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Les Livres

Littérature, politique, Olivier Rolin

Ecrit par Claire Teysserre-Orion , le Jeudi, 05 Avril 2012. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, publie.net

Littérature, politique, 82 p., 3,99 € . Ecrivain(s): Olivier Rolin Edition: publie.net

« Littérature, politique » d’Olivier Rolin : plutôt l’une que l’autre


« Si le roman devait mourir (…) c’est un peu la civilisation et l’intelligence qui vont crever », c’est ainsi qu’Olivier Rolin exposait sa pensée dans l’émission Apostrophes consacrée à l’art du roman, en 1987.

Vingt ans plus tard, dans un essai intitulé Littérature, politique, il parle avec amour et conviction des auteurs de sa bibliothèque comme une démonstration de la richesse civilisationnelle de la littérature. Mais ce livre est davantage qu’une suite d’hommages à des écrivains. Tout d’abord parce qu’il porte un regard intime et bienveillant sur la littérature de Jean Echenoz à Pierre Michon, en passant par Blaise Cendrars ou Claude Simon.

Au-delà de la critique littéraire, et à partir de ses propres expériences, Olivier Rolin explore les liens qui existent entre ces écrivains. C’est ainsi que, d’une lecture du texte Panama de Cendrars, une nuit à Bogotá, il ressort convaincu de l’influence du poète romancier sur l’œuvre de Garcia Marquez. Puis, il se prête au jeu de l’intertextualité et imagine comment Les Vagues de Virginia Woolf influencèrent dans une même communauté d’idées le thème de la vague chez Jean Echenoz.

Les dents de ma mère, Amandine Cornette de Saint Cyr

Ecrit par Sophie Adriansen , le Mercredi, 04 Avril 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Plon

Les dents de ma mère. mars 2012. 150 p 15 € . Ecrivain(s): Amandine Cornette de Saint Cyr Edition: Plon


« Bonjour, je m’appelle Anne. J’ai vingt-sept ans et je suis accro à ma mère. Dès la conception, j’ai vécu la dépendance en me shootant au cordon et, à la naissance, en me soulant à ses mamelles, à raison de dix tétées par jour. Sevrée une première fois, j’ai replongé en sniffant son foulard, puis j’ai continué en me piquant aux câlins, aux bisous, aux caresses, aux « je t’aime » jusqu’à l’overdose. J’ai bien essayé de décrocher, mais à force de pourvoir à tous mes besoins, elle m’en a empêchée. » (pages 36-37)


Anne aurait effectivement besoin d’un groupe de parole pour exposer son problème. Mais elle n’en dispose aussi pas, aussi c’est seule avec elle-même qu’elle tente courageusement de se sortir des griffes - et des dents - de sa génitrice. Or, si la promesse est belle et le prince charmant, il n’est finalement pas certain que le jeu en vaille la chandelle : « Comment peut-il espérer que je troque l’amour éternel d’une mère contre celui, précaire, d’un homme ? » (pages 135-136)

Ploutos, dieu du fric, Aristophane (Trad. Michel Host)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 03 Avril 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Théâtre, Mille et une nuits

Ploutos, dieu du fric. Trad. grec ancien, notes et postface Michel Host. 142 p. 4 € . Ecrivain(s): Aristophane Edition: Mille et une nuits

Qu’on se le dise à son de trompes d’Athènes à Wall Street : ce petit opuscule est – pour parler comme les personnages d’Aristophane « revisités » par Michel Host – à se tordre de rire, à se péter les boyaux. Une petite heure d’une récréation hilare, pleine de bonne santé mentale et de rage joyeuse.

Ploutos, dieu du fric, se fait détourner de ses devoirs d’obéissance aveugle (il est aveugle !) envers Zeus et entame une manif anti Zeus digne des luttes contre les p’tits chefs des maos de naguère ! Carion et La Toussaille, esclave et maître (mieux vaut les placer dans cet ordre s’agissant de comédie) rencontre un pauvre hère aveugle et sale. Or ce SDF (faisons comme Michel Host – l’anachronisme structurel) n’est autre que Ploutos, Dieu de l’argent – enfin du fric. Les deux bonshommes entreprennent alors de convaincre le dieu de s’affranchir de son sort affreux : il est condamné par sa cécité – infligée par Zeus – à n’accorder ses largesses financières qu’aux salauds (qu’il ne peut repérer étant aveugle !).

Voilà donc notre Ploutos installé chez La Toussaille. Grâce à Asclépios (dieu de la médecine) il retrouve la vue et s’engage à ne donner désormais le fric qu’aux gens de bonne volonté, négligés par le sort. Ce qu’il fait.

Transsibérien, Dominique Fernandez

Ecrit par Lionel Bedin , le Mardi, 03 Avril 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits, Grasset

Transsibérien. Photos de Ferrante Ferranti. 01/21012. 304 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Dominique Fernandez Edition: Grasset


C’est en mai 2010 qu’une vingtaine d’écrivains, journalistes et photographes, embarquent à bord du Transsibérien, pour un voyage culturel franco-russe. Transsibérien est le récit que rapporte Dominique Fernandez, l’un des écrivains invités, illustrés par les photographies de Ferrante Ferranti. (Les deux hommes ont déjà travaillé et écrit des livres ensemble.)


Les joies du voyage en Sibérie


Départ : Moscou. En quelques années la place Rouge a changé. Ce qui se remarque le plus n’est pas le Kremlin mais le fameux Goum, ce magasin du peuple, devenu aujourd’hui une galerie de « boutiques de luxe à la façade étincelante, cavernes d’Ali Baba inaccessibles à qui n’est pas un nouveau Russe. » L’auteur constate que les Russes sont passés « d’un despotisme sanglant à un capitalisme agressif. » Est-ce un progrès ? Pour qui ? Cette question se posera plusieurs fois tout au long du voyage.

Le garçon talisman, Florence Aubry

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mardi, 03 Avril 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Le Rouergue

Le garçon talisman, février 2012, 142 p. 10.50€ . Ecrivain(s): Florence Aubry Edition: Le Rouergue

Heinrich se cache dans un container rouillé au plus profond de l’aire de stockage d’un port anonyme. Il a fui le pensionnat spécialisé où il a été élevé au milieu de ses semblables le jour même où l’on a retrouvé une de ses camarades atrocement mutilée.

On a retrouvé Victoire en début d’après-midi le lendemain. Dans un bois à quelques kilomètres de l’internat. Grossièrement cachée par des branchages. Victoire vivait encore, elle respirait aussi vite qu’une petite musaraigne. On lui avait sectionné les pieds, les mains et entièrement rasé la tête. Ils avaient fait ça dans la précipitation, la peau diaphane de son petit crâne était zébrée de grandes entailles sanglantes. Victoire était la plus jeune d’entre nous, elle avait six ans.

Depuis, Heinrich se fond dans les entrailles du port, dans l’espoir de gagner un pays lointain où les gens comme lui ne sont pas poursuivis et persécutés pour le soi-disant pouvoir magique de leur chair. Et la menace peut surgir de partout. De Val, 17 ans, prêt à tout pour sortir sa sœur Andréa du coma dans lequel elle est plongée depuis qu’il l’a poussée à l’accident. Que lui reste-t-il à part l’inacceptable et la superstition pour le laver de la culpabilité ? De Joseph, inoffensif grand-père, ancien orpailleur solitaire et affamé d’amour, qui désire plus que tout, même au prix du sang, retrouver l’affection de sa famille. De n’importe qui pourvu qu’il soit suffisamment acculé par le désespoir.