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Les Livres

La Sirène, Camilla Läckberg

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 02 Août 2012. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Pays nordiques, Actes Noirs (Actes Sud)

La sirène, Trad. Suédois Lena Grumbach, Juin 2012. 411 p. 23,50 € . Ecrivain(s): Camilla Läckberg Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

Faut-il ranger les livres de Camilla Läckberg au rayon littérature ? Peut-être pas, si l’on s’en tient aux qualités d’écriture ou à l’entreprise créative. Mais sans aucun doute si on entend que la littérature romanesque est aussi une machine narrative.

Parce que dans ce domaine, ce livre est redoutable d’efficacité ! Quand vous entrez dans l’engrenage de la terrible histoire qu’il raconte, vous n’en sortez en aucun cas avant le dernier mot, avant le craquement de la dernière dent du mécanisme implacable construit par notre suédoise. Toute la structure narrative est au millimètre, menant une histoire unique scandée par des chapitres mettant en scène – et en voix – les protagonistes de ce thriller haletant.

Qu’apporterait, par exemple, une citation extraite du livre ? Rien, car rien ne dépasse, rien n’emporte l’enthousiasme, rien ne soulève l’adhésion  littéraire. Mais tout est impeccablement à sa place ! Et on n’en perd pas une goutte de ce conte noir qui perd les êtres qui le vivent comme une tragédie antique.

Bon. Un extrait quand même. Pour faire le contraire de ce qui est annoncé. Pour exemple aussi de la sobriété efficace de la « machine » (ce passage rappelle irrésistiblement les nouvelles noires de Robert Bloch).

Manifeste vagabond, Blanche de Richemont

Ecrit par Lionel Bedin , le Mercredi, 01 Août 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, Plon

Manifeste vagabond, 2012, 126 pages, 12,90 € . Ecrivain(s): Blanche de Richemont Edition: Plon

 

Ce Manifeste vagabond est un témoignage, un journal intime, un bilan, un manifeste, celui de Blanche de Richemont, une jeune femme qui s’interroge : « cela fait des années que tu cours sur les routes après un sens ; existe-t-il ? » Lorsque le retour devient difficile, lorsque « le voyage est devenu un esclavage », il faut s’arrêter, réfléchir. Écrire.

Pourquoi partir ? Parce que « les horizons ont leur mot à dire ». Parce que « notre âme n’est pas faite pour ces vies sédentaires figées dans le béton ». On part aussi, comme Blanche de Richemont, pour guérir des blessures ». Le décès d’un petit frère. Et « si la route ne nous libère pas de nos maux » mais au contraire « les met en lumière », un voyage difficile comme celui au Sinaï – « l’épreuve du feu » – permet de comprendre certaines choses sur le fonctionnement du corps et de l’âme. Partager le chemin et le bivouac met du plomb dans l’aile de quelques règles trop bien ancrées de notre société. « J’avais réalisé dans le désert que notre vie servait un autre but que la réussite ». Et lire Les clochards célestes inculque quelques idées nouvelles : « les clochards célestes savent s’emparer de leur destin, ignorant le regard de la société ». Avec tout ça, comment revenir dans « le monde des hommes » ?

Le roman de Thomas Lilienstein, Laurence Werner David

Ecrit par Didier Bazy , le Mardi, 31 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Buchet-Chastel

Le roman de Thomas Lilienstein, 395 p. 20 € . Ecrivain(s): Laurence Werner David Edition: Buchet-Chastel

 

(A Christine Bini qui m'a poussé à aller plus loin.)

 

Ce roman est un méta-roman. On se perd même quand on croit trouver ou renouer les fils d’une multiplicité de narrations, de portraits, de situations et de rapports flous, de plongées et de remontées vers un air rare. Les amateurs de psychologies des profondeurs peuvent s’en gargariser.

Voici la quête d’une narratrice subtile amoureuse de Thomas, jardinier et fils de jardinière. Au fond, le jeune jardinier Thomas peut être perçu comme un végétal, une plante, une herbe qui pousse dont la narratrice botaniste tente de saisir les liens et les logiques – autant de lignes de fuite et d’échappées sans finalité ni même intrigue classique.

Le méta-roman passionnera les théoriciens du langage. Le trait singulier n’est pas pour autant la mise en œuvre d’une hypothèse préétablie : les fils se développent en fibres, en synapses, en boucles mouvementées. Il séduira les poètes. Il interrogera la critique. Et le critique risquera un hommage silencieux.

Dis-moi que tu m'aimes, Francisco de Paula Fernandez

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 31 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Espagne, Albin Michel

Dis-moi que tu m’aimes, traduit de l’espagnol par Yvelise Rabier, Wiz Albin Michel, juin 2012, 634 p. 17,90 € . Ecrivain(s): Francisco de Paula Fernandez Edition: Albin Michel

 

Voici venu l’été et sa cohorte de plaisirs familiers et longtemps attendus durant la froide saison : du soleil à profusion, le bruit des vagues, le goût des fruits mûrs à point… et les romans d’amour à dévorer sur la plage, à l’ombre d’un parasol bienveillant. L’intrigue de Dis-moi que tu m’aimes semble répondre parfaitement à ces attentes : un chassé-croisé amoureux met en scène et en péril plusieurs jeunes gens à peine sortis de l’adolescence, sous le soleil de Barcelone. Ils sont jeunes, beaux ; ils sont confrontés peut-être pour la première fois aux complexités du sentiment amoureux et aux méandres du désir. Paula, l’héroïne lycéenne, a le cœur qui balance entre Angel, un prétendant dragué sur Facebook, et Alex, un garçon rencontré par hasard et qui a les mêmes goûts littéraires qu’elle. Or, Angel est courtisé par Katia une chanteuse à succès qui ne laisse pas indifférent. Quant à Mario, frère de Miriam, amie de Paula, il est désespéré car son amour pour Paula le déchire de mille tourments. Et ce n’est que le début…

Le singe et l'épi d'or (un conte du Mexique), Claire Laurens et Martine Bourre

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 29 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

Le singe et l’épi d’or (un conte du Mexique), Editions Rue du Monde, juin 2012, 44 p. 12,50 € . Ecrivain(s): Claire Laurens et Martine Bourre

 

Quelle est la plante dorée qui nourrit les enfants mexicains et les enfants de leurs enfants depuis des temps lointains ? Et surtout, comment leur est-elle parvenue ? Voici l’objet de ce superbe conte qui nous révèle que le premier épi de maïs a été découvert par un jeune singe astucieux puis partagé avec les hommes en échange de leur aide.

Fort de sa trouvaille et ravi du goût sucré de ce fruit inconnu, le singe cache son trésor sous les racines d’un vieux palmier. Mais l’arbre veille et décide de s’emparer de l’épi pour s’en faire une couronne et se proclamer roi de la forêt. A son retour, le singe découvre le vol et demande des explications au palmier. L’arbre ne répond pas, faisant mine de dormir. Le singe le menace de chercher le feu et de lui faire retrouver la parole. Appelé à l’aide, le feu refuse, menacé à son tour par le singe de se faire éteindre par l’eau de la rivière… Le singe se trouve à chaque fois éconduit par le personnage auquel il demande de l’aide et le menace d’un danger plus grand. Mais la chaîne des demandes et des menaces se brise lorsqu’il rencontre les villageois. « Chasseurs, jaguar, fourmilier, rivière, feu… l’étrange cortège, tel un serpent en furie, poursuit sa course à travers la forêt, semant la panique chez les oiseaux ».