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L’heure du chacal, Bernhard Jaumann

Ecrit par Victoire NGuyen , le Jeudi, 17 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Langue allemande, Roman, Le Masque (Lattès)

L’heure du chacal, traduit de l’allemand par Céline Maurice, 281 pages, mai 2013, 20,90€ . Ecrivain(s): Bernhard Jaumann Edition: Le Masque (Lattès)

 

Le passé n’est jamais mort


Sous une chaleur écrasante d’un mois de janvier, la mort approche et encercle la riche demeure d’un ancien membre actif des services secrets sud-africain. En effet, un homme qui n’a plus rien à perdre, sort son l’AK-47 et abat la victime sous les yeux de sa fille. D’autres meurtres vont suivre et obéissent au même rituel. L’inspectrice chargée de l’enquête est Clémencia Garrise. Elle vient d’un township. Elle est noire. Dans un monde post apartheid et machiste, elle doit s’imposer et mène son enquête en usant de son intelligence. Ses investigations l’amènent vers la piste d’un vieux crime politique, l’assassinat d’une figure légendaire, Anton Lubowski. Sa tâche va devenir complexe d’autant plus que ces pistes sont dangereuses à exploiter car personne n’a envie de déterrer un passé lourd de conséquences…

Monsieur Ravel rêve sur l’île d’Insomnie, Frédéric Clément

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 17 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse

Monsieur Ravel rêve sur l’île d’Insomnie, Editions Didier Jeunesse, 25 septembre 2013, 46 pages, 23,80 € . Ecrivain(s): Frédéric Clément

 

Frédéric Clément, « marchand de couleurs », s’installe sur une rive et prend ses marques. Il rêve et dessine le voyage de « Monsieur Ravel », avec ses mots et ses illustrations. Il crée un conte onirique de très grande qualité, qu’il décore de magnifiques pages empreintes de douceur et de poésie fantasmagorique. L’émerveillement est au rendez-vous, le lecteur tourne les pages et se fond, peu à peu, dans ce monde imaginaire. Celui de « Monsieur Ravel », qui, assis sur son fauteuil, à côté de son horloge, s’ennuie, au milieu de son île d’Insomnie, sur une belle plage où il attend la grande vague qui va l’emporter au sommet de son art et de sa composition.

« Monsieur Ravel » fait tout d’abord la connaissance d’une théière fumante, suivie de sa tasse de porcelaine rosie, puis, il rencontre un facétieux petit singe-tambour, prénommé Gibraltar, qui finira par lui donner le rythme… de son célèbre boléro…

Ta Ta Ta Tam… Ta Ta Ta Tam… Ta Ta Ta Tam… Tam Tam…

Un amour de Swann, Marcel Proust, orné par Pierre Alechinsky

Ecrit par Elisa Amaru , le Mercredi, 16 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Gallimard, Arts

Un amour de Swann, Marcel Proust, orné par Pierre Alechinsky, 17 octobre 2013, 208 pages, 39 € . Ecrivain(s): Pierre Alechinsky Edition: Gallimard

 

Un amour de Swann : A la recherche de Pierre Alechinsky

 

L’un est écrivain français, né dans le 16e arrondissement d’un Paris exhalant la violette, la Cologne et le feu souffreteux des barricades derrière un bristol Belle Epoque. Il traverse la suite de son siècle en fin dandy noceur, amateur de bamboches entre messieurs, et voyeur impénitent, puis se reclut, s’empierra de mots dans une chambre tapissée de liège, et mourut avec en tête l’inédit de la plus grande œuvre romanesque du 20e siècle.

L’autre est peintre belge bien de notre temps, dissident des Arts, électron surréaliste et libre éperdument. Coqueluche des médias, aimé des muses, il instigue le dessin « à remarques marginales » cher à la tradition polyptique, et représente les branches croisées de l’expressionisme et du réalisme décoratif avec la spontanéité d’un calligraphe gaffeur depuis plus de 80 ans.

Intérieur, Thomas Clerc

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 16 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Récits, Gallimard

Intérieur, Gallimard l’arbalète, Juin 2013, 386 pages, 22,90 € . Ecrivain(s): Thomas Clerc Edition: Gallimard

 

Conseil : ne pas laisser traîner ce livre, n’importe où, exposé à l’œil curieux de vos visiteurs… le risque serait trop grand de la salve des « quoi !!! c’est fou ce bouquin ? Tu appelles ça comment ? de la littérature !! »… et d’accompagner le commentaire de rires qui vous moqueront encore, la nuit tombée.

Cet Intérieur est effectivement fou, parfaitement inimaginable, et totalement littéraire. Une sorte d’épice nouvelle jamais goûtée et définitivement adoptée.

Explication qui vaut baptême : l’auteur « a passé ses premiers mois rue de Lille, et se souvient d’avoir entendu, bébé, les plaintes des analysants de Jacques Lacan, dont le cabinet était proche, puis d’avoir habité plus tard rue de Quatrefages, où il reçut les voix de Georges Perec, et de ses Choses, avant d’aménager le 11 Septembre 2001 dans son intérieur… ». 50 m2, rue du Faubourg Saint Martin, et presque 400 pages de… visite ? certainement pas, plutôt de parcours initiatique dans le chez lui de Thomas Clerc. « Autobiographie d’une maison », nous est-il dit.

Le tigre blanc, Aravind Adiga

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 16 Octobre 2013. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Asie, Roman, 10/18

Le tigre blanc (The White Tiger), traduit de l’anglais par Annick le Goyat, 318 pages, 8,40 € . Ecrivain(s): Aravind Adiga Edition: 10/18

 

Balram, comme des millions de ses congénères, est né dans les Ténèbres, où règne la loi de la jungle, celle du plus fort.

Le plus fort, dans ces mondes obscurs, est le fils du plus fort, et son fils sera un jour, à son tour, le plus fort.

Parce que dans les Ténèbres, on est seigneur ou esclave, de naissance, de père en fils, depuis toujours, et pour toujours.

Balram est condamné, car telle est sa destinée, à vivre en esclave, à laver les pieds de ses maîtres, à accourir, l’échine courbée, à chacun de leurs impérieux appels, à ramper devant eux, et à les remercier d’avoir la bonté de les maltraiter…

Il peut arriver, exception confirmant la règle, que dans cet appareil fatal, dans ce broyeur infernal, s’introduise un humble grain de sable qui en perturbe le cours.