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Critiques

Le Voyage du Dité, Bruno Edmond

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 22 Mars 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Les Vanneaux

Le Voyage du Dité, 2012, 438 pages, 25 € . Ecrivain(s): Bruno Edmond Edition: Les Vanneaux

 

Embarquez sur le Dité.

Votre voyage sera une

envolée de l’âme (certes

douloureuse par endroits,

mais d’une richesse de silex

nu).

 

Soyez frères des chuchotements

et des cris qui ont été soufflés par

toutes les bouches qu’a dessinées

Dante.

La mort préfère Ava, Maïté Bernard

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 22 Mars 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Syros

La mort préfère Ava, août 2013, 280 pages, 16,90€ . Ecrivain(s): Maïté Bernard Edition: Syros

 

 

Comment se consacrer à sa vie d’adolescente lorsque l’on peut voir les morts et que des fantômes ne cessent d’apparaître, interrompant vos activités et vos discussions les plus privées ? Avec bien des difficultés, comme le démontre le quotidien d’Ava.

Notre héroïne se trouve sur l’île de Guernesey pour des vacances bien remplies. Initiée à son rôle de consolateur dans le précédent volume, la jeune fille doit participer à sa première assemblée annuelle des consolateurs de fantômes. Elle poursuit également, en compagnie de Cécilia Watson, sa formatrice, son recensement des fantômes des îles britanniques et sa présentation des groupes de consolation pris en charge par les fantômes volontaires.

Quand on s’appelle Simone, Corinne Naa

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 21 Mars 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, La Grande Ourse

Quand on s’appelle Simone, février 2014, 192 pages, 17 € . Ecrivain(s): Corinne Naa Edition: La Grande Ourse

 

Toutes les familles possèdent leurs particularités, leurs habitudes, leurs loufoqueries et leurs secrets bien préservés. Pour Simone, la destinée semble s’être surpassée lorsqu’elle lui a offert en partage la famille Molière. Bien loin des planches et de la littérature, Simone grandit entre deux parents flics et une grand-mère singulière mais aimante, guérisseuse à ses heures.

Gino, le père, un géant roux collectionneur de couteaux et obsessionnel de la sécurité, a bien du mal à faire se côtoyer dans le même pavillon sa culturiste de femme Gisèle et sa forte tête de mère. Dans ce petit monde, les détails font tout et apportent une touche d’humour réussie au récit : les billets de banque mouillés de la grand-mère, les petits noms donnés aux objets par le père, l’odeur pestilentielle d’une maîtresse d’école peu portée sur l’hygiène corporelle… On s’attache aussi à cette petite qui avance comme elle peut dans la vie, pas douée pour grand-chose, sans réelle passion mais qui n’a pas sa langue dans sa poche.

Démolition, Jean-Christophe Belleveaux

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 21 Mars 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Carnets du dessert de lune

Démolition, illustrations d’Yves Budin, 2013, 78 pages, 11 € . Ecrivain(s): Jean-Christophe Belleveaux Edition: Carnets du dessert de lune

 

Démolition de Jean-Christophe Belleveaux se lit une fois puis se relit, en espérant cette fois en ressortir moins essoufflé. Démolition aurait pu aussi bien s’intituler débordements et suffocation, car il s’agit principalement ici d’évacuer un trop-plein, comme annoncé dans la première phrase du recueil, en italique, comme l’auteur se citant lui-même :

Le monde est trop plein, ma poitrine en déborde

Pas de majuscule, on y entre de plain-pied ou comme un de ces pavés dans la mare et les retours à la ligne n’ont rien de convenu, mais donnent le ton saccadé qui nous place d’emblée dans la tête de l’auteur, comme à bord d’un véhicule à embarquement immédiat. Nous voilà secoués, soubresautés, subissant des embardées avec toutefois quelques moments où le trajet semble s’apaiser mais pas pour longtemps. Le chemin n’a rien d’une autoroute, mais bien plutôt un de ces chemins de terre, pleins de trous et de bosses, qui mènent on ne sait où, l’idée même d’une destination étant hors de propos.

Poésie de langue française, anthologie thématique, Jean Orizet

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 20 Mars 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Le Cherche-Midi

Poésie de langue française, Anthologie thématique, novembre 2013. 633 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Jean Orizet Edition: Le Cherche-Midi

 

« Pourquoi lire la poésie ? Pour vivre mieux et plus haut »

Jean Orizet conclut ainsi sa préface. Et le talent qu’il déploie à travers ces 650 pages de bonheur nous apporte la conviction qu’en effet les poèmes sont une formidable source de vie et de plaisir.

Une anthologie poétique – il y en a tant – est toujours une entreprise périlleuse. La subjectivité des choix porte en elle l’omission, la sur-citation, parfois même la rengaine. Et cette anthologie n’échappe pas à ce pli : et à ceux qui se demanderont pourquoi citer encore Le pont Mirabeau, Il n’y a pas d’amour heureux, Harmonie du soir ou une allée du Luxembourg, il faudra répondre que c’est parce qu’il s’agit d’urgences sans cesse répétées ! On soupçonne, dans ces choix précis, le maître d’œuvre de se faire un plaisir tout personnel. Mais peut-on le lui reprocher vraiment ? L’anthologie est d’abord une affaire de plaisir personnel tout compte fait. Et dans ce plaisir que le lecteur fait son chemin et trouve le sien.