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Les Livres

La muraille de lave, Arnaldur Indridason

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 21 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, Métailié

La muraille de lave. Métailié noir. Mai 2012. 319 p. 19,50 € . Ecrivain(s): Arnaldur Indridason Edition: Métailié

La maîtrise d’Indridason dans ce genre qu’il a beaucoup contribué à élever au rang d’art absolu – le roman noir venu du Nord – est époustouflante. On le sait depuis des années. Le point d’orgue de cette virtuosité a sûrement été le « Betty » d’octobre 2011. Le maître islandais nous y prenait par la main, dans un blues familier qui nous berçait de certitudes, avant de nous piéger en plein milieu du gué dans un jeu de miroir où on ne trouvait plus soudain nos repères. (Recension de "Betty" par Léon-Marc Levy)

Dans ce nouvel opus, Indridason remet ça. Sur des registres très différents bien sûr.

Erlendur, son héros triste et débonnaire est parti. En « vacances » sur les lieux de son enfance, voyage entouré de mystère. En son absence, son collègue, Sigurdur Oli, se retrouve en charge d’une affaire explosive, mêlant le destin d’un homme brisé par les viols incestueux qu’il a subis dans son enfance, le meurtre de la femme d’un couple échangiste qui tentait de faire chanter une de leurs rencontres, la mort mystérieuse d’un homme d’affaires emporté par le rêve « mondialiste » et doré de l’Islande nouvelle. Et maître Indridason nous épate ! Les trois intrigues s’entrecroisent dans une construction parfaite, haletante, noire comme l’hiver. Comme ce jour sombre où un homme a disparu sur la « Svörtuloft », falaise de lave au pied de laquelle la mer s’écrase en des tourbillons effrayants. La muraille de lave.

La quatrième partie du monde, Toby Lester

Ecrit par Didier Bazy , le Mercredi, 20 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Iles britanniques, Récits, Jean-Claude Lattès

La quatrième partie du monde, traduction Bernard Sigaud, 2012, 550 p. 25 € . Ecrivain(s): Toby Lester Edition: Jean-Claude Lattès

 

Qui a découvert l’Amérique ? Colomb ou Vespucci ? Qui a découvert le Nouveau Monde ? Cabral ou Erick le Rouge ? Ou encore les navigateurs Maori du Pacifique Sud ? Qui a fait le premier Tour du Monde ? Magellan ou Del Cano, ou tout autant, Enrique, l’esclave de Magellan ?

Ces questions demeureront longtemps ouvertes, et les réponses si incertaines rationnellement que les légendes et les mythes poursuivront leurs courses folles, ferments imaginaires aux frontières floues.

A l’heure de Gogol Earth, de Big B, du règne de la silice et des nanosciences, à l’heure, tôt dépassée, des contrôles ultra précis et des nouvelles transcendances technophiles, l’esprit de l’honnête homme doit faire un choix, stopper son point de vue : c’est le pari, parti pris, de Toby Lester.

Sans carte, le voyage est vagabondage. Alors que nous apprennent les cartes, les portulans, les dessins et les graphes, les schémas et les esquisses, les plans approximatifs et les peintures alambiquées, GPS d’hier et tant de signes palimpsestes ambigus, mystérieux, prophétiques, trompeurs et déterminants ?

Ainsi la fameuse carte de Waldseemüller, ce moine Lorrain, achevée en 1507, achetée, en 2003, 10 millions de $ par la bibliothèque américaine du Congrès… La voici :

Tendez-nous la main, Abdel Belmokadem

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mercredi, 20 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Récits, Anne Carrière

Tendez-nous la main, février 2012, 200 p. 19 € . Ecrivain(s): Abdel Belmokadem Edition: Anne Carrière

 

Abdel Belmokadem est un enfant du Mas du Taureau, le quartier de Vaulx-en-Velin devenu en octobre 1990 le théâtre des plus importantes violences urbaines qu’ait connues la France depuis la guerre. A l’époque, Abdel Belmokadem a 22 ans. Il débute une carrière de boxeur professionnel. Pendant les émeutes, il se sert de sa position pour s’interposer entre la police et les jeunes. Sa vocation de médiateur est née. Il sera un an plus tard le premier médiateur nommé dans le cadre de la politique de la ville, avant de devenir conseil municipal et de créer sa propre structure de médiation et d’insertion de jeunes en difficulté dans les zones urbaines sensibles. Il a fait recruter et former des milliers de personnes en dix ans.

« Avec ce livre, je veux montrer qu’on peut renoncer à la fatalité, ne pas vivre sa différence comme une injustice, mais comme une force et un point d’appui. J’ai eu la chance de rencontrer sur ma route des personnes d’autres milieux sociaux, qui ont cru en moi et m’ont aidé à grandir. Mon histoire est la démonstration que tout est possible, à condition de le vouloir et d’oser faire un pas vers l’autre. Ce livre est un message d’espoir mais aussi une alerte : aujourd’hui les quartiers sont étrangement calmes. Jamais la situation des jeunes n’y a été aussi dure. Il est urgent de leur tendre la main ».

La saison froide, Catherine Lafrance

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 19 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

La saison froide, Les Editions La Presse, octobre 2011, 303 p. 28,60 € . Ecrivain(s): Catherine Lafrance

 

Yellowknife, territoire au nord du Canada. La morsure du froid donne des crampes, sauf aux ours qui rôdent. Et pourtant. Elle pose ses valises dans le Grand Nord. Montréal-Yellowknife, huit jours de route. Journaliste, elle a décroché le poste le moins convoité. Après une rupture, son souhait est de changer de vie :

« J’encaisse le coup. Mon pouls s’accélère subitement. Mon souffle devient saccadé. Les idées se bousculent dans ma tête. Je vois les dernières années défiler à toute allure. […] En ouvrant la portière, tu me regardes, et tu souris sans conviction. Puis tu démarres sous un ciel qui se déverse, anthracite, et les feux arrière de ton auto vont se perdre au bout de la rue ».

Elle ouvre la porte sur le Grand Nord. Terra incognita. Ultima Thule. Elle tombe sous le charme :

« Ma vie, peu à peu, s’est lovée au creux de cette baie, cette baie immense qui vient mourir au pied de la ville comme si le lac rendait son dernier souffle. Et quelquefois, je me dis que nulle part ailleurs je ne ferais corps avec le paysage autant qu’ici ».

Revue 303 : on tire aussi la culture en pays de Loire !

Ecrit par Elisa Amaru , le Mardi, 19 Juin 2012. , dans Les Livres, La Une Livres, Revues

Revue 303, arts, recherches, créations

Clin d’œil aujourd’hui à une publication alternative qui vous sert le must de la Culture aux petits oignons, en tranches, façon mijoté en série, faisant écho dans nos pages à une question sidérante d’actualité entre Beauté et Toc. Les ricochets sont faciles. Surtout lorsqu’ils coulent sous le sens. Née il y a 27 ans du besoin de transmettre une empreinte culturelle forte, comme du désir d’unir les pôles Recherche, Art et Création depuis la région unique des Pays de la Loire, la Revue 303 s’anime d’un souffle explorateur prêt à nous remettre les boussoles à l’air ! De superbe facture, forçant l’exigence dans la richesse des thèmes abordés, voici un cabinet de curiosités éditoriales qui lorgne ses utilités du côté de l’Indispensable, et ses hommages proches du Nécessaire. En effet, la politesse intellectuelle n’a pas d’heurts, et l’équipe à la barre de la Revue 303 connaît son alphabet sur le bout des lettres en exhibant la partie le plus charnue de son anatomie : l’esprit. Mi-livre d’art, mi-catalogue d’expo, cet hybride iconoclaste publie quatre trimestriels d’une centaine de pages et un hors-série de 250 pages par an. Puisant une inspiration gourmande et bestiaire au sein des références identitaires phares de la région Loire vineuse, riche d’Histoire et profuse en cépées, sa ligne éditoriale étend ses serments de la mode à l’architecture, des Arts outsider jusqu’à la linguistique, en passant par le sport, le voyage, les légendes arthuriennes, Jacques Demy et le patrimoine littéraire de Loire, avec Gracq et Verlaine en témoins.