Identification

Les Livres

La mystérieuse histoire de Tom Coeurvaillant, Ian Beck

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 19 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Jeunesse, Mijade

La mystérieuse histoire de Tom Cœurvaillant, aventurier en herbe, trad. anglais Nathalie Nédélec-Courtès, juin 2012, 279 p. 11 € . Ecrivain(s): Ian Beck Edition: Mijade

 

Une quête, une grenouille et un corbeau qui parlent, une jeune fille à la chevelure interminable, un haricot magique, une oie qui pond des œufs en or, des châteaux, une pantoufle en verre de farfadet, des dangers en pagaille, un sommeil de cent ans… Il s’agit d’un conte, me direz-vous. Presque. Il s’agit du royaume des Contes et de la façon dont ces derniers s’écrivent. Figurez-vous qu’avant de lire vos contes préférés, des personnages se sont vu remettre des missives concernant leurs rôles par le très strict Bureau des Contes. Le conte s’écrit donc à mesure que ses protagonistes le vivent puis le racontent. Parmi ces derniers se distingue la famille Cœurvaillant, une célèbre et digne famille d’aventuriers. Le père, aujourd’hui disparu, ainsi que six de ses fils ont pris part à de nombreuses aventures, devenues des contes illustres. Tom le benjamin de la famille attend avec impatience de fêter ses 12 ans et de pouvoir, à son tour, faire ses preuves. Or, les six frères chargés en même temps d’une quête différente, ne reviennent pas pour cet anniversaire. Il revient à Tom de partir à leur recherche et d’élucider le mystère de leur disparition.

Assommons les pauvres ! Shumona Sinha

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 18 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Asie, Roman, Récits, L'Olivier (Seuil)

Assommons les pauvres !, 2011, 155 pages, 14,20 € . Ecrivain(s): Shumona Sinha Edition: L'Olivier (Seuil)

Ce petit livre rapporte :

 

– qu’au Nord prospèrent des états opulents, arrogants, accapareurs, vivant en paix et vendant des armes, démocratiques et imposant leur système économique au reste du monde

– qu’au Sud, il y a des populations pauvres, humbles, spoliées, prises en étau dans des guerres intestines, subissant une dictature affirmée ou déguisée, conséquemment miséreuses

– qu’entre ces deux mondes, les routes se ferment, les frontières se renforcent, des murs s’érigent

– que du Sud vers le Nord s’écoule, malgré les barrières, un flot incessant d’hommes et de femmes, ici échappés du sous-continent indien,  qui, en échange du peu qu’ils possèdent, mettent leur vie entre les mains de passeurs dénués de tout scrupule dans l’espoir d’arriver dans l’aire où tout paraît aller mieux.

– que ceux d’entre eux qui survivent aux périls de la migration doivent se procurer, à destination, la clé qui leur permettra de sortir de la clandestinité : le statut de demandeur d’asile politique.

Tout cela, nous le savons, plus ou moins.

Contes d'ailleurs et d'autre part, Pierre Gripari

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 17 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Grasset, Jeunesse

Contes d’ailleurs et d’autre part, Illustrations de Guillaume Long, 2012. 190 p. 9 € . Ecrivain(s): Pierre Gripari Edition: Grasset

 

Publiés une première fois en 1990, voici la réédition de huit contes d’ailleurs et d’autre part, à la sauce Gripari, huit bijoux de drôlerie fantastique, inspirés des folklores russes, français, italien et d’Afrique du Nord. Un véritable régal, avec ce verbe franc, truculent et tellement poétique de Pierre Gripari, s’adressant à ses lectrices et lecteurs d’une façon si familière, qu’elles et ils pourraient croire qu’il est assis tout près d’elles et eux. Le conteur de la Rue Broca est véritablement talentueux, c’est évident, mais outre son imagination pétulante, il est doté également d’une grande liberté de pensée. Ils nous emmènent donc ici dans un monde peuplé comme il se doit de magie, d’amour et de courage. Dans Mademoiselle Scarabée, on comprend que l’apparence importe peu, mais qu’il importe de trouver bonne boulette à son pied quand on veut se marier. « Quand un cheval trottine et crottine, quand une vache lâche sa bouse en marchant, je fais une petite boule de la chose en question, puis je la pousse à reculons jusqu’à ma maison ! » Dans Madame-la-Terre-Est-Basse, les objets ont une âme, ils parlent, ils bougent, ils peuvent être tristes mais savent aussi se venger.

Promesse achevée à bras nus, Eric Barbier

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 16 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Promesse achevée à bras nus, Editions Rafael de Surtis, Collection Pour une Terre interdite, 2011, 56 p. (tirage limité et numéroté), 15 € . Ecrivain(s): Eric Barbier

« Écrire, effraction dans la voix de l’autre »

 

La poésie d’Eric barbier puise à une source limpide comme celles des montagnes qu’il affectionne. Dans ce recueil, il se livre à un questionnement qui n’attend pas de réponse. Le poète semble même s’être délivré du besoin de réponse, pour être simplement le témoin d’une nature où se concentre l’essentiel de l’Homme.

 

« De quoi témoigner ?

l’esprit se déposant en limon

sur la croyance de l’automne

croit ensemencer ce qui n’attend rien »

Brise Lame City, Corentin Jacobs

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 14 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles

Brise Lame City, Onlit Books, avril 2012, 84 pages, 2,99 € . Ecrivain(s): Corentin Jacobs

Les quatre nouvelles de ce recueil de Corentin Jacobs ne feront pas l’unanimité. Elles lasseront, elles agaceront, elles choqueront assurément. Mais pour les quelques curieux ou courageux qui pousseront leur lecture jusqu’au bout, il y a matière à prendre une bonne rafale de plaisir. De celui qu’on prend en regardant un Pulp Fiction ou un Machete. Un condensé d’action, de violence et d’humour décapant.

Et bien, entrons dans l’univers de Brise Lame City. Dans Muchacho, nous croisons un brave soldat qui communique avec sa famille depuis le front. Il y attend, imperturbable, de mettre une raclée à l’armée du dictateur Juan Antonio Perez. « Selon la légende, Perez mange des araignées et des scorpions sur ses tartines au beurre le matin, de la cervelle de chien avec une sauce aux piments rouges le midi et des yeux de poisson d’eau douce avec un gratin de pissenlits au fromage le soir. Perez arrose tous ses repas d’un alcool blanc à 55 degrés et, pour favoriser la digestion, fume des cigares longs comme l’automobile de Père. Perez est une crapule de la pire espèce. Il mène un génocide contre les Indiens depuis plus d’une décennie, viole les femmes des campagnes, torture leurs maris quand ces derniers lui résistent, vend leurs enfants dans des marchés à esclaves, vole les riches et exploite les pauvres. Beaucoup d’hommes préfèrent le suivre et gonfler ses rangs plutôt que de crever comme des malpropres au fond d’une cave ou au bord d’une route. Notre combat contre Perez est un appel international à la démocratie ».