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Les Livres

Les journalistes, Honoré de Balzac

Ecrit par Didier Bazy , le Samedi, 10 Mars 2012. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Le Mot et le Reste

Les journalistes. Préface de Raphael Sorin. Intro de Raphael Meltz. Mars 2012 124p. 12 € . Ecrivain(s): Honoré de Balzac Edition: Le Mot et le Reste

Le monumental Balzac (sa vie, son œuvre) a laissé à la postérité un tableau des journalistes de son temps. Une monographie, courte et intense, collier de perles rares à l’usage des amateurs et des professionnels de l’écriture.

Disciple des physiologistes Lavater et Gall, Balzac se réclame aussi de Geoffroy Saint-Hilaire et de Cuvier, les grands taxinomistes : « Si Buffon a fait un magnifique ouvrage en essayant de représenter dans un livre l’ensemble de la zoologie, n’y avait-il pas une œuvre de ce genre à faire pour la Société ? » (Avant-Propos de La Comédie humaine).

Et pourquoi les gens de lettres seraient-ils épargnés ? Ce sera chose faite en 1843.

Cette monographie de la presse parisienne pourrait s’intituler : La Comédie Humaine des Ecrivains. A mettre au programme obligatoire de toutes les écoles de journalisme qui ne sont pas toujours des écoles de modestie.

Plus qu’une galerie de portraits, un tableau organisé, une incisive classification des gens de plumes. La grille est éloquente. La voici : elle suffit ici.

Peeping Tom, Alessandro Mercuri

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 10 Mars 2012. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Récits, Léo Scheer

Peeping Tom, Editions Léo Scheer, 2011, 186 pages, 18 € . Ecrivain(s): Alessandro Mercuri Edition: Léo Scheer

Peeping Tom. Le voyeur en français. Comme le film de Michael Powell dans lequel un caméraman-tueur filmait les derniers instants de ses victimes, avant de les tuer. Le père de tous les snuffmovies.

Voilà un ouvrage étrange. Etrange n’est peut-être pas le mot qui convient le mieux, mais le premier qui vient à l’esprit quand on se retrouve devant ce livre qui ne ressemble à nul autre.

Les deux phrases en exergue donnent le ton.


« Créature mortelle et fugace, l’homme ne pouvant être voyant, doit être voyeur ». (Polyphème de Sicile, Mensonge et persuasion, VIe siècle, av. J.-C.).


“One of the great things about books is sometimes there are some fantastic pictures » (George W. Bush, 2000 ap. J.-C.).

Le silence des chiens, Jacques Ancet

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 07 Mars 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie, publie.net

Le silence des chiens. Février 2012. 186 p. 2,99 € . Ecrivain(s): Jacques Ancet Edition: publie.net


"Pourquoi rééditer aujourd’hui ce livre vieux de plus de vingt-cinq ans ? Sans doute parce qu’après toutes ces années, sous les horreurs qui le traversent et qui n’ont jamais été d’une actualité aussi brûlante, j’y retrouve toujours la même énergie de vie. Une énergie qui, malgré tant d’obstacles et de raisons de désespérer, ne cesse de s’affirmer contre la mort. C’est là que je verrais le sens de cette activité chaque jour plus invisible qu’on appelle littérature : être une force qui vous saisit, en deçà de toute figuration ou représentation – terrain sur lequel cinéma et nouveaux arts de l’image l’ont depuis longtemps supplantée –, en deçà de tout discours constitué et autres messages à faire passer ; une force qui vous jette dans cette « obscurité sans voix où les mots sont des actions » (Faulkner) où un corps, et toute sa charge biologique, historique, sociale, rencontre un autre corps, le touche dans le présent de son passage dont chaque texte ou chaque livre est la trace recommencée. Autrement dit, et simplement, profondément, être la vie du langage et le langage de la vie. Telle serait, pour moi, la leçon toujours vivante de ces pages de ténèbres et de mort."

Banquises, Valentine Goby

Ecrit par Lionel Bedin , le Lundi, 05 Mars 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Albin Michel

Banquises. Août 2011. 246 p. 18 € . Ecrivain(s): Valentine Goby Edition: Albin Michel


Un point de départ simple et une histoire simple pour Banquises de Valentine Goby : une jeune femme part sur les traces de sa sœur disparue trente ans plus tôt lors d’un voyage au Groenland.

D’abord camper les personnages. C’est ce que fait l’auteure dans le premier chapitre. Le père. La mère. Les deux sœurs, Sarah et Lisa. Sarah, l’ainée, a une passion : la musique, le beau son, les salles de concert, qu’elle visite de par le monde comme d’autres visitent les musées. Une passion envahissante. Du coup tout le monde oublie un peu la petite, Lisa. Et puis le drame : un jour Sarah quitte la France pour le Groenland. Quelques mois plus tard l’avion revient sans elle. La mère s’enfonce dans la dépression. Le père trouve des dérivatifs. Lisa est toujours ignorée, non pas en raison de la trop grande présence de sa sœur, mais cette fois en raison de sa trop grande absence.

Puisque mon coeur est mort, Maïssa Bey

Ecrit par Nadia Agsous , le Vendredi, 02 Mars 2012. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb

Puisque mon coeur est mort, La Tour-d’Aigues, Editions de l’Aube, 2010, 255 p.- 17,80 € 
Editions Barzakh, Alger, avril 2010, pour l’Algérie, 184 p. . Ecrivain(s): Maïssa Bey

Dans la nuit du destin, sur le chemin du retour, un jeune homme est assassiné dans la fleur de l’âge. Il avait à peine vingt ans. Au moment où il s’affale sur le sol, il appelle sa mère : «ya M'ma, ya yemma !» (Ô Mère, ma Mère !).

C’est par cette scène tragique et douloureuse que Maissa, Bey nous introduit dans son dernier roman.

Aïda. Femme. Divorcée. « Sans homme, sans mari ou tuteur légal, ni père ». Enseignant l’Anglais à l’université. Vivant dans un appartement en compagnie de son fils à qui des assassins amnistiés par la loi de la Concorde civile viennent d’ôter la vie.

Douleur. Remords. Culpabilité. Haine. Solitude. Basculement dans la folie. Projet de vengeance. Intention meurtrière…

Mais comment ? Comment ? Comment vivre avec ce vide ? Comment se donner l’illusion de la présence de ce fils unique tant chéri ?

Par l’écriture ! a décidé Aïda. Et chaque jour, la voilà qu'elle « trace sur un cahier d’écolier le chemin – qui  la – mène à l’Absent.