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Les Livres

Guerre - et si ça nous arrivait ? Janne Teller (illust. J-F. Martin)

Ecrit par Olivier Verdun , le Jeudi, 29 Mars 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays nordiques, Contes, Jeunesse, Les grandes personnes

Guerre, et si ça arrivait ? Trad. danois par Laurence W.O.Larsen. Éditions des Grandes Personnes. Mars 2012. 64 p. 7.90 € . Ecrivain(s): Janne Teller Edition: Les grandes personnes


« C'est ici-bas que les insensés trouvent leur Enfer » (Lucrèce, De la Nature, livre troisième)


Et si ça nous arrivait ? Et si ces histoires de guerre n'arrivaient pas qu'aux autres, qu'à ces hordes barbares venues des confins de l'axe du Mal ? Et si ça lui arrivait ?

Imaginez monsieur Guéant dans la peau d'un réfugié, ayant à ses trousses ses propres sbires, courant après une fantomatique identité nationale. Il a quatorze ans. Les murs de son appartement sont percés de trous. Il pleut à l'intérieur. Seule la cuisine est encore habitable. En Europe, la guerre fait rage. Français, Anglais et Scandinaves se tirent dessus. L'Union européenne s'est effondrée et a laissé la place à des régimes autocratiques. La France vit sous la férule de la Police de Redressement. Non, nous ne sommes pas en 2012. Il s'agit d'une fiction. Partout règne la désolation. La peur au ventre. La faim. La délation. Matin, midi et soir des tirs de roquettes embrasent les ciels fuligineux. Les villes sont en cendres. L'Occident, si imbu de sa supériorité, lorgne désormais vers ce Moyen-Orient qui ne peut pas accueillir toute la misère du monde, fût-il à l'envers.

New York, petit pop-up panoramique (illustrations Sarah McMenemy)

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Jeudi, 29 Mars 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Revues, Casterman

New-York, Petit Pop-up Panoramique, Mars 2012, 6,95 € . Ecrivain(s): Sarah McMenemy Edition: Casterman


Et voilà un cadeau rigolo à glisser au fond de sa poche, dans un coin de son sac ou à poser sur sa table de chevet : un petit coffret cartonné aux couleurs pastel, qui vous propulse directement au cœur de la Grosse Pomme. Sortez le livre de son étui et visitez les douze plus grands sites new-yorkais. En un rien de temps, vous vous dirigerez du Flat Iron Building à la Statue de la Liberté sans vous perdre grâce au petit plan qui semble croqué à la hâte par un voyageur émerveillé. Envie de culture ? Pas de souci, le Musée Guggenheim vous ouvre ses portes. Un peu d’air marin ? Le Brooklyn Bridge et ses haubans vertigineux vous proposent une traversée de l’Hudson. Vous pourrez ensuite faire quelques emplettes chez Macy’s : les images de papier se déploient sous vos yeux grands ouverts.

Casterman, maison phare de l’édition graphique, nous propose ici un produit dépaysant et amusant : deux méthodes de lecture, soit à feuilleter comme un pop-up traditionnel, soit à déplier comme le soufflet d’un accordéon. Le livre se pose et se transforme en véritable décor de théâtre. Les textes informatifs synthétisent remarquablement l’essentiel à savoir sur chacun des monuments présentés.

Seigneur ermite, L'intégrale des haïkus, Bashô

Ecrit par Cathy Garcia , le Jeudi, 29 Mars 2012. , dans Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, Poésie, La Table Ronde, Japon

Seigneur ermite, L’intégrale des haïkus, Edition bilingue par Makoto Kemmoku & Dominique Chipot. mars 2012, 480 p. 25 € . Ecrivain(s): Bashô Edition: La Table Ronde

 

Quel bel objet déjà ! Un écrin à la hauteur du contenu, la couverture est  d’un vert qui fait aussitôt penser au jade, ce même vert se retrouve à l’intérieur pour le texte en version japonaise. Ce livre, dédié aux victimes  et sinistrés du grand tremblement de terre du Tōhoku, région que Bashō a visité lors de ses voyages, s’ouvre sur une note concernant la traduction. Elle commence ainsi, ce qui résume bien le propos : Traduire c’est trahir, et expose les difficultés auxquelles ont été confrontés les traducteurs et donc leurs partis-pris.

Ensuite, une introduction aborde en un tour rapide mais instructif l’histoire de la poésie japonaise, suivie d’une biographie détaillée de Bashō, illustrée par quelques haïkus. Indispensable pour la compréhension de son œuvre. Nous entrons alors dans la chair même de l’ouvrage : l’intégrale des haïkus du maître en la matière, souvent précédés par des avant-propos de Bashō lui-même, classés par ordre chronologique.

Le premier est daté de 1663 :

Baby Leg, Brian Evenson

Ecrit par Yann Suty , le Mercredi, 28 Mars 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Le Cherche-Midi

Baby Leg (Baby Leg), traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Héloïse Esquié, 2012, 100 p.12,80 € . Ecrivain(s): Brian Evenson Edition: Le Cherche-Midi

 

Un mutilé dans un livre de Brian Evenson ? Voilà un programme réjouissant en perspective pour ceux qui ont lu et apprécié l’un des précédents livres de l’auteur, La confrérie des mutilés.

Kraus se réveille dans une cabane, amputé d’une main. Il est amnésique, il n’a aucune idée de comment il s’est retrouvé là. Nuit après nuit, il fait un même rêve, celui d’une femme qui a une jambe normale et une jambe de bébé, et qui se promène avec une hache. Cette femme s’appelle « Baby Leg ».

Kraus a peur de s’éloigner de la cabane car il soupçonne qu’« ils » attendent patiemment qu’il sorte pour mieux lui tomber dessus. Mais il faudra bien qu’il se décide, et rapidement, car ses réserves de nourriture s’amenuisent…

Il arrive dans une ville voisine où il découvre le portrait d’un individu recherché qui lui ressemble plus qu’étrangement, sur la façade d’une épicerie. La vendeuse a un comportement suspect. Une bagarre éclate. Bientôt, Kraus se retrouve poursuivi par des hommes travaillant pour le compte d’un certain docteur Varner…

Un écart de conduite, Michèle Halberstadt

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mardi, 27 Mars 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Albin Michel

Un écart de conduite, avril 2010, 144 p. 12,50 € . Ecrivain(s): Michèle Halberstadt Edition: Albin Michel

Voilà un roman aussi court qu’il est inoubliable. Laure est une jeune fille de bonne famille. Après avoir rompu avec les siens, elle atterrit dans un bar près de l’Atlantique. Elle cumule son emploi de serveuse avec celui de livreuse pour d’étranges colis… Et un jour, à 19 ans, elle se fait piéger. C’est une erreur de jeunesse ; un écart de conduite. Mais cet argument ne vaut rien, d’autant que Laure s’entête, refusant de dénoncer ses commanditaires, et écope d’une peine d’emprisonnement…

Plus tard, pour se reconstruire, pour continuer à exister, Laure devra devenir quelqu’un d’autre. Mais est-ce possible ? Peut-on réellement avancer dans la vie en niant une part complète de soi ? Et peut-on définitivement tirer un trait sur le passé sans que jamais celui-ci ne nous rattrape ?

« Premier étage avec vue sur un fleuriste. Tu as quitté Lille suite à un chagrin d’amour, tu as pensé qu’un peu de soleil te mettrait du baume au cœur. Tu cherches du travail. Tu es bonne couturière. Tu as loué par une agence. Le frigo est plein. Change de tête, fais des photos d’identité, on te fabriquera des papiers. Tu sors, chaque jour, pas trop longtemps, toujours avec un bonnet sur la tête. Dorénavant, tu t’appelles Louise Cheminal. On ne se reverra pas avant des mois, le temps qu’ils nous oublient. Mais tu es libre, donc, interdiction de craquer ou d’avoir le cafard. La vie est belle, tu es priée de te le dire à voix haute et de le croire. Je peux compter sur toi ? » (pages 88-89).