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Critiques

L’Âge d’homme précédé de L’Afrique fantôme, Michel Leiris en la Pléiade

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 03 Décembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Biographie, La Pléiade Gallimard

L’Âge d’homme précédé de L’Afrique fantôme, octobre 2014, 1323 pages, 68 € (jusqu’au 28 février 2015, ensuite 75 €), édition publiée sous le direction de Denis Hollier avec Francis Marmande et Catherine Maubon . Ecrivain(s): Michel Leiris Edition: La Pléiade Gallimard

 

Second tome que consacre la Pléiade à l’œuvre de l’ethnologue du musée de l’homme, après celui donnant La règle du jeu paru en 2003 ; ce volume est partagé entre deux masses de granite : L’âge d’homme, c’est-à-dire l’autobiographie-manière Leiris, et L’Afrique fantôme, l’ethnologie-façon Leiris. Dans les deux cas, ni vraiment l’une, ni tout à fait l’autre…

Continuation ici du travail énorme et parfaitement maîtrisé de l’équipe autour de Denis Hollier qui certes connaît des pans importants de l’homme aux mille facettes – univers à jamais ouvert – qu’est Michel Leiris, mais, continue inlassablement de rassembler, en parfait chercheur, de peaufiner, d’archives en bibliothèques tout ce qui documente sur l’homme Leiris et la mission Dakar Djibouti, grande aventure géographique, ethnologique, et plus largement intellectuelle de l’Avant-guerre.

Journal et autres carnets inédits, Georges Brassens

Ecrit par Frédéric Aribit , le Mardi, 02 Décembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Biographie, Récits, Le Cherche-Midi

Journal et autres carnets inédits, octobre 2014, préface de Francis Cabrel, avant-propos de Jean-Michel Boris, octobre 2014, 335 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Georges Brassens Edition: Le Cherche-Midi

 

 

Ce journal, ces carnets, on pouvait les voir en 2011, lors de la grande expo Brassens organisée à la Cité de la Musique. Émouvante écriture sur de simples cahiers d’écolier, précieux manuscrits façon vide-poche, réunissant pêle-mêle des textes en travail, des bribes de poèmes, des bons mots, des notes personnelles… Georges Brassens en avait longtemps poursuivi la pratique, mais capricieusement, au hasard de ses envies, sans l’assiduité des bons élèves qui s’y seraient astreints. De 1946 à 1953 d’abord, un premier journal des années de jeunesse, intitulé Le vent des marécages. De 1953 à 1955 ensuite, trois agendas griffonnés. De 1963 à 1981 enfin et surtout, ce fameux Journal que la mort interrompt.

Échantillons de parole, Louis Raoul

Ecrit par Vincent Motard-Avargues , le Mardi, 02 Décembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Recours au poème Editeur

Échantillons de parole, novembre 2014, 40 pages, 6,00 € . Ecrivain(s): Louis Raoul Edition: Recours au poème Editeur

 

De Logistique du regard (N&B, Pleine Page éd.) à Démantèlement du jour (Éclats d’encre), Louis Raoul dévoile un témoignage direct, le plus exhaustif qui soit, d’une humanité sans fioritures, d’un lyrisme dénué de débordement outrancier.

Le poème est, alors, le lien du vivre, synonyme de l’être, dans l’absolu. Chaque vers décrit, non le sentiment ou l’émotion, mais le rapport au vécu, la compréhension pleine et complète de chaque détail formant le Tout des jours.

Écrire revient à bâtir, édifier le temple du temps, bâtiment de l’être humain – cette construction qui, éphémère pourtant durable, demande une insistance quotidienne.

« En écrivant / On bâtit une maison / Par le haut / Des regards y viendront / Pour un bref séjour / Ils changeront toutes les voyelles / Qui ouvraient sur le nom / Il nous faudra alors recommencer / Jusqu’à n’être plus / Que ce corps lourd de clés / Au fond d’un sommeil ».

Le pouvoir du chien, Thomas Savage

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 01 Décembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Belfond

Le pouvoir du chien, Belfond Vintage, traduit de l’américain par Pierre Furlan, postface d’Annie Proulx, novembre 2014, 384 pages, 19,00 € . Ecrivain(s): Thomas Savage Edition: Belfond

 

Le Montana est un Etat de l’ouest des États-Unis bordé à l’est par les Grandes Plaines et à l’ouest par les Montagnes Rocheuses. Le climat est extrêmement rude particulièrement en hiver, l’isolement quasi total et les paysages si démesurés que c’est au Montana que survit encore à l’heure actuelle le mythe de l’Ouest américain. La nature omniprésente et grandiose, l’histoire de cet Etat aussi grand que la France où la découverte de gisements d’or dans les années 1850 déclencha la fameuse ruée de prospecteurs, le souvenir de la victoire des Sioux face au général Custer à la bataille de Little Big Horn, l’arrivée massive de colons, agriculteurs ou éleveurs de bétail en réponse au Homestead Act (loi de propriété fermière) de 1916, et le développement d’immenses ranchs sont autant d’éléments qui excitèrent l’imagination de nombreux écrivains aujourd’hui regroupés, à tort ou à raison selon les spécialistes, sous l’appellation de « l’école du Montana ». Une mouvance où l’on trouvera, à titre d’exemple, des auteurs comme Rick Bass (Le Ciel, les étoiles, le monde sauvage, aux éditions Christian Bourgois), Norman Maclean (La rivière du sixième jour, aux éditions Rivages poche), Jim Harrison (Légendes d’automne aux éditions 10-18) et bien entendu Thomas Savage dont le roman Le pouvoir du chien publié en 1967 est devenu avec les années une référence littéraire.

Le Port, texte de Jean-Yves Loude, images de Nemo, musique de Bruno-Michel Abati

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 01 Décembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Récits, Vents d'ailleurs

Le Port, 2014, 58 pages, 15 € . Ecrivain(s): Jean-Yves Loude Edition: Vents d'ailleurs

 

Le port, le sort, la mort

Le Port est un très beau livre, tragique et vivant, une œuvre zeugma. Un zeugma stylistique : « Les toubabs ont pris son bras et la totalité de ses rêves ». Mais surtout un zeugma sémantique : l’ellipse est aussi la trajectoire des comètes. Peut-être le lien parfait. La courbure dans sa pureté. Le lien et le lieu obligés : le zeugma désigne en grec le lien et le joug. Car le Port, c’est bien ça, tout à la fois : la pureté du rêve, la nécessité du lien, la condition du joug, l’espoir d’un ailleurs, la prise absolue du risque de cet ailleurs qui n’est meilleur que dans les rêves.

A quoi rêve l’Africain qui a faim ?

Djibril parle (Et il faut entendre la voix de Jean-Yves Loude, porte-voix et portefaix et porte-foi). Djibril se tait (Et il faut entendre Bruno-Michel Abati https ://www.youtube.com/watch?v=oYruz7yL0V8).