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Critiques

On voit tes fesses, Vincent Malone et Vincent Boudgourd

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 23 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Seuil Jeunesse

On voit tes fesses, mars 2014, 48 pages, 16 € . Ecrivain(s): Vincent Malone et Vincent Boudgourd Edition: Seuil Jeunesse

 

Quoi de plus réjouissant que de voir en pleine page ce dont on doit taire le nom ? Quoi de plus jouissif que d’éclater de rire face à une situation incongrue ? Et qu’en plus se dévoile cette partie méprisée de notre anatomie : les fesses ? Les jeunes lecteurs vont adorer cet album culte, commis par le duo Malone et Boudgourd.

Sur chacune des pages de cet album très grand format – qui est déjà un vrai régal à voir et à manipuler –, est saisie au vol une apparition de ces appendices charnus, croqués par le trait brouillon, excessif et rétro de l’illustrateur que nous avions déjà croisé avec le Zarbi Zoo. Quant à l’auteur, il se déchaîne, se surpasse, délaissant brièvement Kiki ou ses revisitations de contes.

En quelques phrases au ton sobre et journalistique, maniant un vocabulaire des plus châtiés, Vincent Malone, maître ès humour, apporte la légende de ces arrêts sur image désopilants et leur refrain impayable : « On voit tes fesses ! ». Le contraste obtenu entre le sérieux des textes et l’apparition saugrenue des fesses dans des contextes tout à fait inattendus, constitue une source de comique inépuisable.

Journal d’un étranger à Paris, Curzio Malaparte

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 22 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Biographie, Récits, La Table Ronde

Journal d’un étranger à Paris, mars 2014. 350 p. 8,70 € . Ecrivain(s): Curzio Malaparte Edition: La Table Ronde

 

Ce livre de mémoires couvre une période précise de la vie de Malaparte, l’immédiat après-guerre 39-45. Elles sont rédigées en français pour l’essentiel, mais certains passages sont en italien (traduits ici bien sûr).

Curzio Malaparte nous offre ici un livre conforme à l’image que nous avons du personnage : traversé de contradictions, d’élans les plus nobles jusqu’aux sentiments les plus inavouables.

Ce journal est dans tous les cas passionnant. Paris foisonnant – juste après guerre – d’idées, de passions, de personnages célèbres, de débats et d’affrontements idéologiques et esthétiques. Sur les pas de Malaparte, revenu dans « son » Paris après 15 ans d’absence et un internement politique sous Mussolini en Italie, nous croisons le tout-Paris intellectuel et artistique. Malraux, Camus, Mauriac, Louise de Vilmorin, Nimier, Orson Welles et tant d’autres. C’est la vie des salons, où chacun veut briller à sa manière : provocations, minauderies, péroraisons.

Eloge de l’esquive, Olivier Guez

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 22 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Récits, Grasset

Eloge de l’esquive, mai 2014, 107 pages, 13 € . Ecrivain(s): Olivier Guez Edition: Grasset

 

« … dans l’imaginaire collectif, le Brésil est le football, le football, brésilien, et les dribbleurs, les héritiers de Garrincha, les étoiles filantes de ce football champagne, le futebol arte. Contrôle, feinte(s), provocation, jaillissement, percussion, au suivant, nouvelles ruses, simulation, le défenseur est dans le vent ».

Jaillissement de la littérature : les mots filent sur la page, les verbes rebondissent, les phrases se glissent entre les mains du lecteur, elles retrouvent leur liberté première, leur foisonnement, leur éclat, leur joie naturelle ombrée de nostalgie, leur histoire, c’est l’art du roman qui danse sur ses deux pieds.

Du pied droit pour commencer, dernière esquive de « l’ange aux jambes tordues », la plus noire, Mané Garrincha, « le dribbleur fou, le plus génial et le plus improbable de l’histoire » vient de mourir terrassé par l’alcool, paix à son âme, et paix à l’âme de tous les jongleurs brésiliens. Nous sommes en 1958, c’est-à-dire aujourd’hui, les dribbleurs de la Seleção mettent en musique la Coupe du monde, leur Coupe du Monde, Garrincha se glisse dans le costume de Charlie Parker et ses adversaires perdent la tête, ils n’ont jamais entendu ça, ils n’ont jamais vu ça, ils ne peuvent pas suivre cette révolution de l’esquive.

Je suis le Libanais, Giancarlo De Cataldo

Ecrit par Yan Lespoux , le Jeudi, 22 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, Roman, Métailié, Italie

Je suis le Libanais (Io sono il Libanese, 2012), traduit de l’italien par Paola de Luca et Gisèle Toulouzan, mai 2014, 127 p. 14 € . Ecrivain(s): Giancarlo De Cataldo Edition: Métailié

 

 

1976. Dans la cour de la prison où il purge une petite peine, le Libanais sauve la vie du neveu d’un boss de la Camorra. Pour l’ambitieux jeune truand romain, cet acte quasi fondateur est peut-être un marchepied vers le pouvoir. D’autant plus que l’oncle de l’homme qu’il a sauvé est prêt à le mettre sur un gros coup, un trafic de drogue qui pourrait s’avérer très lucratif. Mais il faut d’abord investir et, au sortir de la prison, remettre sa bande en ordre de marche afin de faire rentrer l’argent qui permettra à ces jeunes loups aux dents longues de se faire un nom dans la pègre romaine.

Après Romanzo Criminale et La saison des massacres, Giancarlo De Cataldo revient donc vers les personnages qui ont fait son succès et poursuit la peinture de sa fresque criminelle romaine en revenant aux origines.

Jimi Hendrix, Mémoire d’outre-monde, Peter Neal, Alan Douglas

Ecrit par Guy Donikian , le Mercredi, 21 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Biographie, Jean-Claude Lattès

Jimi Hendrix, Mémoire d’outre-monde, traduit par Claire Breton, novembre 2013, 22,90 € . Ecrivain(s): Peter Neal, Alan Douglas Edition: Jean-Claude Lattès

 

La notoriété, l’importance historique, l’empreinte indélébile d’un individu ne peuvent suffire à donner naissance à l’écriture d’un livre qui fera date. D’aucuns soupireront en disant qu’il n’y a là qu’un livre de plus sur ce musicien génial qu’était Jimi Hendrix, que tout a été dit et que ces parutions n’ont pour but que l’importance d’un tirage lucratif. C’est sans doute le cas pour nombre de ces ouvrages qui n’apprennent pas grand-chose et qui se contentent d’exploiter l’admiration sans faille que les lecteurs potentiels vouent au musicien. D’autres en revanche auront à cœur de se procurer tous les ouvrages parus, quelle que soit leur teneur, l’essentiel étant de les aligner, par déférence aveugle.

Mais ici l’affaire est tout autre. A l’origine, il y a parmi ceux qui ont côtoyé Hendrix, ceux qui l’ont vraiment connu, tant par et pour la musique et aussi humainement. Ce sont Alan Douglas, le producteur de Hendrix et Peter Neal, journaliste. Ceux-là projettent tout d’abord la création d’un film biographique, et vont donc compulser une documentation considérable dont les sources sont ce que Jimi Hendrix lui-même a écrit ou « griffonné » et les interviews qu’il a données, le tout augmenté des propos qu’il a pu tenir avec des musiciens comme Miles Davies, John Mac Laughlin…