Identification

Critiques

Marguerite Yourcenar et le souci de soi, Anne-Yvonne Julien

Ecrit par AK Afferez , le Mardi, 27 Janvier 2015. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Hermann

Marguerite Yourcenar et le souci de soi, octobre 2014, 367 pages, 25 € . Ecrivain(s): Anne-Yvonne Julien Edition: Hermann

 

 

Marguerite Yourcenar occupe une place à part, insulaire, dans les lettres françaises et francophones : longtemps cantonnée au domaine des néoclassiques et considérée comme « trop savante » pour faire réellement partie de la modernité littéraire, son œuvre est à présent redécouverte dans toute sa diversité et sa complexité. Yourcenar s’est toujours placée au carrefour de courants de pensée, de genres littéraires et de tonalités stylistiques. Véritable citoyenne du monde, sa connaissance fine et nuancée de multiples philosophies, religions et mythologies du monde entier, a nourri une œuvre polymorphe, qui prend autant la forme de brefs récits et d’essais que de poèmes et de chroniques familiales, et qui n’hésite pas à se saisir de toutes les potentialités poétiques qu’offre le langage – du style le plus épuré à celui le plus baroque.

L’Almanach insolite, sous la direction de Matthias Vincenot

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 27 Janvier 2015. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Revues

L’Almanach insolite, éd. Mines de Rien, sous la direction de Matthias Vincenot, octobre 2014, 376 pages, 30 € . Ecrivain(s): Matthias Vincenot et équipe

 

Prélude

Pourquoi ne pas ouvrir L’Almanach insolite en ce début d’année 2015, bien qu’il soit paru en octobre 2014 dernier – publication inaugurée lors d’une soirée à la Sorbonne (amphithéâtre Richelieu) organisée par et autour de Matthias Vincenot avec une farandole d’artistes venus fêter l’événement convivial, certains venant sur scène dire leur texte publié dans l’ouvrage. Moment propice où les pages d’un nouvel avenir / s’ouvrent…

Les Chants de l’Almanach insolite

Ouvrons donc l’Almanach au 1er janvier… 2015

Mais peu importe l’année après tout, puisqu’il s’agit en somme d’un almanach perpétuel ; d’un almanach permanent comme est permanent le rêve, règne sans agenda contraignant mais rempli de surprises, agencé par tous les possibles ouverts par l’Imaginaire…

Des sorcières comme les autres, Fabienne Dumont

Ecrit par Ivanne Rialland , le Lundi, 26 Janvier 2015. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Arts, Histoire

Des sorcières comme les autres. Artistes et féministes dans la France des années 1970, Presses universitaires de Rennes, mai 2014, 568 pages, 26 € . Ecrivain(s): Fabienne Dumont

Dans cet ouvrage issu de sa thèse Femmes, art et féminismes dans les années 1970 en France, soutenue en 2014, l’historienne de l’art Fabienne Dumont propose une défense et illustration de l’art des femmes de la décennie, mettant en évidence à la fois son intérêt, sa richesse, sa spécificité et sa sous-représentation dans les histoires de l’art et les espaces d’exposition.

C’est à cette sous-représentation que s’attache d’abord la chercheuse. Montrant la présence importante des femmes dans les écoles d’art, elle constate ensuite leur mise à l’écart des instances les plus légitimes de visibilité, en étudiant les revues d’art, les expositions des musées, les salons et les galeries d’art. Après cette première partie, Fabienne Dumont retrace l’histoire des réseaux alternatifs ayant tenté de compenser cette marginalisation des femmes. Elle s’attache en particulier à six collectifs : l’Union des femmes peintres et sculpteurs, Féminie-Dialogue, Femmes en lutte, Femmes/Arts, Art et regard des femmes. Tout en soulignant leur impact limité pour la reconnaissance de l’art des femmes sur la scène artistique, elle montre l’importance de ces groupes pour des créatrices isolées qui prennent ainsi conscience de la spécificité de leur condition d’artistes-femmes.

Abris, Emmanuelle Houdart

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Lundi, 26 Janvier 2015. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Les Fourmis Rouges

Abris, octobre 2014, 32 pages, 18 € . Ecrivain(s): Emmanuelle Houdart Edition: Les Fourmis Rouges

 

Emmanuelle Houdart poursuit son exploration des différentes facettes de la vie avec un album en solo consacré aux Abris. Une lecture destinée aux plus petits des lecteurs et sans aucune limite d’âge, ajouterons-nous. Et c’est bien tous les âges de la vie qui se retrouvent dans cet ouvrage cyclique, de l’enfant à naître jusqu’au vieil homme ; et où les refuges se font cercles, nids, ventres, maisonnettes, cabanes, lits ou bras où se lover. Autant de lieux propres à susciter la rassurance, la chaleur et la sécurité. Mais ce que dépeint et dit aussi avec talent l’auteure illustratrice, c’est que l’abri premier, primordial, celui qui est essentiel à tous, à toutes les époques de la vie, c’est bel et bien l’amour et son accorte cohorte : l’amitié, la joie, le partage.

Chaque abri prend place en une double page singulière, où des êtres différents et pourtant très semblables sont mis en scène dans des teintes, des postures, des situations uniques. Une phrase ou quelques mots dans une large police colorée à chaque fois différente, accompagne les images fourmillant de détails, de délicatesses et d’éléments surprenants.

Atala. René. Les aventures du dernier Abencérage de Chateaubriand, François Mouttapa

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 24 Janvier 2015. , dans Critiques, Les Livres, Livres décortiqués, Essais, La Une Livres, Roman, Folio (Gallimard)

Atala. René. Les aventures du dernier Abencérage de Chateaubriand, 270 pages . Ecrivain(s): François Mouttapa Edition: Folio (Gallimard)

Lire Chateaubriand nous fait entrer dans l’empyrée (et François Mouttapa, dans son bel essai, nous permet cette entrée ; lisez, plus que tout autre, cet ouvrage de la collection Foliothèque : je ne sache pas meilleure introduction à l’œuvre de Chateaubriand).

La vision cosmogonique aristotélicienne (chaque planète s’insère dans une sphère cristalline qui tourne inlassablement autour de la Terre) fut phagocytée par les scolastiques médiévaux qui assignèrent la force motrice des sphères aux anges et aux archanges. Pour eux, si l’enfer se situe au centre de la Terre, l’empyrée, où Dieu réside physiquement, est un lieu non limité par un espace, un lieu non constitué de matière, un lieu placé juste derrière la sphère des étoiles fixes.

Mais il est une différence entre la prose de Chateaubriand et l’empyrée. Au lieu que l’empyrée est un lieu perpétuellement immobile, la prose de Chateaubriand est quant à elle le lieu d’une mobilité perpétuelle. Qui se fait sans heurt. Une mobilité du sens, et du souffle qui le porte (face auxquels le lecteur ne peut que charger son immobilité d’animation et de vitesse accumulées, ainsi que l’a soufflé Proust), du souffle fait phrases, qui n’a rien à envier à la musique classique, à la fluidité qu’elle propose, au sein de laquelle toute dissonance ne peut que se résoudre en harmonie, en accord tonal, parfait souvent.