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Les Livres

Trop loin la mer, Frédérique Niobey

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Vendredi, 06 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Le Rouergue

Trop loin la mer, 2011, 137 p. 10 € . Ecrivain(s): Frédérique Niobey Edition: Le Rouergue

 

Rosa est dure, Rosa fume le regard fixé dans le vague, Rosa ne parle guère ou si peu, Rosa fugue. Sans cesse. Rosa cherche, mais quoi ? De Rosa, on ne sait pas grand-chose, ou alors des choses qui ne devraient pas être : un père parti aimer ailleurs une autre femme, une autre fille, plus blondes, plus belles, loin. Une mère qui « n’a jamais fait autre chose le dimanche que fumer et mater des films, affalée dans le canapé avec ses vieux joggings, aussi informes que la journée ». Le temps qui s’écoule, lentement entre le vide et le parking où se réunissent d’autres jeunes, au rythme des mots que Frédérique Niobey égraine comme l’on sème : lentement et attentivement.

Alors, au bout du bout, les services sociaux envoient Rosa dans le Périgord au Lieu de Vie, un foyer d’accueil minuscule peuplé de personnages aussi schématiques que symboliques : Sister, la petite fille timide et traumatisée par on ne sait quoi ; Toni, Rino et Nordi, le Trio, trois garçons identiques, un peu bêtes, un peu revêches, figés dans leur rôle de « mecs des cités », et les éducateurs, Sid et Mame, si gentils, si compréhensifs, si… famille. Mais Rosa n’est pas dupe de ce décor, de ces gens en carton-pâte qui posent pour la première page, « celle qui est censée s’imprimer dans sa tête ».

Gothic, Les amants de Mory, Laure Fardoulis

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 05 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Contes

Gothic, Les Amants de Mory, Editions EST Samuel Tastet, Octobre 2011, 12 € . Ecrivain(s): Laure Fardoulis

Voilà bien un curieux objet que ce mini livre : blanc de la couverture, noir des écritures soignées, avec une belle recherche esthétique, quelques caractères gothiques dessinés, ça et là. Gothic, un titre sonnant comme le  rock qui déménage ? qui fleure les idées de mystère émaillées de peur d’un château de Dracula, quelque part ? Que nenni, comme on disait au Moyen-Age des cathédrales ; on est bien dans de l’ogive moussue, perdue au fin fond d’un village, inconnu de tout un chacun.

Curieux aussi, le registre du livre : conte ? Pour enfants, pas exactement ; philosophique ? Peut-être. Prose poétique, théâtre ? Ça, oui, puisque le grand Shakespeare en personne signe ce livre aux côtés de l’auteur, dont on devine la voix de conteuse enchanteresse, façon Karen Blixen, et la personnalité, un rien espiègle.

On peut – avantage de ce genre de livre mouvant – « ouvrir » l’œuvre, comme on visite les poupées gigognes russes (ces petites babouchka, naïves à souhait). On peut, de ce fait, lire le livre plusieurs fois, toutes différentes ; c’est là, quelque chose qui ne nous est pas donné souvent. Profitons-en !

Il y a d’abord l’histoire – genre, racontée aux enfants le soir à la chaumine. Un conseil, toutefois : « certaines scènes peuvent choquer les âmes sensibles »… attendez-vous à du : « qu’est-ce que ? » et du « et, pourquoi ? ».

God's Pocket, Pete Dexter

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 03 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Points

God’s Pocket (A Nover), Points Roman Noir, traduit de l’anglais (USA) par Olivier Deparis, 384 p. 7,50 € (1983) . Ecrivain(s): Pete Dexter Edition: Points

 

God’s Pocket. Un titre mystique pour un livre qui ne l’est pas… tout à fait. Car il ne s’agit pas de « la poche de Dieu » ou d’une métaphore quelconque, mais simplement du quartier ouvrier de Philadelphie où se déroule le roman.

L’un des personnages, le journaliste du Daily News Richard Shellborn le décrit ainsi :


« Les ouvriers de God’s Pocket sont des gens simples. Ils travaillent, suivent les matchs des Phillies et des Eagles, se marient et ont des enfants qui à leur tour habitent le Pocket, souvent dans les maisons même où ils ont grandi. Ils boivent au Hollywood ou à l’Uptown, de petits bistrots d’aspect crasseux perdus dans la ville, et ils s’y débattent avec la passion des choses qu’ils ne comprennent pas. Politique, race, religion ».

Fureur, Chochana Boukhobza

Ecrit par Alexandre Muller , le Lundi, 02 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman, Denoël

Fureur, 5 janvier 2002, 407 p. 20 € . Ecrivain(s): Chochana Boukhobza Edition: Denoël


Il y a une bande de vieux amis qui se réunissent au café. Un café qui a connu ses beaux jours après la guerre, aujourd'hui un peu usé et vidé. Alexis, Francis, Piat, Jacques, Fanny et Saintonges (un ami ?) eux y gardent leurs habitudes hebdomadaires. Se sont des anciens résistants réunis par le hasard de la guerre. Cinq destins façonnés par des causes d'engagements diverses et des batailles menées différentes. Aujourd'hui, ils entretiennent des souvenirs d'anciens combattants mais ils rient boivent dansent et continuent de croire à leurs manières.

Il y a la question du nucléaire qui depuis la fin de la deuxième guerre a pris une place de premier niveau dans les questions énergétiques modernes. Dont la puissance a bouleversé les rapports diplomatiques mondiaux. Luttes d'influences, enjeux économiques, visées civile ou militaire, Brennilis/Finistère/Bretagne, trafics internationaux de déchets...

Il y a Jo, qui cinq mois en arrière avait un revolver, un salaire intéressant dans une boîte qui n'apparaissait dans aucun annuaire, en offrant comme service de protéger les chefs d'États, les financiers, les diamantaires.

L'écrivain de la famille, Grégoire Delacourt

Ecrit par Sophie Adriansen , le Lundi, 02 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jean-Claude Lattès

L’écrivain de la famille, janvier 2011, 250 p. 17 € . Ecrivain(s): Grégoire Delacourt Edition: Jean-Claude Lattès

Le jeune Edouard, produit, du haut de ses sept ans, un petit poème. Aussitôt, le public familial l’acclame. Le génie n’attend pas le nombre des années, Edouard sera l’écrivain de la famille.

Les fameuses rimes, les voici :

Maman

T’es pas du Zan.

Papa

Tu fais des grands pas.

Mamie

T’es douce comme de la mie.

Papy

Tout le monde fait pipi.