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Sonny Liston était mon ami, Thom Jones

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Samedi, 28 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Nouvelles, Albin Michel

Sonny Liston était mon ami (nouvelles). Terres d’Amérique, Albin Michel. 386 p. 24 € . Ecrivain(s): Thom Jones Edition: Albin Michel


Douze. Douze nouvelles. Comme les douze rounds d’un match de boxe. Et vous ne sortirez pas du ring de la lecture de ce livre en meilleur état qu’un pugiliste ! En fait, le gong vous aura sauvé douze fois du KO absolu !

Thom Jones vient s’inscrire, à cette lecture choc, dans votre paysage littéraire, comme un nouvelliste majeur, dans la grande tradition américaine, celle des London, des Carver. Il renforce encore notre émerveillement devant cette fabuleuse richesse que les USA possèdent dans un genre pourtant si exigeant, si difficile.

Le titre du livre en fait est celui de la première nouvelle. La seule réellement boxistique. Celle où Sonny Liston – flesh and bones – fait une apparition à la fois fantomatique et merveilleuse. Celle où le lecteur est saisi par le style décapant de Jones, fait d’humour de la rue, de grossièreté des salles d’entrainement, et de tendresse vibrante envers les cabossés de la vie.

Les profanateurs, Martial Caroff

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 28 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jeunesse, Gulf Stream Editeur

Les Profanateurs, Ed. Gulf Stream, 2012, 223 p., 13,50 € . Ecrivain(s): Martial Caroff Edition: Gulf Stream Editeur

Avec Les Profanateurs, nous voilà plongés dans la Grèce Antique, découvrant la deuxième aventure d’un enquêteur sorti des sentiers battus. Antisthène, philosophe créateur de l’école des Cyniques et disciple de Socrate, est le héros ingénieux et fort en gueule de ce roman noir à la mode antique. Doté d’acolytes truculents et d’une liberté de paroles sans limites, il empoigne la vérité de sa main crasseuse et se fait le censeur irrévérencieux des plus grands comme le contempteur des bassesses de ses contemporains.


« Vois mes élèves ! Fils de chevaliers, de commerçants ou même d’esclaves, peu m’importe ! Je ne les reçois qu’à trois conditions : qu’ils soient vifs d’esprit, qu’ils acceptent de s’habiller pauvrement et qu’ils crachent sur les conventions et sur les bouffis d’or comme toi et les tiens ! »


Nous voici donc en 415 avant J.-C., à Athènes. Alors que le stratège Alcibiade assaille la Sicile, des scandales inouïs secouent la cité : les statues d’Hermès se réveillent mutilées et la cérémonie des Mystères d’Eleusis se trouve tristement parodiée. En ces temps de guerre, tous les présages comptent et les rumeurs vont bon train.

Des ambitieux, Isabelle Siac

Ecrit par Sophie Adriansen , le Vendredi, 27 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jean-Claude Lattès

Des ambitieux, mars 2010, 520 p. 20 € . Ecrivain(s): Isabelle Siac Edition: Jean-Claude Lattès


Jean s’ennuie à la tête de la multinationale qu’il dirige. Son fils Bastien s’interroge sur son avenir. Ann, carriériste et redoutable, devient une proche collaboratrice de Jean. Angélique, la fille d’Ann, de l’âge de Bastien, va bouleverser de façon inattendue la vie de Jean.

Surtout, chacune de ces quatre voix ambitionne autre chose que ce qui est prévu pour elle…

Ce roman dense, aux descriptions fouillées, met en scène des personnages tout sauf irréprochables, évoluant dans un univers professionnel précis, avec bureau et pression des actionnaires, campagne de communication et agenda électronique.

Le format de ce roman (520 pages de grande taille, des caractères serrés) n’a finalement d’étonnant que son siècle. Car s’il jure parmi la production actuelle, où les tranches sont fines, les pages vides, il est à comparer avec les productions d’un Hugo ou d’un Zola : un roman dense, des descriptions fouillées, des personnages tout sauf irréprochables, un univers professionnel précis… le reste est lié à l’époque, les mines de Germinal sont devenues des usines Danone à l’heure où le groupe est menacé d’OPA par un concurrent italien.

Juste avant, Fanny Saintenoy

, le Vendredi, 27 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Flammarion

Juste avant. Août 2011. 118 p. 12 € . Ecrivain(s): Fanny Saintenoy Edition: Flammarion


Dans une chambre d’hôpital, juste avant que la plus âgée disparaisse, une arrière petite fille et son arrière grand mère se souviennent. L’une et l’autre ont bien des souvenirs en commun, et grâce à l’alternance des chapitres, un dialogue silencieux s’engage.

Juliette, « Granny », attend calmement la mort. Petit à petit, ses sensations s’estompent mais son esprit reste vaillant. Avec lucidité, elle donne son avis sur la solitude et la maison de retraite que sa famille considère comme « le monde de la désespérance ». Elle se rappelle « la féérie folklorique » de l’après guerre lorsqu’elle vivait à Bergerac, elle se souvient de son époux Louis, communiste disparu à la libération, qui se croyait d’abord « marié à l’Humanité plutôt qu’à sa femme », et enfin, elle avoue sa douleur d’avoir survécu à la mort de sa propre fille emportée par un cancer. Pourtant, Juliette, « la vielle pomme » fait un bilan positif de sa vie de presque un siècle. Certes, son vécu lui a valu une haine farouche de la religion et une résistance au malheur, mais il lui a aussi donné de grandes joies, et c’est cela qu’elle veut emporter de l’autre côté.

Vide alentour, Jean-Baptiste Pedini

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 27 Janvier 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie, Encres vives

Vide alentour. Encres Vives (Coll. Encres Blanches n°488) 2011 - 16 pages – Préface de Patrice Maltaverne - Prix 6.10€ . Ecrivain(s): Jean-Baptiste Pedini Edition: Encres vives

Le vide on ne s’y fait pas, écrit Jean-Baptiste Pedini, en 10 poèmes qui tournent autour de ce vide alentour. Le vide, il le creuse, le fouille, le traque, tente de lui donner forme en quelque sorte, de lui donner sens. Des poèmes comme des corps pour englober ce qui échappe, questionne pourtant, obsède même. Le vide révèle comme une éternelle insatisfaction.


« on décompose espaces

gestes

fouilles au corps

toujours plus simples

toujours à rechercher

d’autres possibles. »