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Critiques

Le mendiant de Velázquez, François Rachline

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 03 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Albin Michel

Le mendiant de Velázquez, mars 2014, 272 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): François Rachline Edition: Albin Michel

 

« Elevez-vous, Velázquez, je vous soutiendrai toujours ».

Vitalité du 17° siècle espagnol, vitalité de Velázquez et de ses Ménines, de La Famille. Le tableau prend vie à l’Alcázar, la demeure royale, il illumine aujourd’hui Le Prado, Palais des peintres, et n’aura cessé d’interroger Picasso, 58 toiles peintes en 1957 s’en inspirent directement. Tout espagnol sait que « la vie est un songe », Velázquez n’en a jamais douté et François Rachline en bon romancier ne saurait s’en défaire.  Songez donc à cette improbable rencontre entre le carrosse du peintre et un mendiant, Mendigo. Songez que le peintre va l’inviter à s’installer à ses côtés à L’Alcázar, un palais où les plus grands peintres dialoguent avec le sévillan, à devenir son modèle, son confident, son allié. Songez à ce qui se joue là, dans l’entourage de Philippe IV, les hommes de cour qui voient d’un œil noir ce peintre qui intrigue pour porter la croix de Santiago, et ce manant qui désormais le suit comme une ombre.

Pas un tombeau, suite de proses rapides pour dire un père, Bernard Bretonnière

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 03 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie

Pas un tombeau, suite de proses rapides pour dire un père, Editions L’œil ébloui, 24 mars 2014, 58 pages, 14 € . Ecrivain(s): Bernard Bretonnière

 

 

C’est un événement. C’est un livre de poèmes important. Aujourd’hui réédité (première parution : 2003, au Dé bleu).

Aujourd’hui, ou plutôt demain. Car il faudra attendre un peu. Ce sera le 24 mars (notez-le dans vos agendas).

 

Le père advenu.

La porte souterraine, Etienne Raisson

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 02 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Nouvelles, Gallimard

La porte souterraine, janvier 2014, 127 pages, 13,90 € . Ecrivain(s): Etienne Raisson Edition: Gallimard

 

Si jeune, Etienne Raisson, et pourtant capable de nous offrir ce petit – joyau – le mot s’impose. Maîtrise littéraire, originalité, atmosphère et rythme. Tout nous séduit, nous emporte. Incontestablement, un univers, qu’on n’oublie pas et qu’on garde – un peu secret, en nous, comme pour certains recueils de poèmes très aimés… une « Porte souterraine » qu’on pousse avec le plus grand bonheur.

Chaque nouvelle – le genre le veut – et on sait à quel point il est exigeant – est ciselée comme un bijou à part : ses lieux (le midi moins le quart du Quercy, qui semble connu comme une deuxième peau ; l’Amérique ; celle de l’Histoire du Far West et les flopées d’images – vraies ou moins, qui vont avec, qui nous éclaboussent, comme une résurrection rêvée par l’enfant-Raisson, pas si loin) ; ses « gens », ceux qui appartiennent à Etienne (ou, du moins on le croit) ; grands-parents, parents, copains, dont il dit parfois beaucoup, et d’autres, pas plus que ça ; monde du travail, des émigrés, du chômage de ce temps…

Les ingénieurs du bout du monde, Jan Guillou

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Vendredi, 02 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, Actes Sud

Les ingénieurs du bout du monde, 2013 trad. du suédois par Philippe Bouquet. 622 p. 26,80 € . Ecrivain(s): Jan Guillou Edition: Actes Sud

Vaste fresque à l’ancienne, récit picaresque de grandes aventures, peinture d’un XXème siècle de technologie galopante et de rêves si souvent brisés, Les Ingénieurs du bout du monde est tout cela à la fois. Une sorte de roman à la Jules Verne mais là où Verne regardait devant, Guillou regarde dans le rétroviseur. Il revisite après coup la « religion » scientifique et technologique du XXème siècle.

Trois frères, nés dans une famille rurale très pauvre du nord de la Suède, se révèlent de remarquables élèves – en particulier en sciences – et ces talents, alliés à une immense habileté manuelle, les amène à réaliser, pour jouer, une réplique parfaite d’un drakkar viking très ancien. Leur exploit retentit jusqu’en Allemagne – alors à la pointe du progrès technologique – et les trois fils de pêcheur vont se voir offrir une bourse pour aller faire leurs études d’ingénieurs à Dresde.

Trois destins aventureux et brillants semblent s’ouvrir. Et curieusement ce sera deux destins. L’un des trois frères se révèle homosexuel et va vivre à Londres son amour pour un homme. Disparition définitive du personnage, dont nous n’aurons plus aucune nouvelle de tout le livre, effacé en quelque sorte par son « crime » d’homosexualité ! Quel est le choix de l’auteur ? Mystère ! On peut – vaguement - espérer (s’agissant d’un premier volume à une vaste fresque), que le frère homosexuel et maudit réapparaitra un jour !

La Couleur du crépuscule, Ces vies-là, Alfons Cervera

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 02 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Espagne, Récits

La Couleur du crépuscule (El color del crepúsculo, 1995), traduit de l’espagnol par George Tyras, Editions La Fosse aux Ours ; Ces vies-là (Esas vidas), traduit de l’espagnol par George Tyras, Editions La Contre Allée . Ecrivain(s): Alfons Cervera

La Couleur du crépuscule


« Des pages qui renferment, parmi toutes les complexités du monde, une seule certitude : il y a un langage pour raconter les histoires et un autre pour le silence ».

Sunta a toujours vécu à Los Yesares, village perdu où, disait le clown Willy qui y a vécu quelques années, ne vivent que les souvenirs, l’ennui et les fantômes des morts. Mais Sunta a gardé en elle les paroles du grand-père qui considérait que l’on devait vivre et mourir au plus près du lieu de sa naissance. Si les autres partent, elle, elle a choisi de rester. A la veille d’un mariage tardif et hésitant, elle a senti la nécessité de ne pas laisser filer la mémoire de toute ces années, de tous ces récits, des personnages et des images qui l’habitent. L’ombre du caudillo et de serviteurs zélés, parfois grotesques et dérisoires, parfois inquiétants, habite aussi ce pays que le temps et l’histoire semblent avoir oublié. La mort de Franco, à Los Yesares, c’est surtout un portrait décroché.