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Critiques

Peine perdue, Olivier Adam

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 10 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Flammarion, La rentrée littéraire

Peine perdue, août 2014, 416 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Olivier Adam Edition: Flammarion

Avec Peine perdue, Olivier Adam nous emmène dans une ronde où les personnages et les voix vont se succéder, se lier, s’éclaircir mutuellement au fil des pages. Nous découvrons ainsi une bonne vingtaine d’acteurs de la vie d’une commune côtière, quelque part du côté de Nice. Il ne s’y passe pas grand-chose, entre les magouilles du gros entrepreneur local et « son » équipe de foot, avec une activité touristique convoitée par les requins voisins.

Il suffira d’un gros coup de mer pour que la côte soit pendant quelques jours dévastée et que des vies qui semblaient n’attendre que cela basculent et que se mettent à jour toute la peine perdue à les construire, à essayer au moins de les sauver du désastre, si ce n’est en faire de grands destins.

Il y a Antoine, le footballeur parfois brillant et surtout incontrôlable (qui n’est pas sans rappeler le personnage de Patrick Dewaere dans Coup de tête, le film de Jean-Jacques Annaud), Pérez l’entrepreneur combinard plein aux as, Grindel, le flic pas très doué, désabusé et débordé par les évènements, Paul et Hélène, le couple âgé qui essaye d’en finir, une jeune femme anonyme et inconnue qui semble vouloir échapper au monde, une équipe de foot « petit poucet » qui doit se préparer à affronter la grande équipe de Nantes en Coupe de France…

Dernière récolte, Attica Locke

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 10 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Série Noire (Gallimard)

Dernière récolte (The Cutting Season), traduit de l’anglais (USA) par Clément Baude, mai 2014, 416 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Attica Locke Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Marée Noire, premier roman remarqué d’Attica Locke, laissait entrevoir de belles qualités chez cette jeune auteure – en particulier dans ses évocations de la lutte en faveur des droits civiques des Noirs aux États-Unis – mais souffrait par ailleurs de défauts patents, notamment une intrigue pour le moins confuse. C’est donc avec curiosité que l’on attendait ce deuxième livre, histoire de meurtre dans une plantation de Louisiane devenue musée et dans laquelle, une fois encore, Attica Locke entend faire entrer le présent en résonnance avec le passé.

En effet, Caren Gray, héroïne de cette Dernière récolte, descendante d’esclaves attachés à la plantation Belle Vie, revenue en ces lieux afin de les gérer pour la famille Clancy, se trouve confrontée au meurtre d’une immigrée clandestine employée dans les champs de canne à sucre loués par une grande entreprise sucrière autour de Belle Vie. Alors que la police cherche le coupable idéal, Caren soulève peu à peu un voile derrière lequel se bousculent bien des souvenirs enfouis et une histoire beaucoup moins lisse que celle que présente la troupe d’acteurs de la plantation dans son spectacle destiné aux touristes.

La Porte du Messie, Philip le Roy

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 10 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Le Cherche-Midi

La Porte du Messie, mai 2014, 384 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Philip le Roy Edition: Le Cherche-Midi

 

Captivant, haletant, passionnant, il n’est pas difficile de trouver des qualificatifs pour encenser ce thriller théologique, encore plus enthousiasmant quand on sait que cette fiction est basée sur des recherches historiques, linguistiques, archéologiques, littéraires et théologiques donc, tout à fait sérieuses, encore peu diffusées, sur les origines du Coran et que certains de ces chercheurs ont mis pour elles leur carrière, mais même parfois leur vie, en danger. D’ailleurs une des protagonistes de ce roman va elle-même transmettre toutes ces informations à son auteur, pour qu’il en fasse bon usage, lors d’un salon du livre à Porto-Vecchio en juillet 2013, ce qui laisse habilement le lecteur à cheval sur un fil fragile entre fiction et réalité.

Simon Lange, diplômé en théologie, apprend à Beyrouth, le jour des funérailles de ses parents, un couple franco-libanais mort dans un accident de voiture à Paris, qu’il a été adopté et que son père adoptif donc, lui a laissé des documents concernant son origine dans le coffre d’un hôtel à Jérusalem. Quand il s’y rend en compagnie d’un ami de la famille rencontré lors des funérailles, un certain Markus, le coffre est vide. Simon Lange, grand amateur très peu raisonnable de Talisker, le « rocher escarpé » en langue nordique, un whisky de l’île de Skye, noiera son dépit dans les bars de Jérusalem en compagnie de ce Markus.

Des objets de rencontre, Une saison chez Emmaüs, Lise Benincà

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 09 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Récits, La rentrée littéraire, Joelle Losfeld

Des objets de rencontre, Une saison chez Emmaüs, août 2014, 212 pages, 17,50 € . Ecrivain(s): Lise Benincà Edition: Joelle Losfeld

Des objets de rencontre, récit de neuf mois de résidence d’écriture de Lise Benincà « au milieu des choses », est d’abord l’histoire d’une improbable rencontre entre une démarche d’insertion sociale et la démarche artistique d’un écrivain.

Emmaüs Défi tente de sortir de la rue des hommes et des femmes en grave difficulté en leur procurant, au travers de la collecte, du tri et de la vente d’objets de récupération, un travail qui leur permette de survivre et de retrouver l’estime de soi. Une estime perdue au cours de nombreuses années de galère où ils furent exposés à l’indifférence ou au mépris de l’autre. Quant à Lise Benincà, elle s’est lancée dans une aventure à première vue bien différente mais comportant aussi sa part de rêve et de défi. Désirant « porter la littérature dans un lieu où on ne s’attend pas à la trouver », elle avait pour projet de faire parler ces objets dépareillés, patinés, récupérés par Emmaüs, mais aussi toutes ces personnes en réinsertion professionnelle, ces bénévoles ou ces encadrants salariés qui œuvrent ensemble dans le vaste entrepôt parisien de la rue Riquet. « Un lieu riche en histoires, … riche en humains » qui, chaque samedi, se transforme en hall d’exposition et de vente pour accueillir les clients démunis du quartier comme les bobos parisiens. « Un lieu de brassage, de passage et d’échanges, avec un mélange des genres à tous les niveaux ».

Depuis que la samba est samba, Paulo Lins

Ecrit par Stéphane Bret , le Mardi, 09 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Langue portugaise, Roman, La rentrée littéraire, Asphalte éditions

Depuis que la samba est samba, Trad. du portugais (Brésil) par Paula Sainot, septembre 2014, 287 pages, 22 € . Ecrivain(s): Paulo Lins Edition: Asphalte éditions

 

 

Le roman de Paulo lins se déroule dans le Rio des années 20, et plus précisément dans le quartier de l’Estácio, où se croisent des malfrats, des proxénètes, des prostituées, des homosexuels, des immigrés. On y trouve également des artistes, des musiciens susceptibles d’incarner la bohème locale. Ismael Silva est compositeur, il aspire à changer la musique, à l’adapter à la culture de tous les Brésiliens, autrement dit, d’incorporer dans la musique les traditions issues des origines indienne et africaine du Brésil. Son ami, Brancura, ambitionne d’écrire des sambas ; il apparaît très vite beaucoup plus doué pour le proxénétisme, qu’il développe dans son quartier, en proie aux bagarres dans les bars, au trafic de drogue, aux descentes fréquentes de la police. Brancura a un rival, Sodré, fils d’immigrés portugais ayant passablement bien réussi. Ils aiment la même femme, Valdirène, l’une des plus belles filles de l’Estácio, prostituée de son état. Sodré est blanc, Brancura est noir, descendant d’esclaves.