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Les Livres

Nox, Ici-bas (1), Yves Grevet

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 06 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jeunesse

Nox, Ici-Bas (1), Editions Syros, 4 octobre 2012, 420 p. 16,90 € . Ecrivain(s): Yves Grevet

Yves Grevet va combler les ados et les adultes amateurs de dystopies. Dans ce roman d’aventures trépidant, il dépeint un monde scindé en deux parties irréconciliables : dans la ville basse, on subit la nox, un brouillard qui répand l’obscurité et on survit comme l’on peut ; dans la ville haute, on vit bien, sans souci du lendemain. Lorsque les deux univers se rencontreront, cet équilibre se verra bouleversé.

Lucen réside dans la ville basse, il aide son père « rafistoleur » de métier. Pour espérer survivre, il faut marcher avec des capteurs d’énergie aux pieds ou pédaler pour produire la lumière si rare. Affaiblis, fragiles, les êtres humains de cette zone sinistrée doivent aussi se marier très jeunes : il faut avoir un enfant avant dix-sept ans ! Or, Lucen a un problème : son amoureuse Firmie ne veut pas se plier à cette règle et ses parents décident de lui imposer une autre fiancée, plus docile. En outre, ses amis de toujours sont en train de devenir de véritables ennemis : Gerges suit l’exemple de son père et s’engage auprès de la milice des Capsistes (Chacun A Sa Place), un groupe de soudards ultra-violents qui terrorisent la population, alors que Maurce prend parti pour les résistants, les Coivistes (Chacun Où Il Veut) qui militent pour l’ouverture des frontières entre les zones et le juste partage des richesses. Lucen va devoir choisir son camp : choisir entre Firmie et un avenir sans problème, choisir de soutenir l’un de ses amis contre l’autre.

Les trois vies d'Antoine Anacharsis, Alex Cousseau

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Jeudi, 06 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jeunesse, Le Rouergue

Les trois vies d’Antoine Anacharsis, septembre 2012, 336 p. 15,70 € . Ecrivain(s): Alex Cousseau Edition: Le Rouergue

 

Etrange récit que ce roman d’Alex Cousseau qui nous entraîne sur les traces de Taan, né en en 1831 au milieu des flots déchaînés du Cap Horn. Etrange parce qu’inclassable dans une catégorie bien définie ; il est tout à la fois, se transformant au fil des pages, transcendant les genres, parcourant le monde et croisant l’Histoire. Etrange, parce qu’au bout de la lecture, une mélodie indéfinissable nous reste en tête, parce qu’on est heureux de ce moment passé avec ces mots d’un optimisme rémanent.

Le roman se découpe en trois parties correspondant à trois vies différentes d’un même personnage ; trois identités d’un héros tendu vers un but unique, voire obsessionnel : découvrir le trésor de son arrière-grand-père, le célèbre pirate Olivier Levasseur, dit La Buse. Ce secret fabuleux est dissimulé sur un fin parchemin codé d’une symbolique complexe. Entre les tentatives de décryptage, les rencontres dangereuses dans les Caraïbes, les fissures rocailleuses emplies de pierreries, on retrouve toute la mythologie du récit de corsaires. Alors, Les trois vies d’Antoine Anacharsis, roman de flibuste ?

Lawrence d'Arabie, Michel Renouard

Ecrit par Stéphane Bret , le Mercredi, 05 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Folio (Gallimard)

Lawrence d’Arabie, novembre 2012, 320 p. 8,60 € . Ecrivain(s): Michel Renouard Edition: Folio (Gallimard)

 

Qui était vraiment Thomas Edward Lawrence, plus connu sous le nom de Lawrence d’Arabie, personnage rendu célèbre par l’interprétation de Peter O’Toole dans le film éponyme de David Lean.

Un homme à l’origine incertaine, nous dit Michel Renouard, dans la biographie qu’il consacre à ce personnage hors normes : T. E. Lawrence est né d’une relation adultère entre son père, Thomas Chapman, et une certaine Sarah Junner, gouvernante. La famille change de résidence, d’identité, et le jeune Thomas se nommera Lawrence, nom présumé du père de Sarah.

Jeune homme solitaire, ascétique, T. E. Lawrence manifeste un goût prononcé pour les siècles anciens et pour les humanités : le latin et le grec n’ont pas de secret pour lui, il traduit L’Odyssée d’Homère. Les croisades, la geste associée à cette période, le personnage de Richard Cœur de Lion, sont des marqueurs pour ce jeune homme qui délaisse les amitiés particulières, relativement répandues dans les Public Schools britanniques à cette époque, pour ne se consacrer qu’à la poésie, au rêve éveillé.

Le tireur, Glendon Swarthout (2ème recension)

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 04 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

Le tireur (The Shootist, 1975), traduit (USA) Laura Derajinski, octobre 2012, 199 p. 9,50 € . Ecrivain(s): Glendon Swarthout Edition: Gallmeister

« Ça doit faire longtemps que vous n’avez pas regardé un calendrier, Books. On est en 1901. Les jours anciens sont morts et enterrés et vous ne le savez même pas. Vous pensez que cette ville est juste un endroit comme les autres où faire régner une terreur de tous les enfers. Un enfer, c’en est un. Bien sûr qu’on a encore des saloons, des filles et des tables de jeu, mais on a aussi l’eau courante, le gaz, l’électricité et une salle d’opéra, on aura un tramway électrique d’ici l’année prochaine et on parle même de paver les rues. On a tué le dernier crotale dans El Paso Street il y a deux ans, dans un terrain vague ».

Lorsqu’il arrive à El Paso avec pour toutes possessions un cheval, une selle, ses colts, une montre, quelques vêtements dans une valise, un stetson, un coussin et un cancer de la prostate en phase terminale, John Bernard Books apparaît déjà comme un anachronisme dans un farwest qui entre de plain-pied dans le vingtième siècle. Depuis la mort ou la retraite de Wild Bill Hickok, John Wesley Hardin, Wyatt Earp et consorts, Books est le dernier tireur – manière pudique de dire tueur – légendaire à rouler sa bosse dans l’Ouest. Bloqué a El Paso par la maladie qui le ronge, il devient vite une attraction locale mais aussi une cible pour les rapaces qui entendent se faire un peu d’argent sur son nom et, surtout, une cible pour quelques tireurs ou aspirants tireurs de bas-étage déterminés à se faire un nom. Surtout, s’il sait bien qu’il ne vaincra pas le cancer, il entend au moins garder la main et choisir sa mort.

Françoise Sagan, ma mère, Denis Westhoff

Ecrit par Arnaud Genon , le Lundi, 03 Décembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Biographie, Arts, Flammarion

Françoise Sagan, ma mère, novembre 2012, 224 p. 35 € . Ecrivain(s): Denis Westhoff Edition: Flammarion

De Quoirez à Sagan : des images au-delà des clichés

 

La vie et l’œuvre de Françoise Sagan ont souvent, trop souvent été réduits à des clichés. Alcool, drogue, voitures, vitesse, jeux, argent, amis… Bien sûr, s’ils ont la peau dure, c’est que l’écrivain les a elle-même nourris, malgré elle, parfois. Les stéréotypes saganesques ont cela de fascinant qu’ils sont tout à la fois ceux auxquels on l’a réduite et contre lesquels elle ne s’est jamais véritablement défendue, ou de manière timide, amusée, légèrement agacée, au pire.

Les clichés photographiques ici donnés à voir, à lire ne démentiront pas cette image. Françoise Sagan a en effet eu cette enfance bourgeoise non dénuée cependant d’une certaine originalité due notamment à la figure paternelle. Les liens familiaux étaient solides et l’intimité qu’elle noua avec son frère Jacques ne fut jamais démentie. Elle a très tôt été happée par la littérature. Stendhal, Proust, Camus ou Sartre furent ceux pour lesquels elle voua une véritable admiration. Elle connut la gloire à vingt ans mais la vécut sans jamais la prendre au sérieux, avec un certain détachement, une ironie qu’incarnent si bien certains de ses personnages. Oui, elle aima les voitures et ce, dès son plus jeune âge, comme prédisposée…