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Critiques

Le Secret et autres textes, Junichirô Tanizaki

Ecrit par Alhama Garcia , le Mardi, 16 Décembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Nouvelles, Gallimard, Japon

Le Secret et autres textes, Gallimard, coll. L’imaginaire, octobre 2013, 196 pages, 7,50 € . Ecrivain(s): Junichirô Tanizaki Edition: Gallimard

 

C’est un petit livre comprenant cinq nouvelles que proposent les éditions Gallimard ; mais c’est une excellente introduction à l’œuvre de cet immense écrivain. Les mêmes éditions ont d’ailleurs publié la quasi-totalité de son travail dans la collection de la Pléiade.

Né en 1886 et mort à 79 ans, il est facile de relever, pour le lecteur français, les grandes périodes de l’histoire japonaise que Junichirô Tanizaki a traversées. Il naît vingt ans après le début de l’ère Meiji (1868-1912), période de bouleversements intellectuels, économiques et sociaux dans une nation jusqu’alors fermée à l’influence occidentale. Le Japon ne reste pas étranger à la première guerre mondiale ; après ce premier choc, on connaît son implication dans la seconde, et ce que le pays dut surmonter après sa défaite dans les conditions tragiques que l’on sait.

Junichirô Tanizaki traverse toutes ces crises avec une énergie peu commune et il faut ajouter, avec un talent qui ne connaît jamais de faiblesse.

Requiem pour un(e) trentenaire, Wilfried Salomé

Ecrit par Olivier Bleuez , le Mardi, 16 Décembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres

Requiem pour un(e) trentenaire, Éditions La matière noire, septembre 2014, 65 pages, 10 € . Ecrivain(s): Wilfried Salomé

 

Tout ce qui est excessif est insignifiant, disait Talleyrand. Ça se discute, lui répondait un immense nom des médias français… Ce Requiem est clairement un pamphlet, donc une grande partie des propos sont excessifs. Et pourtant, il serait dommage de classer ce livre directement dans le domaine de l’insignifiance, d’en faire une fête du non-sens pourrait-on dire. On trouve beaucoup d’excès, de grossissements de traits, de développements à la limite du délire (genre philosophie des années 70 avec intégration d’un vocabulaire scientifique non maîtrisé), mais tout cela tient comme une charge peut tenir. Non sans un certain humour :

« Clairement, la plupart des garçons et des filles de mon âge me paraissent admirer une pluie d’octobre tomber sur des tomates en pots, se sentant en parfaite communion avec les plantes ».

Laissez parler les pierres, David Machado

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mardi, 16 Décembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Langue portugaise, Roman

Laissez parler les pierres (Deixem falar as pedras, 2011), Ed. de l’Aube, août 2014, traduit du portugais par Vincent Gorce, 320 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): David Machado

 

Valdemar écrit. Il écrit les souvenirs de son grand-père. Valdemar est un adolescent qui supporte mal le lycée et qui est plein de désir envers sa seule amie, Alice, une jeune fille anorexique qui le trouve si cool. Entre un père vaguement présent, plus soucieux d’histoire et de sa collection de pièces, et une mère journaliste dont la carrière justifie bien des absences, l’adolescent va être pris par les souvenirs terribles que son grand-père lui livre entre deux « tele-novelas ».

Aujourd’hui, le grand-père, Nicolau Manuel, se sent bien peu chez lui, occupant le bureau de son fils, ne pouvant plus se déplacer sans fauteuil et devenu sourd il y a des années. Jadis, Nicolau était le chasseur le plus réputé de son village, promis à un mariage avec la délicieuse Graça… mais aux sombres années de la dictature son destin a basculé, accusé de complots, de crimes, d’agitation politique, il va connaître des années durant l’emprisonnement, la torture et l’arbitraire le plus absurde… c’est en tout cas ce qu’il raconte, ce que Valdemar écrit page après page.

La philosophie comme un roman, de Socrate à Arendt, Laurence Hansen-Löve

Ecrit par Arnaud Genon , le Lundi, 15 Décembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres

La philosophie comme un roman, De Socrate à Arendt, avec Laure Becdelièvre et Fabien Lamouche, Presses de l’Université de Laval, septembre 2014, 306 pages, 24 € . Ecrivain(s): Laurence Hansen-Löve

Les ouvrages de vulgarisation philosophique ont envahi ces dernières années les rayons des librairies. Les œuvres des grands penseurs, considérées difficiles d’accès, ont laissé place à une multitude de commentaires, de synthèses, de condensés plus ou moins aboutis, plus ou moins nécessaires. Les commentateurs se commentent parfois eux-mêmes faisant presque oublier l’œuvre première, la vraie, l’unique…

Heureusement, dans cette multitude éditoriale souvent assez fade, certains ouvrages se distinguent par leur originalité, leur fraîcheur, leur audace et donc, leur réussite. La philosophie comme un roman est de ceux-là.

La philosophie, nous rappelle Laurence Hansen-Löve dans son « avant-propos », est une « discussion ininterrompue, une conversation permanente des hérauts de l’esprit en acte », elle est un dialogue accidenté, « un cheminement protéiforme mais “dialectique”, car orienté et unifié par la recherche du sens ». Partant de ce principe, l’auteure a décidé de réunir quinze des plus grands philosophes et de les interroger « comme s’ils étaient nos contemporains ». Sont ainsi convoqués, dans l’ordre chronologique, Socrate, Epicure, Epictète, Descartes, Spinoza, Hume, Rousseau, Kant, Marx, Nietzsche, Freud, Russell et Arendt.

Les fantômes familiaux, Psychanalyse transgénérationnelle, Bruno Clavier

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 15 Décembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Petite bibliothèque Payot

Les fantômes familiaux, Psychanalyse transgénérationnelle, octobre 2014, 247 pages, 8,50 € . Ecrivain(s): Bruno Clavier Edition: Petite bibliothèque Payot

 

Cet ouvrage aborde un aspect plutôt méconnu de la psychanalyse, parce que plus récent aussi, et d’ailleurs en prenant l’exemple familial de Freud lui-même en dernière partie, l’auteur nous fait comprendre pourquoi justement la psychanalyse a d’abord été fermée à cette approche.

Il s’agit donc de l’aspect transgénérationnel (connu en psychologie sous le terme de psychogénéalogie) et de ce qu’on appelle les fantômes familiaux ou comment nos ancêtres continuent à agir en nous, à nous hanter même littéralement, et parfois sur de très nombreuses générations.

« Cette notion a été introduite dans la psychanalyse à la fin des années 1970 par un personnage tout autant poète que psychanalyste, Nicolas Abraham, et par sa compagne, Maria Török. Ces “fantômes” se signalent principalement par la répétition de symptômes, de comportements aberrants, de schémas relationnels stériles provoquant pour certains des difficultés de vie de toutes sortes et des affections psychiques assez graves ».