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Critiques

Le jeune homme qui voulait ralentir la vie, Max Genève

Ecrit par Stéphane Bret , le Samedi, 17 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Serge Safran éditeur

Le jeune homme qui voulait ralentir la vie, mai 2014, 224 pages, 14,50 € . Ecrivain(s): Max Genève Edition: Serge Safran éditeur

 

C’est un roman rafraîchissant, plaisant que nous livre en cette occasion Max Genève. Son livre, intitulé Le jeune homme qui voulait ralentir la vie, débute simplement : c’est le sort d’un jeune magasinier dans une quincaillerie, Benoît. Il vit dans la rue des Pyrénées dans le vingtième arrondissement de Paris, ce qui jusque-là est très ordinaire. Il éprouve cependant une aspiration particulière : ralentir le temps, réaménager la vie. Pour ce faire, il fonde un mouvement, le MPL, Mouvement pour la Promotion de la Lenteur en compagnie de M. Belon, inspecteur de police à la retraite.

Ses employeurs de la quincaillerie lui demandent d’accompagner Pauline et une amie en Espagne pour les vacances d’été. A Bilbao, ils rencontrent un bien curieux personnage : le marquis Heitor Carjaval de Benito Sousa. Et c’est là que le roman bascule : tout d’abord dans le fantastique, puis dans l’onirique car ce marquis fait visiter par son imaginaire, très dense, des contrées inconnues à ses visiteurs. Ces terres sont lointaines ; elles se situent dans les mers australes mais ce n’est pas l’exotisme qui nous habite, mais une véritable réflexion sur le temps et les rapports que notre civilisation de l’éphémère et de la vitesse entretient avec lui.

Regarde les lumières mon amour, Annie Ernaux

Ecrit par Marie du Crest , le Vendredi, 16 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Seuil

Regarde les lumières mon amour, mars 2014, 72 pages, 5,90 € . Ecrivain(s): Annie Ernaux Edition: Seuil

 

 

L’épicerie normande

Annie Ernaux, en 2008, publiait Les années, livre majeur dans lequel elle tissait l’étoffe de toutes les vies : la sienne et les nôtres. D’une certaine manière, en participant au projet éditorial de Pierre Ronsavallon avec cette nouvelle collection au Seuil, de livres, et de publications en ligne consacrées « au parlement des invisibles », elle accomplit le même itinéraire, celui qui va de soi aux autres et des autres à soi, mais ici plus modestement par le format du texte (moins de 100 pages), l’unité réduite du lieu : l’hypermarché Auchan de Cergy et le genre du journal intime tenu entre le 8 novembre 2012 et le 22 octobre 2013, journal des « choses vues ». Il s’agit à la fois d’une entreprise à la première personne, autobiographique, avec l’évocation de souvenirs anciens et d’une démarche politique : Il y a vingt ans, je me suis trouvée à faire des courses dans un supermarché à Kosice, en Slovaquie.

Maluco, Napoleon Baccino Ponce De Leon

Ecrit par Didier Bazy , le Vendredi, 16 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Amérique Latine, Roman, Actes Sud

Maluco, Napoleon Baccino Ponce De Leon, traduit de l’espagnol (Uruguay) par Nelly Lhermillier, 408 pages, 24,50 € . Ecrivain(s): Napoleon Baccino Ponce De Leon Edition: Actes Sud


S’il s’abaisse, je le vante

S’il se vante, je l’abaisse.

Jusqu’à ce qu’il comprenne

qu’il n’est qu’un monstre incompréhensible.

(Pascal)

 

Bienvenue dans la Nef des fous. Certains livres, discrets, sont de petits chefs-d’œuvre. Merci Claudine Chapuis pour ce livre Fou, Maluco. Merci pour le récit picaresque de ce gnome juif converti violemment sous les moulinettes de l’Inquisition, obligé de parjurer sinon sa foi, du moins son assignation à être juif : si Juanillo savait vaguement qu’il était un peu juif (on lui a dit que sa mère était une putain juive) quelques questions alambiquées et cruelles lui auront asséné la certitude de son devenir-juif.

Le cheval d’orgueil, Pierre-Jakez Hélias

Ecrit par Zone Critique , le Vendredi, 16 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Pocket

Le cheval d’orgueil, 672 p. 8,10 € . Ecrivain(s): Pierre-Jakez Hélias Edition: Pocket

La cause littéraire vous présente aujourd'hui un nouvel article de son partenaire Zone Critique

 

Avec simplicité, Pierre-Jakez Hélias, instituteur breton, raconte son histoire et celle d’une contrée qui paraît si lointaine pour le germano-pratin du coin: le pays bigouden. Situé sur les côtes du Finistère, ce pays n’est pas seulement celui des coiffes en dentelles dont la hauteur n’a d’égal que la blancheur.

Mais aussi une terre de paysans, survivant lentement au rythme des saisons, des marées et du souffle de leurs animaux.

L’auteur du Cheval d’Orgueil peint sa vie dans une fresque paysanne et historique. Le lecteur peut y sentir les odeurs des chemises de chanvre, « les cottes de maille des misérables chevaliers de la terre ».

Le pays bigouden, comme d’autres régions retirées à cette époque, parle deux langues: le breton et le français.

Œuvres complètes, Madame de Lafayette en La Pléiade

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 15 Mai 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman, Récits, La Pléiade Gallimard

Madame de Lafayette Œuvres complètes, Edition établie, présentée et annotée par Camille Esmein-Sarrazin. 1600 p. 60 € jusqu’au 30 juin 2014, 68 € après . Ecrivain(s): Madame de Lafayette Edition: La Pléiade Gallimard

 

 

La Pléiade accueille Madame de Lafayette et c’est une belle nouvelle pour les Lettres françaises et en particulier pour les femmes de lettres françaises. Elle fut, elle est un des fleurons de ce qu’elle contribua fortement à inventer : le roman moderne.

L’incroyable modernité de l’écriture de Marie-Madeleine Pioche de la Vergne, dite Madame de Lafayette, vient de sa réflexivité permanente, sorte d’introspection constante des personnages qui annonce les grands romans du XIXème siècle – ceux de Flaubert en particulier – et du XXème siècle. Elle marque ainsi une véritable révolution littéraire, elle qui était pourtant d’une telle discrétion qu’elle cacha même longtemps qu’elle était l’auteure de la Princesse de Clèves. C’est donc un véritable retour aux sources du roman moderne que nous offre La Pléiade.