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Critiques

Les vents de Vancouver, escales dans l’espace-temps du Pacifique Nord, Kenneth White

Ecrit par Lionel Bedin , le Lundi, 24 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Récits, Le Mot et le Reste

Les vents de Vancouver, escales dans l’espace-temps du Pacifique Nord, mars 2014, traduction de Marie-Claude White, 176 pages, 17 € . Ecrivain(s): Kenneth White Edition: Le Mot et le Reste

 

Kenneth White nous a déjà emmené dans des contrées blanches et bleues, au Labrador, dans La route bleue (1983, prix Médicis). Il fait d’ailleurs un petit clin d’œil à cette route à la fin de son périple : « Mais, bon, il est temps de reprendre la route, la route sceptique, la route surnihiliste, la route bleue avec ses moments bleus, ses lumières blanches et ses lignes noires et fermes ». Cette fois c’est à l’opposé, à l’ouest du continent américain, que le voyageur et écrivain nous transporte, du côté de Vancouver, le long du Pacifique Nord et des côtes ouest du Canada et de l’Alaska.

D’abord, les lieux. White sait décrire les lieux. Ici Vancouver, avec sa litanie poétique de noms de quartiers, avec une description de la ville bruyante, en effervescence. La ville, le musée, le port et sa faune hétéroclite, le cimetière. Pour White, musarder dans un musée c’est la possibilité de « trouver une image cohérente du monde » et la lecture des inscriptions des pierres tombales lui permet de « pénétrer dans le théâtre du monde ».

L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, Haruki Murakami

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Lundi, 24 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Belfond, Japon

L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, traduit du japonais par Hélène Morita, septembre 2014, 384 pages, 23 € . Ecrivain(s): Haruki Murakami Edition: Belfond

« Pour penser librement, il faut s’éloigner du moi gorgé de chair.

Sortir de la cage étroite de son propre corps,

se libérer de ses chaînes,

et s’envoler vers le domaine de la logique pure.

C’est dans la logique qu’on trouve une vie naturelle et libre.

Cette liberté est le cœur même de la pensée »

L’Incolore Tsukuru Tazaki et ses années de pèlerinage, Haruki Murakami

 

« L’incolore » Tsukuru Tazaki est un trentenaire qui vit seul à Tokyo, il est devenu architecte, designer ; il construit des gares depuis qu’il a quitté Nagoya pour ses études. Jusqu’à ce qu’il rencontre Sara, une célibataire tout comme lui.

Les Outrepasseurs, tome 2. La Reine des Neiges, Cindy Van Wilder

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 24 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Gulf Stream Editeur

Les Outrepasseurs, tome 2. La Reine des Neiges, septembre 2014, 368 pages, 18 € . Ecrivain(s): Cindy Van Wilder Edition: Gulf Stream Editeur

Le premier volume, Les Héritiers, avait lancé une trilogie de fantasy originale et prometteuse. La Reine des Neiges confirme cette impression et apporte même une profondeur nouvelle au récit, introduisant un enjeu collectif en parallèle au devenir du personnage principal. Cindy Van Wilder tient en haleine son lecteur, le surprend et le captive définitivement.

Les jeunes Outrepasseurs, après avoir découvert leurs origines et prêté serment à Noble, s’entraînent avec acharnement pour prendre la succession de leurs maisons respectives. Seul Peter souffre de cette allégeance forcée et de ce destin tout tracé : sa rébellion devient effective lorsqu’il est confronté à la face cachée de l’organisation. Dans leur guerre ancestrale contre les Fés, les Outrepasseurs vainqueurs sont devenus les maîtres de leurs anciens adversaires dont ils tirent profit en les vidant de leur magie. Devenus des réservoirs de fluide aux multiples vertus, les puissants dragons, le golem, Morgane ou Obéron, tous les personnages de légende, ne sont plus que des créatures abruties, affaiblies. Peter tourne le dos à tout ce qui le liait à son passé, pour tenter de libérer le peuple de Féerie, mais aussi de libérer les siens de leur joug, devenant la proie de Noble et de ses sbires.

La loi sauvage, Nathalie Kuperman

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Samedi, 22 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, Roman, Gallimard

La loi sauvage, août 2014, 208 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Nathalie Kuperman Edition: Gallimard

 

Un matin d’octobre, une phrase prononcée par une femme à l’encontre de la fille de l’héroïne du roman et narratrice du récit déclenche une bombe à retardement. Votre fille, c’est une catastrophe. Voici ce qu’annonce l’institutrice à la mère, croisée dans la rue un mardi matin. Cette « sentence » va entraîner chez la mère un travail intense d’introspection. Vont se bousculer dans sa tête une foule de réflexions sur ses relations avec sa fille, avec son métier, avec les autres, avec sa vie.  De façon inattendue, ce sera l’occasion d’un retour sur sa propre histoire, sa propre enfance.

La mère, personnage central du roman, veut comprendre et se comprendre. La loi sauvage de Nathalie Kuperman déroule pour le lecteur le récit de cette quête intime et éminemment politique.

On se déplace peu dans ce roman. Pas de longues randonnées sauf intérieures. On arpente la rue qui conduit à l’école, parfois on fait une halte. Café pour se doper, cigarette pour se protéger par un écran de fumée. Terrasse pour reculer le moment de la confrontation avec la sorcière. On pénètre à peine dans la salle de classe, la plupart du temps on l’imagine. Sauf nécessité, la mère et la fille restent enfermées de longues heures dans l’appartement qui leur sert de cocon protecteur.

L’ours est un écrivain comme les autres, William Kotzwinkle

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 22 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, USA, Roman, Cambourakis

L’ours est un écrivain comme les autres (The Bear Went Over The Mountain) octobre 2014, traduit de l’anglais (USA) par Nathalie Bru, 304 p. 22 € . Ecrivain(s): William Kotzwinkle Edition: Cambourakis

Écrivain prolixe et éclectique, William Kotzwinkle a tout fait. De la novellisation (E.T. mais aussi Superman III !), de la littérature de jeunesse, du roman noir (Le jeu de Trente), du complètement barré (l’indispensable Midnight Examiner), de l’inclassable (Book of Love, Fata Morgana…). Si tout n’est pas toujours génial chez cet auteur, on peut au moins lui reconnaître une réelle capacité à surprendre. Et c’est encore le cas avec le conte moral qu’est L’ours est un écrivain comme les autres.

Arthur Bramhall, professeur de littérature à l’Université du Maine, rêve de devenir le nouvel Hemingway. En tant que tel, il ne se voit d’ailleurs pas écrire autrement qu’à la machine. Aussi n’a-t-il aucune sauvegarde lorsque son manuscrit part en fumée dans l’incendie de sa maison. Mais Arthur Bramhall est opiniâtre et a tôt fait de réécrire son grand roman sur la libido des femmes de la campagne qui sentent l’essence et ne se rasent pas les jambes.

L’ouvrage achevé, afin d’éviter une nouvelle déconvenue, il décide de placer le manuscrit dans une mallette et de la dissimuler au pied d’un arbre en lisière de la forêt en attendant d’aller le présenter à un éditeur. Mais, dissimulé dans les bois, un ours observe le manège. Croyant à la possibilité que la mallette renferme, sait-on jamais !, une tarte, il la déterre. Et là… laissons la parole à l’auteur :