Identification

Les Livres

Le Hobbit, J. R. R. Tolkien

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 07 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, Science-fiction, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Christian Bourgois

Le Hobbit, illustrations d’Alan Lee, trad. de l’anglais par Daniel Lauzon, octobre 2012, 303 p. 35 € . Ecrivain(s): J. R. R. Tolkien Edition: Christian Bourgois

Difficile de présenter l’œuvre d’un auteur aussi célèbre et célébré que le sieur Tolkien après la déferlante cinématographique qui a donné corps et vie aux protagonistes de la geste du Seigneur des Anneaux dans l’adaptation de Peter Jackson. Moins connu et moins lu, le récit des aventures de Bilbo mérite cependant toute notre attention. Parce qu’il faut l’avoir lu, avant d’en voir la version filmée cet hiver, certes ; mais surtout parce que cet ouvrage recèle en germes prometteurs tout l’univers du chef d’œuvre de l’auteur, les amorces de sa future intrigue et une première étape de son travail d’écrivain, marqué par des formules, des images récurrentes, un humour singulier et une véritable poésie.

Destiné à l’origine aux enfants de l’auteur, Le Hobbit se distingue des œuvres suivantes par son style plus accessible, ses mélanges de registres, ses rebondissements. Mais on trouve déjà un récit linéaire consacré à un groupe de héros menant une quête périlleuse, des phénomènes et des êtres féériques ou monstrueux, et surtout la révélation des talents du personnage le plus anodin, véritable héros en devenir. Nous voici dans un conte où l’on chante, où l’on rit et où l’on frémit tour à tour avec enchantement.

L'un vers l'autre, en voyage avec Victor Segalen, François Cheng

Ecrit par Christian Massé , le Mercredi, 07 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, Albin Michel

L’un vers l’autre, En voyage avec Victor Segalen, 180 pages . Ecrivain(s): François Cheng Edition: Albin Michel

C’est un automatisme, de prolonger un mot par isme : capital par capitalisme, social par socialisme, charlatan par charlatanisme. L’inverse est rarissime. Un exemple : exotisme. Il fallait un esprit iconoclaste pour inventer le mot… exote : Victor Segalen, qui a toujours refusé son passé immédiat et a senti très tôt en lui quelqu’un de différent. Souffrant, dans la décennie 60, de la fermeture au monde de la Chine, l’académicien de France, François Cheng, découvrit les Lettres de Chine que Victor Segalen écrivait à sa femme, restée dans le Finistère, un finistère de l’Occident extrême. Segalen s’était insurgé très tôt contre le genre exotique de Pierre Loti ou de Claude Farrère, tous deux officiers de marine, qu’il convient de qualifier de genre colonialiste. Victor Segalen, médecin de cette même marine, définit l’exote : L’exote n’a que faire du tourisme culturel… il est allé voir ailleurs pour mieux voir au-dedans. Il sait que la rencontre avec l’Autre n’est réelle, et donc féconde, qu’à condition de s’y impliquer corps et âme, dans un décentrement vertigineux… L’exote ne voyage pas pour se fuir mais pour se chercher. Un besoin charnel d’affronter le réel. L’exotisme est tout ce qui est Autre.

Avant d’aller en Chine, Segalen rêve la Chine – la Chine antique –, non par une imagination artificielle, mais par une connaissance livresque approfondie. A cette époque, tout lettré digne de ce nom se doit de visiter la Chine, où cohabitent taoïsme, confucianisme et bouddhisme.

Certaines n'avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka (2ème recension)

Ecrit par Stéphane Bret , le Mardi, 06 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Phébus

Certaines n’avaient jamais vu la mer, trad. USA par Carine Chichereau, 142 pages, 15 € . Ecrivain(s): Julie Otsuka Edition: Phébus

La lecture de certains romans s’apparente, parfois, à une révélation douloureuse, une évocation puissante, grave. Celui de Julie Otsuka Certaines n’avaient jamais vu la mer est de ceux-là : c’est l’odyssée de jeunes japonaises, à qui on a promis de se marier en émigrant aux Etats-Unis pour rejoindre leurs compatriotes déjà établis en Amérique, et censés leur apporter le bonheur conjugal, l’accès à l’aisance matérielle. Hélas, ces candidates naïves sont cruellement déçues. Elles le sont dès leur traversée en bateau, accomplie dans les pires conditions, plus proche des transports d’esclaves que d’un voyage ordinaire. A leur arrivée, elles endurent des conditions de travail atroces, sont violées par leurs maris, êtres frustes, rustres, dont les métiers réels sont bien moins prestigieux qu’annoncés à leur départ du Japon.

Ce récit, c’est toute une chronique de la vie de ces immigrants japonais des années trente aux Etats-Unis, dont la cohabitation avec les Américains est difficile, parsemée d’embûches, dont l’éloignement culturel des deux civilisations n’est pas la moindre. La maîtrise de la langue anglaise par ces femmes est laborieuse, elles ne parviennent à apprendre que quelques mots durant leur séjour.

Demain, demain, Laurent Maffre

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mardi, 06 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Actes Sud

Demain, Demain, Laurent Maffre, Actes Sud BD/ Arte Editions, avril 2012, 140 pages, 23 € . Ecrivain(s): Laurent Maffre Edition: Actes Sud

 

1962, la guerre d’Algérie touche lentement à sa fin. Comme beaucoup de femmes, Soraya et ses deux enfants débarquent à Orly pour retrouver Kader Safiri, le chef de famille, venu rejoindre la métropole afin de contribuer par son travail au redressement de la France et au miracle des Trente Glorieuses. Happé par le miroir aux alouettes d’une vie meilleure, Kader, à l’instar de milliers d’autres immigrés maghrébins, espagnols et portugais, a rejoint les vastes chantiers du bâtiment et de l’automobile, sans savoir qu’il quittait son village natal pour la boue parisienne.

Car si les industriels des années 50 avaient sauté sur l’aubaine d’une main d’œuvre très bon marché, ils n’avaient en aucun cas songé au logement de ces nouveaux venus et de leurs familles, qui rapidement se retrouvent confinés dans des baraquements en périphérie des grandes villes, non loin des usines. Demain, Demain nous emmène au cœur du bidonville de La Folie, à Nanterre, au 127 rue de la Garenne, où se terrent sans eau courante, sans électricité, dans le pire des dénuements, plusieurs milliers d’immigrés d’Afrique du Nord.

Dissonances N°23 : Superstar

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Lundi, 05 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Revues

 

Dissonances trace sa route. Non, la métaphore ne colle pas. Dissonances trace son chemin vicinal, sa voie – une voix – décalée et salutaire. En ces temps de rentrée littéraire et de prix déprimants, lire les étoiles, enfin les « superstars » de ce numéro 23, fait un bien fou. Au moral, à l’intelligence, aux zygomatiques aussi car on sourit, on rit, souvent.

Superstar, ça déménage. Imaginez seulement : il y a Johnny bien sûr, et Elvis, et Lou, Et Bob, et Mick, et James. Il y en a même pour les footeux, avec Marco, Alain, Sylvain. Vous pourrez vous amuser à refaire le chemin de Petit Poucet qu’on vient de vous suggérer. Et vous pourrez trouver d’autres cailloux à semer au long de cette piste aux étoiles.

 

Par chemin encore plus détourné, on a même la joie suprême – et l’immense honneur -  de croiser François. Oui LE François, le premier des Français. Sous forme d’un rap en anaphores. « Moi président de la république, je préfère me faire me faire sucer au bord de l’eau ». Oh pardon. Le choix n’est pas des plus élégants. Difficile de faire plus convenable cependant.