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Critiques

Une partie de chasse, Agnès Desarthe

Ecrit par Johana Bolender , le Jeudi, 18 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, L'Olivier (Seuil)

Une partie de chasse, 156 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Agnès Desarthe Edition: L'Olivier (Seuil)

 

Autour du narrateur hugolien, errant dans un grand cimetière désert, des nuisibles, d’innombrables oiseaux chanteurs d’églogues, presque enjôleurs, partis faire l’école buissonnière. L’homme tente de les chasser lorsqu’il est arrêté dans son élan par un sage houx, porte-parole du grand monde forestier. L’oiseau, confesse-t-il alors, apporte la lumière. L’animal est la gaieté de la nature entière et piaille la joie dans l’univers (Les Oiseaux-Aurore-Les Contemplations).

Parmi la grande variété des figures de rhétorique, la prosopopée est certainement l’une des plus touchantes. Depuis Esope, faire discourir l’animal, des quadrupèdes aux insectes en passant par Les Oiseaux, et les poissons, est une tradition bien établie.

Restaurant Drouant, dernière concertation des jurés, depuis 1983, tradition bien honorée. L’animal remporte la vedette. Sujet de littérature, l’animal est doublement nanti. Le célèbre Goncourt des animaux, un prix censé récompenser un roman rendant hommage au monde animal est décerné à Agnès Desarthe pour son livre Une Partie de Chasse, ou plus précisément à son lapin.

Les Ongles, Mikhaïl Elizarov

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 17 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Russie, Roman, La rentrée littéraire, Serge Safran éditeur

Les Ongles (Nogti), août 2014, traduit du russe par Stéphane A. Dudoignon, 170 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Mikhaïl Elizarov Edition: Serge Safran éditeur

 

Dans un orphelinat de l’Ukraine post-soviétique en plein délitement politique et social, où sont entassés des enfants nés difformes et atteints de troubles mentaux, grandissent vaille que vaille un bossu, de père et mère inconnus, à qui les nurses ont donné comme état civil le nom de Gloucester, et son étrange ami Bakatov, dont l’essentielle raison de vivre est de se laisser pousser les ongles des mains et des pieds jusqu’à ce qu’ils atteignent la taille suffisante pour être rongés à l’occasion d’un cérémonial occulte très précis qui pourvoit pendant toute sa durée leur propriétaire de puissants et dangereux pouvoirs.

Le narrateur est Gloucester lui-même, la narration se faisant à la première personne, ce qui permet à Elizarov de décrire le monde tel que le voit le bossu, avec sa subjectivité d’innocent, à la manière des personnages de Faulkner.

Parle-moi du sous-sol, Clotilde Coquet

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mercredi, 17 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Fayard, La rentrée littéraire

Parle-moi du sous-sol, août 2014, 216 pages, 17 € . Ecrivain(s): Clotilde Coquet Edition: Fayard

 

Avec citation d’un extrait de Cycle de Mickaël Bonneau, parution in La Cause Littéraire, Août 2014 création poétique.

(…)

à l’épicerie le pain est sec les fruits sont blets le tiroir-

caisse est vide

derrière le comptoir l’employé soutient

la classification des fonctions

l’harmonisation des statuts

en cas de problème contactez le service des primes

(…)

Mickaël Bonneau, Cycle

Open City, Teju Cole

Ecrit par AK Afferez , le Mercredi, 17 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Denoël

Open City, traduction de Guillaume-Jean Milan, 348 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Teju Cole Edition: Denoël

 

Si vous vous attendez à trouver un autre livre avec en personnage principal le magnifique palimpseste urbain qu’est New York, ville donnant corps au labyrinthe psychologique du narrateur, qui pourrait bien être (ou pas) un avatar de l’auteur – eh bien non, Open City défiera toutes vos attentes : ce roman, véritable tour de force, n’a jamais recours aux raccourcis faciles (c’est le cas de le dire).

Julius, protagoniste et narrateur, interne en psychiatrie, arpente les rues de New York. Il se remet difficilement d’une rupture amoureuse et trouve dans la marche une échappatoire au carcan mental de son travail. Le bandeau de l’édition Denoël dit : « Si Baudelaire était un jeune Africain errant dans les rues de New York aujourd’hui, c’est certainement le livre qu’il écrirait ». Ceci n’est qu’à moitié vrai : certes, Julius ne se promène pas, il est loin d’avoir le pas touristique, mais il n’est pas non plus exactement un avatar du flâneur baudelairien. Même s’il dresse un portrait sans complaisance de New York, son esthétique est bien plus complexe, presque fuyante et profondément hantée.

Le livre abominable, Noé Carlain, illustrations Ronan Badel

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 17 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Sarbacane

Le livre abominable, avril 2014, 48 p. 9,50 € . Ecrivain(s): Noé Carlain et Romain Badel Edition: Sarbacane

 

Sarbacane réédite ses plus grands succès dans la collection « Flex » : un grand format, une couverture souple, un prix abordable pour des albums géants. Le livre abominable trouve plus particulièrement sa place dans ces incontournables de toute bonne bibliothèque jeunesse.

Car voilà un album qui va faire rire et frémir tout à la fois ses lecteurs, car chacun se retrouvera dans l’une ou plusieurs de ces situations qui donnent « une impression terriblement abominable… » et que tous les enfants auront rencontrées dans leur vie sous une forme ou sous une autre. Car être un enfant, ce n’est pas tous les jours une partie de plaisir, figurez-vous ! Voici un petit florilège de ces terribles ou minuscules moments de solitude, de honte ou de colère abominables :

« Quand le dentiste me dit en souriant : Ça ne va pas faire mal ! »

« Quand Baxter, mon chien, me lèche juste après avoir mangé sa pâtée ».

« Quand mes deux chaussettes ont un énorme trou au gros orteil et qu’on a gym ».

« Quand Papy me demande un verre d’eau pour y mettre son dentier ».