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Critiques

Le livre des étreintes, Eduardo Galeano

Ecrit par Marc Ossorguine , le Jeudi, 09 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Amérique Latine, Poésie, Nouvelles

Le livre des étreintes (El libro de los abrazos, 1989), Lux éditeur, 2012, traduit de l’espagnol par Alexandre Sánchez . Ecrivain(s): Eduardo Galeano

 

Mille touches de colère et de poésie


Les moins jeunes ont sans doute en mémoire Les veines ouvertes de l’Amérique latine, écrit en 1971 et publié en 78 dans la célèbre collection Terres humaines (Plon). C’est aujourd’hui un éditeur québécois qui s’attache à nous faire découvrir ou redécouvrir une autre partie de l’œuvre d’Eduardo Galeano en français. Quatre volumes sont parus chez Lux ces dernières années : Le livre des étreintes, les voix du temps ; Paroles vagabondes ; et Mémoire du feu.

Entre nouvelles et aphorismes, Le livre des étreintes rassemble un peu moins de 200 textes qui vont de quelques lignes à une ou deux pages. Du merveilleux, de l’ironie et de l’humour (bienveillant), des colères humanistes, des choses vues et entendues, des souvenirs et des témoignages, il y a de tout cela dans ces courts textes qui peuvent prendre des allures d’aphorisme ou de journal.

Le roi disait que j’étais diable, Clara Dupont-Monod

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Mardi, 07 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Grasset, La rentrée littéraire

Le roi disait que j’étais diable, août 2014, 240 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Clara Dupont-Monod Edition: Grasset

 

Aliénor mon cœur t’adore

Clara Dupond-Monod a choisi un bel octosyllabe, Le roi disait que j’étais diable, comme titre de son dernier roman. Elle montre une nouvelle fois sa prédilection pour le Moyen-âge.

En effet, cette diablesse, c’est Aliénor d’Aquitaine, une femme de caractère qui fut reine de France au XIIe siècle (puis devint reine d’Angleterre par son second mariage).

Aliénor possède quelques points communs avec dame Dupont-Monod, par exemple une fascination partagée pour l’histoire de Tristan et Yseult. N’est-ce pas Clara Dupont-Monod qui, voici quelques années, avait utilisé sa belle plume pour raconter l’histoire de Tristan et Yseut vue par le roi Marc (1) ? C’était déjà une fameuse idée !

Aliénor ne s’en laisse guère conter : « Mon prénom est un monde et personne n’y laisse son empreinte. Ni Dieu, ni roi ».

Portrait craché, Jean-Claude Pirotte

Ecrit par Guy Donikian , le Lundi, 06 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Récits, Le Cherche-Midi, La rentrée littéraire

Portrait craché, août 2014, 192 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Jean-Claude Pirotte Edition: Le Cherche-Midi

 

Jean-Claude Pirotte nous a livré ici un volume à titre posthume qui vaut testament, et la raison essentielle de cet ouvrage tient dans ses mots : « les livres relient à tous les passés mémorables (…) car les livres font échec au temps ». Ce poète, trop peu lu, qui publia aussi des essais, et des romans, n’a eu de cesse d’écrire la vie sous l’angle de l’émerveillement ; ses poèmes résonnent de cet amour du vivre et du désespoir qu’il engendre naturellement.

Pirotte nous apprenait son cancer en 2013 dans son roman Brouillard, et il disparaît en mai 2014. Dans ce texte, Jean-Claude Pirotte procède au « recensement de ses douleurs », il « rentre en lui-même » pour saisir, comprendre la maladie et pour mieux sentir ce corps qui, poursuit-il, est encore vivant, malgré la présence de cette anarchie cellulaire. Pourtant son visage déformé, tordu par la maladie, l’empêche de boire ou de fumer. Son menton est souillé par le café qu’il boit difficilement.

Cet été-là, Jillian Tamaki et Mariko Tamaki

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 06 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Canada anglophone

Cet été-là, Ed. Rue de Sèvres, roman graphique jeunesse, lettrage de Jean-Luc Ruault et traduction de l’anglais (Canada) par Fanny Soubiran, mai 2014, 319 p. 20 € . Ecrivain(s): Jillian Tamaki et Mariko Tamaki

 

Cet été-là est un roman graphique pour jeunes adultes, un « YA graphic novel », qui frappe avant tout par la qualité expressive de ses dessins en n&b. Déclinés en vignettes, en pleine page, voire double page, favorisant ainsi des échappées très poétiques, ils en racontent autant, sinon plus, que les textes. Cette alternance bien étudiée donne vraiment du rythme à l’ensemble, dont l’ambiance sonore est également fortement soulignée à la façon des mangas.

Cet été-là, comme tous les autres étés, Rose part avec ses parents pour leur maison au bord du lac à Awago Beach. Là, comme chaque été depuis qu’elle a 5 ans, elle retrouvera l’exubérante Windy, sa voisine et amie de vacances et tous les souvenirs et rituels de l’enfance. Sauf que cet été-là, Rose, surnommée Rosie, a 13 ans et quelque chose a changé, quelque chose d’infime qu’elle ne comprend pas bien, comme une fêlure qui peu à peu va s’agrandir, pas autour d’elle, enfin pas vraiment, mais plutôt en elle.

Mansfield Park, Jane Austen

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 04 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Folio (Gallimard)

Mansfield Park, traduit de l’Anglais par Pierre Goubert, juin 2014, 720 pages, 8,40 € . Ecrivain(s): Jane Austen Edition: Folio (Gallimard)

 

Les années d’apprentissages de Miss Price

Les éditions Gallimard, comme toujours, ne cessent de nous surprendre. En automne 2013, elle offre aux lecteurs le deuxième volume des Œuvres romanesques complètes de Jane Austen. Celui-ci apparaît dans la prestigieuse collection de la Bibliothèque de la Pléiade comprenant entre autres récits le non moins célèbre Mansfield Park.

Juin 2014, les éditions Gallimard récidivent et font paraître dans la collection Folio/Classique l’œuvre magistrale de Jane Austen, écrite dans la maturité : Mansfield Park. Cette publication permet aux publics avertis ou néophytes, étudiants ou curieux, de (re)découvrir un classique de la littérature anglaise.

Mansfield Park est publié en 1814, un an après le célèbre Orgueil et Préjugés. Jane Austen relate l’histoire de Fanny Price issue d’une famille pauvre et recueillie à Mansfield Park, la splendide demeure de son oncle et de sa tante, les Bertram. Le roman fleuve de 660 pages relate le parcours de la jeune fille méprisée et mal-aimée de tous à son arrivée à Mansfield Park :