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Critiques

Les hommes meurent, les femmes vieillissent, Isabelle Desesquelles

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Mardi, 21 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Belfond, La rentrée littéraire

Les hommes meurent, les femmes vieillissent, août 2014, 224 pages, 18 € (ce livre existe aussi en ebook, 12,99 €) . Ecrivain(s): Isabelle Desesquelles Edition: Belfond

 

« Le plaisir quand on l’attrape, faut pas le lâcher… Je suis une voleuse d’abandon »

Isabelle Desesquelles

 

Isabelle Desesquelles a 37 ans quand elle publie son premier roman, Je me souviens de tout (éditions Julliard, 2004). S’en suivra un album de contes pour enfants, un récit littéraire. Dans un précédent texte, Fahrenheit 2010, Isabelle Desesquelles raconte sa vie de libraire, puis vient Un homme perdu (éditions Naïve, 2012, Prix Murat en 2013). Elle a depuis fondé une résidence d’écrivains, la maison De Pure Fiction. Les hommes meurent, les femmes vieillissent, sorti aux éditions Belfond, est son sixième roman et fait déjà partie de la 1ère sélection du prix Femina 2014.

L’obscur travaille, Henri Meschonnic

Ecrit par Arnaud Le Vac , le Mardi, 21 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Arfuyen

L’obscur travaille, 94 pages, 9 € . Ecrivain(s): Henri Meschonnic Edition: Arfuyen

 

« ma vie va plus vite / que moi / je ferme les yeux / pour être au même rythme qu’elle »

L’obscur travaille du poète Henri Meschonnic (1932-2009), éclaireur de la modernité (Modernité modernité, 1993), traducteur de la Bible (Les cinq rouleaux à Dans le désert, 1970-2008) et théoricien phare du langage (Pour la poétique I à V, Le signe et le poème, 1970-1978), est un recueil de poèmes de toute une vie qui demeure l’une des plus riches de son siècle par son questionnement incessant de l’histoire et sa mise en cause radicale de la pensée (Spinoza poème de la pensée, 2002). Ce qui fait immédiatement la grande singularité de l’œuvre de Meschonnic dans la pensée du vingtième siècle est qu’il n’arrête pas de se vivre justement dans le poème, de se penser dans la poésie. Une œuvre et une pensée en chemin où la poésie et la vie ne font qu’un.

Les Aventures de Dolorès Wilson : Turbulences à bord et L’abominable Ours bipolaire, Mathis et Aurore Petit

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 21 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Les Fourmis Rouges

Les Aventures de Dolorès Wilson : Turbulences à bord et L’abominable Ours bipolaire, août 2014, 32 p. et 7,90 € chacun . Ecrivain(s): Mathis et Aurore Petit Edition: Les Fourmis Rouges

 

En février dernier, nous découvrions Les Aventures de Dolorès Wilson, une série de mini-romans destinée aux jeunes lecteurs. Dolorès, « intérimaire de 1ère classe », « intérimaire de l’impossible », reprend aujourd’hui du service pour deux aventures aussi loufoques que les précédentes ; aventures qui l’entraînent dans des contrées lointaines, toujours secondée par son chien, Doug, amateur de Petits Durs et meilleur ami de l’intrépide jeune fille aux binocles rouges. Sous une apparence banale, Dolorès dissimule un super pouvoir qui lui permet de se transformer en une « magnifique guerrière », capable de tous les exploits.

Dans Turbulences à bord, Dolorès devenue hôtesse de l’air d’un jour, accompagne rien moins que La Présidente et sa famille dans leur voyage vers « une île top secrète ». Une mission au premier abord simple et idyllique. Dolorès et Doug se voient déjà bronzant sur la plage. Mais le rejeton présidentiel est une peste qui s’en prend à Doug, déclenchant une série de catastrophes mettant en jeu un garde du corps robotisé, une muselière, le jeu du petit baigneur et du requin.

Prague, Faubourgs Est, Timothée Demeillers

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 20 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Asphalte éditions

Prague, Faubourgs Est, octobre 2014, 160 pages, 16 € . Ecrivain(s): Timothée Demeillers Edition: Asphalte éditions

 

« J’étais parti. Quand tout était devenu trop confus dans ma tête. Une sorte de déserteur. Déserteur au temps du fleurissement de la nation. A l’arrivée des magnats allemands, des investisseurs américains, des émissaires européens, du vent de la liberté, des foules libérées en costume-cravate, des grosses berlines, des crédits à la consommation, des Tesco ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre, j’étais parti ».

Marek, le déserteur, revient, comme l’on revient toujours sur les lieux du crime. Il a vécu sous la glace communiste, puis au centre de La Révolution de Velours, avant d’aller voir ailleurs, ce qui s’y danse, de l’autre côté de l’Atlantique. Il revient à Prague, pour y saisir ce qui s’y trame, y retrouver Jakub et Katarina, ce passé ensorcelé que le temps précipite dans une dérive qui ne débouche sur rien, sauf sur quelques frémissements de nostalgie. Le Théâtre des Opérations n’a pas vraiment changé, on y boit toujours beaucoup, la drogue circule, les corps se vendent et se louent en plein jour. Les personnages de Timothée Demeillers ne croient plus à grand-chose, ils dérivent entre deux arnaques, et trois mauvaises passes. A croire que tous les malfrats de l’Est se sont installés à Prague, à croire que tous les promoteurs véreux de la planète s’y sont donné rendez-vous, à croire que le velours de la révolution cachait en ses trames des lames de rasoir, et ce n’est pas le Roi qui est nu, mais son peuple.

Voyageur malgré lui, Minh Tran Huy

Ecrit par AK Afferez , le Lundi, 20 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Flammarion, La rentrée littéraire

Voyageur malgré lui, août 2014, 240 pages, 18 € . Ecrivain(s): Minh Tran Huy Edition: Flammarion

 

Folie du fugeur, automatisme ambulatoire, tourisme pathologique… Autant d’appellations que Minh Tran Huy résume dans un titre frappant par son apparente oxymore (surtout en cette période de rentrée littéraire, dans le sillage des vacances) : comment peut-on être voyageur malgré soi ? Le voyage n’implique-t-il pas une volonté, une démarche consciente ? On peut être contraint de migrer, de se réfugier – qu’en est-il du voyage ?

C’est ce à quoi réfléchit Line, la jeune narratrice, au cours d’un séjour estival à New York. Alors qu’elle visite un musée du Queens, elle découvre l’histoire d’Albert Dadas, ouvrier gazier bordelais du 19ème siècle, atteint de ce mal mystérieux. De fil en aiguille, elle va se pencher sur d’autres vies, la touchant plus ou moins de près : Samia Yusuf Omar, la jeune athlète somalienne pour qui la course était le moyen de s’en sortir, littéralement ; le père de Line, au caractère taciturne mais qui va progressivement livrer à sa fille la mémoire du Vietnam qu’il a laissé derrière lui ; l’oncle Thinh, la cousine Hoai… Tant de destins informés, modelés par des voyages forcés, non souhaités, aliénants, ou tout simplement inattendus et venant bouleverser les repères.