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Critiques

Le Tao du Toreo, André Velter et Ernest Pignon-Ernest

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 25 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Actes Sud, Arts, La rentrée littéraire

Le Tao du Toreo, édition bilingue, traduction espagnole de Vivian Lofiego, septembre 2014, 80 p. 26 € . Ecrivain(s): André Velter et Ernest Pignon-Ernest Edition: Actes Sud

 

« Tu possèdes la magie d’une question sans réponse,

Question à la vie et à la mort

Qui renaît au sable des arènes

Entre une ligne d’ombre et un sas de soleil ».

 

Une date, le 16 septembre 2012, comme un sas de soleil qui monte de l’ovale de Nîmes. Un sas de mots et une ligne noire. Des mots et des lignes de fusain qui se croisent comme se croise José Tomás. Un dimanche matin inspiré, le torero s’avance sur le sable pour un solo, laissez-moi seul, seul face à six toros, pour à son tour dire le je ne sais quoi.

Le Silence de Saida, Leena Lander

Ecrit par Marc Ossorguine , le Jeudi, 25 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, Actes Sud

Le Silence de Saida, traduit du finnois par Jean-Michel Kalmbach juin 2014, 416 p. 23 € . Ecrivain(s): Leena Lander Edition: Actes Sud

 

En cette période de centenaire (un peu rabâché) de la Grande Guerre, nous oublions encore plus qu’à l’accoutumée que d’autres pays européens ont connu des pages sombres durant ces années, pas toujours pour les mêmes raisons. Ainsi en est-il de la Finlande qui, à la faveur de la Révolution d’octobre, se libérera de la tutelle de la Russie pour prendre son indépendance et aussitôt entrer dans une guerre civile opposant rouges et blancs.

C’est autour de cette période troublée que Leena Lander plante son décor. Cela commence avec un compte-rendu du jugement de Joel Tammisto, considéré comme coupable de haute trahison et individu très dangereux. Pourquoi ?

Pour comprendre, nous allons remonter le temps jusqu’en 1903 où nous retrouverons le jeune homme, âgé de 19 ans, ainsi que la jeune Saida, alors âgée de 7 ans. A partir de cette époque nous allons suivre les destins de plusieurs villageois, de leurs histoires quotidiennes qui tissent la trame sur laquelle s’écrit la « grande histoire », celle que l’on peut lire dans les encyclopédies.

Quelle drôle d’idée la guerre, Eric Battut

Ecrit par Pauline Fouillet , le Jeudi, 25 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Didier Jeunesse

Quelle drôle d’idée la guerre, 36 pages, 12,50 € . Ecrivain(s): Eric Battut Edition: Didier Jeunesse

 

 

Ce qui percute immédiatement dans ce nouvel album d’Eric Battut, ce sont les illustrations. Travaillées à l’acrylique, elles forment comme de petits tableaux avec pour chacun une couleur dominante. Couleur reprise sur la page du texte afin de rendre celui-ci encore plus attirant visuellement.

Si l’auteur est souvent reconnu pour ses adaptations de contes classiques, il change ici de style en nous offrant une histoire gentille et peu moraliste sur la guerre.

L’histoire, c’est celle d’un roi, le roi Bomoventre, qui s’ennuie terriblement et ne sait que faire de ses journées. Il rencontre alors un drôle de personnage qui va lui donner une drôle d’idée : celle de faire la guerre…

Le roi va alors ordonner à ses sujets de se préparer à batailler.

L’Art presque perdu de ne rien faire, Dany Laferrière

Ecrit par Romain Vénier , le Mercredi, 24 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, Essais, La Une Livres, Grasset, La rentrée littéraire

L’Art presque perdu de ne rien faire, septembre 2014, 432 p. 20,90 € . Ecrivain(s): Dany Laferrière Edition: Grasset

 

Dans L’Art presque perdu de ne rien faire, on prend son temps et c’est très agréable. Dany Laferrière vous convie à un de ces voyages dont il a le secret, guidant le lecteur à pas modéré par ses sentiers favoris, comme on converse après un bon repas avec un ami proche pour le reste de l’après-midi. Son ouvrage, essai, journal, récit tout à la fois, se déploie par petites touches. Il est composé de brèves réflexions libres qui tiennent essentiellement de la critique littéraire, de la pensée philosophique, de la poésie, de l’évocation autobiographique ou d’instants de la vie quotidienne.

De « ne rien faire », il n’est vraiment pas question dans le livre de Laferrière. Tout au contraire, l’art de l’écrivain consiste à explorer ces petites et grandes choses qui se cachent derrière ce « rien », et elles sont nombreuses. Au gré de ses lectures et rencontres, d’anecdotes, il évoque tous les sujets qui lui traversent l’esprit : la guerre, le temps, l’enfance, ses amitiés, ses auteurs de prédilection, son rapport au monde et à ce qui s’y passe. Par la forme comme pour le fond, L’Art presque perdu de ne rien faire est proche de son précédent livre, Journal d’un écrivain en pyjama.

Un tango en bord de mer, Philippe Besson

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mercredi, 24 Septembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, La rentrée littéraire, Julliard, Théâtre

Un tango en bord de mer, Théâtre, éd. Julliard, septembre 2014, 76 pages, 9 € . Ecrivain(s): Philippe Besson Edition: Julliard

 

 

Un huis clos romantique dont la sensualité & la violence du dialogue ouvrent par la parole échangée la scénographie d’un véritable « tango en bord de mer ».

Un tango sur la scène du théâtre, confrontation & joutes verbales, une rencontre ambivalente de deux ex-amants dont l’amour passionné, en partage quelques années auparavant, s’est cristallisé en ressentis amers ou ressentiments / rancœurs ravivés par des retrouvailles imprévues, nostalgie…

Une danse sensuelle & provocante, dont il semble parfois que la tension du dialogue va rompre les amarres de l’oubli, pour chavirer les digues où s’est retranché le désir de continuer de vivre & d’aimer en tentant de refermer les blessures amoureuses.