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Critiques

De toutes les richesses, Stefano Benni (2ème article)

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Vendredi, 29 Août 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Actes Sud, Italie

De toutes les richesses, traduit de l’italien par Marguerite Pozzoli, juin 2014, 22 € (ce livre existe aussi en ebook, 16,99 €) . Ecrivain(s): Stefano Benni Edition: Actes Sud

 

 

« Il y a toujours quelque chose de caché à qui veut cacher »

Stefano Benni, in. Margherita Dolcevita, 2008 (Actes Sud)

 

Après avoir participé au Movimento de révolte de Bologne à la fin des années 1970, Stefano Benni conjugue son engagement politique à son goût pour la littérature comico-fantastique entre journalisme et auteur de romans, de nouvelles, de poèmes et de pièces de théâtre. La quasi-totalité de son œuvre est publiée en France par les éditions Actes Sud, dont notamment : Le Bar sous la mer (1989), Bar 2000 (1999), Saltatempo (2003), Margherita Dolcevita (2008), Pain et tempête (2011) et La Trace de l’ange (2013).

Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?, Pierre Bayard

Ecrit par Ahmed Slama , le Vendredi, 29 Août 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Les éditions de Minuit

Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?, 198 p. 15,20 € . Ecrivain(s): Pierre Bayard Edition: Les éditions de Minuit

 

 

Les livres de Pierre Bayard ne sont pas de simples livres théoriques, ce sont des hybrides, semblables au « Si par une nuit d’hiver voyageur » d’un certain Italo, des « fictions-théoriques », dira Pierre Bayard lors d’une interview (1), qui disposent chacune d’un narrateur spécifique, celui du livre qui nous occupe. Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? écorne un tabou : la non-lecture et pour celui-ci la lecture même n’est qu’une non-lecture (pourquoi ?). Dans le même temps que nous ouvrons un livre, ne refermons-nous pas le reste des livres existants ? La lecture n’annule-t-elle pas l’ensemble des œuvres restantes, à l’image de cette flaque de lumière, au théâtre, qui met en exergue un comédien mais plonge le reste de la scène dans le néant.

L’été des Noyés, John Burnside

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 28 Août 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Métailié, La rentrée littéraire

L’été des Noyés (A summer of drowning). Août 2014. Traduit de l’anglais (Ecosse) par Catherine Richard. 320 p. 20 € . Ecrivain(s): John Burnside Edition: Métailié

 

Un roman de Burnside est toujours un moment d’éternité. Il n’y est pas de frontière spatiale, ni temporelle. Il n’y est pas de frontière non plus entre la réalité et le monde des chimères. Tout est suspendu dans l’air, incertain, improbable, oscillant, inquiétant. « Scintillation », son dernier opus avant celui-ci, nous avait déjà emmenés dans cet univers insécuritaire, menaçant, sans que l’on sache d’où, de qui, vient la menace. On ne sait même pas s’il y a vraiment menace. Un roman de Burnside dérange, questionne, ne répond pas, ne rassure jamais.

« L’été des noyés » emprunte – un peu – au roman noir : des jeunes gens disparaissent. Thème obsessionnel chez Burnside puisque dans « Scintillation » des enfants déjà disparaissaient. Mais il y a aussi du roman d’horreur : démons et forces du Mal sont à l’œuvre. Kyrre Opdahl, le vieux pêcheur en a convaincu la jeune Liv : Trolls, sirènes et par-dessus tout la Huldra – séduisante et terrible maîtresse du monde des Ténèbres – sont plus réels que ce qui semble être le réel. Le cadre de la Norvège septentrionale offre un écrin parfait aux fantasmagories les plus effrayantes : Lumière blanche et crue après l’interminable obscurité hivernale. Et dans l’entre-deux une période terrible d’entre-deux justement, où l’on perd le sens même de l’être.

Des voix parmi les ombres, Karel Schoeman

Ecrit par Victoire NGuyen , le Jeudi, 28 Août 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Afrique, Roman, La rentrée littéraire, Phébus

Des voix parmi les ombres, traduit de l’afrikaans par Pierre-Marie Finkelstein, aout 2014, 311 p. 22 € . Ecrivain(s): Karel Schoeman Edition: Phébus

 

Réminiscence

Nous sommes à l’époque actuelle, quelque part en Afrique du Sud au moment où débute le roman. Sous un soleil de plomb, un photographe et un écrivain-explorateur arpentent le pays en voiture à la recherche d’une ville perdue du nom de Fouriesfontein. Le but de nos deux personnages est de réaliser des photographies pour la constitution d’un livre portant sur les événements de 1901 où les Boers ont occupé la ville et ont massacré un métis du nom d’Adam Balie.

Ce que le lecteur sait, c’est qu’il s’agit d’une ville florissante à la fin du 19° siècle. Elle a été peuplée de colons anglais et hollandais. Fouriesfontein était une ville rattachée au Cap et son nom provient d’une puissante famille, les Fourie :

« En 1883, lorsque l’on décida de fonder une paroisse et de construire un temple, Herklaas Fourie avait suffisamment d’influence pour obtenir que cela se fasse sur ses terres, et il était suffisamment fortuné pour prendre à sa charge l’érection du modeste bâtiment au toit de chaume. Il eut été difficile, dans ces conditions, de donner un autre nom que le sien au village que l’on aménagea tout autour du temple, aussi l’appela-t-on Fouriesfontein, la Source-de-Fourie (…) ».

Faut que tu viennes, Pascal Thiriet

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Jeudi, 28 Août 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Jigal

Faut que tu viennes, mai 2014, 264 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Pascal Thiriet Edition: Jigal

 

Pascal Thiriet est un récidiviste et dans le monde du polar, cela risque de lui coûter une longue peine d’années d’écriture. Après J’ai fait comme elle a dit publié en 2013, voici Faut que tu viennes, des titres qui résument parfaitement l’ambiance si particulière de l’univers romanesque de l’auteur. La « recette » Thiriet contient une liste d’ingrédients dosés avec le doigté et le savoir-faire d’un grand chef : une intrigue suffisamment nébuleuse pour ne servir que de toile de fond à la mise en scène de « héros » qui mériteraient plutôt le préfixe « anti » ; femmes « Alpha » exerçant sur leurs meutes un pouvoir quasiment absolu, mâles soumis qui tentent de laper les miettes de ce qu’elles veulent bien leur laisser d’autonomie au milieu d’une foule de personnages toqués, de pieds nickelés et de pourris (de préférence des nantis). Une forte dose d’humour vient rehausser le mélange dont le piquant est aussitôt équilibré par une grande louche de tendresse.