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Critiques

Omaha, Norman Ginzberg

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Jeudi, 26 Juin 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Héloïse D'Ormesson

Omaha, juin 2014, 320 pages, 19 € . Ecrivain(s): Norman Ginzberg Edition: Héloïse D'Ormesson

 

Pour son second roman, Norman Ginzberg abandonne le western et nous plonge dans l’enfer de la Seconde Guerre mondiale. Omaha Beach, le 6 juin 1944.

Deux frères, Walton et Karl Zimmermann, enfants d’une famille d’Allemands émigrés aux Etats-Unis, vont se retrouver dans cette bataille décisive pour le sort du conflit. Frères de sang certes, mais frères d’armes en aucun cas, chacun ayant choisi radicalement son camp. Pour l’aîné, Karl, l’intellectuel et le fils brillant adulé par ses parents, un séjour en Allemagne chez un oncle le convainc d’adhérer aux jeunesses hitlériennes et d’épouser la doctrine du national-socialisme. Quant à Walton, il brille plus au base-ball qu’aux études, préfère la compagnie des filles à celle des livres, et gagne sa vie en vendant des voitures à Chicago.

Séparés depuis 1938, ce 6 juin 1944, le destin va faire se croiser leurs routes en cette Normandie qu’ils découvrent à tour de rôle : Karl aux commandes d’une colonne de chars de la 12e Panzer SS, Walton, simple soldat dans son bataillon du 16e RCT, l’une des huit premières compagnies américaines à débarquer sur les côtes normandes.

Billie H., Louis Atangana

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 26 Juin 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Jeunesse, Le Rouergue

Billie H., mars 2014, 128 pages, 10 € . Ecrivain(s): Louis Atangana Edition: Le Rouergue

 

Eleonora a presque 10 ans. Nous sommes en 1924, à Baltimore, en pleine ségrégation. Cette petite fille noire qui a déjà l’apparence d’une adolescente, s’est juré de ne plus remettre les pieds à l’école où l’institutrice, qui voit en elle un véritable démon, lui a asséné une humiliation terrible : parler en classe de son père. Or, Eleonora vit seule avec sa mère Sadie qui fait de son mieux pour assurer leur quotidien entre boulot et soûleries. Son père, après la guerre en Europe, a disparu, devenu musicien dans un band.

Eleonora fait donc son apprentissage en solo et dans la rue. Elle chaparde, elle joue des poings, sympathise avec de jeunes voyous et gagne leur respect. Elle a un sacré caractère, cette gamine et elle sait ce qu’elle veut ! Son rêve est de retrouver son père et de chanter. Mais avant cela et peut-être pour cela, il lui faudra vivre bien des situations difficiles. Violée puis emprisonnée dans une maison de redressement car un juge blanc voit en elle une coupable et non une victime : « La négraille, la racaille devait bien se tenir. Fallait agir fermement ». Perdue seule dans New York avant d’être placée dans un bordel par sa propre mère… Pourtant, Eleonora trouve la voie de sa rédemption en découvrant les clubs de jazz et en se mettant à chanter.

Ninive, Henrietta Rose-Innes

Ecrit par Anne Morin , le Mercredi, 25 Juin 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Afrique, Roman, Zoe

Ninive, traduit de l’anglais (Af-Sud) par Elisabeth Gilles, avril 2014, 282 pages, 20 € . Ecrivain(s): Henrietta Rose-Innes Edition: Zoe

 

« Des chenilles ? Facile, pensa Katya. Même celles-ci, qui recouvrent l’arbre du tronc jusqu’à la cime, en grappes serrées, leurs poils orange tout tremblotants. Les chenilles, elle en fait son affaire.

Mais cet arbre qui se tortille, quel étrange spectacle tout de même : un arbre gangrené. Surtout ici, avec cette pelouse parfaite qui descend jusqu’à la grande maison blanche en contrebas, entre des parterres de fleurs bien taillés piquetés de rose et de bleu. Sur le côté, juste dans son angle de vision, un jardinier tond le bord de la pelouse, les yeux sur Katya et le garçon, pas sur sa cisaille. En arrière-plan, se dresse la Constantiaberg. C’est un jour d’automne, frais mais clair. Les montagnes font leur âge, ridées, usées et écrasées par un ciel exubérant. Belle journée pour une garden-party.

Au centre du tableau, il y a pourtant cette chose abominable. Cet unique arbre emmailloté d’une couche de matière invertébrée, d’une multitude de corps à pointes molles couleur de sucre brûlé. On dirait que l’arbre entier a été dévoré et remplacé par une réplique grossière de lui-même tout en chair de chenilles » (p.9).

Les mécanos de Vénus, Joe Lansdale

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 25 Juin 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Denoël

Les mécanos de Vénus (Savage Season, 1990), traduit de l’anglais (USA) par Bernard Blanc, mai 2014, 237 p. 19,90 € . Ecrivain(s): Joe Lansdale Edition: Denoël

 

Enfin. Le voilà donc le tout premier épisode des aventures de Hap Collins et Leonard Pine, les deux texans de Joe R. Lansdale, que l’on attendait désespérément depuis la parution française de L’arbre à bouteilles il y a maintenant 14 ans. Ce sont les éditions Denoël, qui éditent Lansdale depuis Diable rouge, paru l’an dernier, qui ont eu cette bonne idée et l’on ne peut que saluer cette initiative qui nous permet de retourner aux sources de cette série de romans et de lever le voile sur les allusions à cette première aventure qui parsemaient L’arbre à bouteilles et Le mambo des deux ours.

C’est dans un champ de roses de l’East Texas que l’on découvre donc Hap Collins, quadragénaire blanc, hétérosexuel, démocrate, rétif à l’autorité et qui, vingt ans plus tôt a préféré la prison au Vietnam, et son ami Leonard Pine, ancien combattant, républicain, noir et homosexuel. Entre deux séances de ball-trap et de hapjitsu, les deux potes vivent une vie tranquille jusqu’à l’arrivée, ou plutôt au retour, de Trudy, l’ex-femme de Hap, qui semble n’avoir jamais quitté les sixties et continue à militer dans divers groupuscules écolos.

Les chuchoteurs. Vivre et survivre sous Staline (Volume 1), Orlando Figes

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mardi, 24 Juin 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Iles britanniques, Folio (Gallimard), Histoire

Les chuchoteurs. Vivre et survivre sous Staline (Volume 1), traduit de l’Anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, février 2014, 592 pages, 10 € . Ecrivain(s): Orlando Figes Edition: Folio (Gallimard)

 

L’ennemi intime


Les chuchoteurs fait table rase avec une certaine idée persistante qui veut que le communisme de dictature soit une erreur d’interprétation des théories marxistes.

Le texte « mal interprété » a accouché une monstruosité, le stalinisme, et cependant, on ne saurait imputer la faute à la pensée de Karl Marx. Cette pensée a été critiquée dans les années 70 par le courant « des nouveaux philosophes » dont faisaient partie les noms comme André Glucksmann ou encore Bernard-Henri Lévy. Ce nouveau courant montrait l’inadéquation entre le texte, la théorie, et la mise en application du système communiste en tant que régime politique. Plus encore, il exposait les faits commis sous le stalinisme.