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Critiques

Ma philosophie et dialogues avec Edgar Morin, Stéphane Hessel, Nicolas Truong, Edgar Morin

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 24 Juin 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres

Ma philosophie et dialogues avec Edgar Morin, Editions de l’Aube, mars 2013, Coll. Monde en cours, 76 pages, 7 € . Ecrivain(s): Stéphane Hessel, Nicolas Truong, Edgar Morin

 

Après le succès phénoménal de son vigoureux manifeste Indignez-vous ! publié en 2010, on ne présente plus le regretté Stéphane Hessel, décédé à 93 ans en février 2013.

Ce riche petit volume est fait de deux parties.

La première, sous le titre L’espèce humaine n’a pas dit son dernier mot, est un dialogue entre le journaliste Nicolas Truong et le dynamique nonagénaire.

Edgar Morin se joint à Truong et à Hessel pour la seconde, intitulée Réinventer la politique.

Le premier titre exprime a priori la confiance indéfectible de Stéphane Hessel en l’homme, et sa certitude que l’espèce finira par s’ébrouer de ses travers tragiques, de ses élans de barbarie, de la haine qu’elle semble éprouver envers elle-même, de sa tendance maladive à l’autodestruction.

Ainsi se parlent le ciel et la terre, Michel Cosem

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Lundi, 23 Juin 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie, L'Harmattan

Ainsi se parlent le ciel et la terre, décembre 2013, 89 p. 11,50 € . Ecrivain(s): Michel Cosem Edition: L'Harmattan

 

Écrire être au monde en sachant comment se parlent le ciel et la terre, avec toute la sérénité d’un poète qui maîtrise sa langue et pose un regard paisible sinon rasséréné sur le monde, ainsi nous parle / créé / voyage Michel Cosem.

Écrire : Ȇtre / Ȇtre au monde et l’ Écrire / Écrire & être au monde

Une même lettre initiale inaugure la geste créative, que transfigure l’acte poétique porté par le poème, d’un merveilleux quotidien. Geste créative / Quête existentielle.

Ainsi se parlent le ciel et la terre s’ouvre sur le Dire de cet acte inaugural, Écrire être au monde, comme dans l’Aube de Rimbaud « la première entreprise fut une fleur qui (…) dit (au poète) son nom ».

Et le merveilleux quotidien, surgi de cette entreprise de langage entre le ciel et la terre mise en mots par le poète, transparaît d’emblée dans les interlignes de la page première.

L’âme de Kôtarô contemplait la mer, Medoruma Shun

Ecrit par Cathy Garcia , le Samedi, 21 Juin 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Nouvelles, Zulma, Japon

L’âme de Kôtarô contemplait la mer, traduitdu japonais par Myriam Dartois-Ako, Véronique Perrin et Corinne Quentin, janvier 2014, 285 p. 21 € . Ecrivain(s): Medoruma Shun Edition: Zulma

 

Six nouvelles qui nous embarquent pour un Japon un peu particulier, le Japon de l’enfance de l’auteur, l’île d’Okinawa qui est restée sous administration américaine pendant vingt-sept ans. Nous sommes ici dans l’ambiance d’une période qui précède et suit la rétrocession en 1972.

« J’étais alors en quatrième année de primaire. L’inquiétude ambiante chez les adultes du fait qu’Okinawa serait restitué au Japon l’année suivante se propageait jusqu’à nous, les enfants. (…) après la rétrocession au Japon est-ce qu’il neigerait à Okinawa ? Est-ce que les cerisiers se mettraient à fleurir en avril ? ».

Dans ce contexte incertain de crise identitaire, se confrontent et se confondent une Histoire en marche avec les croyances et traditions ancestrales très vivaces, d’une société insulaire encore rurale, surtout dans le nord. C’est dans ce terreau que prennent racine les nouvelles de ce très beau recueil. Le monde des ancêtres et des esprits de la nature est encore très présent au quotidien, nous ne sommes pas encore dans la trépidation folle de la modernité. L’écriture de Medoruma Shun est douce, délicate, poétique, enveloppante et même envoûtante comme dans Mabuigumi-L’âme relogée, la nouvelle qui a inspiré le titre du recueil :

Egypt An II, Fawzia Assad

Ecrit par Nadia Agsous , le Samedi, 21 Juin 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Histoire

Egypt An II, Edition Chèvrefeuille étoilée, Collection D’un Espace L’autre, novembre 2013, 101 pages, 7 € . Ecrivain(s): Fawzia Assad

 

Démocratie à l’égyptienne ?

En novembre 2013, quatre mois après le coup d’Etat du 3 juillet 2013 mené par l’armée contre le président Mohamed Morsi, Fawzia Assad, essayiste et écrivaine, publie un essai intitulé Egypt An II.

A travers cet essai de 101 pages, au fil des pages, l’auteure s’évertue à reconstituer les événements qui ont secoué l’Egypte, de janvier 2011 à juillet 2013. Elle met en lumière les raisons qui ont conduit à la destitution du président M. Morsi ainsi que le rôle que le « peuple égyptien » et l’armée ont joué dans cette déposition.

Son objectif ? Informer. Rendre compréhensible ce qui s’est réellement passé dans ce pays afin de proposer une autre version que celle propagée par les médias occidentaux. Car de son point de vue, les « analyses, reportages sont biaisés, tronqués et ne reflètent ni la réalité des faits eux-mêmes, ni la profondeur politique qu’ils signifient ».

Cent ans, Herbjorg Wassmo

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 20 Juin 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, 10/18

Cent ans, traduit du norvégien par Luce Hinsch, 2013, 592 pages, 9,80 € . Ecrivain(s): Herbjørg Wassmo Edition: 10/18

 

Quelque part du côté de ces Tolstoï, ces Gogol, baignés de leur lumière unique, tout en haut de l’arbre littéraire. Ces livres qui portent à eux seuls toute la littérature, par la force des personnages, l’impeccable du rendu des lieux, et de l’Histoire en fond d’écran… Wassmo – lue autant que la Bible, en terre scandinave – est de ce terreau-là. Quand on la lit, le reste de la bibliothèque prend un coup de nuit polaire ; c’est comme ça !

Petite, en robe noire et cheveux blancs, souriante et sérieuse, lors de la récente Comédie du livre de Montpellier dont elle était « la » vedette, la dame du grand nord a posé ce qu’il fallait d’estime et d’encouragements pour les femmes – toutes, et sans doute surtout celles qui veulent tenir debout. Celles de ses romans-saga ; une Dina, une Tora ; toutes éclairées par ce soleil si particulier du Nord de la Norvège, au bord des lacs glacés. Dans Cent ans, ce sont les siennes, celles de sa famille, quatre générations en amont d’elle, Herbjorg, dont on assiste à la naissance dans les derniers mots du livre, comme une fin de passage de témoin.