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Les Livres

A l'ombre du jasmin, Ahmed Kalouaz

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 30 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Maghreb, La Brune (Le Rouergue)

A l’ombre du jasmin, Octobre 2012, 13 € . Ecrivain(s): Ahmed Kalouaz Edition: La Brune (Le Rouergue)

 

Ahmed Kalouaz écrit, « parce qu’il ne reste que ça à faire… cette vie avance, et un jour, on se dit que l’on écrit ».

Ce livre est le troisième opus d’une triade ; chaque livre égrainant une vie d’émigré. Donc, un essentiel pour la vie de nous tous… le quotidien de l’Algérien en France, son ressenti, sa mémoire, et, plus précieux que tout, son écriture ; l’écriture… Livre qui s’adresse aux siens, à la mère, bien sûr, et à ce qu’elle dévoile, à la fratrie : « si vous aviez résisté à la fièvre », leur dit-il, « j’aurais comme vous marché pieds nus, au lieu d’aller à l’école assez longtemps pour sortir du nombre, et guidé, à l’âge de huit ou dix ans, un âne, un mulet pour les travaux des champs, sort réservé à beaucoup d’enfants de ce milieu de siècle ». Car, ici, le vecteur de l’arrivée en France est à part dans le florilège habituel de l’émigration. Il y est allé de maladies, de l’obligation de protéger les enfants, et de la mort d’une fillette, la sœur inconnue, le jasmin du titre. « Tu es partie trois mois avant ma naissance » dit Ahmed à l’ombre de la sœur, « nous nous sommes connus, l’espace de trois saisons, un peu de printemps, un été de feu, un brin d’automne. J’ai touché terre dans ce cataclysme ».

Le voleur de cadavres, Patricia Melo

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 29 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Amérique Latine, Roman, Actes Noirs (Actes Sud)

Le Voleur de Cadavres. Trad. Du portugais (Brésil) par Sébastien Roy. 218 p. 19,80 € . Ecrivain(s): Patricia Melo Edition: Actes Noirs (Actes Sud)

 

Livre étrange et fort, bousculant tous les archétypes du roman noir, le voleur de cadavres interroge sur la frontière ténue qui sépare le bien et le mal chez des personnages pourtant bien « gentils », presque touchants d’humanité.

Première surprise, le cadre de l’histoire. Loin des villes grondantes, du bitume mouillé, des néons blafards et des truands. Le narrateur/héros de l’histoire a quitté la ville qu’il ne supportait plus, Sao Paulo, pour se reposer dans une sorte de paradis terrestre, le Pantanal, dans le Mato Grosso à l’ouest de Brésil. Paradis écologique qui constitue l’écosystème le plus dense de la planète, avec un réseau extraordinaire de cours d’eau et de lacs, des forêts somptueuses et une faune d’une richesse exceptionnelle.

Notre homme va à la pêche sur le fleuve Paraguay. Il fait un temps splendide. Tout est paisible. Soudain un petit avion se fait entendre, tombe dans le fleuve nez en avant, et se plante dans l’eau devant notre pêcheur ébahi.

La légende véritable du roi d'Orient ou le second voyage, Jean-Sébastien Blanck

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 29 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

La Légende véritable du roi d’Orient ou le second voyage, tome 1, illustré par Esteban Sáenz de Tejada, Alzabane éditions 2012, 105 p. 15 €. . Ecrivain(s): Jean-Sébastien Blanck

 

Après une jolie revisitation de l’Odyssée à travers les aventures d’un chat malicieux et plein de ressources, Jean-Sébastien Blanck nous propose un roman d’aventures historique, un second voyage, inspiré cette fois des récits et légendes du Moyen-Âge, un « voyage fantastique et initiatique ». Il « nous conte l’aventure de Thierry, un jeune paysan du village d’Hautpoul qui accompagna en Terre sainte le chevalier Guillaume, dont il était l’écuyer. » Il est dit que Thierry devint roi, roi d’Orient, sous le nom de Thierry le Hardi.

 

Le jeune lecteur se retrouve dans une ambiance de veillée, conduit par la voix du conteur et les illustrations chaleureuses d’Esteban Sáenz de Tejada, plongé dans l’action dès les premières pages.

La moitié du paradis, James Lee Burke

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 28 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/Thriller

La moitié du paradis (Half of Paradise, 1965), trad. de l’anglais (USA) par Olivier Deparis, octobre 2012, 302 p. 20 € . Ecrivain(s): James Lee Burke Edition: Rivages/Thriller

 

 

« Dieu lui-même se tue en chaque feuille qui vole,

Et mieux vaut l’enfer que la moitié du paradis ».

 

C’est sur ces vers du poète américain Edward Arlington Robinson, qui lui donnent son titre, que s’ouvre le premier roman de James Lee Burke (datant de 1965) enfin traduit en France par les éditions Rivages. Exercice souvent un peu vain et servant juste la plupart du temps à placer l’auteur sous le signe d’un bien meilleur que lui (généralement Shakespeare dont on se demande parfois s’il n’a pas écrit que pour cela), l’épigraphe est ici, pour une fois, totalement justifiée en ce qu’elle donne réellement le ton de l’histoire qui va suivre.

Dictionnaire érotique de l'argot, Georges Lebouc

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 28 Novembre 2012. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

Dictionnaire érotique de l’argot, Editions Avant-propos, 2012, 16,95 € . Ecrivain(s): Georges Lebouc

 

J’ai eu le pépin pour ce livre aux pages de papier glacé agréables au toucher qui m’a séduit a priori par la qualité de son édition, par son titre, et par l’illustration suggestive de sa couverture.

La marchandise est indiscutablement racoleuse : dans toute librairie où elle se met en vitrine, elle vous joue son pousse-au-vice sans que le libraire ait besoin de se transformer en barbillon et d’envoyer sa caissière, qu’il a évidemment recrutée pour son physique de corvette gironde ballottée de première, faire son persil comme une vulgaire ambulante sur le macadam du trottoir de sa boutique pour y lever les clilles.

Une fois qu’il a sorti ses carrés de soie, n’importe quel micheton peut l’embarquer, et l’enflure alors a toute liberté de se la farcir à domicile ou sur un banc public sans pour autant passer pour un Mozart de la fourrette.

Et si c’est une bombasse qui l’emballe, rien ne l’oblige à se l’envoyer à la maison tire-bouton : ce n’est pas parce qu’elle en prendra son fade dans le métro ou dans la salle d’attente de son gynéco qu’on la soupçonnera d’être de la garde nationale !