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Critiques

La Condition magique, Hubert Haddad

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Lundi, 22 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Zulma

La Condition magique, Zulma, coll. de poche, 18 septembre 2014, 288 pages, 9,95 € . Ecrivain(s): Hubert Haddad Edition: Zulma

 

« L’erreur des cartésiens c’est de séparer la pensée de l’imaginaire. Il n’y a pas de pensée sans imaginaire. Dans un roman, ça ne m’intéresse pas de faire une coupe. Je veux qu’on traverse un monde. Quant au romantisme, je crois qu’on y reviendra toujours : le romantisme, c’est la passion. Ce qui ne tient pas, c’est la pose »

Hubert Haddad

 

L’auteur est né à Tunis en 1947 et suit l’exil de ses parents quelques années plus tard, à Belleville, Ménilmontant, puis dans les banlieues populaires. Il est à la fois poète, romancier, nouvelliste, dramaturge, essayiste, peintre et illustrateur. Il explore, depuis son premier recueil de poèmes, Le Charnier déductif, en 1967, toutes les voies de la littérature, de l’art et de l’imaginaire. Pour Haddad, la poésie a vite pris une place particulière : « multiple et exclusive dans ses investigations tant verbales que plastiques ».

Charlotte, David Foenkinos

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 22 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Gallimard, La rentrée littéraire

Charlotte, août 2014, 224 pages, 18,50 € (version numérique : 12,99 €) . Ecrivain(s): David Foenkinos Edition: Gallimard

 

 

C’est un roman qui n’en a pas l’air.

A première vue.

Ce pourrait être un simple alignement de notes,

En quelque sorte un pré-roman.

L’ébauche d’un récit.

Mais c’est un vrai roman.

La voleuse de fraises, Eun Hee-Kyung

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 22 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Asie, Nouvelles, Decrescenzo Editeurs

La voleuse de fraises, traduit du coréen par Lee Myung-eun et Anne-Marie Mauviel (et Jean Bellemin-Noël), octobre 2013, 116 p. 12 € . Ecrivain(s): Eun Hee-Kyung Edition: Decrescenzo Editeurs

 

Cette phrase « Je ne peux pas dire que je sois quelqu’un de bien. Ce n’est pas non plus mon obsession » qui inaugure la première nouvelle de ce recueil de micro-fictions, celle qui donne son titre à ce livre, donne le ton pour l’ensemble de ces textes, dans lesquels les personnages semblent évoluer comme dans des sortes d’aquariums et l’auteur donne au lecteur la possibilité de les observer ainsi, tels des poissons un peu blafards. Le quotidien de ces personnages est souvent morne et si ça change c’est pour passer au noir, voire au morbide, donnant une sensation d’absurdité. Absurde comme le moment où la mort sans prévenir vient frapper et mettre fin à toutes nos prétentions, mais ici c’est à chaque fois l’autre qu’elle vient frapper. Mort accidentelle et tragique quand il s’agit de celui ou celle que l’on désire « plus on se côtoie, plus on se désire et plus on finit dans une obsession qui ronge le cœur » ou criminelle quand il s’agit de celles et ceux qui nous insupportent. L’écriture de EUN Hee-Kyung, froide, détachée, clinique, appuie sur le malaise, elle rappelle parfois celle de l’écrivain Lee Seung-U.

Philippe Jaccottet, Œuvres en la Pléiade

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 18 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie, La Pléiade Gallimard

Philippe Jaccottet, Œuvres, préface de Fabio Pusterla, édition établie par José-Flore Tappy, avec Hervé Ferrage, Doris Jakubec…, février 2014, LXXXIII-1626 pages, 59 € . Ecrivain(s): Philippe Jaccottet Edition: La Pléiade Gallimard

 

La poésie et la prose de Jaccottet s’enquièrent du don avec quoi se confond la vie, lorsque les yeux sont désembués.

Ce don, ce peut être un arbre, simplement.

« Le don, inattendu, d’un arbre éclairé par le soleil bas de la fin de l’automne ; comme quand une bougie est allumée dans une chambre qui s’assombrit » (Ce peu de bruits).

Et pour que ce don soit, pour que cela soit sur la page, dans sa saveur originelle, pour que la page soit ce qui accueille, nulle didactique, jamais. Les mots sont tout juste ce qui effleure. Les pages de Jaccottet sont constituées de « paroles cédées au vent, dorées elles aussi par la lumière du soir. Même si les a écrites une main tavelée ».

Lettre d’une inconnue, Stefan Zweig

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Jeudi, 18 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Langue allemande, Nouvelles, Magnard

Lettre d’une inconnue, nouvelle traduction française de Sylvie Howlett, juin 2014, 96 p. 5,20 € . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Magnard

 

Lettre d’une inconnue, nouvelle de Stefan Zweig publiée en 1922 (1927 dans sa version française), est sans doute l’une des plus connues en France où elle fut immortalisée au cinéma par Max Ophüls en 1948. C’est aussi, sur le plan purement littéraire, une excellente illustration du génie de cet écrivain autrichien, résidant tant dans son talent, nourri de psychanalyse freudienne, à décrire la psychologie de ses personnages que dans sa maîtrise de la composition. Deux qualités qui se reflètent dans un style au vocabulaire certes simple mais jouant en profondeur sur les réseaux sémantiques et, avec une grande musicalité, sur les rythmes.

Sylvie Howlett nous en propose une nouvelle traduction venant moderniser celle de l’édition française initiale de Alzir Hella et Olivier Bournac reprise par bien des éditions par la suite (1), tout en s’avérant plus fidèle à l’auteur. Et, comme de coutume dans cette collection destinée aux scolaires, elle l’accompagne d’une présentation et d’un « après texte » proposant des pistes d’analyse pour en approfondir la compréhension, ainsi que d’un « groupement de textes » divers en enrichissant l’approche grâce à de pertinents rapprochements.