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Critiques

La Couleur du crépuscule, Ces vies-là, Alfons Cervera

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 02 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Espagne, Récits

La Couleur du crépuscule (El color del crepúsculo, 1995), traduit de l’espagnol par George Tyras, Editions La Fosse aux Ours ; Ces vies-là (Esas vidas), traduit de l’espagnol par George Tyras, Editions La Contre Allée . Ecrivain(s): Alfons Cervera

La Couleur du crépuscule


« Des pages qui renferment, parmi toutes les complexités du monde, une seule certitude : il y a un langage pour raconter les histoires et un autre pour le silence ».

Sunta a toujours vécu à Los Yesares, village perdu où, disait le clown Willy qui y a vécu quelques années, ne vivent que les souvenirs, l’ennui et les fantômes des morts. Mais Sunta a gardé en elle les paroles du grand-père qui considérait que l’on devait vivre et mourir au plus près du lieu de sa naissance. Si les autres partent, elle, elle a choisi de rester. A la veille d’un mariage tardif et hésitant, elle a senti la nécessité de ne pas laisser filer la mémoire de toute ces années, de tous ces récits, des personnages et des images qui l’habitent. L’ombre du caudillo et de serviteurs zélés, parfois grotesques et dérisoires, parfois inquiétants, habite aussi ce pays que le temps et l’histoire semblent avoir oublié. La mort de Franco, à Los Yesares, c’est surtout un portrait décroché.

La partie riante des affreux, Patrice Maltaverne, Fabrice Marzuolo

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Vendredi, 02 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres

La partie riante des affreux, illustrations Henri Cachau, Éditions Le Citron noir, avril 2012 . Ecrivain(s): Patrice Maltaverne, Fabrice Marzuolo

 

Attention – les âmes conventionnelles, consensuelles, sociétaires ès-Vie Normale, directionnelles ou sous influence… n’ont qu’à bien se tenir – ou s’abstenir – La partie riante des affreux décape et ne fait pas dans la dentelle ! Ce même avertissement vaut pour les fâchés avec l’humour – noir, de préférence – ou ses abstinents sauf à piquer un fard en pleine nuit… ou pour les inadapté(e)s à l’autodérision à pratiquer sans modération en sourire amer décalé (N.B. : ces avertissements valent prescription de prévention).

De tous les jeux que nous pratiquons, écrivent P. Maltaverne et F. Marzuolo, nous préférons de loin celui qui consiste à douter de l’indiscutable. Des enfants et de la famille armée pour la reproduction, par exemple. Ainsi le lecteur est-il mis au goût du recueil par la mise en garde en 4ème de couverture. Il lui faudra jouer cette « fin de partie » relevée en mots et réparties salés au caractère bien trempé – à l’humour abrasif comme il faut pour nous défaire, nous décrasser des manies et des habitudes mortifères – au brin de poésie caustique voire roborative – il vous faudra, lecteur/lectrice, jouer cette partie riante des affreux en connaissance de cause et en choix de lecture assumé.

La piste des sortilèges, Gary Victor

Ecrit par Cathy Garcia , le Jeudi, 01 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Vents d'ailleurs

La piste des sortilèges, janvier 2014, 590 pages, 14,50 € . Ecrivain(s): Gary Victor Edition: Vents d'ailleurs

 

Voici un roman intensément fabuleux, qui plairait sans aucun doute à un Tim Burton ou à un Lewis Carroll. Cette quête initiatrice dans laquelle nous entraîne Piripit, sorte d’Alice en version jeune mâle musclé au pays vodou, est un grand chaudron dans lequel macèrent toutes sortes de faits, de créatures et de choses toutes plus étranges et plus inouïes les unes que les autres, l’ensemble dégageant un parfum de goyave, d’embruns et de kleren*, mêlé de sueur et de charogne. C’est la piste des sortilèges.

Parmi certains des personnages, on pourrait citer l’incontournable Bawon Samedi et son insatiable fille Gede Loray, Legba, l’ouvreur de portes, ainsi que Petit-Noël Prieur, un chef de bande d’esclaves révoltés, qui refusait l’autorité des généraux durant les guerres de l’Indépendance, mais aussi le maudit Grenn Bôt, « une seule botte », et le Basilic, un redoutable reptile géant.

Le coup de foudre, Frank Wedekind

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Jeudi, 01 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Langue allemande, Nouvelles, L'Âge d'Homme

Le coup de foudre, traduit de l’allemand par Etienne Barilier, février 2013, 159 pages, 12 € . Ecrivain(s): Frank Wedekind Edition: L'Âge d'Homme

 

Mourir d’aimer


Frank Wedekind est connu pour sa pièce Lulu ou la boite de Pandore dont a été tiré le livret de l’opéra d’Alban Berg, Lulu, et le film de Pabst, Loulou.

Sous le titre prometteur Le coup de foudre sont réunies neuf nouvelles qui parlent essentiellement des ravages de l’amour avec un mélange de délicatesse, de cruauté et de cynisme dont pourraient bien s’inspirer nombre d’écrivains contemporains (des deux sexes pour ceux qui n’ont pas le bonheur d’être hermaphrodites) s’ils cherchaient à déchiffrer autre chose que les plis de leur nombril.

D’amour et, surtout, de la condition des femmes à la fin du 19è siècle.

La fille, Tupelo Hassman

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 30 Avril 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Christian Bourgois

La fille (Girlchild), traduit de l’anglais (USA) par Laurence Kiefé, janvier 2014, 346 pages, 20 € . Ecrivain(s): Tupelo Hassman Edition: Christian Bourgois

 

La fille, c’est R.D., Rory Dawn

La mère, Johanna Hendrix, c’est Maman, dans le texte

La grand-mère, c’est Grandma

Ce sont là les trois personnages principaux de ce roman, dont la plus remarquable des multiples qualités consiste en le fait que la narration est faite à la première personne par La Fille elle-même.

Le lecteur découvre donc, du point de vue de l’enfant qu’est Rory Dawn puis de l’adolescente qu’elle devient, la vie quotidienne d’un quartier oublié, défavorisé, de Reno, cité poussiéreuse du Nevada, connue pour ses casinos et pour la facilité qu’elle offre à tout couple marié de promptement divorcer.