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Critiques

J’emmerde…, Marlène Tissot

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 09 Avril 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Gros Textes

J’emmerde…, préface de Fabrice Marzuolo, mars 2014, 90 pages, 6 € . Ecrivain(s): Marlène Tissot Edition: Gros Textes

 

 

J’emmerde… Déjà le titre a quelque chose de jouissif en soi, une petite revanche à lui tout seul, mais Marlène Tissot rajouterait certainement : j’emmerde la revanche et elle aurait bien raison. Ce recueil s’il vous tombe entre les mains, attention il colle et si vous l’ouvrez, juste histoire d’y jeter un œil, en attendant d’avoir le temps de le lire, vous saurez que déjà vous emmerdez « le temps de… ». Ce sera de suite et maintenant, et vous ne le lâcherez pas tant que vous ne serez pas arrivés au bout, à la fin, avec ce magistral « j’emmerde les fins de moi difficiles »…

De ce recueil, on serait tenté de citer chacune des déclarations d’emmerde, chacune percutant le lecteur en trois phrases et un seul round. Aucune ne parait inutile, surfaite, et chaque lectrice-lecteur y trouvera forcément résonnance avec son ressenti propre, voire avec le sale…

Walter, Hélène Sturm

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 08 Avril 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Joelle Losfeld

Walter, mars 2014, 160 pages, 15,90 € . Ecrivain(s): Hélène Sturm Edition: Joelle Losfeld

 

Dans ce roman doublement initiatique comportant quatre grandes étapes, Hélène Sturm nous invite à « faire un bout de chemin » avec son héros éponyme, gamin sensible et peu bavard auquel les mots ne viennent avec simplicité que « sur la pente du sommeil ». A bientôt quatorze ans, ce grand lecteur vivant seul avec sa mère qui ne lui interdit aucun livre décide qu’il est temps de « jeter sa gourme ». Il a grande « envie de passer aux actes », ne sachant « comment commencer », et après moult angoisses et hésitations, moult préliminaires, il va « avec la fougue de la jeunesse » finir par se jeter « à l’encre » :

« Au nom de quoi serait-ce une obligation de brouillonner avant d’écrire ? De tâter l’eau du bout du pied avant de s’y jeter ? De devoir manger tout le gâteau avant d’avoir le droit à la cerise ? »

Mais tout le monde n’est pas Rimbaud pour pouvoir écrire l’océan sans avoir vu la mer !

En panne d’inspiration, incapable de continuer sa pièce de théâtre au-delà de la deuxième scène, Walter se lancera l’année suivante dans la rédaction d’un carnet d’aphorismes que, tombé sous le charme de Sacha et « débordé par le réel », il abandonnera en cours :

La vie privée, Olivier Steiner

Ecrit par Arnaud Genon , le Mardi, 08 Avril 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Gallimard, L'Arpenteur (Gallimard)

La vie privée, mars 2014, 160 pages, 13,90 € . Ecrivain(s): Olivier Steiner Edition: L'Arpenteur (Gallimard)

 

Le corps et l’esprit


Au début, il y a la mort, il y a un mort. Au premier étage d’une maison de bord de mer, gît Emile. Un vieil homme duquel le narrateur, Olivier, s’est occupé pendant 3 ou 4 ans. Il avait besoin d’un toit. Emile était malade, âgé, il tombait, il avait besoin qu’on le relève… L’un a sauvé l’autre qui n’est pas celui qu’on croit : « Le prodige est qu’en le relevant je me redressais », note le narrateur. Il y a donc un corps, ce corps sur lequel la mort opère son travail : il se refroidit, se raidit, au son d’une sonate de Schubert. Il n’y a que ce corps car Emile, la veille déjà, s’en était détaché : il « regardait le plafond, comme si tout ce qui avait un rapport avec son corps ne l’intéressait plus, ne le concernait plus ». Mais Olivier n’avertit personne. Il attend, au rez-de-chaussée. Un homme. Un autre.

Tout s’effondre, Chinua Achebe (2ème critique)

Ecrit par Victoire NGuyen , le Lundi, 07 Avril 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Afrique, Roman, Actes Sud

Tout s’effondre, nouvelle traduction de l’Anglais (Nigeria) par Pierre Girard, octobre 2013, 225 pages, 21,80 € . Ecrivain(s): Chinua Achebe Edition: Actes Sud

De son immense œuvre, Tout s’effondre occupe une place à part. Publié en 1958, c’est le roman qui a fait connaître Chinua Achebe et l’a propulsé sur la scène littéraire internationale puisque l’œuvre a été traduite en une cinquantaine de langues et vendue à des dizaines de millions d’exemplaires.

De plus, son intrigue présente l’histoire de la colonisation de l’Afrique par les Européens en adoptant le point de vue africain. Chinua Achebe met en scène un personnage littéraire de première importance, Okonkwo,  car il porte l’histoire de l’Afrique de son apogée à sa chute au travers les vicissitudes de sa propre destinée.

En effet, dès l’ouverture du roman, Okonkwo dont le nom signifie « feu qui dévore tout » jouit d’une position sociale de prestige dans le village ibo d’Umuofia. Il est un riche fermier. Chef de son clan, il surveille ses trois épouses et règle les conduites de ses enfants selon les attentes du clan. Façonné par une société traditionnelle agraire, il respecte les rites des saisons, pratique les sacrifices pour honorer la mémoire de ses ancêtres et attirer la protection des dieux tutélaires du clan. Enfant du clan, il est aussi l’un des sages qui officient à l’établissement des règles pour maintenir le village dans l’observance des traditions.

Ailleurs simple, Cathy Garcia

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Lundi, 07 Avril 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie

Ailleurs simple, Éditions Nouveaux Délits, illustrations Jean-Louis Millet . Ecrivain(s): Cathy Garcia

 

 

« A tous les voyageurs mobiles ou immobiles » avec, de ses propres mots : « un peu de rêve, d’étrange et d’étranger même » – Cathy Garcia signe avec Ailleurs simple un recueil de poèmes à siroter avec succulence, en vers libres et selon son rythme, en suivant ou non le fil anachronique des pages.

La couverture couleur d’argile annonce, si j’ose écrire, la couleur des textes, leurs paysages et leur style. On est en effet dans une poésie comme brute, animale, végétale, minérale, parcourue dans le sens inattendu du poil comme l’est souvent le contre-courant suivi par l’éditrice de la revue et du blog Nouveaux Délits. Une poésie sauvage.