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Les Livres

C'est dans la boîte, Frédéric Ernotte

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 08 Octobre 2012. , dans Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

C’est dans la boîte, Editions Avant-propos, 252 p. 18,95 € . Ecrivain(s): Frédéric Ernotte

Un « policier », bien noir, et belge – il y a de l’humour, comme seuls ces gens-là savent le cuisiner. Un livre mené tambour battant, sans vous laisser le temps de reprendre souffle ; il fait froid, il fait noir, et le cadavre mène la danse – macabre, évidemment. Vous voulez autre chose : une construction aux petits oignons, en abîme, en labyrinthe ; des retournements de situation digne de la cour des presque très grands. Du frisson, comme s’il en pleuvait. Il en pleut ! Bref, jouissif. Le polar qu’on ouvre et qu’on ne ferme pas avant la fin ; l’aristocratie du genre, avec ce je ne sais quoi qui ne se prend pas au sérieux, ce qui fait, en sus, plaisir.

L’époque est bien la nôtre, banale, ambiance speedée de trentenaires : « Je suis dans la fleur de l’âge. 35 ans et une santé de fer ! Une santé à faire des mélanges d’alcool plus fourbes les uns que les autres. Soyez rassurés, je reste droit comme un « I ». Je vous l’accorde, un « i » écrit en italique, la plupart du temps ».

Nous sommes dans le délicat et délicieux milieu de policiers – brigade criminelle, qui n’en mènent pas large – ça nous change des représentations habituelles des super héros – car un psychopathe leur abat, et avec quelle raffinement ! leurs collègues. Un sinistre et réjouissant pour nous, jeu de dominos infernaux. On les entendrait presque tomber dans un cliquetis de film d’horreur :

Zhang, le peintre magicien, Pascal Vatinel

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 08 Octobre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse, Actes Sud Junior

Zhang, le peintre magicien, illustrations Peggy Adam, août 2012, 112 p. 7,70 € . Ecrivain(s): Pascal Vatinel Edition: Actes Sud Junior

Dans la veine des contes traditionnels chinois, comme celui du pinceau magique, voici une très belle histoire tissée de la série « Fleur de Printemps », du même auteur, cette fois autour de l’art de la peinture sur soie. L’histoire est racontée par le grand-père Lao Cheng, à sa petite-fille Fleur de Printemps, alors qu’elle s’exerce à la calligraphie sous sa conduite.

 

« – Peur, dis-tu ? Quel mot dois-tu tracer ?

– “Paix”.

– Alors, le seul moyen de bien l’écrire est que tu te sentes toi-même paisible. Si tu as peur, ton cœur ne pourra guider correctement ta main. Penses-y ».


Une belle histoire vaut souvent mieux qu’un grand discours, aussi pour lui faire comprendre la base essentielle de cet art, il se met donc à lui raconter l’histoire de Zhang, le peintre magicien.

Inventaire illustré des arbres, Virginie Aladjidi, Emmanuelle Tchoukriel

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Dimanche, 07 Octobre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Albin Michel, Jeunesse

Inventaire illustré des arbres, septembre 2012, 72 p. 15,10 € . Ecrivain(s): Virginie Aladjidi, Emmanuelle Tchoukriel Edition: Albin Michel

Profitons de l’automne, alors que les arbres se parent de leurs plus belles couleurs, pour faire découvrir leur variété et leurs particularités. Dans ce sublime inventaire, au charme désuet et à la précision scientifique, les jeunes lecteurs vont pouvoir s’initier à l’art de l’inventaire arboricole, apprendre à reconnaître essences, feuilles et fruits. Aidés par un précis de vocabulaire illustré, nos naturalistes se voient proposer un parcours dans un arboretum idéal où les feuillus de nos campagnes jouxtent les essences asiatiques ou africaines, où le frangipanier côtoie le mélèze ou l’olivier.

Les planches à l’aquarelle d’Emmanuelle Tchoukriel sont d’une grande finesse et dégagent une sereine poésie. Virginie Aladjidi les annote et présente chaque arbre ou arbuste de façon concise tout en ciblant quelques détails surprenants, propres à marquer les mémoires. Ainsi, la feuille du ginkgo est-elle « constituée d’épines collées les unes aux autres » ; de ce fait, il n’est « ni feuillu, ni conifère ». Les baies du sorbier des oiseleurs, mangées par les oiseaux, voient leurs graines disséminées grâce à leurs fientes. « L’aulne est parfois associé à la mort, sans doute parce que son bois devient rouge sang quand il est abattu et qu’il servait à fabriquer des gibets ». Taille, longévité, forêt d’origine et animaux associés se trouvent indiqués.

Les en dehors. La liberté pour horizon, Stéphane Beau

Ecrit par Olivier Verdun , le Samedi, 06 Octobre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Les en dehors. La liberté pour horizon, Éditions du Petit Pavé, novembre 2011, 186 p. 18 € . Ecrivain(s): Stéphane Beau

 

Avec Les en dehors, Stéphane Beau publie son troisième roman qui s’inscrit explicitement dans la veine de quelques-uns de ses auteurs favoris – Henry David Thoreau dans Walden, Ernst Jünger dans Eumeswill, Cormac McCarthy dans La Route et, en filigrane, Albert Camus dans La Peste. Le livre n’est pas non plus sans rappeler le film de Sean Penn, Into the Wild.

L’auteur opte du début à la fin pour une écriture on ne peut plus limpide qui rend la trame narrative facile à saisir. Une épidémie de peste birmane sème la mort et la désolation derrière elle. Aucun antibiotique ne réussit à enrayer son inexorable progression dans toute l’Europe : « Les frontières se fermaient les unes après les autres et chaque gouvernement faisait de son mieux pour limiter la casse et éviter la panique ».

Léopold Fort, un ancien libraire qui a tout plaqué pour se retirer, seul, avec son amour des livres et sa misanthropie, dans une bicoque en ruine sise au milieu de nulle part, se prend d’affection, à son insu, pour Colas, un orphelin de sept ans qu’il croise par hasard et dont il sauve la vie in extremis.

L'expérience Oregon, Keith Scribner

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Vendredi, 05 Octobre 2012. , dans Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman, Christian Bourgois, La rentrée littéraire

L'expérience Oregon (The Oregon Experiment), septembre 2012, trad. USA Michel Marny, 526 p. 21 € . Ecrivain(s): Keith Scribner Edition: Christian Bourgois

 

A quoi tient le malaise, agaçant, qui s’installe et persiste à la lecture de ce livre ? Probablement à une question qui reste sans réponse. Quel en est l’objet ?

Un couple new-yorkais vient s’installer loin, très loin de la grande Cité : dans l’Oregon. Il est professeur d’université, spécialisé dans l’histoire des mouvements politiques, en particulier sécessionnistes. Elle, était un « nez » ! Oui un nez, une spécialiste de l’olfaction, employée avec un succès considérable dans la fabrication des parfums. Mais voilà : à la suite d’un choc à la tête elle a perdu tout sens olfactif. Elle souffre de ce que la médecine appelle « anosmie ». Elle en est fortement déprimée et la décision de l’exil rural en est une conséquence.

On se prend à penser que le sujet du roman est justement l’exil rural pour des citadins shootés au CO2.

« New-York manquait à Naomi. Elle appelait trop souvent ses vieux amis. Elle lisait les pages Arts du Times avec trop d’attention. Elle se retrouve à attendre au coin des rues du centre-ville que passe un bus dont elle pourrait humer une bouffée brûlante de gaz d’échappement. Un marteau piqueur, un klaxon, même le plus petit bouchon l’apaisaient comme une odeur de son enfance. »