Identification

Critiques

Frankenstein et autres romans gothiques en La Pléiade

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 28 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, La Pléiade Gallimard

Frankenstein et autres romans gothiques, traduction de l’anglais par Alain Morvan et Marc Porée, sous la direction d’Alain Morvan avec Marc Porée, 23 octobre 2014. 1440 p. Px de lancement jusqu'au 312 janvier 2015 58 € Edition: La Pléiade Gallimard

 

Le terme « gothique » s’est employé et s’emploie encore dans les contextes les plus divers, de l’ethnicité à la mode vestimentaire et cosmétique, en passant par la typographie ou par l’architecture. Mais qu’en est-il du gothique littéraire, à l’effarante contagiosité (le roman gothique a connu et connaît encore le succès que l’on sait) ?

À la différence du classicisme, du symbolisme ou du réalisme, la littérature gothique ne se contente pas de se constituer en école – ce qu’elle n’a d’ailleurs jamais été tout à fait –, ni en mode ou en genre – ce qu’elle fut sans conteste. « C’est une orientation, une pente, une certaine forme de sensibilité, et même de vision ». Et un goût, pourrait-on ajouter.

Un goût pour – notamment – le spectaculaire, conçu comme frère du monstrueux, goût dont témoigne Le Château d’Otrante, roman d’Horace Walpole qui constitue, en 1764, l’acte de naissance du gothique littéraire.

Poupoupidours, Benjamin Chaud

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 28 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse

Poupoupidours, Hélium, septembre 2014, 32 pages, 15,90 € . Ecrivain(s): Benjamin Chaud

Petit ours est de retour pour une nouvelle aventure, aussi pleine d’une jubilante fantaisie et d’une douce atmosphère que les précédentes. Son créateur Benjamin Chaud lui offre une rencontre de taille puisqu’il le confronte avec le monde fabuleux du cirque.

Petit ours part pour une simple promenade où l’on ressent les plaisirs éprouvés par l’ourson : « C’est le soleil qui éclaire un chemin, un chemin que Petit ours n’avait pas encore vu. Un chemin qui sent bon la noisette et qu’il a terriblement envie de suivre ». Une découverte en amenant une autre, il poursuit sa route, ouvert à toutes les sensations, à toutes les curiosités ; jusqu’au moment où, intrigué, il plonge dans un trou qui l’amène vers une grotte…

Et soudain, le voilà arrivé en plein milieu d’un campement réunissant de bien étranges individus, « une faune d’artistes en pleine préparation ». Or, derrière le rideau qui s’ouvre sur le chapiteau, Petit ours croit apercevoir « le popotin de Papa ours ». Il n’a pas rêvé, voici Papa ours, tout en haut des gradins, parmi les spectateurs, « coiffé d’un très joli chapeau pointu ». Mais que peut-il faire là ? Petit ours part à la poursuite de son Papa qui enchaîne les numéros, d’une double page à l’autre, entre les acrobates, les pyramides de tigres et les animaux à roulettes. Mais ne dévoilons pas toutes les surprises cachées sous le grand chapiteau du cirque…

Bram Stoker, Dans l’ombre de Dracula, Alain Pozzuoli

, le Lundi, 27 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Biographie, Pascal Galodé éditeurs

Bram Stoker, Dans l’ombre de Dracula, 320 pages, 21,90 € . Ecrivain(s): Alain Pozzuoli Edition: Pascal Galodé éditeurs

Au moment même où le Dracula Untold de Gary Shore tient le haut de l’affiche tant dans les cinémas australiens que métropolitains, je referme avec satisfaction la biographie captivante sur Bram Stoker (1847-1912), le père de Dracula qui, à l’image de Mary Shelley ou de Robert Louis Stevenson, fut condamné à vivre dans l’ombre de sa créature monstrueuse. Selon une réplique désormais célèbre de Luke Evans, alias le prince Vlad III de Valachie dans Dracula Untold, « Parfois le monde n’a que faire d’un héros, parfois, ce qui lui faut est un monstre » (1).

On le sait bien depuis le bon mot d’André Gide, pour qui « on ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments », que le moralisme ne paie pas dans l’univers de la fiction. En revanche, les amours interdites… Je vous l’accorde qu’il semble avoir une esthétique de la monstruosité et de la noirceur qui fascine les lecteurs, à telle enseigne que Dracula (1897) serait le deuxième livre le plus lu dans le monde après la Bible. Alors que le mythe littéraire est largement répandu, son créateur, lui, est resté tapi dans l’obscurité depuis trop longtemps – une injustice qu’Alain Pozzuoli entendit réparer il y a deux ans de cela à l’occasion du centenaire de la mort de Bram Stoker. Dans le sillage du naufrage du Titanic, l’auteur de Dracula s’éteignit « dans l’indifférence générale, à son domicile de Pimlico, dans la soirée du 20 avril 1912 » (p.159).

Trop, Jean-Louis Fournier

Ecrit par Gilles Brancati , le Lundi, 27 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Editions de la Différence

Trop, juin 2014, 184 pages, 16 € . Ecrivain(s): Jean-Louis Fournier Edition: Editions de la Différence

 

Quand Jean-Louis Fournier nous dit « TROP », j’ai envie de lui répondre : Pas assez. On aurait aimé qu’il nous en présente encore, de ces trop, qui empoisonnent nos choix, donc nos vies. Il dresse un inventaire de tout ce qui est « de trop » dans notre mode de vie, une façon originale de mettre le doigt là où ça fait mal, c’est-à-dire sur les excès de notre société marchande et la confusion qu’elle engendre. Bien vu.

On peut faire confiance au marketing et à son bras armé qu’est la publicité pour avoir su décliner un produit en autant de sous-produits dont on se demande, avec l’auteur, quel en est l’intérêt. Bien entendu l’auteur a dû faire des choix pour établir sa liste, mais on peut s’étonner qu’il ait omis les lessives, exemple type de l’abondance de produits qui nous sont proposés.

Où est-il le bon vieux temps où la « ménagère de cinquante ans » reprisait les chaussettes du foyer avec un œuf en porcelaine ? On ne peut qu’être satisfait qu’elle n’ait plus à le faire, mais en conséquence, on ne sait plus quelle paire choisir, accrochées par lignes entières sur des portants, pour remplacer celles que nous avons trouées.

Saisons régulières, Roland Tixier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 25 Octobre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie, Le pont du change

Saisons régulières, juillet 2014, 69 p. 12 € . Ecrivain(s): Roland Tixier Edition: Le pont du change

 

La Cause Littéraire a déjà eu le plaisir de recenser deux autres opus de Roland Tixier ; celui qui marche dans la ville en poétisant, si joliment, comme si de rien n’était. Deux bijoux : Le passant de Vaulx-en-Velin et Chaque fois l’Éternité*.

Ce petit livret-là n’échappe pas à la règle. Un bonheur pour jours ordinaires où ça va pas toujours fort. Un remède de poète pour mal-être peu bruyant de chacun, là, dans la société du bas des villes.

Des tercets de tous les jours, qu’on s’approprie, familiers, mais, que personne au bout ne saurait écrire comme Tixier, lui, le sait. C’est ce qui fait le précieux de la chose : de l’ordinaire, du banal, en paquet-cadeau – royal.

De tout petits vers de ville – celle de tout le monde, ni touristique, ni extraordinaire, où marche celui qui parle ; regarde, sent, sourit ou mélancolise. D’un bout de l’an à l’autre, en ce climat plutôt médium de ces régions peri-lyonnaises où se pose le recueil. Des Haïkus – on pense forcément à cette versification japonaise donnant le ressenti des saisons – mais cuisinés à la manière d’ici, avec cette robustesse lyonnaise, et ce goûteux, les pieds sur terre.