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Critiques

Debout, assis, couché, Jacques Ancet

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Jeudi, 13 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Poésie

Debout, assis, couché, éd. La Porte, 2014, 163 pages, 7,10 € . Ecrivain(s): Jacques Ancet

 

Nous sommes avec l’œuvre de Jacques Ancet dans l’espace de « l’entre », en bordure de lisière, sur une ligne de crête. Posture marginale et « vertiginale » d’une sensibilité touchant / tentant de s’espacer dans le travail d’une expérience centrale, celle d’un vivre pur, équivalent à être en terre de souffle & de poésie. Expérience expérimentant sa confrontation/son retour à une réalité rugueuse dont il faut mesurer l’écart, comme dans la linéarité de la Chronique d’un égarement. Entre le regard & les choses, le flux d’un réel sans cesse à reconnaître, à écrire sans dire ce qu’on allait dire / où manquer de se perdre, de sombrer sans sombrer

 

Debout, assis, couché :

Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas, Souvenirs, Paul Veyne

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Mercredi, 12 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Biographie, Récits, Albin Michel

Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas, Souvenirs, septembre 2014, 260 p. 19,50 € . Ecrivain(s): Paul Veyne Edition: Albin Michel

 

L’historien Paul Veyne adopte dans son dernier livre le ton des Souvenirs. Moins formel qu’une autobiographie, moins solennel que des mémoires, le récit sous forme chronologique – histoire oblige – ne l’empêche pas de chahuter les temps, anticipant de ci pour se remémorer de là. Les notions de passé, de présent et d’avenir rendent trop mal compte de la réalité intime pour qu’elles fassent loi ; « seul le plaisir du lecteur peut vraiment combler un auteur ».

Le temps de Paul Veyne est d’abord ce fil déroulé depuis la découverte de sa « vocation ludique » avec la lecture de l’Odyssée jusqu’à sa traduction de L’Énéide quatre-vingts ans plus tard. L’enthousiasme est intact. Les années ont simplement donné un sens nouveau à l’effort de bâtir une œuvre, « Parce qu’on n’éprouve plus, tant qu’on travaille, le sentiment, toujours tapi à l’arrière plan de la conscience, qu’on mourra tôt ou tard ; et dans mon cas, qu’on mourra bientôt ».

Aimer et ne pas l’écrire, Montaigne et Marie, Claire Tencin

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 12 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Roman

Aimer et ne pas l’écrire, Montaigne et Marie, Editions Tituli, mai 2014, 101 p. 16 € . Ecrivain(s): Claire Tencin

« C’est alors que… – et là est le pouvoir du récit, ou le destin d’un Grand Homme – c’est alors qu’il découvre sur le guéridon la lettre de Marie Le Jars de Gournay. A 16 heures précisément, son cœur se met à battre à la volée. La lettre d’une jeune femme : Cher Maître, Michel est flatté, j’ai vingt-trois ans et j’ai tout lu de vous (Il y a une légère confusion orthographique entre “lu” et “bu”, Michel préfère y lire “bu”) ».

C’est alors que… c’est alors que la foudre frappe le moraliste. Un nouveau coup de foudre, d’une toute autre nature que celui provoqué par la rencontre avec Etienne de La Boétie, d’une nature plus charnelle. Marie de Gournay a lu et ne cesse de lire les Essais, Andréa Marot, projection romanesque de Claire Tencin, en sait beaucoup sur Montaigne, mais très peu de Marie, cette femme savante. Au hasard des rencontres, elle est saisie par l’histoire de cette fille par alliance et son Proumenoir de Monsieur de Montaigne, miroir où se déploie l’arc électrique de la passion amoureuse. Les Essais électrisent Marie de Gournay. Elle ne cessera de vouloir vérifier si le corps de Montaigne peut s’accorder à cette admiration, comme celui de l’amant de Bordeaux d’Andréa. Il y a de l’électricité romanesque dans l’air, et Claire Tencin va en quelques éclairs saisir ce qui s’est joué entre le Maître et son élève et ce qui se joue entre Andréa et son professeur. Quand j’admire, j’admire, quand j’écris, j’écris, quand j’aime, j’aime, le réel est toujours à prendre à la lettre et au sérieux.

Mon ami le zombie, Vincent Malone et Miré

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 12 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, La Une Livres, Jeunesse, Seuil Jeunesse

Mon ami le zombie, août 2014, 64 pages, 13,50 € . Ecrivain(s): Vincent Malone et Miré Edition: Seuil Jeunesse

Personnage à la mode dans les productions cinématographiques et télévisuelles pour adultes, il fallait bien que le zombie atteigne nos chères têtes blondes et brunes, etc. Et qui d’autre que Vincent Malone pour le présenter avec humour et mordant, ce fameux zombie ?

Voici donc un nouvel album de la désopilante collection « L’Ours qui pète », dans un format italien bien vu, contenant presque deux albums : le récit d’un petit garçon rencontrant un zombie et son cahier pratique avec « quelques trucs à savoir » à propos de ces étranges créatures, placé au centre du livre et servant de référence au lecteur dans la suite de l’histoire. Miré illustre avec réussite ce texte délirant et scientifique en inventant une galerie de personnages zombies croqués et craquants, dans de sombres paysages, mais aussi en inventant les dessins du héros, plus gribouillés et naïfs.

Ne venez pas vous plaindre si vous ne lisez pas ce cahier, accompagné de ses schémas détaillés et instructifs, ses méthodes et astuces ! Si vous vous faites mordre, ce sera votre faute. Car ce qu’il faut savoir avant tout, c’est qu’un zombie cherche à mordre tout ce qui passe, même ce qui ne bouge pas car il est dévoré par une faim insatiable et qu’une fois mordu, vous devenez un zombie à votre tour.

Des voleurs comme nous, Edward Anderson

Ecrit par Zoe Tisset , le Lundi, 10 Novembre 2014. , dans Critiques, Les Livres, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Points

Des voleurs comme nous, traduit de l’anglais (USA) par Emmanuèle de Lesseps, septembre 2014, 240 pages, 6,60 € . Ecrivain(s): Edward Anderson Edition: Points

 

C’est l’histoire d’une cavale de trois hommes, des hors-la-loi, des mécréants, des malfaiteurs. Ils braquent des banques comme le bon citoyen va faire des courses. Ils ne sont pas méchants, juste hors système, hors tout. « Les flics m’ont jamais inquiété, dit T. Doub. C’est les mecs qu’on prenait pour des amis qui vous dépassent. Et une femme qui t’en veut. C’est ça qui te dépasse ». Bowie va pourtant s’amouracher d’une « donzelle », d’une fille à part, sauvage et tendre.

« – J’ai l’impression que toutes les femmes font ça.

– Je ne sais pas ce que font les autres femmes (…)

– Je suppose qu’une femme est un peu comme un chien, Bowie. Tu prends un bon chien, si son maître meurt, il refusera qu’un autre le nourrisse et il mordra tous ceux qui veulent le caresser, et s’il continue, il cherchera tout seul sa nourriture et souvent il mourra ».