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Critiques

Les rues d’hier, Silvia Tennenbaum

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 10 Juin 2016. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Gallimard

Les rues d’hier, avril 2016, trad. anglais (USA) Colin Reingewirtz, 623 pages, 24,50 € . Ecrivain(s): Silvia Tennenbaum Edition: Gallimard

 

Le titre de ce roman peut faire penser, de prime abord, à l’ouvrage de Stefan Zweig, Le monde d’hier. On y retrouve des éléments identiques : la description d’un bonheur éprouvé durant les années précédant immédiatement la première guerre mondiale, la nostalgie d’une époque, perçue comme cosmopolite, ouverte à toutes les influences.

C’est, à travers l’histoire de deux familles, les Wertheim et les Süsskind, une véritable fresque historique qui s’offre aux yeux du lecteur et l’entraîne dans les grands épisodes de l’histoire de l’Allemagne contemporaine.

Les Wertheim, dont le patriarche se nomme Moritz, sont des Juifs intégrés, ils participent à la vie économique du pays, ils sont à la tête, par l’intermédiaire de Moritz, d’une prospère entreprise de textile. Ils se rendent au Städel Museum, s’intéressent à la Nouvelle Sécession, mouvement de peinture contemporain du tournant des 19e et XXe siècles. Ils n’ont qu’un lointain souvenir de la Judengasse, l’artère où habitaient les Juifs du ghetto de Francfort, quelques siècles plus tôt…

Vadim un playboy français, Arnaud Le Guern

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 10 Juin 2016. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Récits, Séguier

Vadim un playboy français, mai 2016, 264 pages, 21 € . Ecrivain(s): Arnaud Le Guern Edition: Séguier

 

« Ça commence par un adieu. À la légèreté, au dilettantisme, à l’élégance par-dessus la jambe. Un enterrement et, en larmes derrière leurs lunettes fumées, des femmes. Les siennes. L’homme qui aimait les femmes, c’est lui : Roger Vadim ».

Vadim, le nom seul est déjà roman. Et quel roman ! Un roman cinématographié. Un roman très français et qui flirte parfois avec les Amériques. Premier acte : Et Dieu… créa la femme, clap de fin : And God Created Woman. Plus de trente ans séparent les deux films, Vadim a fait le grand écart, les studios ont des raisons que les artistes ignorent. Vadim un playboy français est le roman de cette aventure, de cette vie virevoltante, soyeuse, joyeuse et par instant rugueuse, où l’on croise Brigitte Bardot – De toutes les armes que nous offre la vie quotidienne pour régler ses comptes à la sottise, la jeunesse et l’impudeur d’une femme sont les plus douces* –, Saint-Germain-des-Prés, Maurice Ronet – Ronet se lance dans le cinéma par désœuvrement. Il faut bien s’occuper, gagner sa vie sans trop se fouler, Paul Gégauff, Saint-Tropez, mais aussi Françoise Sagan, Roger Vailland, Catherine Deneuve ou encore Thelonious Monk.

13, Zineb El Rhazaoui

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 10 Juin 2016. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Récits, Ring Editions

13, mars 2016, 296 pages, 18 € . Ecrivain(s): Zineb El Rhazoui Edition: Ring Editions

 

 

Ecrire juste derrière l’événement


Écrire sur le 13 Novembre. Des articles, évidemment ; ceux de l’heure d’après, ou même les copiés-collés de brèves à peine vérifiées – mais l’appétit est, dans un tel cas, insatiable dans l’opinion – ceux, plus organisés, ciblés, réfléchis, qui noircissent pages et sites dans le jour d’après, attendant les chroniques, par définition analytiques et architecturées autour de leur axe, et (ou) de leur point de vue, des hebdo. Mais écrire tout un livre qui paraîtra dans les petits mois suivant l’évènement – autrement dit, dans son espace temps, quand même – est bien autre chose.

Les petites consolations, Eddie Joyce

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 09 Juin 2016. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Rivages

Les petites consolations (Small Mercies), avril 2016, trad. américain Madeleine Nasalik, 476 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Eddie Joyce Edition: Rivages

 

Depuis le 11 septembre 2001, New-York est devenue une Cité bâtie autour d’un gigantesque trou. Réel, symbolique, béant. Le trou que les newyorkais ont nommé Ground Zero mais aussi et surtout le trou, irréparable, que ce jour insensé a laissé dans les cœurs, les esprits, les âmes, dévastant à jamais les familles touchées et les habitants de la grande famille que – malgré le gigantisme – constitue la Grosse Pomme.

La famille Amendola, depuis 10 ans vit aussi autour d’un trou. Pas même celui qu’ils auraient dû creuser pour y enterrer Bobby, le plus jeune fils, pompier mort ce jour maudit dans l’effondrement de l’une des tours jumelles. Ils n’ont pas même pu : il ne restait rien de Bobby, juste un nom sur un mémorial et les souvenirs de ses parents, ses frères, sa femme.

Ce livre raconte la famille Amendola dans l’après, avec quelques flash-back, ceux qui, dans la mémoire des siens, font revivre un Bobby jeune, honnête, bon, attachant.

Noirs dans les camps nazis, Serge Bilé

Ecrit par Guy Donikian , le Jeudi, 09 Juin 2016. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Histoire, Les éditions du Rocher

Noirs dans les camps nazis, Le Rocher poche, mars 2016, 168 pages, 6,50 € . Ecrivain(s): Serge Bilé Edition: Les éditions du Rocher

 

L’inimaginable monstruosité des atrocités commises par les nazis ne peut se comprendre à la lumière d’une seule explication. Il faudra sans doute encore accumuler de nombreux essais pour saisir tous les mécanismes qui ont concouru pour une « solution finale » qui vit industrialiser la mort comme jamais auparavant. Serge Bilé participe avec cet essai à la compréhension de ces mécanismes, de ces logiques simplistes mais efficaces pour la mort industrialisée de tout un peuple. Il s’agit en l’occurrence de la déportation des Noirs dans les camps de concentration et d’extermination de l’Allemagne nazie. Africains, Antillais, Américains, furent aussi victimes des nazis.

C’est en Namibie que tout a commencé, un pays voisin de l’Afrique du Sud. Les premiers colons allemands y débarquent en 1870, alors que ce pays est composé d’une mosaïque de peuples, dont les Ovambo, Kavango, Nama et Herero. La désunion qui règne alors entre ces peuples va grandement faciliter l’installation des colons allemands. Le sous-sol recèle des richesses dont le cuivre et les diamants qui vont attiser les convoitises, et Bismarck va nommer un gouverneur pour administrer le territoire et ses richesses : Heinrich Goering, le père de Hermann Goering, l’un des plus hauts dignitaires nazis.