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Evasion du couloir de la mort, Edward Bunker

Ecrit par Yan Lespoux , le Dimanche, 19 Février 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Nouvelles, Rivages/Thriller

Évasion du couloir de la mort (Death Row Breakout and other stories, 2010), trad. de l’anglais (américain) par Freddy Michalski, Février 2012. 235 p., 20€ . Ecrivain(s): Edward Bunker Edition: Rivages/Thriller

 

Après Stark, roman de jeunesse publié il y a quatre ans, Rivages continue l’édition de textes inédits d’Edward Bunker (mort en 2005). En l’occurrence, Évasion du couloir de la mort est un recueil de six nouvelles – dont celle qui donne son titre au livre – auxquelles s’ajoute en introduction une lettre de Bunker à son éditeur à propos de ces textes qui constitue elle aussi, à sa manière, une nouvelle à part entière. À la différence près que celle-ci est clairement autobiographique.

On retrouvera dans ce recueil les thématiques habituellement abordées par Edward Bunker dans ses romans. Ancien détenu (il a passé pas moins de 18 ans en prison après être passé par différents centres de redressement pour mineurs), Bunker a bien entendu des comptes à régler avec la prison qui est le point central de son œuvre, et ce recueil ne fait pas exception à la règle.

Une irrépressible et coupable passion, Ron Hansen

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 19 Février 2012. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Buchet-Chastel

Une irrépressible et coupable passion. Janvier 2012. Trad. anglais (USA) Vincent Hugon. 347 p. 21 € . Ecrivain(s): Ron Hansen Edition: Buchet-Chastel

On nous refait le coup du « Facteur » ? Encore ? Après Cain, Billy Wilder, Tay Garnett, Bob Rafelson, récemment Indridason (Betty) et combien de centaines d’autres ? Eh bien oui. Définitivement, Ron Hansen nous le refait !

On peut légitimement penser à quoi bon, que dire de nouveau, peut-on exploiter encore cette histoire usée jusqu’à la corde ? Si on se pose toutes ces questions avant lecture – et on se les pose – après lecture on ne se demande plus qu’une chose : qui et comment osera recommencer un jour ? Parce que ce livre repose sur un regard radicalement nouveau de l’histoire célébrissime du « Facteur sonne toujours deux fois » et, dans ce « radicalement » entendez bien d’une manière définitive.

Ron Hansen a choisi, pour renouveler l’histoire, de revenir simplement à l’affaire originelle ! En 1927, un couple d’amants, Ruth Snyder et Judd Gray, assassine Albert Snyder, l’époux de Ruth, dans son lit. Immédiatement soupçonnés du meurtre, les deux avouent très vite, sont jugés, condamnés à mort et exécutés en 1928.

La veuve enceinte, les dessous de l'histoire, Martin Amis

Ecrit par Yann Suty , le Dimanche, 19 Février 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Gallimard

La veuve enceinte, Les dessous de l’histoire (The Pregnant Widow), trad. de l’anglais (R.U.) par Bernard Hoepffner, Gallimard, Janvier 2012, 540 p. 27 € . Ecrivain(s): Martin Amis Edition: Gallimard

A réserver aux amateurs. Avec La veuve enceinte, Martin Amis fait du Martin Amis. Il y a là tout ce pour quoi ceux qui l’aiment, l’aiment. Mais aussi tout ce qui peut aussi les exaspérer. Alors, quant aux autres, qui ne connaissent pas l’auteur ou veulent le découvrir… Mais qu’importent les autres !

Martin Amis pousse cependant cette fois-ci le bouchon un (petit) peu trop loin et tombe ainsi (presque) dans une caricature de lui-même. Pour le meilleur, mais pas seulement. La veuve enceinte tire un peu trop à la ligne, frise parfois la complaisance. Les dialogues abondent et auraient gagné à être raccourcis, tout comme le livre, globalement. Mais pour les fans, il y a toujours cette verve satiriste, cet humour dévastateur qui fait mouche. Des situations décalées, des phrases percutantes, et une lucidité superbement cruelle.

Le personnage principal s’appelle Keith Nearing.

Keith… voilà un prénom qui fait jubiler tout admirateur qui se respecte de l’écrivain anglais. Un prénom qui ne peut qu’évoquer cet autre Keith, ce sublime salopard joueur de fléchettes de Keith Talent, le héros de London Fields, l’un des plus grands (si ce n’est le plus grand ?) roman amisien, l’un des monuments de la littérature contemporaine.

Revolver, Marcus Sedgwick

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 18 Février 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Thierry Magnier

Revolver, trad. de l'anglais (R.U.) par Valérie Dayre, janvier 2012, 204 p. 11,20 € . Ecrivain(s): Marcus Sedgwick Edition: Thierry Magnier

Ce court roman nous projette au début du XXème siècle aux confins du cercle arctique. Référence à Jack London assumée : en ces terres reculées, on trime, avec juste ce peu d’espoir dans le cœur nécessaire à la survie et une arme à portée de main, au cas où. Dans une cabane perdue, Sig veille le corps de son père, Einar Andersson, mort de froid aux abords du lac gelé. Il attend de l’aide. Sa sœur et sa jeune belle-mère sont parties pour cela à la ville. Les rudes conditions du voyage n’explique pas le décès aux yeux de Sig : « pourquoi Einar était-il revenu par le chemin le plus court et le plus dangereux », lui qui connaissait le terrain par cœur ?


La question restera en suspens en raison d’un événement inattendu. Un inconnu survient, s’installe, « telle une menace, lourde, sinistre et non identifiable ». Cet homme à l’allure d’ours, réclame l’argent que lui devait le père de Sig. Or, cet argent, Sig n’en jamais entendu parler ni vu la couleur. Sa famille survit dans un dénuement extrême. Mais Gunther Wolff ne veut rien savoir : il prétend qu’Einar lui a dérobé sa légitime part d’un magot, de l’or subtilement dérobé. Car Einar était essayeur en Alaska, chargé de tester l’or amené par les prospecteurs.

Héloïse est chauve, Emilie de Turckheim

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 18 Février 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Héloïse D'Ormesson

Héloïse est chauve, Février 2012, 220 p. 18,50 € . Ecrivain(s): Emilie de Turckheim Edition: Héloïse D'Ormesson

 

Osons la comparaison. Et pourquoi pas, après tout, Emilie de Turckheim ne se refuse rien dans son cinquième roman, alors ne nous refusons rien. Héloïse est chauve a quelque chose du Lolita de Vladimir Nabokov, mais dans une version inversée (et qui troque la subtilité pour la crudité). Ce n’est pas l’homme âgé de quarante ans de plus (ici Lawrence) qui séduit (force ?) la Lolita (ici Héloïse), mais la jeune fille qui met le grappin sur l’homme. D’ailleurs, Lawrence n’a pas spécialement le goût des lolitas, il n’a rien d’un Humbert Humbert, mais il ne parvient pas à résister aux avances de celle qui est amoureuse de lui depuis qu’elle a cinq mois. Oui, elle avait encore une tétine en bouche qu’elle est tombée amoureuse de ce médecin aux origines irlandaises.

« Je suis amoureuse de toi depuis que je suis née ».

Cette Lolita n’a rien d’une allumeuse d’hommes matures, de l’âge d’être son père, voire son grand-père. En plus, Lawrence a un certain passé dans la famille d’Héloïse, pour ne pas dire un passif. Grand séducteur, il a en effet eu des aventures avec sa tante, sa mère ou sa grand-mère…