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Les Livres

Que font les pirates quand ils ne pillent pas de trésor, Céline Lamour-Crochet et Olivier Daumas

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 06 Mars 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

Que font les pirates quand ils ne pillent pas de trésor, éditions Bilboquet, octobre 2012, 32 p. 12,50 € . Ecrivain(s): Céline Lamour-Crochet et Olivier Daumas

 

 

La piraterie forme un trésor inépuisable de personnages hauts en couleurs, d’histoires fameuses, d’ambiances exotiques et de sensations fortes. Après la joyeuse bande de pirates bras cassés mise en scène par Gideon Defoe, mettons à l’honneur un album des éditions Bilboquet dans la collection « Les Cracontes », qui ravira les amateurs du genre, tous âges confondus.

Nous voici conviés à arpenter les sept mers, enfin plutôt les onze mers comme l’indique le plan à l’ouverture du livre, et à découvrir ce qui se passe dans les coulisses de la vie de pirate.

« Quand ils ne pillent pas des trésors, les pirates ne restent pas tranquillement à parfaire leur bronzage ou à parler de leurs voyages. Diantre non ! Tout d’abord, ils apprennent à reconnaître les vrais trésors car tout ce qui brille n’est pas or… ».

Sept méandres pour une île, Yi In-Seong

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 05 Mars 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Asie, Roman

Sept méandres pour une île, traduit du coréen par Choe Ae-young et Jean Bellemin-Noël, Decrescenzo éditeurs, février 2013, 315 p., 21,50 € . Ecrivain(s): Yi In-Seong

 

Dynamique maison récemment apparue dans le paysage éditorial, Decrescenzo éditeurs avait attiré l'attention sur la qualité de la littérature contemporaine coréenne en commençant par publier les recueils de micro-fictions de deux jeunes écrivains au talent original. Elle nous propose maintenant la traduction d'un livre capital de Yi In-séong, le chef de file des "nouvelles écritures" en son pays, déjà connu en France pour ses deux précédents romans, Saisons d'exil et Interdit de folie. Sept méandres pour une île bouleverse en effet la forme romanesque de manière fascinante, l'écrivain coréen y faisant exploser la structure narrative dans une écriture hallucinée. Une riche expérience de lecture, à condition d'accepter de plonger dans l'incertain et de s'abandonner à ce tourbillon vertigineux.

Ce roman protéiforme éclaté en sept récits dotés de leur propre climat, et dans lesquels l'auteur renouvelle à chaque fois son écriture, ne raconte pas véritablement une histoire même si on y discerne des étapes de la vie d'un écrivain.

Memento du franc-maçon, Guy Chassagnard

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 05 Mars 2013. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Pascal Galodé éditeurs

Memento du Franc-Maçon, 2012, 590 p. 25 € . Ecrivain(s): Guy Chassagnard Edition: Pascal Galodé éditeurs

 

Le titre de cet imposant ouvrage de 590 pages pourrait donner à penser qu’il s’agit d’un livre destiné aux seuls initiés, d’une sorte de catéchisme maçonnique qui ne serait pour les profanes qu’un texte occulte de plus sur les prétendus « mystères » de la franc-maçonnerie.

Il n’en est rien.

Le tour de force de Guy Chassagnard est d’avoir élaboré un document « tout public » sans tomber dans la vulgarisation sensationnelle de textes d’auteurs se vantant d’informer le lecteur, qu’ils présupposent naïf, sur la franc-maçonnerie tout en feignant d’en savoir beaucoup plus que ce qu’ils veulent ou peuvent en dire, et s’acharnant à envelopper d’une atmosphère d’occultisme des éléments qui ne sont secrets que de polichinelle.

La lecture de ce mémento sera sans aucun doute utile aux profanes qui ont la saine curiosité de s’informer sur les objectifs de la franc-maçonnerie, qui ont l’envie sans a priori de mieux connaître cette association d’hommes de bonnes mœurs, et qui souhaitent se défaire des préjugés, des clichés, de l’image volontairement fausse qu’en donnent régulièrement les médias.

La société du hold-up (le nouveau récit du capitalisme), Paul Vacca

Ecrit par Olivier Bleuez , le Lundi, 04 Mars 2013. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Mille et une nuits

La société du hold-up (sous-titré le nouveau récit du capitalisme), novembre 2012. 160 p. 13 € . Ecrivain(s): Paul Vacca Edition: Mille et une nuits

 

 

Qu’est-ce qu’un hold-up et quelles sont les conditions qui ont permis l’apparition de ce genre de crime ? Voici comment débute cet essai sur ce que l’auteur va cerner au fur et à mesure du livre : la société du hold-up. Il a fallu la conjonction de deux choses pour l’apparition du hold-up : l’accumulation de richesses et la liberté individuelle. L’auteur, en passant par la description des grands casses et de l’influence réciproque entre cinéma et hold-up, arrive à notre époque et en conclut que « le braquage n’est plus ce qu’il était. »

Là se trouve le nœud du livre : certes le braquage n’est plus ce qu’il était mais il n’est plus là où on l’attend. Il se situe au niveau des puissances financières, des nouvelles techniques numériques, des lancements d’objets culturels : son mécanisme s’est généralisé au point d’infuser toute la société.

Le bruit de nos pas, Ronit Matalon

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 04 Mars 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Stock, Israël

Le bruit de nos pas, traduit de l’hébreu (Israël) par Rosie Pinhas-Delpuech, août 2012, 466 p. 22,90 € . Ecrivain(s): Ronit Matalon Edition: Stock

 

« Le bruit de ses pas : ni un cliquetis de talons, ou un raclement de sabots, ni un frottement de semelles ou de pieds qui traînent sur les pierres du trottoir conduisant à la maison, non. L’absence de bruit de ses pas, l’angoisse qui se répand à l’approche de sa venue, son entrée, le silence absolu, plein, mesuré à l’unité temporelle de douze minutes et qu’annonçait l’arrivée de l’avant-dernier autobus, celui de onze heures, dont elle descendait… ». Tout, presque tout, du livre, dès les premières lignes : longues phrases précises et meublées ; rythme travaillé, lourd et traînant comme le climat de là-bas ; on pourrait dire, une musique – du Slam, par exemple. Densité de tous les micro-faits – arrière-boutique d’un accessoiriste de cinéma, où l’on trouve exactement tout ; bouts de vêtements, couleurs, odeurs. Peu de personnages ; on le sent d’entrée, mais pesant, lourds comme l’or, sur un décor minimaliste, dessiné à la perfection. Langue hébraïque zébrant le récit, dont on garde l’accent, chantant et rauque à la fois, au creux de l’oreille : – ya tawli, ya rouh ! Que tu vives longtemps, mon cœur !