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Les Livres

La bibliothèque idéale de Marianne Desroziers

Ecrit par Marianne Desroziers , le Lundi, 16 Juillet 2012. , dans Les Livres, La Une Livres, La bibliothèque idéale

1) Virginia Woolf, Mrs Dalloway : le premier livre que j’ai lu de Virginia Woolf, peut-être son meilleur

 

2) Céline, Mort à crédit : un roman incontournable, un style inégalé

 

3) Lautréamont, Les chants de Maldoror : pour la poésie, la noirceur, la richesse imaginative

 

4) Jean-Pierre Martinet, Jérôme : un roman monstre qu’on n’ose pas conseiller à tout le monde

 

5) Joris Karl Huysmans, A rebours : le dandysme incarné, un livre précieux à tous les sens du terme

 

6) Arthur Rimbaud, Une saison en enfer : mon premier choc littéraire, que je lis, relis, offre

 

7) Julio Cortazar, Marelle : un roman splendide dans lequel je me suis perdue...

Brise Lame City, Corentin Jacobs

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 14 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles

Brise Lame City, Onlit Books, avril 2012, 84 pages, 2,99 € . Ecrivain(s): Corentin Jacobs

Les quatre nouvelles de ce recueil de Corentin Jacobs ne feront pas l’unanimité. Elles lasseront, elles agaceront, elles choqueront assurément. Mais pour les quelques curieux ou courageux qui pousseront leur lecture jusqu’au bout, il y a matière à prendre une bonne rafale de plaisir. De celui qu’on prend en regardant un Pulp Fiction ou un Machete. Un condensé d’action, de violence et d’humour décapant.

Et bien, entrons dans l’univers de Brise Lame City. Dans Muchacho, nous croisons un brave soldat qui communique avec sa famille depuis le front. Il y attend, imperturbable, de mettre une raclée à l’armée du dictateur Juan Antonio Perez. « Selon la légende, Perez mange des araignées et des scorpions sur ses tartines au beurre le matin, de la cervelle de chien avec une sauce aux piments rouges le midi et des yeux de poisson d’eau douce avec un gratin de pissenlits au fromage le soir. Perez arrose tous ses repas d’un alcool blanc à 55 degrés et, pour favoriser la digestion, fume des cigares longs comme l’automobile de Père. Perez est une crapule de la pire espèce. Il mène un génocide contre les Indiens depuis plus d’une décennie, viole les femmes des campagnes, torture leurs maris quand ces derniers lui résistent, vend leurs enfants dans des marchés à esclaves, vole les riches et exploite les pauvres. Beaucoup d’hommes préfèrent le suivre et gonfler ses rangs plutôt que de crever comme des malpropres au fond d’une cave ou au bord d’une route. Notre combat contre Perez est un appel international à la démocratie ».

Les bisons du Coeur-Brisé, Dan O'Brien

Ecrit par Lionel Bedin , le Samedi, 14 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Récits, Au Diable Vauvert

Les Bisons du Cœur-brisé, traduit de l’américain par Laura Derajinski, 2007 . Ecrivain(s): Dan O'Brien Edition: Au Diable Vauvert

 

Avez-vous déjà vu le pare-chocs de votre auto se refléter dans les yeux d’un bison ? Ce fut une révélation lorsque l’auteur se trouva un jour « suffisamment près pour voir le pare-chocs du pick-up se refléter dans ses sombres yeux ronds surmontés d’une touffe de poils noirs et frisés. Sa tête était aussi grosse qu’une machine à laver ». Même s’il fut alors « incapable de trouver un lien entre ce vieux bison poussiéreux » et lui, Dan O’Brien comprit que cette vision était un signe. Peu de temps après il loua un ranch. Au début il y vécu dans des conditions spartiates et difficiles. Plusieurs obstacles durent être surmontés : les éléments naturels, certes, mais aussi les problèmes de voisinages et d’autres liés à l’écosystème, complètement stérilisé par des « erreurs » antérieures. Ce sont ces questions qui donnent à ce livre plusieurs pistes de lectures et donc son intérêt et son épaisseur.

Ce récit est celui de l’Histoire, et aussi de l’histoire économique de la région. Nous sommes au pied des Black Hills, « de l’herbe qui oscille à l’infini dans le vent et un ciel qui engloutit la moitié du monde », les terres indiennes de Sitting Bull, dans les Grandes Plaines du Dakota. Ces plaines qui ont vu la « disparition » des peuples autochtones, les Indiens, en même temps qu’un autre massacre, celui des bisons.

Presse-People, Carl Hiaasen

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 13 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

Presse-People (Star Island, 2010), Éditions Des Deux Terres, mai 2012, traduit de l’anglais (USA) par Yves Sarda, 392 p. 20 € . Ecrivain(s): Carl Hiaasen

 

On se demandait, depuis que Denoël avait cessé de publier Carl Hiaasen, si un éditeur français allait finalement reprendre la publication de ses romans. C’est finalement le cas des Éditions des Deux Terres qui non seulement sortent un nouveau livre de l’auteur floridien, mais en profitent aussi pour rééditer Cousu Main, roman de 1989 quasiment introuvable aujourd’hui. Une publication simultanée qui a toute sa raison d’être puisque Cousu Main et Presse-People ont en commun d’accueillir Blondell Wayne Tatum, dit Chimio, tueur psychopathe défiguré doté d’un taille-gazon à la place de son avant-bras amputé par un barracuda amateur de montres.

C’est donc sans surprise que l’on se trouve une nouvelle fois projeté dans une aventure délirante au cœur d’une Floride envahie de promoteurs véreux et de politiciens corrompus et protégée par Skink, ancien gouverneur probe exilé dans les Everglades d’où, entre deux passages sur la route pour récupérer les animaux écrasés qui lui serviront de repas, il pourchasse les parasites qui entendent aggraver encore l’emprise des touristes et des programmes immobiliers sur les quelques terres sauvages encore épargnées.

L'exactitude des songes, Denis Grozdanovitch

Ecrit par Olivier Verdun , le Vendredi, 13 Juillet 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Arts, Le Rouergue

L’exactitude des songes, textes et photographies de Denis Grozdanovitch, 2012, 128 p. 22 € . Ecrivain(s): Denis Grozdanovitch Edition: Le Rouergue

 

« La vision photographique se distingue par une aptitude singulière à découvrir de la beauté dans tout ce que l’on peut apercevoir mais que l’on néglige habituellement comme offrant un aspect trop ordinaire » (Susan Sontag, Sur la photographie).

 

Le titre du dernier opus de Denis Grozdanovitch, L’exactitude des songes, paru en janvier 2012 aux Éditions du Rouergue, a la beauté mélancolique des oxymores, des vieilles photos sépia, des murs lézardés, des amitiés burinées par le temps.

L’auteur publie ici des photographies prises de 1978 à aujourd’hui, accompagnées de textes courts, empreints d’une lenteur contemplative, tant il s’agit de cueillir, au cœur des choses, la poésie latente qui y gît. – Écrire avec la lumière, sur une plage temporelle de plus de trente ans, impressions fugitives, visions, enthousiasmes, comme pour les ressusciter, puisque, nous le rappelle Denis Grozdanovitch en une manière d’hommage à Marcel Proust, « on ne vit réellement sa vie qu’après coup ».