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Les Livres

Les voix du crépuscule, Lisa Unger

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 05 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Editions du Toucan

Les Voix du crépuscule, mars 2012, 496 pages, 20 € . Ecrivain(s): Lisa Unger Edition: Editions du Toucan

 

Dans l’esprit de Willow, jeune adolescente, « les Hollows étaient un désert aussi bien social que culturel, peuplé de gens mesquins à l’esprit étroit et sans imagination ». Comment Bethany, sa mère, a-t-elle pu décemment venir s’établir, de New York, dans un bled aussi pourri ? Willow s’ennuie à mourir et mène la vie impossible à sa mère-écrivain, qu tente en vain de terminer l’écriture de son nouveau livre.

Michael Holt, quant à lui, vient de perdre son père et son obsession est de retrouver une trace de sa mère, Marla, qui les a quittés prématurément. Et pourtant. Elle disait : « Je t’aime plus que toutes les étoiles au firmament et tous les poissons dans l’océan et toutes les petites fleurs dans les champs ». Lui, répondait : « Je t’aime plus que toutes les coccinelles et les libellules et les papillons ». Elle rétorquait enfin, « je t’aime plus que toutes ces choses, dix fois plus. Je t’aime plus que tout ».

Dans les Hollows, tout le monde se connaît mais chacun détient sa vérité. On s’observe et on ne dit rien. On n’en pense pas moins. Dans les Hollows, le silence s’accroît tel un cancer car « les années avaient tissé trop de liens et d’histoires entre les familles ». Mais dans les Hollows, il y avait bien trop de coïncidences selon Jones Cooper, le seul flic retraité du coin, en pleine psychothérapie.

La bibliothèque idéale de Patryck Froissart

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 05 Juin 2012. , dans Les Livres, La Une Livres, La bibliothèque idéale

 

1- Le Lys dans la vallée (Balzac)

Pour moi l’un des plus beaux romans d’amour

 

2- Les enfants de minuit (Salman Rushdie)

Ce fleuve narratif m’a emporté dans son cours impétueux

 

3- Gora (Rabindranath Tagore)

L’intelligence mise en scène

 

4- Baudolino (Umberto Eco)

L’impertinence d’une écriture débridée

Le pouce de l'assassin, Lawrence Block

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 04 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Calmann-Lévy

Le pouce de l’assassin (Hit List, 2000), trad. de l’anglais (USA) par Vincent Delezoide, Mars 2012, 384 p. 20,50 € . Ecrivain(s): Lawrence Block Edition: Calmann-Lévy

 

Le précédent roman mettant en scène Keller le tueur à gages philatéliste, Keller en cavale, laissait à penser que, peut-être, cette courte série (trois romans jusqu’alors) allait prendre fin. C’était sans compter sur l’imagination de Lawrence Block et son attachement palpable à son étonnant héros.

Revoilà donc Keller, toujours aussi précautionneux dans son travail et fou de timbres. On aurait bien du mal à vraiment résumer l’intrigue tant la succession de missions, comme à chaque fois, fait prendre au roman la forme d’un quasi recueil de nouvelles. Lawrence Block laisse cependant un fil ténu – la recherche de ce qui pourrait bien être un autre tueur à gages essayant d’éliminer la concurrence – censé mener Keller et son employeuse, Dot, du début à la fin du livre.

Cela commence plutôt bien avec une mission où tout se passe matériellement pour le mieux mais où, inexplicablement nerveux, Keller ne cesse de cogiter. Cela tombe bien, ce sont justement les réflexions de Keller, cette manière de tout envisager selon une logique tellement poussée à l’extrême qu’elle en devient totalement farfelue qui fait que l’on se plaît à lire ses aventures.

Galilée, la tête dans les étoiles, Thierry Delahaye

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 03 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Flammarion, Jeunesse

Galilée, la tête dans les étoiles, Flammarion jeunesse, mars 2012, 192 p. 5 € . Ecrivain(s): Thierry Delahaye Edition: Flammarion

 

Galilée, la tête dans les étoiles propose une plongée dans la Renaissance, foisonnante et trouble, et une entrée accessible dans les théories d’un des plus grands savants de notre civilisation. Cette courte biographie romancée retiendra l’attention des jeunes amateurs d’histoire comme de sciences, et assurément celles de leurs pédagogues. On en vient presque à regretter la densité du volume tant l’on souhaiterait en apprendre plus sur l’homme comme sur le savant.

Galilée naît à Pise en 1564. Aux effluves des jardins et des cuisines, aux échanges du commerce paternel, au bord de l’Arno ou dans la campagne toscane, s’éveille un esprit observateur, curieux de tout et plein d’esprit pratique. Face au témoignage de ses sens et aux premières esquisses de sa raison, le garçon découvre que bon nombre de préceptes enseignés au monastère apportent des réponses lacunaires, voire contradictoires. Où est Dieu dans ce ciel empli de soleil ou d’étoiles ? Très tôt, c’est son indépendance de pensée qui le caractérise : Galilée aime faire des expériences, mettre en doute la parole de ses maîtres, la confronter comme ses idées, à la logique mathématique. On renonce à le faire prêtre pour le faire entrer en médecine ; mais il choisira son chemin, celui des sciences : astronomie, géométrie…

La femme à modeler, Emilie de Turckheim

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 02 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, Naïve

La femme à modeler, 48 p. 8 € . Ecrivain(s): Emilie de Turckheim Edition: Naïve

 

Parallèlement à son activité d’écrivain, Emilie de Turckheim est aussi modèle pour peintre. Dans ce petit livre – une nouvelle ou presque –, La femme à modeler, elle décrit son expérience. Du moins, elle relate la première fois où elle a posé. Le texte est entrecoupé d’œuvres de l’artiste-peintre Sylviane Blondeau.

La première fois donc, Emilie de Turckheim grimpe au sixième étage d’un immeuble délabré. Arrivée devant la porte, elle reste figée. Elle pense rebrousser chemin et ne pas se déshabiller devant un inconnu.

« Au moment de heurter la peinture joliment écaillée, rouge comme mes joues, l’arrêté et les bretelles de ma robe blanche, l’index infaillible se débine, liquide, mes genoux aussi ».

Elle finit par entrer. Débute alors une « carrière » qu’elle poursuivra devant d’autres peintres, d’autres yeux scrutateurs, d’autres pinceaux. Mais la première fois, il faudra se déshabiller. Comment faire ? Devant le peintre ? Ou bien aller à la salle de bains et revenir après ? Mais à quoi ça sert de se cacher alors qu’ensuite elle se montrera, elle s’exposera de toute sa nudité ?