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Les Livres

Scènes de vie villageoise, Amos Oz

Ecrit par Anne Morin , le Jeudi, 17 Novembre 2011. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Récits, Folio (Gallimard), Israël

Scènes de vie villageoise, 6,20€. . Ecrivain(s): Amos Oz Edition: Folio (Gallimard)

Pardon à ? - pour ? - ceux qui voient ces Scènes de vie villageoise comme une comédie humaine, au prétexte aussi que les personnages resurgissent d'une histoire à l'autre. Peut-être n'ont-ils pas effleuré le sommaire :


Les héritiers

Les proches

Creuser
Perdre
Attendre
Les étrangers

...Chanter
Ailleurs, dans un autre temps.

Eureka Street, Robert McLiam Wilson

Ecrit par Alexandre Muller , le Mercredi, 16 Novembre 2011. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, 10/18

Eureka Street (1999), 545 p., 8,60 € . Ecrivain(s): Robert McLiam Wilson Edition: 10/18


Entre les immeubles de briques tagués de sigles politiques*, se profilent les collines cinglant la ville. Belfast, Irlande du Nord. Les « Troubles » clouent toujours l’actualité de pointes meurtrières tirées par les luttes intestines opposant unionistes et républicains. Ici ou là, les bombes explosent. Les informations se font les échos de ce quotidien de violences que les habitants tentent d’occulter pour vivre le leur. Ici ou là, McLiam Wilson projette les mots comme les lambeaux de chaires et de tripes dans une explosion.

Au cœur de cette guerre fratricide, rendue avec réalisme et dégoût, une bande de potes écume les bars en matant les filles. Intérêt porté particulièrement sur Chuckie et Jack dont les aventures, tour à tour, orientent le récit.

Jack (catholique, doué pour la bagarre, apolitique) encaisse, comme autant d’uppercuts, déconvenue amoureuse sur déconvenue. Peu doué dans le jeu de la séduction, il zone à la recherche de l’âme sœur dans les rues de Belfast (inondées de trublions ivres, vidées par la peur ou agitées d’émeutes). Dans son rôle de narrateur, Jack offre les paragraphes les plus poétiques de ce roman. Soulignons poétique.

Autoportrait du professeur en territoire difficile, Aymeric Patricot

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mardi, 15 Novembre 2011. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, Gallimard

Autoportrait du professeur en territoire difficile, avril 2011, 120 p. 9,50 € . Ecrivain(s): Aymeric Patricot Edition: Gallimard

Aymeric Patricot enseigne la littérature dans des établissements situés dans ce que l’on nomme des quartiers sensibles – des Zones d’Education Prioritaires, selon l’appellation officielle. Il y découvre un monde à mille lieux de tout ce qu’il a connu lui-même en tant qu’élève, un monde, surtout, auquel rien ne l’avait préparé.

« Je crois pouvoir affirmer qu’il existe ainsi deux métiers : dans les collèges favorisés, le professeur transmet des connaissances, identifie les progrès à faire, exerce les élèves ; dans les défavorisés, le professeur contient la violence, lutte contre le bavardage, œuvre pour ce qu’on appelle la vie de classe, égrène les principes du « vivre ensemble » et s’estime heureux lorsqu’il fait apprendre, pendant l’année scolaire, quelques maigres notions comme le présent de l’indicatif ou les grandes lignes de l’Odyssée. Certains redoutent l’avènement d’un système à deux vitesses. Il me parait évident qu’il existe déjà » (page 28).

Après quelques années d’expérience, il tente un premier bilan, mettant en regard ses désillusions et les promesses qui ont jalonné sa formation, pointant aussi les inepties du système et la double peine dont sont victimes les enseignants malmenés par les élèves, et qui ne trouvent aucun soutien de la part des directeurs d’établissement.

Cyanure, Camilla Läckberg

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Dimanche, 13 Novembre 2011. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Pays nordiques, Actes Sud

Cyanure. Actes Sud « Actes noirs ». Novembre 2011. 157 P. 16,80 € . Ecrivain(s): Camilla Läckberg Edition: Actes Sud


Inhabituelle et plaisante cette petite collection « Actes noirs » d’ « Actes sud ». Livre de tout petit format, cartonné en dur. Le plaisir commence dans le toucher : c’est un vrai bonheur d’avoir cette texture étroite et douce dans les mains ! C’est un plaisir de lecture dont on ne parle pas si souvent …

Quant au livre, il se laisse lire. Ce qui n’est pas si mal, s’agissant de la énième version du meurtre en vase clos, dans une demeure suédoise où une famille est réunie par l’ancêtre milliardaire. Et sur une île évidemment battue par une formidable tempête de neige ! Bien sûr le modèle est Agatha Christie, mais il y en a eu tellement d’autres ! Le tour de force de Camilla Läckberg c’est … de ne pas être originale du tout ! De ne pas même chercher à l’être. Le grand classique « who dunnit », avec un policier débutant et maladroit, les interrogatoires à répétition, la grande maison isolée par une tempête de neige pendant plusieurs jours et, toujours jubilatoire, la grande lessive en famille, la haine absolue en lieu de ciment tribal !

Camilla Läckberg écrit droit, en tout classicisme du genre, avec, en bémol, une tendance parfois fâcheuse à confondre langage vert et vulgarité agaçante.

Le ParK, Bruce Bégout

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 12 Novembre 2011. , dans Les Livres, Recensions, Science-fiction, La Une Livres, Roman, Editions Allia

Le ParK, Editions Allia Avril 2010 – 152 pages, 6,10 € . Ecrivain(s): Bruce Bégout Edition: Editions Allia

Sur une île privée au large de Bornéo, un milliardaire a créé le ParK. Comme son nom l’indique, c’est un parc, mais pas comme les autres. Il rassemble en effet tous les types de parcs en un seul, il est le parc de tous les parcs, la synthèse ultime qui rend tous les autres obsolètes.

Avec lui s’ouvre « une nouvelle phase dans l’ère du divertissement de masse », mais qui dépasse les notions mêmes de divertissement et de loisir.

Le ParK est immense. Sa surface est comparable à celle de la ville de Djarkata. Une année ne suffit pas pour en faire le tour et en découvrir toutes ses attractions. Des « attractions » ? Oui, mais ... pas tout à fait. Elles sont si délirantes et violentes qu’elles provoquent l’ahurissement et le malaise. Le qualificatif de « répulsions » leur sied mieux.

Le ParK tient tout autant de Disneyland que de Treblinka.

Il met en scène l’idée de parcage et rassemble en un seul lieu toutes les formes d’enclavement humain pour protéger, isoler, enfermer, domestique, classer, regrouper, exterminer. S’y côtoient une réserve animale, un parc d’attractions, un camp de concentration, une technopole, une foire aux plaisirs, des cantonnements de réfugiés, un cimetière, une kindergarten, des jardins zoologiques, une maison de retraite ou encore une prison.