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Critiques

La cause était belle, Lee Child

, le Vendredi, 30 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Calmann-Lévy

La cause était belle (Worth Dying For) trad. de l’anglais (GB) par William Olivier Desmond, avril 2014, 396 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Lee Child Edition: Calmann-Lévy

 

Tout est dans le titre et dans des citations comme celle-ci :

« Les soins d’urgence codifiés par les médecins de l’armée dans ce cas-là sont la respiration artificielle et des compressions externes de la poitrine, quatre-vingts à la minute et le temps qu’il faut, mais Reacher avait pour règle personnelle de ne jamais chercher à ressusciter un type qui venait de braquer une arme sur lui. C’était là un principe sur lequel il était même plutôt inflexible ».

On est donc là dans de la pure série B d’action, une sorte d’Agence tout risque littéraire dans laquelle Jack Reacher fait office à la fois d’Hannibal Smith, de Barracuda et de Futé (on peut aussi ajouter un zeste de McGyver au passage). Mais s’il aime bien entendu qu’un plan se déroule sans accroc, Jack Reacher, vétéran de la police militaire, a le chic pour s’attirer des ennuis et être là où il ne faut pas être au moment où il ne faut pas y être.

Marie-Antoinette, Stefan Zweig

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mercredi, 28 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Langue allemande, Biographie, Le Livre de Poche

Marie-Antoinette, Traduit de l’allemand par Alzir Hella, 506 pages, 7,60 € . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Le Livre de Poche

 

L’inconvénient de n’en faire qu’à sa tête


Les biographies écrites par Stefan Zweig sont un régal. Celle qu’il a consacrée à Marie-Antoinette, reine de France, un pur chef d’œuvre.

Stefan Zweig écrit des livres d’histoire en romancier : sous sa plume légère, profonde et spirituelle tout semble évident et tout paraît clair.

Mariée à 14 ans avec un homme qu’elle n’avait jamais vu et qui était son exact contraire, la princesse autrichienne avait tout pour être heureuse.

Congo Inc. Le testament de Bismarck, In Koli Jean Bofane

Ecrit par Theo Ananissoh , le Mercredi, 28 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Afrique, Roman, Actes Sud

Congo Inc. Le testament de Bismarck, mars 2014, 294 pages, 22 € . Ecrivain(s): In Koli Jean Bofane Edition: Actes Sud

Zoulou, Congo ou Mandela sont des noms qu’à peu près n’importe qui, à travers le monde, associe sans hésiter au continent africain. De ces noms mondiaux comme Kamasutra, Hollywood, Paris ou autres que l’on charge de ce que l’on veut. Congo par exemple, dans l’imaginaire collectif à l’époque coloniale, était un peu synonyme d’Afrique. Voyage au Congo d’André Gide, en réalité, est plutôt Voyage en Oubangui-Chari, c’est-à-dire la Centrafrique actuelle. Mais Congo sonne mieux… Afrique noire. Au reste, ce que décrit de l’Oubangui la plume humaniste de Gide se passe également dans les deux Congo voisins. En Afrique même, le mot Congo a signifié plus que le Congo. Ainsi, en Afrique de l’Ouest, sur les côtes du Bénin et du Togo, encore aujourd’hui, Congo (avec accentuation sur la première syllabe) signifie Afrique centrale, ce cœur du continent vers lequel, déjà, l’on se ruait pour faire fortune. Dans les Antilles françaises, Congo a désigné globalement, après l’abolition de l’esclavage, les ouvriers engagés venus d’Afrique noire. Congo est donc peut-être le nom africain par excellence, un nom polysémique ; et une affaire très sérieuse et mondiale. Il faudra pouvoir écrire cette sorte de cristallisation sémantique autour d’un nom qui, à l’origine, signifierait « terre ou demeure de la panthère ». Il faudra ? Mais non ! Un romancier né là-bas vient d’accomplir une forme d’exploit qui s’apparente à cela. Le titre de ce roman ? Congo Inc., tout simplement, si l’on ose encore dire.

Retour à Reims, Didier Eribon

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 28 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Récits, Flammarion

Retour à Reims, 248 pages, 8,20 € . Ecrivain(s): Didier Eribon Edition: Flammarion

 

Venger sa race


Le libraire de mon quartier avait rangé l’ouvrage de Didier Eribon dans son rayon « littérature », tout en m’avouant qu’il avait hésité à le faire, comprenant que Retour à Reims n’était pas une banale autobiographie relatant le parcours depuis l’enfance de son auteur. Il s’agit bien plutôt d’inscrire son destin (la « prédestination » sociale et sexuelle) dans un ensemble de réflexions sociologiques (le dernier mot du texte prononcé par Eribon lui-même n’est-il pas justement « sociologie » à l’adresse de sa mère) et théoriques. Le terme peut-être le plus approprié pour définir ce livre serait une auto-analyse fondée à la fois sur l’histoire familiale et ses miroirs exégétiques. Eribon d’ailleurs cite abondamment des textes qui nourrissent sa trajectoire personnelle, la façonnent intellectuellement, l’éclairent : Bourdieu, Foucauld, Sartre ou Dumézil par exemple.

Volpone, Stefan Zweig

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mardi, 27 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Langue allemande, Théâtre, Petite bibliothèque Payot

Volpone, traduit de l’allemand par Aline Oudoul, mai 2014, 208 pages, 7,60 € . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Petite bibliothèque Payot

 

Librement adaptée de la pièce de Ben Jonson écrite en 1606, Volpone est une comédie en trois actes de Stefan Zweig, jouée dès 1925 avec un retentissant succès dans toute l’Europe, succès amplifié en 1928 par la nouvelle traduction-adaptation française faite par Jules Romain à la demande de Stefan Zweig.

La trame est connue et respecte dans les grandes lignes les ressorts des comédies élisabéthaines du XVIe siècle. L’action se situe dans la prospère Venise du Cinquecento italien. Volpone (le renard) est un riche Levantin, en apparence célibataire et sans enfants. Autour de lui gravitent quelques notables, l’avocat Voltore (le vautour), le vieux gentilhomme avare Corbaccio (la corneille) dont le fils Leone est capitaine de la Flotte, et le riche marchand Corvino (le corbeau), mari jaloux et possessif de la prude Colomba. Mosca (la mouche), sorte d’homme à tout faire, serviteur dévoué et parasite au tempérament jouisseur, travaille au service de Volpone. Quant à Canina, la courtisane tombée enceinte, elle ne rêve que d’un beau mariage pour assurer ses vieux jours.