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Critiques

L’assassinat d’Elsa, André Rollin

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mercredi, 19 Février 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Le Cherche-Midi

L’assassinat d’Elsa, janvier 2014, 159 pages, 16 € . Ecrivain(s): André Rollin Edition: Le Cherche-Midi

 

Comme les poupées russes, L’assassinat d’Elsa est un roman dans le roman. Le libraire Patrice Quentin a été engagé, dans les années 70, par Louis Aragon pour signer un roman à sa place. Il devait y raconter l’assassinat de sa femme, Elsa, que le poète a étouffée avec un coussin. Rouge évidemment, quand on s’appelle Aragon.

L’inspecteur Michaloir, policier qui ambitionne d’écrire un polar, habite en face de la librairie de Quentin ; il enquête sur la mort d’Ernest Tation (de métro ?), éditeur qui a été étouffé par un manuscrit. Michaloir, pour concrétiser son rêve vient d’ailleurs chaque semaine acheter un roman policier à Quentin mais cela ne stimule guère son inspiration.

Dernier personnage, Salomé. Rien à voir avec l’excitée qui veut la tête de Jean-Baptiste. Fille de Michaloir, Salomé est une grande lectrice qui observe le fantasque libraire Quentin de la fenêtre de sa chambre à coucher et lui rend souvent visite pour lui acheter des romans qui n’existent pas. Salomé s’ennuie mais elle comprend la vie avant tout le monde. Privilège de la jeunesse, sans doute.

Paint it black, Graeme Thomson

Ecrit par Guy Donikian , le Mercredi, 19 Février 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Payot Rivages

Paint it black, quand la mort rode dans le blues, le rock, le rap et la country, décembre 2013, 266 p. 20 € . Ecrivain(s): Graeme Thomson Edition: Payot Rivages

 

On a déjà beaucoup écrit sur les musiques populaires qui depuis plusieurs décennies ont contribué à créer l’environnement sonore que nous connaissons aujourd’hui. Les progrès techniques qui ont ponctué tout le vingtième siècle ne sont pas pour rien dans la diffusion à grande échelle d’une musique, ou plutôt de musiques qui ont déferlé sur les ondes. Que de chemin parcouru en effet depuis les rouleaux sur lesquels le début du vingtième siècle a gravé de rares témoignages musicaux jusqu’aux téléchargements actuels qui font malheureusement de la musique un bien de consommation comme un autre. C’est ce contexte qui sert de cadre à cet essai dont le titre donne justement le ton. Paint it black, le titre des Stones, trouve sa justification dans le sous-titre. Tout est donc dit ou presque. L’essai veut mettre l’accent sur les rapports qu’ont entretenus et qu’entretiennent encore ces musiques avec la mort, en remontant parfois jusqu’au début du vingtième siècle qui semble constitutif de la genèse de la présence de la mort dans les paroles du blues par exemple.

Derrière la colline, Xavier Hanotte

Ecrit par Stéphane Bret , le Mercredi, 19 Février 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Belfond

Derrière la colline, janvier 2014, 430 pages, 20 € . Ecrivain(s): Xavier Hanotte Edition: Belfond

 

Derrière la colline est un roman de Xavier Hanotte, écrit en 2000, et réédité fort à propos par les éditions Belfond. Cette réédition s’inscrit dans l’ensemble des commémorations du centenaire de la première guerre mondiale.

Nigel Parsons et William Salter, les deux principaux personnages de ce roman, vont être engagés en cette année 1916 dans les opérations de la bataille de la Somme, événements des plus meurtriers de cette guerre. Pour Nigel Parsons, le rapport au père, et plus exactement le besoin de voir l’estime de ce dernier confirmée, le conduit à s’engager, tout autant que l’échec de sa relation avec Béatrice, femme à l’égard de laquelle ses sentiments se sont taris. Au cours de sa phase de préparation, pendant laquelle il rencontre William Salter, jardinier de son état, Nigel Parsons éprouve le besoin de lire les vers d’un poète Nicholas Parry, pour se délecter des descriptions de la nature contenues dans les vers de ce poète. Pourtant, c’est sur la nature des sentiments de ses frères d’armes que s’interroge Nigel Parsons : « Ils ont signé, ils ont choisi. Mais en fin de compte, le but leur importe peu. Même allongée d’alcool, ils ont la foi. Et surtout l’élan. Cela seul compte ».

Le Mystère Fulcanelli, Henri Lœvenbruck

Ecrit par Stéphane Chemin , le Mardi, 18 Février 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Flammarion

Le Mystère Fulcanelli, octobre 2013, 450 pages, 21 € . Ecrivain(s): Henri Lœvenbruck Edition: Flammarion

Livre après livre, le romancier Henri Lœvenbruck sait comment tirer les fils d’une bonne histoire. Immédiatement, ceux qui savent et apprécient les délires d’intrigues du biker le plus cool de la littérature frenchie, pensent Rasoir d’Ockham, Les Cathédrales du vide, L’Apothicaire. Pas du roman de garage tout ça ! Pour les novices, prenez un bol d’Histoire, mettez-y une pincée d’humour, une bonne louche de gros œuvre, adjoignez-y une solide documentation, secouez le tout, saupoudrez d’imagination, décorez d’un zeste de mystère et servez sur tranches bien chaud…

Ce coup-ci, les marrons étaient chauds depuis plus d’un siècle ! Bon, pour les brêles en ésotérisme, Le Mystère Fulcanelli est aussi connu du bon peuple que la somme exacte des bâtonnets dans Rain Man. Ça n’empêche pas de s’intéresser, et même les billes en « fulcanellisme » avancé peuvent apprécier ce livre qu’Henri Lœvenbruck a mis plusieurs années à écrire. Fulcanelli, c’est l’arlésienne. Au 20e siècle, de nombreux chercheurs, des passionnés, des érudits, des exégètes se sont cassé et les dents et le cabochon à vouloir découvrir la véritable identité de ce mystérieux alchimiste du 19e siècle. La faute à un homme : son assistant, son apprenti, son « padawan », l’homme par qui le mystérieux monsieur F. prend corps (et plume) sur le papier : Eugène Canseliet.

Lions, Pau Mirò

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 18 Février 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Théâtre, Espaces 34

Lions, traduit du catalan par Clarice Plasteig dit Cassou, 2013, 127 pages . Ecrivain(s): Pau Mirò Edition: Espaces 34

Le revenant


Lions est une pièce « d’après ». Elle succède à Buffles et précède le dernier volet de la trilogie animale, Girafes, édité en 2014. Le texte renvoie aux évènements évoqués dans la pièce précédente ; p.51, la mère dit dans une réplique :

Il y a quelques années on a gagné au loto. Pas énormément d’argent, mais quand même une belle somme.

Trois semaines plus tard mon… mon fils, mon petit… est mort.

L’action se déroule « dix ans plus tard » (p.86). Cinq personnages dont trois figuraient déjà dans Buffles (la mère, le père et la fille) se retrouvent dans cette ville sans nom, dans le décor de la blanchisserie, de l’atelier du père. Et Mirò de mettre en avant par une didascalie inaugurale la structure temporelle de cet opus 2 de sa trilogie (p.8) :