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Les Livres

Bérénice 34-44, Isabelle Stibbe

Ecrit par Stéphane Bret , le Mardi, 22 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Serge Safran éditeur

Bérénice 34-44, 316 p., 18 € . Ecrivain(s): Isabelle Stibbe Edition: Serge Safran éditeur


La force d’une vocation artistique peut-elle tout occulter ? Peut-elle faire oublier le monde extérieur, surtout lorsque ce monde s’assombrit dangereusement ? C’est la question qu’aborde Isabelle Stibbe dans son premier roman, Bérénice 33-44.

C’est le récit d’une jeune fille, adolescente dans le Paris des années de l’entre-deux guerres, qui étouffe un peu dans sa famille, d’origine juive russe par son père, Maurice Capel né Moïshé Kapelouchnik, et par sa mère, née Valabrègue, appartenant à une vieille famille juive du Comtat Venaissin. Prénommée Bérénice en raison de la fréquentation par son père, au cours de la première guerre mondiale, d’un instituteur, Louis, très Troisième république, amoureux du théâtre classique et de Racine. Bérénice pressent, très tôt, que son existence va être remplie d’ennuis, de renoncements, si elle ne se consacre pas de toutes ses forces à la réalisation d’un rêve qui revêt les caractères d’un impératif pour elle : monter sur les planches. Elle s’en aperçoit en assistant à une représentation de la Comédie-Française, Lorenzaccio. Elle y éprouve l’appel de la vocation, la sensation du sacré dans le statut de comédien :

Angle mort, Ingrid Astier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 21 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman, Série Noire (Gallimard)

Angle mort, Ingrid Astier, janvier 2013, 510 pages . Ecrivain(s): Ingrid Astier Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Un « policier » ? Encore un ? enquête, sang, cris, sandwichs et interrogatoires… bagnoles qui démarrent au feu rouge, dans un boucan d’enfer, à coups de gyrophares, bleu, bien sûr… un « série noire », de plus, qu’on va lire, tranquille, en terrain balisé, au coin d’une cheminée, comme le veut la saison.

Oui, si l’on veut.

Sauf, que là, on est vraiment dans autre chose.

Dès la première page – pas forcément fréquent – le ton, l’ambiance, quelque chose à la fois de lapidaire et de dense ; tout pour nous embarquer. J’oubliais aussi l’écriture, là, déjà ! « je viens de Barcelone et j’ai déménagé autant de fois que le nombre de coups dans le chargeur d’un Beretta 92 ; quinze ».

Une folle en liberté, Beate Grimsrud

Ecrit par Christian Massé , le Lundi, 21 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, Actes Sud

Une folle en liberté, traduit du norvégien par Alex Fouillet, 2012, 445 p. 24 € . Ecrivain(s): Beate Grimsrud Edition: Actes Sud

 

Tu sais, quand je me suis réveillée vers trois heures du matin, j’ai regardé ma main droite et j’ai senti très nettement que mes cinq doigts, c’est moi. Espen, Emil, Erik, le prince Eugen et Eli. Espen, c’est le petit doigt, mais je ne sais pas si c’est Erik ou Eli dans l’index. Ça me rend furieuse…

Espen est le personnage populaire que personne ne veut jouer au théâtre dans une pièce où son rôle serait le principal. C’est lui qui décide de tout et qui vient dans les larmes des autres. Espen pleure souvent dans les yeux de la narratrice. Surtout quand elle est en détention préventive. Emil est celui qui pense que tant qu’on peut jouer au football, rien de grave ne peut arriver. La narratrice écrit souvent son nom en grosses lettres enfantines sur son cahier. Erik est celui qui est là où le monde n’est pas. Exclu de lui-même, il donne des coups de pied et boxe dans le vide. Il a seize ans, comme la narratrice. C’est un rebelle qui lui ordonne parfois de casser des bouteilles. Retenu en détention avec elle, il est obsédé par l’idée d’aller chercher le nouveau costume d’Eugen. Le prince Eugen veut à tout prix que la narratrice doit montrer qui elle est vraiment. Il ne cesse de le lui répéter. Enfin, Eli : Eli en hébreu veut dire « mon Dieu ». C’est à la fois un nom de fille et un nom de garçon. Elle est venue en Suède pour aller dans une université populaire.

L'échappée, Jim Thompson

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 19 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/noir

L’échappée (The Getaway, 1958), trad. de l’anglais (USA) par Pierre Bondil, octobre 2012, 240 p. 8,65 € . Ecrivain(s): Jim Thompson Edition: Rivages/noir

 

Tout juste sorti de prison, Doc McCoy, braqueur alliant intelligence, bagout et une singulière absence de pitié à l’égard de quiconque se mettrait en travers de son chemin, organise avec sa femme, Carol, le hold-up d’une banque dans une petite ville du sud des États-Unis. Rudy, le complice qu’ils se sont adjoint n’entend pas partager le magot. Doc et Carol non plus. Et, de fait, Rudy va devoir rester sur le carreau et Doc et Carol se lancer dans une folle échappée qui va distendre les liens entre eux et créer un profond climat de suspicion et de paranoïa au sein du couple.

Avec cette seconde – après L’assassin qui est en moi – nouvelle traduction intégrale d’un livre de Jim Thompson, les éditions Rivages ont choisi de s’attaquer à un roman sans doute moins connu de l’auteur malgré ses adaptations au cinéma (Guet-Apens, de Sam Peckinpah, avec Steve McQueen et Ali MacGraw, et son remake des années 1990 avec Alec Baldwin et Kim Basinger). Mais nul doute que cette Échappée, pour méconnue qu’elle soit, méritait amplement cette nouvelle édition.

La Nuit Pacifique, Pierre Stasse

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 19 Janvier 2013. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Flammarion, La rentrée littéraire

La nuit pacifique, janvier 2013, 250 p. 18 € . Ecrivain(s): Pierre Stasse Edition: Flammarion

 

 

De nos jours. Royaume de Thaïlande, sa capitale Bangkok, appelée officiellement Krung Thep, La Cité des Anges. Hadrien Verneuil, la trentaine. Son associé, Vichaï. Leur société, Improved Numeric Life Company (I.N.L.). Son domaine d’expertise : la retouche photographique. Son objectif : (re)donner vie à l’image, modifier les clichés, les retravailler pour des affiches publicitaires, supprimer des éléments, changer les scènes de crimes, les manipuler en effaçant ici des individus, là des sacs de drogue. Ses clients : des particuliers, des entreprises ainsi que le pouvoir politique, la police, l’armée.»

Son départ du Nord de la France, son installation à Bangkok, une nécessité. Son travail, un exutoire. Une façon personnelle de travestir sa propre réalité, de se reconstruire, d’éviter que le passé ne vienne étouffer le présent et d’amoindrir sa douleur. Le drame, son drame, la mort de sa sœur, Cécile, décédée voilà vingt ans, dans un étang. Il avait quatorze ans, elle seize.