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Les Livres

La déesse des petites victoires, Yannick Grannec

Ecrit par Olivier Bleuez , le Mercredi, 31 Octobre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Anne Carrière

La Déesse des petites victoires, août 2012, 470 pages, 22 € . Ecrivain(s): Yannick Grannec Edition: Anne Carrière

 

 

Kurt Gödel est un mathématicien génial, auteur d’un des plus célèbres théorèmes mathématiques du XXe siècle : le théorème d’incomplétude. Pour simplifier honteusement : tout système axiomatique est incomplet dans le sens où l’on pourra toujours trouver une proposition indécidable, c’est-à-dire qu’il sera impossible de démontrer qu’elle est vraie ou fausse. C’était aussi une personnalité très perturbée dont la vie a constamment flirté avec la folie pour finir par y plonger complètement : Gödel s’est laissé mourir de faim de peur d’être empoisonné. Yannick Grannec nous emmène dans une maison de retraite en 1980, quelques années après la mort de Gödel, auprès de sa veuve, dépositaire des papiers personnels de Gödel : notes, réflexions, démonstrations… C’est Anna, vingt-huit ans, documentaliste à Princeton, qui est chargée d’approcher l’irascible veuve de Gödel pour la persuader de remettre les archives personnelles du génie (Nachlass : « succession », au sens d’héritage intellectuel) au prestigieux institut de Princeton : l’IAS.

Lever de rideau sur Edward Hopper, Karin Müller

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 31 Octobre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Arts

Lever de rideau sur Edward Hopper, Editions Barley- Guéna, 2012, 112 pages, 9 € . Ecrivain(s): Karin Müller

 

 

« Il n’est pas difficile de peindre une scène ou un motif. Ce qui est difficile, c’est d’exprimer une pensée par la peinture. La pensée est fluide, mais ce que vous appliquez sur la toile est concret, et cette résistance tend à diriger la pensée ». Edward Hopper

 

Octobre 2012. Le coup d’envoi est donné au Grand Palais de Paris et c’est le photographe Ferrante Ferranti qui a eu carte blanche pour monter la nouvelle exposition sur Edward Hopper. Des amis de Josephine et Edward Hopper (Bryan et Barbara O’Doherty) ont décrit cette exposition comme « la plus belle et la plus éloquente sur Edward Hopper, qu’ils n’aient jamais vue ». Bryan, critique d’art et ami de l’artiste, est également venu à Paris pour y présenter son film Hopper’s silence.

Charles, prisonnier du Cyclope, Alex Cousseau

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mardi, 30 Octobre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Seuil Jeunesse

Charles, prisonnier du cyclope, 20 septembre 2012, illustré par Philippe-Henri Turin, 40 p. 19,90 € . Ecrivain(s): Alex Cousseau Edition: Seuil Jeunesse

Ouf, deux ans plus tard arrive enfin le deuxième tome des aventures de Charles le petit dragon, qui, après avoir appris à voler et cracher du feu (Charles à l’école des dragons, ibid.), poursuit son apprentissage du vaste monde. Tout comme le jeune lecteur d’ailleurs, abasourdi par des mots aussi iconoclastes que « Balbuzard » ou « troglodytes ».

C’est dire que l’imagination de notre tandem d’auteur/illustrateur va loin. Dès la première page, nous sommes transportés dans un spectaculaire univers aux couleurs chamarrées et envahissantes (ouvert, l’album se déploie quand même sur 60 cm x 40 cm… De quoi muscler les bras des plus petits !).

Comme hypnotisés par l’iris vert et mordoré du jeune dragon, nous partons pour un long périple initiatique du Nord au Sud de l’Europe ; car c’est bien connu, « les voyages forment la jeunesse » ! A l’instar d’Ulysse, qui ne désirait qu’Ithaque, Charles cherche désespérément des amis dans tous les cieux. Il parcourt les nuées gelées des pôles et les mers de glaces hostiles, où il tente vainement sa chance auprès de morses mafflus et d’Inuits rageurs qui font fi d’un si encombrant compagnon. Notre ami, pas découragé pour deux sous, poursuit sa quête tout en égrenant ses vers de mirliton sous les étoiles. Car Charles est le dragon « aux semelles de vent » de la littérature enfantine. Tout est prétexte à rimer, même les déconvenues, et c’est en déclamant qu’il quitte cet ingrat et glacial pays pour se réchauffer le cœur en Sicile.

Chez les fous, Albert Londres

Ecrit par Sophie Galabru , le Lundi, 29 Octobre 2012. , dans Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Editions de Londres

Chez les fous, 78 p. 0,99 € (téléchargeable) . Ecrivain(s): Albert Londres Edition: Editions de Londres

 

« Loi de 38 secret professionnel vous ne verrez pas la vie des fous (…) alors j’ai cru qu’il serait plus commode d’être fou que journaliste ».

 

Voici résumés le ton, la forme, la démarche journalistique et poétique d’Albert Londres. Nous pourrions dire que ce livre se veut être l’investigation d’un journaliste sur le milieu psychiatrique et asilaire du début du XXe siècle, où l’on trouve quelques données statistiques, quels constats effarants sur la cruauté des conditions et des traitements – camisoles, ceintures de force, cordes coûtant moins cher que des baignoires, on ligote au lieu de baigner –, des observations philosophiques sur la place sociale du fou, un certain point de vue politique lui-même sur ce que le traitement de la folie révèle d’une civilisation. Mais après tout ce n’est pas seulement pour cela que vous lirez ce livre, il y a tout ceci et plus que ceci. Albert Londres exerce un journalisme tout particulier où se mélangent l’observation personnelle, voire affective, une ironie et beaucoup d’humour, un récit oscillant entre l’observation et la narration romanesque, toujours porté par la poésie des fous dont il relate la parole.

Inséparables, Alessandro Piperno (2ème recension)

Ecrit par Etienne Orsini , le Lundi, 29 Octobre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Italie, Editions Liana Levi

Inséparables, trad. italien Fanchita Gonzalez-Batlle 2012, 394 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Alessandro Piperno Edition: Editions Liana Levi

Deuxième volet de la trilogie Le feu ami des souvenirs, Inséparables nous replonge dans l'univers familial des Pontecorvo.

Quelque trente années après la damnation de Leo, leur père, persécuté et diffamé par une fillette de 12 ans (voir Persécution), Filippo et Samuel tentent de tracer leurs routes.

L'aîné, marié à la fille d'un homme richissime, mène une existence plutôt indolente, jusqu'au jour où il est repéré pour son talent de dessinateur de B.D. L'adaptation de son œuvre au cinéma connaît alors un vif succès et se voit nominée pour le Festival de Cannes.

Semi, quant à lui, a été embauché par le père d'Eric, un magnat du commerce de coton, qui a placé en lui tous ses espoirs (de fait, que pourrait  attendre celui-ci de son toxicomane de fils ?). Semi mène donc une carrière internationale de brillant négociant entre Rome, Milan, New-York et l'Asie Centrale.

D'un point de vue sentimental, tout semble opposer également les deux frères : Filippo fuit son épouse névrosée et ouvre grand son lit à ses admiratrices. Le second, atteint d'impuissance, mène une vie des plus chastes avec sa fiancée Silvia... lorsqu'une groupie de Filippo, Ludovica, fait irruption dans son quotidien.