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Les Livres

De l'érotisme, Robert Desnos

Ecrit par Ivanne Rialland , le Mardi, 16 Avril 2013. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Poésie, Gallimard

De l’érotisme, et Voici l’amour du fin fond des ténèbres, Annie Le Brun, février 2013, 116 p. 6,90 € . Ecrivain(s): Robert Desnos Edition: Gallimard

Gallimard propose sous la couverture de la collection « L’imaginaire » la réunion d’un texte de Desnos paru dans le recueil Nouvelles Hébrides et autres textes (1922-1933) édité chez Gallimard par Marie-Claire Dumas (dont les notes sont reprises ici), et de l’article publié par Annie Le Brun en 2011 dans le n°3 de la revue L’Étoile de mer (nouvelle série), cahiers de l’Association des Amis de Robert Desnos.

Le texte de Desnos, écrit à la demande du mécène Jacques Doucet en 1923, constitue une brève histoire de la littérature érotique de l’Antiquité à Guillaume Apollinaire. Cette histoire est partielle, et forcément partiale, puisque, comme l’explique Desnos dans un chapitre préliminaire, « l’érotique est une science individuelle ». La place laissée à Sade n’est cependant guère contestable, et Desnos bâtit entièrement son texte autour de son œuvre. Elle est en effet à ses yeux un ferment essentiel de l’esprit moderne, et cela bien au-delà du seul érotisme. Desnos distingue ensuite l’œuvre de Sacher-Masoch, le masochisme étant « la seule forme d’amour qui se soit développée depuis Sade ». S’il salue chez Apollinaire « le rôle essentiellement moderne du fouet », le lecteur ne peut s’empêcher d’évoquer la grande scène de flagellation du pensionnat d’Humming-Bird, dans La liberté ou l’amour !qui cristallise soudainement un fantasme érotique que Desnos place au cœur des « mystérieuses arcanes de [s]on érotique imagination » (La liberté ou l’amour, ch. X « Le pensionnat d’Humming-Bird Garden »).

Guérillères ordinaires, poèmes dramatiques

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 16 Avril 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Théâtre, Espaces 34

Guerillères ordinaires, poèmes dramatiques, 2013, 75 pages, 12,80 € . Ecrivain(s): Magali Mougel Edition: Espaces 34

 

Les guérillères ordinaires ou les trois guerrières tragiques


Les éditions espaces 34 ont réuni trois poèmes dramatiques de Magali Mougel : Les guerrillères ordinaires forment une trilogie fondée sur le destin de trois femmes dont nous entendons le monologue. Elles ont face à elles trois figures masculines qui leur font violence, Georg, le mari, Egon Framm le patron et enfin le père chasseur dans le dernier texte. Elles choisissent toutes les trois la violence de la mort pour se libérer. La mère à l’existence rangée dans le quartier français de Séoul ; Lilith est une mère infanticide : ses « deux petits princes » reposent dans des tiroirs du congélateur familial. Son histoire rappelle à grands traits l’affaire Véronique Courjault qui avait bouleversé l’opinion publique en 2009. Sa sœur de souffrance, Léda Burdy, pour garder son emploi d’hôtesse d’accueil, détruit son corps pour porter du 34 répondant aux exigences de son patron, Egon, Zeus ordinaire et implacable. Enfin la jeune lesbienne trahit son amie que les chasseurs tueront comme du gibier. Elles portent la mort, comme des combattantes des guerres dans la folie des jungles.

Western Girl, Anne Percin

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Lundi, 15 Avril 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Le Rouergue

Western Girl, février 2013, 288 p. 15,50 € Edition: Le Rouergue

Western Girl est un joli roman d’Anne Percin qui rend un hommage à la française au mythe américain des cowboys et des cowgirls.

Elise, 16 ans, habite à la campagne près de Rennes : plutôt solitaire, elle est passionnée d’équitation et surtout de tout ce qui a trait à la légende étasunienne de la Conquête de l’Ouest. Elle pratique la line-dance, écoute du Blue Grass et de la Country Music, mange au Buffalo Grill dès que l’occasion s’en présente, porte des chemises à carreaux et tapisse sa chambre de paysages du Colorado.

Voilà pour sa première, et atypique, particularité. La seconde étant qu’elle a l’art et la manière d’attirer les catastrophes en tout genre et les quolibets plus ou moins voilés.

Aussi, le jour où elle découvre l’offre de séjour pour un stage de trois semaines de « Monte Western » dans un ranch du Dakota du Sud, n’a-t-elle de cesse de travailler afin de réunir la somme nécessaire à son inscription. Et le jour J, la voilà à Roissy prête à s’embarquer pour Winner, petite ville proche des Badlands et du Mont Rushmore, avec ses rêves et son journal intime. Hébergés par la famille Cooper, les douze adolescents français découvrent la vie de rancher, ses corvées (pelleter des litres de fumier), ses difficultés (comprendre ce qu’on vous dit avec une chique de tabac en bouche) et ses fous rires (avec ses compagnes de chambrée).

La fête du siècle, Niccolò Ammaniti

Ecrit par Benjamin Cerulli , le Lundi, 15 Avril 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, 10/18, Italie

La fête du siècle, février 2013, 358 pages, 8,40 € . Ecrivain(s): Niccolò Ammaniti Edition: 10/18

 

Quelle est donc cette fête du siècle à laquelle Niccolo Ammaniti veut nous convier ? Mannequins, footballeurs, artistes et peoples en tout genre sont réunis à la villa Ada, pour la grande soirée organisée par le millionnaire mégalomane Sasa Chiatti, qui a tout mis en œuvre pour que cette fête reste dans l’histoire : innombrables buffets, chasses au lion ou au renard, concert privé de la chanteuse pop Larita, le millionnaire a réuni tous les ingrédients pour en mettre plein la vue à ses invités. Mais tout ne se déroule pas comme prévu…

Un récit binaire construit autour de Fabrizio Ciba, l’écrivain trentenaire et débauché, et de Saverio Moneta, alias Mantos, le chef des Enragés d’Abaddon, une secte satanique de second plan. Alors que Ciba recherche l’inspiration pour son prochain roman entre les jambes de la traductrice Alice Tyler, il apprend que son éditeur est sur le point de le lâcher, et se doit d’organiser la riposte. De l’autre côté, Mantos a un plan pour que les Enragés deviennent la première secte d’Italie, devant ces satanés Fils de l’Apocalypse et leur chef charismatique, Kurtz Minetti.

Un poisson en avril, Eric Sanvoisin et Sayaka Abe

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 15 Avril 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Le Buveur d'encre

Un poisson en avril, mars 2013, 30 pages, 12 € . Ecrivain(s): Eric Sanvoisin et Sayaka Abe Edition: Le Buveur d'encre

 

En avril ne te découvre pas d’un fil ; en avril les hirondelles annoncent le printemps mais ne font pas le bonheur ; mais en avril surtout, il y a des poissons. Des poissons qui parent le dos des passants, des poissons qui font pouffer les enfants et sourire d’un air entendu les adultes. Chaque année le rituel est le même : préparation et joie de la conspiration, rires des blagueurs et des « empoissonnés » réunis, passage du poisson de papier vers un autre destinataire. C’est l’un de ces voyages que raconte cet album nostalgique et réjouissant, aux pages sépia un peu passées, au format carré maniable et englobant qui sera saisi à pleines mains par les plus jeunes lecteurs.

Voici donc comment Sam a préparé son poisson. La tête de Sam est « un aquarium plein de poissons » et il en choisit un qu’il dessine puis façonne le mieux possible. Voilà le poisson collé dans le dos de la grande sœur qui s’en débarrasse aussi sec. La mère puis le père jouent le jeu et font à leur tour la blague à un autre… jusqu’à ce que le poisson finisse sur le dos de… Sam !