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Les Livres

Un notaire peu ordinaire, Yves Ravey

, le Jeudi, 04 Avril 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Les éditions de Minuit

Un notaire peu ordinaire, 2013, 112 pages, 12 € . Ecrivain(s): Yves Ravey Edition: Les éditions de Minuit

 

S’il y a des quatrièmes de couverture édifiantes, c’est bien celles des éditions de Minuit. « Madame Rebernak ne veut pas revoir son cousin Freddy à sa sortie de prison. Elle craint qu’il ne s’en prenne à sa fille Clémence. C’est pourquoi elle décide d’en parler à maître Montussaint, le notaire qui lui a déjà rendu bien des services ». Ici, inutile de manier les mots mystère, inquiétude, énigme, ce serait aussitôt les saborder.

Comme l’absurde de l’excès s’était insidieusement et progressivement invité dans les pages de Monparnasse reçoit – un précédent livre d’Yves Ravey dont les scènes restent des années en mémoire – c’est le cousin de Madame Rebernak, Freddy, donc, qui s’invite chez cette dernière à sa sortie de prison. Inutile de dire que cette visite ne fait pas plaisir à Madame Rebernak, qui voit en ce cousin plutôt le gros moustique que le sang commun.

Pourtant, Freddy a purgé ses quinze ans de prison pour le viol de la petite Sonia ; pourtant, il suscite la sympathie des gendarmes ; pourtant, il semble passer ses journées à pêcher tranquillement au bord de la rivière. Rien à faire : Madame Rebernak, qui est sa seule famille, refusera de l’héberger. Elle craint, à bon droit, pour sa fille Clémence.

Solitude des seuils, Angèle Paoli

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 04 Avril 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Solitude des seuils, liminaire de Jean-Louis Giovannoni, Colonna Edition, collection Poésie, 2012, 69 pages, 9 € . Ecrivain(s): Angèle Paoli

Lisant Solitude des seuils, l’on est tout de suite happé par une poésie d’une grand beauté.

Écoutons :

 

« Bleu violine la mer

miroir de lumière

ou peut-être de pluie

 

mirage des mots nus

 

– mousses odorantes

émaillées de douceur –

On the brinks, Sam Millar

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 03 Avril 2013. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Seuil

On the Brinks, traduit de l’anglais (Irlande) Patrick Raynal, mars 2013, 360 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Sam Millar Edition: Seuil

 

« On était vendredi soir. J’aurais dû être au Star à boire une bonne pinte au son d’un orchestre épouvantable massacrant d’épouvantables imitations de Fleetwood Mac. Au lieu de ça, j’avais les couilles à l’air, le cul serti de chevrotines de goudron, et les balloches d’une méchante couleur magenta.

Et j’avais même pas encore atteint le Bloc. Putain, ça allait être un très long voyage dans la nuit ».

Récit autobiographique, On the Brinks, tient aussi, par les incroyables rebondissements de la vie de Sam Millar, du roman noir et du roman d’aventures. Membre de l’IRA participant durant ses années de détention à Long Kesh à la Blanket puis à la Dirty Protests, Millar rejoint les États-Unis après sa libération et sera à l’origine de l’un des plus gros braquages de l’histoire du pays : sept millions de dollars dérobés dans un dépôt de la Brinks à Rochester.

Tout cela, Millar le raconte avec détachement, humour et une bonne dose d’autodérision. Passant rapidement sur son enfance à Belfast, il divise son livre en deux grandes parties correspondant aux deux grandes aventures de sa vie.

Lila, Goethe

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 03 Avril 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Théâtre

Lila, La Cause des Livres (2013), Edition bilingue (allemand/français), trad. de l’allemand Annemarie Neffgen, préface Maud Duval, postface Pierre Bourdariat, 123 p. 16 € . Ecrivain(s): Goethe

 

Lila apprend par une lettre anonyme la mort de son mari le baron Sternthal. Elle tombe sans connaissance pour se réveiller folle, état qui empire lorsqu’on lui annonce que la nouvelle était dénuée de vérité et qu’elle voit réapparaître le baron. Elle le prend pour un spectre, assimile tous les membres de sa famille à des fantômes, et fuit dans les bois où elle erre en peine et en rond, épouvantée par toute tentative d’approche de la part de sa parentèle, plongée dans les ténèbres de nulle part (en donnant à son personnage le nom de Lila, Goethe savait probablement que ce mot, en arabe, désigne la nuit).

Pendant dix semaines se succèdent au château des charlatans qui lui appliquent sans succès les traitements courants à la fin du 18ème siècle (saignées, lavements, et autres thérapies bien plus douloureuses).

« Je frémis quand je pense aux cures que l’on a essayées sur elle, et je tremble à la pensée des autres cruautés qu’on voulait lui infliger avec mon accord », se lamente le baron, alors qu’on vient lui présenter un nouveau guérisseur, le médecin Verazio.

L'expérience Oregon, Keith Scribner (2ème recension)

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 03 Avril 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Christian Bourgois

. Ecrivain(s): Keith Scribner Edition: Christian Bourgois

 

 

Une expérience humaine


On ne peut pas réduire ce roman à une simple situation de crise entre Naomi et son mari Scanlon, même si le point de départ de l’intrigue est effectivement une mésentente dans ce couple bancal. En effet, dès les premières pages, le lecteur apprend que Naomi, enceinte, est atteinte d’anosmie. Ancienne créatrice de parfum, elle a perdu son nez et glisse dangereusement vers une dépression profonde. L’intrigue progresse et au fil des mots, on apprend qu’elle traverse la campagne américaine, accompagnée de son mari pour s’installer à contrecœur dans une petite ville de l’Oregon, Douglas. Cependant, les péripéties du couple et les infidélités de Scanlon et de Naomi ne font que mettre en exergue un mal plus profond : l’abandon d’un enfant par Naomi.