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Critiques

Le système d, Nathan Larson

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 02 Juillet 2014. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Asphalte éditions

Le système D (The Dewey Decimal System), traduit par Patricia Barbe-Girault, juin 2014, 256 p. 21 € . Ecrivain(s): Nathan Larson Edition: Asphalte éditions

Dans un New York ravagé après une pandémie de grippe et des attaques terroristes, Dewey Decimal, ancien soldat, amnésique, hypocondriaque, paranoïaque, affligé de troubles obsessionnels compulsifs mais aussi bibliophile vivant dans la bibliothèque municipale, est l’exécuteur des basses œuvres du procureur de la ville. Quand ce dernier lui demande d’éliminer un gangster ukrainien, Decimal part en chasse. Mais, comme de bien entendu, rien ne va se passer comme prévu et le héros ne va pas tarder à s’apercevoir que sa mission est autrement plus dangereuse et complexe que ce que lui en a dit son commanditaire.

Errant dans cet New York post-apocalyptique d’autant plus inquiétant que l’auteur ne cherche pas à trop en faire et instaure une ambiance pesante par le biais de descriptions et réflexions elliptiques, Dewey Decimal, personnage de science-fiction et de roman noir quelque part entre Robocop et John McClane est, plus que l’intrigue – minimale bien qu’alambiquée – ce qui fait l’intérêt du Système D. Personnage attachant bien que doué d’une conscience qui ne l’embarrasse finalement qu’assez peu hormis lorsqu’il se trouve obligé d’éliminer quelqu’un qui ressemble un peu trop à ce qu’il suppose être son ancien lui, soldat perdu à tel point qu’il a fini par se complaire dans ce nouveau lui qui lui permet de remodeler celui qu’il a pu être selon ses désirs ou l’expression de son subconscient, Dewey Decimal se révèle complexe et fascinant.

Les Autodafeurs 1, Mon frère est un gardien, Marine Carteron

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 02 Juillet 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Le Rouergue

Les Autodafeurs 1, Mon frère est un gardien, mai 2014, 336 pages, 14 € . Ecrivain(s): Marine Carteron Edition: Le Rouergue

 

 

Les Autodafeurs commencent fort, très fort. En deux courts chapitres, Marine Carteron nous embarque dans son univers à la fois très proche de nous et plein de mystères fascinants et inquiétants. Un accident de la route, un homme en train de vivre ses derniers instants. Cet accident n’en est pas un. Cet homme est un gardien et il saura taire son secret. Il y est question de mousquetaires bien connus, d’un Livre de bord, d’un interrogatoire en latin.

« Il sait que son artiste de fille saura prendre soin de son Livre et il sait aussi que son fils saura se souvenir et trouver la force de combattre lorsque le moment sera venu.

Il peut mourir en paix et c’est ce qu’il décide de faire, non sans un dernier regard de mépris pour celui qui fut jadis son ami ».

La Boîte aux lettres du cimetière, Serge Pey

Ecrit par Claire Mazaleyrat , le Mardi, 01 Juillet 2014. , dans Critiques, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, Nouvelles, Récits, Zulma

La Boîte aux lettres du cimetière, mai 2014, 208 pages, 17 € . Ecrivain(s): Serge Pey Edition: Zulma

 

 

Leçons d’enfance


Le premier recueil de nouvelles du poète et plasticien Serge Pey, paru en 2011, s’intitulait Le Trésor de la guerre d’Espagne, et mêlait des récits de l’enfance toulousaine de l’auteur à ses souvenirs de l’Espagne républicaine d’avant l’exil familial. Trois ans plus tard, les trente récits du recueil La Boîte aux lettres du cimetière s’ordonnent plutôt autour de l’ancienne porcherie devenue école où le père du narrateur enseigne les rudiments de l’insoumission et de la poésie à une poignée d’enfants, malgré des incursions dans un passé plus récent ou l’histoire espagnole ancienne de la famille Pey.

Les gardiens de l’air, Rosa Yassin Hassan

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mardi, 01 Juillet 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Pays arabes, Sindbad, Actes Sud

Les gardiens de l’air, traduit de l’arabe (Syrie) par Emmanuel Varlet, avril 2014, 249 pages, 22 € . Ecrivain(s): Rosa Yassin Hassan Edition: Sindbad, Actes Sud

 

Le combat des femmes syriennes

Anat Ismaïl est interprète à l’ambassade du Canada à Damas. Enceinte de trois mois au début du roman, elle passe ses journées à entendre les demandeurs d’asile évoquer la terrible histoire de leur vie. Ils ont tous été arrêtés et torturés dans d’abominables souffrances aux heures les plus sombres de la Syrie. Certains gardent encore les traces du traumatisme, comme Salva Quajee qui tente de survivre, submergé par la terreur.

Le lecteur devine alors le stress de la jeune femme qui essaie jour après jour de mener à bien son travail tout en mettant à distance ces récits de vie qui l’écorchent en profondeur. Mais à cette réalité d’un pays au bord du précipice se superpose une autre : l’histoire d’Anat elle-même et celle de ses amies, Mayyasa et Dola, la sœur de cette dernière. Ces femmes ont vu leur compagnon jeté en prison lors des répressions sanglantes orchestrées par Hafez-el-Assad pour affermir son pouvoir. Elles ont souffert de cette absence et tentent de trouver dans des amours sans lendemain des échappatoires à leur solitude.

Desports 4 Spécial Coupe du Monde

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 01 Juillet 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Revues

Desports 4 Spécial Coupe du Monde, Olivier Guez, Bernard Chambaz, Adrien Bosc, Pierre-Louis Basse, Benoît Heimermann, Bernard Comment, et beaucoup d’autres, Ed. du Sous-sol, mai 2014, 196 pages, 17 €

 

« A 16h34, à la 79e minute de la rencontre, Alcides Ghiggia, l’ailier uruguayen, déboule, excentré. Il a éliminé Bigote, son vis-à-vis, et s’en va chercher la tête ou le pied de Schiaffino. Comme sur le premier but de la Celeste, Barbosa l’anticipe, légèrement avancé, oui, Barbosa anticipe le centre, il ne ferme pas bien l’angle de son but, Ghiggia l’a vu, tire, Barbosa se détend mais trop tard, la balle lui échappe, l’Uruguay marque. La Celeste même au score et le Brésil ne la rattrapera jamais, il va perdre « la Finale » ! (Le gardien maudit, Olivier Guez).

Comme la littérature, le football est affaire de détente et d’anticipation. Il faut bien fermer l’angle de son but pour éviter que la phrase lancée à vive allure ne finisse dans le filet. Comme la littérature, le football est affaire de stratégie, on occupe le terrain ou on semble se découvrir, mais c’est une ruse chinoise, les attaquants sont en place, mais un milieu jaillit comme un haïku, pied droit, pied gauche, déhanchement, retour sur le droit et exclamation finale, la clameur se poursuit longtemps en suspension comme chez Céline.