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Critiques

Mon ami le zombie, Vincent Malone et Miré

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 12 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Seuil Jeunesse

Mon ami le zombie, août 2014, 64 pages, 13,50 € . Ecrivain(s): Vincent Malone et Miré Edition: Seuil Jeunesse

Personnage à la mode dans les productions cinématographiques et télévisuelles pour adultes, il fallait bien que le zombie atteigne nos chères têtes blondes et brunes, etc. Et qui d’autre que Vincent Malone pour le présenter avec humour et mordant, ce fameux zombie ?

Voici donc un nouvel album de la désopilante collection « L’Ours qui pète », dans un format italien bien vu, contenant presque deux albums : le récit d’un petit garçon rencontrant un zombie et son cahier pratique avec « quelques trucs à savoir » à propos de ces étranges créatures, placé au centre du livre et servant de référence au lecteur dans la suite de l’histoire. Miré illustre avec réussite ce texte délirant et scientifique en inventant une galerie de personnages zombies croqués et craquants, dans de sombres paysages, mais aussi en inventant les dessins du héros, plus gribouillés et naïfs.

Ne venez pas vous plaindre si vous ne lisez pas ce cahier, accompagné de ses schémas détaillés et instructifs, ses méthodes et astuces ! Si vous vous faites mordre, ce sera votre faute. Car ce qu’il faut savoir avant tout, c’est qu’un zombie cherche à mordre tout ce qui passe, même ce qui ne bouge pas car il est dévoré par une faim insatiable et qu’une fois mordu, vous devenez un zombie à votre tour.

Des voleurs comme nous, Edward Anderson

Ecrit par Zoe Tisset , le Lundi, 10 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Points

Des voleurs comme nous, traduit de l’anglais (USA) par Emmanuèle de Lesseps, septembre 2014, 240 pages, 6,60 € . Ecrivain(s): Edward Anderson Edition: Points

 

C’est l’histoire d’une cavale de trois hommes, des hors-la-loi, des mécréants, des malfaiteurs. Ils braquent des banques comme le bon citoyen va faire des courses. Ils ne sont pas méchants, juste hors système, hors tout. « Les flics m’ont jamais inquiété, dit T. Doub. C’est les mecs qu’on prenait pour des amis qui vous dépassent. Et une femme qui t’en veut. C’est ça qui te dépasse ». Bowie va pourtant s’amouracher d’une « donzelle », d’une fille à part, sauvage et tendre.

« – J’ai l’impression que toutes les femmes font ça.

– Je ne sais pas ce que font les autres femmes (…)

– Je suppose qu’une femme est un peu comme un chien, Bowie. Tu prends un bon chien, si son maître meurt, il refusera qu’un autre le nourrisse et il mordra tous ceux qui veulent le caresser, et s’il continue, il cherchera tout seul sa nourriture et souvent il mourra ».

Je m’appelle Mina, David Almond

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 10 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Gallimard Jeunesse

Je m’appelle Mina, Folio Junior, mai 2014, traduit de l’anglais par Diane Ménard, 318 pages, 7 € . Ecrivain(s): David Almond Edition: Gallimard Jeunesse

 

 

Je m’appelle Mina est un véritable petit joyau, d’une rare luminosité, précieux dans sa sensibilité, sa justesse, la délicatesse, avec lequel il aborde des sujets difficiles comme la mort, le deuil, la différence, la difficulté d’être, la peur des autres, la tentation du suicide ; des sujets sombres et pourtant ce livre est illuminé de l’intérieur, habité d’une joie profonde. Il offre à travers le prisme – et quel prisme ! – des pensées de Mina, un merveilleux hommage à ce qui fait de nous des êtres véritablement humains : le questionnement, la beauté de la vie et de tout être vivant, l’amour, l’amitié, l’imagination, le sens poétique, le goût de l’aventure et de la liberté, la quête d’identité, l’authenticité et la force de surmonter ses peurs.

Chateaubriand et la violence de l’histoire dans les « Mémoires d’outre-tombe », Anne-Sophie Morel

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 07 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Editions Honoré Champion

Chateaubriand et la violence de l’histoire dans les « Mémoires d’outre-tombe », collection Romantisme et modernités, avril 2014, 672 p. 115 € . Ecrivain(s): Anne-Sophie Morel Edition: Editions Honoré Champion

Chateaubriand et la violence Rectifions immédiatement : non pas la violence, mais les violences. D’emblée, explique Anne-Sophie Morel, il apparaît impossible d’analyser la violence « d’une manière univoque, de la prendre comme un phénomène unique, et par là même d’en donner une définition absolue. Son caractère complexe réside dans la diversité des situations de violence. Il faut considérer ses acteurs – foule, individus isolés, État, armées –, leurs motivations, les modalités de production de la violence et la nature même de l’acte violent ». Celui-ci peut en effet consister en une atteinte, « soit à l’intégrité physique de l’adversaire, soit à son intégrité psychique et morale, soit à ses biens, soit à ses proches et à ses appartenances culturelles ». Et l’auteure d’ajouter avec finesse : « La violence représente une notion d’autant plus cruciale pour le discours qu’elle en parcourt tous les champs : ontologie, métaphysique, cosmologie, mais aussi politique, anthropologie, psychologie et esthétique. Dans chacun de ces domaines, elle joue un rôle, occupe une fonction spécifique et entretient des rapports de proximité avec d’autres concepts possédant des frontières communes. Aussi serait-ce appauvrir le sujet que de donner de la violence une définition objective, indépendante de la diversité et de la relativité des situations, et des critères invoqués ».

Pas pleurer, Lydie Salvayre

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Jeudi, 06 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Seuil

Pas pleurer, août 2014, Prix Goncourt 2014, 288 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Lydie Salvayre Edition: Seuil

 

Comment une histoire singulière croise « l’Histoire avec sa grande Hache » ?

Lorsque vous, lecteur inconnu, ouvrez le dernier roman de Lydie Salvayre, Pas pleurer, édité en août 2014 aux éditions du Seuil, vous devez en accepter l’originalité.

Alors, imaginez-vous au théâtre. Les trois coups sont frappés. Le rideau rouge s’écarte. Le décor est planté. Un salon. Le bruit du monde extérieur est aboli et nous sommes emportés dans un huis clos.

Une mère âgée de « quatre-vingt dix ans », à la mémoire qui flanche, est assise dans le fauteuil où elle passe ses jours, souvent près de la fenêtre. Ce jour-là, face à elle, sa fille, grande lectrice et écrivain, fervente adepte du terme juste, de la belle langue, l’écoute attentivement, pas tout à fait en silence. En effet, parfois, elle interrompt le déroulé des souvenirs maternels pour corriger certaines erreurs de langue. Mais pas à chaque fois. Ce serait fastidieux et mal venu. Alors elle laisse sa mère égrainer son récit à sa façon. Ce récit que la fille attend depuis bien longtemps.