portable de cet inconnu mort. Il n’a de cesse de retrouver qui il était et les raisons de sa présence inhabituelle à Tel-Aviv. Une enquête rocambolesque, une aventure amoureuse s’en suivent où toutes les valeurs, les habitudes, les sentiments de Croc seront chamboulés.