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Critiques

Minute-Papillon, Jean-Pierre Lesieur

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Samedi, 27 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie

Minute-Papillon, éditions Comme en poésie, 2012, 51 pages, 10 € . Ecrivain(s): Jean-Pierre Lesieur

 

Pour une petite minute de détente & de poésie…

Il est des minutes que l’on compte, que l’on décompte ; d’autres qui se comptent comme ces minutes emportées dans la ronde des heures de la vie journalière & celles qui comptent comme cette Minute Papillon saisie au vif dans son vol au 1/60ème de ronde par le poète pour un moment passé hors du temps dans le bonheur d’une traversée toute en poésie.

C’est le livre d’une Minute Papillon qu’offre ce recueil du poète-revuiste Jean-Pierre Lesieur, accompagné au « pinceau » par la peintre de Capbreton, FLAM, dont les merveilleux et enchanteurs croquis rehaussent la beauté des mots & des choses. Scénario original que de mettre en poèmes la vie rondement menée d’une minute… (sous-titre figurant sur la page de garde, avec frontispice). Écrits en vers libres les courts poèmes déclinent dans leur cadre la vie rondement menée de cette minute qui s’envole du carcan de la mécanique du Temps – pour nous transporter dans les rouages, les coulisses & les fantasmes de ses échappées de lépidoptère.

Un secret du docteur Freud, Eliette Abécassis

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Vendredi, 26 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Flammarion, La rentrée littéraire

Un secret du docteur Freud, août 2014, 199 pages, 18 € . Ecrivain(s): Eliette Abécassis Edition: Flammarion

 

Schnitzler, que Freud n’a jamais souhaité rencontrer car il s’en sentait trop proche mais avec qui il a entretenu une correspondance, écrit cet aphorisme publié en 1927 dans le recueil Dits et réflexions :

« Si tu protèges avec trop de tendresse le jardin secret de ton âme, il peut facilement se mettre à fleurir de façon trop luxuriante, à déborder au-delà de l’espace qui lui était imparti et même à prendre peu à peu possession dans ton âme de domaines qui n’étaient pas destinés à rester secrets. Et il est possible que toute ton âme finisse par devenir un jardin bien clos, et qu’au milieu de toutes ses fleurs et ses parfums elle succombe à sa solitude ».

Je trouve que cette citation est une bonne introduction au livre d’Éliette Abécassis, Un secret du docteur Freud, puisque toute l’intrigue tourne autour d’un secret qui nous sera dévoilé au cours du récit et qui est l’objet de grands tourments pour Freud depuis la montée du nazisme en Autriche.

Faux nègres, Thierry Beinstingel

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 26 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Fayard, La rentrée littéraire

Faux nègres, août 2014, 424 pages, 20 € . Ecrivain(s): Thierry Beinstingel Edition: Fayard

 

Dans ce roman, Pierre, un journaliste, se rend dans un petit village de l’est de la France. Le but de son reportage : expliquer le score élevé réalisé par l’extrême-droite lors des récentes élections. Pierre arrive sur les lieux, accompagné de son preneur de son, rendu aveugle par un accident quelques années plus tôt. Mais très vite, on comprend que Thierry Beinstingel veut nous faire faire un long détour par nos fausses certitudes, l’usage excessif et répétitif de notre histoire, la décadence de notre vocabulaire, la faiblesse de nos argumentaires dans les débats et discussions publics. Ainsi, Pierre, qui nous indique que son rédacteur en chef lui a transmis une consigne décisive : une seule question, un seul sujet, et persévérer en cas d’absence de réponse, découvre-t-il l’existence d’une pierre préhistorique qui serait cachée sous l’église du village : « Jean dit encore : Le village a une longue histoire. Tenez, l’église : il paraît qu’une pierre préhistorique est cachée dessous. Il a souligné “préhistorique” d’un doigt levé d’un mouvement de menton. C’est l’adjectif le plus lointain qu’il connaît, le plus digne de respect, incontestable et imparable ».

Deep Winter, Samuel W. Gailey

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 26 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister, La rentrée littéraire

Deep Winter, traduit de l’anglais (USA) par Laura Derajinski, août 2014, 316 p. 23,40 € . Ecrivain(s): Samuel W. Gailey Edition: Gallmeister

 

Wyalusing est une petite ville perdue de Pennsylvanie. C’est là que vit Danny, attardé depuis un tragique accident qui a vu ses parents mourir alors qu’il était encore enfant. Dans cette petite communauté rurale, Danny est l’idiot du village, brave colosse désarmant de gentillesse mais moqué par la plupart des habitants. Une des seules personnes à le traiter correctement est Mindy, la serveuse du dinner qui partage avec lui sa date d’anniversaire. Justement, c’est le jour de son anniversaire que Danny décide de rejoindre Mindy pour lui offrir un cadeau. Et c’est là qu’il va tomber sur Sokowski, l’adjoint du shérif, veule et cruel, qui vient de tuer Mindy et qui voit en Danny un parfait coupable. En cette nuit d’hiver, entraîné dans un engrenage de violence, Danny va tenter d’échapper à ceux qui voudraient le voir mort, et de prouver son innocence.

Deep Winter, c’est incontestable, est un roman mené avec efficacité. Du genre que l’on peine à lâcher tant on désire voir quelle tournure vont prendre les événements et si le héros va réussir, malgré ses moyens limités, à s’en sortir alors qu’il est devenu pour une grande partie de la communauté l’homme à abattre. C’est avec un sens consommé du cliffhanger de fin de chapitre et une écriture que l’on qualifiera d’efficace – faute d’être remarquable – que Samuel Gailey, qui a fait ses armes au cinéma et à la télévision, fait avancer son intrigue.

Le jardin des Poètes, Richard Andrieux

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 26 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Mercure de France

Le jardin des Poètes, mai 2014, 256 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Richard Andrieux Edition: Mercure de France

 

Août 1962. Marylin Monroe, icône de la beauté, vient de disparaître. Bernard, lui, vient de perdre son meilleur ami, décédé à ses côtés, dans un accident de voiture :

« Depuis mon accident, je n’attendais plus les beaux jours avec impatience. Je préférais de loin la grisaille de l’hiver à cette maudite chaleur qui m’interdisait de couvrir le visage. L’été, on remarquait plus facilement ma différence dans la lumière ; et comme mes cicatrices avaient tendance à rougir, mon visage devenait une vitrine sur ma vie, avant même que je ne pense à baisser les yeux ».

A la perte de son ami s’ajoutent les humiliations répétées du contremaître que lui et ses collègues subissent quotidiennement à l’usine. Désireux d’oublier l’âpreté et la dureté de son travail, il s’adonne à la promenade et à la pêche, et il fréquente régulièrement le Café des Marronniers :