Identification

Les Livres

Galilée, la tête dans les étoiles, Thierry Delahaye

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 03 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Flammarion, Jeunesse

Galilée, la tête dans les étoiles, Flammarion jeunesse, mars 2012, 192 p. 5 € . Ecrivain(s): Thierry Delahaye Edition: Flammarion

 

Galilée, la tête dans les étoiles propose une plongée dans la Renaissance, foisonnante et trouble, et une entrée accessible dans les théories d’un des plus grands savants de notre civilisation. Cette courte biographie romancée retiendra l’attention des jeunes amateurs d’histoire comme de sciences, et assurément celles de leurs pédagogues. On en vient presque à regretter la densité du volume tant l’on souhaiterait en apprendre plus sur l’homme comme sur le savant.

Galilée naît à Pise en 1564. Aux effluves des jardins et des cuisines, aux échanges du commerce paternel, au bord de l’Arno ou dans la campagne toscane, s’éveille un esprit observateur, curieux de tout et plein d’esprit pratique. Face au témoignage de ses sens et aux premières esquisses de sa raison, le garçon découvre que bon nombre de préceptes enseignés au monastère apportent des réponses lacunaires, voire contradictoires. Où est Dieu dans ce ciel empli de soleil ou d’étoiles ? Très tôt, c’est son indépendance de pensée qui le caractérise : Galilée aime faire des expériences, mettre en doute la parole de ses maîtres, la confronter comme ses idées, à la logique mathématique. On renonce à le faire prêtre pour le faire entrer en médecine ; mais il choisira son chemin, celui des sciences : astronomie, géométrie…

La femme à modeler, Emilie de Turckheim

Ecrit par Yann Suty , le Samedi, 02 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, Naïve

La femme à modeler, 48 p. 8 € . Ecrivain(s): Emilie de Turckheim Edition: Naïve

 

Parallèlement à son activité d’écrivain, Emilie de Turckheim est aussi modèle pour peintre. Dans ce petit livre – une nouvelle ou presque –, La femme à modeler, elle décrit son expérience. Du moins, elle relate la première fois où elle a posé. Le texte est entrecoupé d’œuvres de l’artiste-peintre Sylviane Blondeau.

La première fois donc, Emilie de Turckheim grimpe au sixième étage d’un immeuble délabré. Arrivée devant la porte, elle reste figée. Elle pense rebrousser chemin et ne pas se déshabiller devant un inconnu.

« Au moment de heurter la peinture joliment écaillée, rouge comme mes joues, l’arrêté et les bretelles de ma robe blanche, l’index infaillible se débine, liquide, mes genoux aussi ».

Elle finit par entrer. Débute alors une « carrière » qu’elle poursuivra devant d’autres peintres, d’autres yeux scrutateurs, d’autres pinceaux. Mais la première fois, il faudra se déshabiller. Comment faire ? Devant le peintre ? Ou bien aller à la salle de bains et revenir après ? Mais à quoi ça sert de se cacher alors qu’ensuite elle se montrera, elle s’exposera de toute sa nudité ?

L'heure des gentlemen, Don Winslow

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 01 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Le Masque (Lattès)

L’heure des gentlemen, (The Gentlemen’s Hour, 2009), trad. de l’anglais (USA) par Frank Reichert, Mai 2012, 379 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Don Winslow Edition: Le Masque (Lattès)

 

Après La patrouille de l’aube, on retrouve ici Boone Daniels, le détective privé surfeur.

Alors que son amie Sunny est partie surfer aux quatre coins du monde et qu’il peine à passer le pas avec l’attirante avocat Petra Hall, Boone se cherche et s’aperçoit qu’il se rapproche de plus en plus de l’âge où il va devoir surfer avec les anciens de « l’heure des gentlemen ». Surtout que ses amis de la « patrouille de l’aube » vont sans doute peu apprécier le fait qu’il enquête pour le compte de la défense de Corey Blasingame, accusé d’avoir tué Kelly Kuhio, une légende locale du surf. Parallèlement, Boone accepte d’enquêter sur une affaire d’adultère pour l’un des surfeurs de l’heure des gentlemen. On s’en doute, les deux intrigues vont se télescoper, sur fond de guerres de territoires. Territoires de surf, mais aussi territoires contrôlés par les cartels mexicains de la drogue.

Le fond de ce nouveau roman de Don Winslow, malgré ces intrigues multiples, c’est pourtant avant tout la crise de la quarantaine qui touche son héros.

A la découverte des enfants du monde, Caroline Laffon, photographies Biosphoto

Ecrit par Olivier Verdun , le Vendredi, 01 Juin 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, La Martinière Jeunesse

A la découverte des enfants du monde, 40 pages animées, La Martinière Jeunesse, mai 2012, 15,10 € . Ecrivain(s): Caroline Laffon Edition: La Martinière Jeunesse

« Aucune société n’est parfaite […] aucune […] n’est foncièrement bonne ; mais aucune n’est absolument mauvaise. Toutes offrent certains avantages à leurs membres… » (Claude Lévi-Strauss, Tristes Tropiques (1955), Chapitre XXXVIII, Pocket, pp. 462-463).

Un livre des Éditions de la Martinière Jeunesse qui vient juste de sortir en librairie et qui ravira les amateurs de photographies de reportage. Comme son titre l’indique, le livre de Caroline Laffon part à la découverte des enfants du monde, des Andes péruviennes aux Philippines, en passant par les Etats-Unis ou l’Europe.

La présentation, à la fois ludique et bien documentée, offre un panorama des mille et une façons qu’ont les enfants de s’amuser, de manger, d’aller à l’école, de s’habiller, voire de travailler. Les quarante pages animées défilent tel un diaporama qu’on ne se lasse pas de parcourir dans tous les sens. On se dit, en feuilletant ce livre profondément humaniste, que les hommes, quels que soient leur âge et leur origine, sont partout les mêmes. On en ressort encore plus admiratif du génie humain qui a su composer sur un thème musical unique, commun à tous les hommes, autant de variations culturelles.

Le Diable chuchotait, Miyabe Miyuki

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 31 Mai 2012. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman, Japon, Editions Philippe Picquier

Le diable chuchotait. Trad. Japon par Myriam Dartois-Ako. Avril 2012. 371 p. 19,80 € . Ecrivain(s): Miyabe Miyuki Edition: Editions Philippe Picquier

Ce livre est étonnamment attachant.

Commençons par attachant. Le héros, Mamoru Kusaka, le personnage qui mène la délicate enquête, est un jeune garçon de 16 ans ! La vie ne l’a pas épargné – déjà – et sa malice, son obstination, sa gentillesse composent un personnage sympathique et peu commun. L’histoire est surprenante et la solution de l’énigme plus encore. L’écriture enfin, légère, fluide, nerveuse, offre une lecture agréable et captivante de bout en bout.

Etonnamment maintenant. Le début du livre, très violent et sombre, nous laisse augurer une lecture tendue dans un univers glauque. On s’attend à un thriller sanglant. Qu’on en juge :

« Le lecteur ne sait pas non plus que les membres de l’identité judiciaire ont ramassé à la main le cerveau de Fumie Katö éparpillé sur le sol et l’ont rangé dans un sac en plastique »

« … la tête de la jeune femme, retrouvée en dernier, était tombée dans un bruit humide de l’attelage entre les première et deuxième voitures quand le train avait fait lentement marche arrière, ce que le lecteur ignore également. Il ne sait pas non plus qu’à ce moment les yeux d’Atsuko Mita étaient grand ouverts, tout noirs. »