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Les Livres

La Nuit Pacifique, Pierre Stasse

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 19 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Flammarion, La rentrée littéraire

La nuit pacifique, janvier 2013, 250 p. 18 € . Ecrivain(s): Pierre Stasse Edition: Flammarion

 

 

De nos jours. Royaume de Thaïlande, sa capitale Bangkok, appelée officiellement Krung Thep, La Cité des Anges. Hadrien Verneuil, la trentaine. Son associé, Vichaï. Leur société, Improved Numeric Life Company (I.N.L.). Son domaine d’expertise : la retouche photographique. Son objectif : (re)donner vie à l’image, modifier les clichés, les retravailler pour des affiches publicitaires, supprimer des éléments, changer les scènes de crimes, les manipuler en effaçant ici des individus, là des sacs de drogue. Ses clients : des particuliers, des entreprises ainsi que le pouvoir politique, la police, l’armée.»

Son départ du Nord de la France, son installation à Bangkok, une nécessité. Son travail, un exutoire. Une façon personnelle de travestir sa propre réalité, de se reconstruire, d’éviter que le passé ne vienne étouffer le présent et d’amoindrir sa douleur. Le drame, son drame, la mort de sa sœur, Cécile, décédée voilà vingt ans, dans un étang. Il avait quatorze ans, elle seize.

Histoire de son serviteur, Edouard Limonov

Ecrit par Patryck Froissart , le Samedi, 19 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Russie, Roman, Flammarion

Histoire de son serviteur, 2012, traduit du russe par Antoine Pingaud, 313 p. 20 € . Ecrivain(s): Edouard Limonov Edition: Flammarion

 

Coucou ! Revoilà Edouard !

Après Le poète russe préfère les grands nègres, dont on trouvera la présentation ici, il faut sans délai lire cette suite biographique du combat que livre Edouard Limonov pour se faire reconnaître comme écrivain.

Dans son premier roman, le poète libertaire russe, après avoir été autorisé à quitter l’Union Soviétique, végète aux Etats-Unis où, miséreux et anonyme, il noie dans la drogue, l’alcool et le sexe son désenchantement face à la réalité du rêve américain.

Ici Limonov, toujours à New York, occupe un emploi stable et respectable : il est majordome dans l’immense villa d’un milliardaire qu’il n’y voit que rarement.

Pour le narrateur, le point de vue est radicalement différent.

Shangrila, Malcolm Knox (2ème recension)

Ecrit par Yann Suty , le Vendredi, 18 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Océanie, Asphalte éditions

Shangrila (The Life), trad. de l’anglais (Australie) Patricia Barbe-Girault, 512 p. 22 € . Ecrivain(s): Malcolm Knox Edition: Asphalte éditions

 

A la fin des années 60, il était le plus grand des surfeurs. Une légende. « Le Grand Homme », le surnommait-on. Dennis Keith alias DK. « Tout a été dit sur lui, le plus grand surfeur sur la planche, le fumeur de joints, l’accro à l’héroïne, le génie complètement allumé, le taré, le schizo, le type qui fait pschitt, le ouais mais c’est ».

« Dans l’eau, j’étais un génie, un pur génie ».

Dans l’eau, DK savait quoi faire. Il regardait les vagues et tout devenait naturel. Les autres surfeurs étaient ébahis par son talent, sa maîtrise, sa capacité à exécuter des figures que personne n’avait jamais vues. Il était un pionnier, un créateur, qui a complètement défini une discipline. Tous les autres se sont mis à le copier.

« Y’avait quelque chose dans l’eau qui m’aplanissait. Sur la terre ferme, j’étais qu’un ado balourd, un poisson sans eau, je suffoquais ».

Il a le profil du mythe. Une vie à 150 à l’heure et une mort jeune.

Les forêts du Maine, Henry David Thoreau

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 17 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Récits, Rivages poche

Les forêts du Maine, Henry David Thoreau. Trad. de l'anglais (USA) et présenté par Thierry Gillyboeuf. septembre 2012. 216 p. 8,65 € . Ecrivain(s): Henry David Thoreau Edition: Rivages poche

 

Si écologistes, panthéistes et autres adorateurs de la nature se réclament depuis toujours de Henry David Thoreau, il en est qui pourraient le faire de toute évidence mais qui n’en ont pas eu l’occasion, ce sont les romantiques européens. Remarquez l’inverse est tout aussi vrai. Thoreau partage assurément des sources d’inspiration littéraire avec le vaste courant romantique, de Rousseau à Goethe, à Hugo – avec un arrêt important du côté de chez Chateaubriand. Des pages entières du Génie du christianisme – toutes celles qui concernent les forêts du Nouveau-Monde – évoquent Thoreau à s’y méprendre. Qu’on en juge :

« La rivière qui coulait à mes pieds, tour à tour se perdait dans les bois, tour à tour reparaissait toute brillante des constellations de la nuit, qu'elle répétait dans son sein. Dans une vaste prairie, de l'autre côté de cette rivière, la clarté de la lune dormait sans mouvement, sur les gazons. Des bouleaux agités par les brises, et dispersés çà et là dans la savane, formaient des îles d'ombres flottantes, sur une mer immobile de lumière. Auprès, tout était silence et repos, hors la chute de quelques feuilles, le passage brusque d'un vent subit, les gémissements rares et interrompus de la hulotte ; »

Recommencer ailleurs, Sophie Stern

Ecrit par Anne Morin , le Jeudi, 17 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Moyen Orient

Recommencer ailleurs, Editions Avant-Propos, Collection Matanel, 206 p. 17,95 € . Ecrivain(s): Sophie Stern

 

« Aliya, monter », ou « s’élever par l’esprit »… La narratrice de ce livre installée en France, retourne à son pays d’attache : Israël. Ce récit sonne à la fois comme une explication – et d’abord à soi-même – des raisons qui peuvent pousser des Juifs – en l’occurrence français – à « recommencer ailleurs ».

« Quand on change de lieu, on change de chance » (p.69), cette phrase, extraite de la Michna est peut-être le fil conducteur, le fil d’Ariane, qui guide, ou dont cherchent à retrouver l’origine, ceux qui viennent s’installer en Israël, habiter Israël…

L’Aliya, dans le cas de la narratrice, se présente à elle un peu comme un jeu de piste. Ce n’est pas la décision mûrie, ni l’arrachement brutal, ni même un concours de circonstances : elle a passé, adolescente et jeune femme, ses vacances chez sa grand-mère à Tel Aviv, et chez une de ses tantes. Elle découvre, dans les bagages de son mari quand il revient de Londres où il travaille, passer ses week-ends à Paris avec femme et plus tard enfants, des brochures sur le Neguev, et aussi qu’il apprend l’hébreu à temps perdu.