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Les Livres

Visage vive, Matthieu Gosztola

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 09 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Visage vive, Ed.Gros Textes, photographies de l’auteur, 2011, 96 p. 7 € . Ecrivain(s): Matthieu Gosztola

Visage vive n’est pas de lecture aisée, car derrière une langue qui semble s’égarer, s’éteindre avant de se rallumer à nouveau, un peu comme des soubresauts, il y a cette tentative de dire l’indicible.

 

Il faisait un froid terrible

Dans le visage

De cet enfant là

 

Il n’y a pas de mots assez vastes, assez puissants pour contenir la douleur, sans doute la plus insupportable, de la perte d’un enfant. Aussi, par petites touches, ce texte se remémore, parle à l’enfant qui n’est plus, lui imagine même un futur, le tout accompagné de très belles photos de l’auteur, prises en Inde, pays de grande intensité spirituelle. Des photos dont toute la lumière et les vives couleurs aident peut-être à transcender la souffrance. Visage vive est un livre tendu comme une main au-dessus du vide et qui s’adresse aussi à tous ces autres « parents-funambules », qui subissent cette épreuve.

Venenum, Charlotte Bousquet

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 07 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman, Gulf Stream Editeur

Venenum, avril 2012, 288 p. 13,90 € . Ecrivain(s): Charlotte Bousquet Edition: Gulf Stream Editeur

Fidèles au concept de leur collection « Courants noirs », les éditions Gulfstream nous proposent avec Venenum un roman policier historique d’envergure. La plume riche et étoffée de Charlotte Bousquet dessert une intrigue palpitante et foisonnante, une plongée en un XVIIe siècle tourmenté et aride sur les traces de René Descartes. Le philosophe s’éteint durant l’hiver 1650, officiellement d’une pleurésie. Or, cette explication ne convainc pas Jana sa pupille qui se lance dans une enquête périlleuse pour découvrir la vérité – enquête menée encore aujourd’hui par des chercheurs. Epaulée par Conrad van Vries, un ancien soldat au service de la France, bretteur austère et hors pair, voilà la jeune femme sur les routes, contrainte à retrouver ses réflexes d’enfant des rues pour survivre aux multiples complots et embûches qui orneront son chemin entre Amsterdam et Paris. Jana n’est « ni une enfant ni une de ces jouvencelles nées dans la dentelle » mais bel et bien une femme de tête et d’action.

Dès le Prologue, extrait des Mémoires de Jana von D., le lecteur entre dans l’histoire et devient le témoin de l’agonie de René Descartes, racontée par une Jana en périlleuse posture. L’ambiance est lourde, les ombres des ennemis se dessinent, l’empoisonnement est révélé. Le caractère déterminé et frondeur de la narratrice se dévoile d’emblée ; déguisée en soubrette pour approcher le célèbre penseur, elle jure de venger celui qui lui servit de père et de maître :

United colors of crime, Richard Morgiève

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 07 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Carnets Nord

United Colors of Crime, Editions Carnets Nord, janvier 2012, 320 p. 18 € . Ecrivain(s): Richard Morgiève Edition: Carnets Nord

Etats-Unis, août 1951, époque du maccarthysme. Chaim Chlebeck, trente et un ans, alias Ryszard Morgiewicz, abandonne New York. Précipitamment. La mafia aux trousses. Il vient de « buter » Bonfiglio Biagi, maître du racket dans le Bronx et à Manhattan, ainsi que ses deux gardes du corps. Le FBI ignore pourquoi ; la mafia, elle, connaît la réponse. Chaim file vers le Mexique, via le Texas. En zigzag. « Pas la ligne droite, c’est la trajectoire de la balle dans le dos ». Au volant de son V8, il pense, il se rappelle. « Au début, en Italie, c’était une sorte de prolongation de la guerre. Un camp de vacances pour psychopathes. Des meurtres, oui, mais au soleil. Dès son arrivée à New York, il avait compris que c’était fini. Dorénavant, il faisait partie du syndicat du crime. C’était une fonction, un travail, l’âge adulte ». Chaim roule des heures durant. Pétri de fatigue, il arrête sa Buick à l’écart de la route, s’endort, et là, une nouvelle histoire commence…

Celle d’un Chaim qui, au sortir d’un mauvais réveil, est laissé pour mort par un voyou mexicain.

Celle d’un Chaim qui, après avoir été recueilli et soigné, ouvre les yeux sous le regard d’un couple aussi intrigant qu’original. Lui, Dirk, soixante-cinq ans, un spécialiste de l’atome, ayant quitté l’Allemagne en 1933 et ayant abandonné sa participation au projet américain de création de la bombe atomique en 1941. Elle, Dallas, vingt et un ans, très belle malgré un œil de verre, sauvage, très attachée à sa culture indienne navajo.

Le contenu du silence, Lucia Etxebarria

Ecrit par Guy Donikian , le Vendredi, 06 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Héloïse D'Ormesson

Le contenu du silence, juin 2012, 400 pages, 23 € . Ecrivain(s): Lucia Etxebarria Edition: Héloïse D'Ormesson

Gabriel vit à Londres. Sa vie semble toute tracée, puisqu’il a un bon job, et puisqu’il doit épouser Patricia, deux paramètres qui lui permettent de ne pas se poser les questions dérangeantes qu’un passé tourmenté ne peut que lui imposer. Mais cette vie volontairement étriquée va basculer quand Gabriel apprend que sa sœur, Cordelia, dont il n’a pas de nouvelles depuis dix ans, serait l’une des victimes d’un suicide collectif de la secte « Thule Solaris » à Ténérife. « Après dix années d’espoirs maladroits et obstinés, qui lui faisaient guetter en vain un coup de téléphone ou chercher dans la boîte une lettre jamais écrite, après dix années passées à chercher son visage à chaque fois qu’il retournait à Edimbourg », ainsi s’exprime-t-il quand il se remémore la longue absence de sa sœur.

Il quitte donc Londres et Patricia, sa fiancée, pour élucider ce qui s’est réellement passé. Commence alors une enquête qu’il va mener avec Héléna, l’amie de sa sœur. Et là, la rencontre sera déterminante pour lui. Héléna sera celle qui va lui permettre de mieux comprendre ce que fut la vie de sa sœur volontairement exilée sur l’île, mais aussi celle par qui la remise en question de sa vie professionnelle et amoureuse devient possible, celle grâce à qui il sera capable de mettre des mots sur ce qu’il tenait inconsciemment dans le flou :

Mariage blanc, Valérie Zenatti

Ecrit par Sophie Adriansen , le Vendredi, 06 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Editions du Moteur

Mariage blanc, Editions du Moteur, mai 2012, 88 pages, 12,50 € . Ecrivain(s): Valérie Zenatti Edition: Editions du Moteur

Rachida aime Antoine. Antoine aime Rachida. Trois ans que cela dure, et sans un seul nuage. Un amour basé sur l’indépendance, les appartements séparés pour mieux entretenir le désir, le partage de convictions et d’avis tranchés. Notamment sur le mariage : ils n’en veulent pas, ni l’un ni l’autre, pas plus qu’ils ne désirent d’enfant. Quant à leurs convictions, dont certaines sont politiques, la nécessité d’aider son prochain y tient une bonne place. Aussi, quand David raconte à son ami Antoine que Tatiana, une architecte russe qui vit à Paris depuis des années, est menacée d’expulsion car son visa arrive à expiration, situation dont seul un mariage blanc pourrait la sortir, Antoine n’hésite pas un instant.

Au nom des mêmes convictions, Rachida trouve l’idée formidable. Et pas dérangeante le moins du monde, puisque cela est « faux » : un faux mariage, une fausse cérémonie franco-russe, une fausse vie sous le même toit pour mieux rassurer les autorités. Mais un mariage, une cérémonie et une vie commune quand même.

La date du grand jour approche. Si Rachida continue à sourire, au nom des valeurs qu’elle prône – reconnaître qu’elle commence à douter, pour son propre couple, à douter du bien-fondé de cet acte généreux reviendrait à la mettre en contradiction avec les valeurs en question, et elle s’y refuse – elle n’en pense pas moins.